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Fût de colonne, remployé en sarcophage de saint Quentin

Dossier IM02004583 réalisé en 2001

Fiche

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Dénominations colonne, sarcophage
Appellations de saint Quentin
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Saint-Quentin
Adresse : Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin
Emplacement dans l'édifice cellule centrale de la crypte

Ce sarcophage est un réemploi d'un fût de colonne cannelé, en marbre blanc. Cette colonne provient vraisemblablement d'un monument romain voisin, et est traditionnellement datée du 4e siècle. Toutefois, l'époque de sa transformation en sarcophage pour accueillir le corps de saint Quentin n'est pas précisément connue, et fait l'objet de propositions contradictoires. Le premier cercueil dont il est fait mention dans les récits hagiographiques, lors de l'ensevelissement du corps par Eusébie au milieu du 4e siècle, semble être en bois. Il s'agit du cercueil retrouvé par saint Eloi en 641. Saint Ouen, dans la vie de saint Eloi, raconte la découverte de la sépulture de saint Quentin. Saint Eloi, après avoir creusé, frappe de la pioche sur les parois du sépulcre, y pratiquant une ouverture, ce qui n'aurait pu se produire avec un sarcophage de marbre. Par la suite, saint Eloi place le corps dans une châsse précieuse. L'utilisation de la colonne en marbre peut donc correspondre à l'installation du corps dans une niche de la crypte en 845. En 1873, à l'occasion du réaménagement de la crypte, le sarcophage est placé sur une table de pierre supportée par 4 colonnettes de style néo-gothique. Une plaque commémorative en marbre blanc est alors apposée contre le mur du fond de la chapelle. En 1917, l'objet est envoyé à Maubeuge avec les oeuvres d'art les plus importantes de la basilique, échappant ainsi aux bombardements et aux explosions qui détruisent les deux autres sarcophages de saint Cassien et saint Victorice restés dans la crypte. Le sarcophage regagne Saint-Quentin au début des années 1920 où il est présenté dans la chapelle du Sépulcre, jusqu'à ce que la restauration de la crypte après la Seconde Guerre mondiale lui permette de retrouver son abri d'origine.

Période(s) Principale : 4e siècle , (?)

Le sarcophage est un réemploi du fût d'une colonne de marbre blanc. Cette colonne a des cannelures séparées par un listel. Le fût, monolithe à l'origine, a été scié en deux sur toute sa longueur, puis évidé à l'intérieur pour accueillir les restes de saint Quentin. La partie de la colonne qui sert de fond est évidée en forme d'auge, sur une profondeur de 15 à 16 centimètres. La partie supérieure formant couvercle est creusée intérieurement en demi-cylindre. Toutes les cannelures de la partie supérieure de la colonne ont été arasées, lui donnant ainsi un aspect parfaitement lisse, alors que les cannelures sont conservées à la périphérie de la partie inférieure. La partie supérieure comporte des anneaux métalliques aux extrémités qui permettaient jadis de soulever le couvercle (les deux éléments sont aujourd'hui scellés). Le sarcophage est posé sur deux supports en pierre et ciment.

Catégories marbrerie, taille de pierre
Structures plan, circulaire intérieur creux
Matériaux marbre, blanc, en plusieurs éléments, taillé, poli, cannelé, décor dans la masse
Précision dimensions

Dimensions approximatives du sarcophage seul, sans ses supports : l = 219 ; h = 63 ; la = 58.

Inscriptions & marques inscription, gravé, sur l'oeuvre, latin
graffiti, gravé, sur l'oeuvre
inscription concernant une restauration, gravé, peint, sur partie rapportée
Précision inscriptions

Une inscription est gravée sur la section antérieure de la colonne, au niveau du couvercle du sarcophage : Sanctus Quintinus, qui semble rédigée en écriture du 16e siècle. Une plaque de marbre blanc veiné de gris est fixée sur le mur de fond de l'alvéole, juste au-dessus de la colonne. Elle porte une inscription gravée et peinte en doré. Inscription : GLOIRE À LA TRÈS SAINTE TRINITÉ. / DANS CET ANTIQUE CERCUEIL DE / MARBRE BLANC REPOSA, PENDANT LES / PREMIERS SIÈCLES, LE SAINT CORPS DU / BIENHEUREUX QUENTIN, MARTYR DE J.C. / APÔTRE DU VERMANDOIS, PATRON DE CETTE / INSIGNE COLLÉGIALE ET DE TOUTE LA CITÉ. / L'AN DE L'INCARNATION DE N.S. / MDCCCLXXIII CE CAVEAU, DÉJA / CONSTRUIT AU TEMPS DE CHARLEMAGNE, / FUT REVÉTU DE MARBRE, ET LE CERCUEIL / FUT DÉPOSÉ SUR CETTE TABLE DE PIERRE. / SAINT QUENTIN, PRIEZ POUR NOUS.

États conservations changement de fonction
réduction

Précision état de conservation

Seule une partie du fût d'une colonne a été utilisée, puis sciée et creusée pour servir de sarcophage. De nombreuses épaufrures se voient à la surface, traces de la suppression des cannelures. L'objet semble criblé de minuscules petits trous.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre immeuble, 1840
classé au titre objet, 1915/01/04

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Saint-Quentin. Série S ; 6 S 13. Dossier : Mobilier de la basilique.

    sous-dossier : inventaire de la basilique après 1918 (octobre 1924)
  • BnF (Cabinet des Manuscrits) ; naf 6108. Collection Guilhermy.

    folio 319 verso
Documents figurés
  • Saint-Quentin, Collégiale - Le tombeau de saint Quentin. C. Bloch éditeur, [vers 1914]. Impr. photoméc. (carte postale).

Bibliographie
  • BACQUET, Augustin. Collégiale de Saint-Quentin - Aisne - Basilique mineure. Etude des carrelages, pavages, dalles tumulaires, plaques mortuaires, cénotaphes, sarcophages. Etude lue au Congrès des Sociétés Savantes, Nice 1938, par Augustin Bacquet (architecte). 1948.

    p. 48-50
  • DESAINS, Auguste. Notes sur l'église de St-Quentin (Extraites d'un Manuscrit portant la date de 1744). Travaux de la Société académique des Sciences, Arts, Belles-Lettres et Agriculture de Saint-Quentin (Aisne) , 3e série, t. 1, travaux de 1855 à 1857.

    p. 53
  • DREILING, Prof. Dr. Raymund. Die Basilika von St. Quentin. Ihre Geschichte und ihr Charakter. St. Quentin, 1916.

    p. 32-33
  • FLEURY, Edouard. Antiquités et Monuments du département de l'Aisne. Paris : imprimerie J. Claye - A. Quantin et Cie, 1878, t. 2.

    p. 98-99
  • GOMART, Charles. Note sur la crypte et le tombeau de saint Quentin. Bulletin monumental, 1856, vol. 22 (3e série, t. 2).

    p. 226-233
  • GOMART, Charles. Notice sur l'église de Saint-Quentin. Bulletin monumental, 1870, vol. 36 (4e série, t. 6).

    p. 202-203, 205
  • GOMART, Charles. Tombeau de saint Quentin. Congrès archéologique de France, XXXIIIe session, séances générales tenues à Senlis, Aix et Nice en 1866, par la Société française d'Archéologie, Paris, 1867.

    p. 120-122
  • GOMART, Charles. Notice sur quelques pierres tombales curieuses du Vermandois. Etudes saint-quentinoises, 1852-1861. Saint-Quentin : Doloy, Langlet, Hourdequin, 1862.

    p. 42-44
  • HACHET, Jules. La basilique de Saint-Quentin. Son Histoire - Sa Description. Troisième édition. Saint-Quentin : Imprimerie moderne, 1926.

    p. 43-44
  • PARENTY, abbé François-Joseph. Vie de saint Eloi, évêque de Noyon et de Tournai, par saint Ouen, évêque de Rouen. Traduite et annotée par M. l'abbé Parenty. Arras : typographie E. Lefranc et Cie, 1851.

    p. 94-97
  • WILL, Ernest. Saint-Quentin. Collégiale Saint-Quentin. In Atlas archéologique de la France. Les premiers monuments chrétiens de la France. 3. Ouest, Nord et Est. Ouvrage collectif sous la direction scientifique de Guy Barruol, directeur de recherche au CNRS. Paris : Ministère de la Culture et de la Communication / Picard éditeur, 1998.

    p. 343-344
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