Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Hameau de Pinchefalise à Boismont

Dossier IA80007303 réalisé en 2004

Fiche

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Somme - Saint-Valery-sur-Somme
Adresse Commune : Boismont
Lieu-dit : Pinchefalise

Un site néolithique aurait occupé les hauteurs du hameau, induisant une occupation du territoire relativement ancienne (nécropole de l'Age du fer et un habitat selon le Service Régional de l´Archéologie).

En 1523, 300 Flamands, aux ordres de Charles Quint, traversent le gué Blanquetaque et brûlent Boismont, Pinchefalise, Neuville et Saigneville.

Adrien Huguet retrace l´histoire des seigneurs de Pinchefalise. Le dernier du nom dans le Vimeu, Guillaume de Pinchefalise, est en 1488 dans une situation difficile. Criblé de dettes, il dut vendre le domaine à Robert de Saint-Blimond, homme d'armes des ordonnances du roi. La seigneurie est alors tenue en trois fiefs et hommage : de l'abbaye de Saint-Valery, de Colart des Auteulx (ou des Hoteux) et de la seigneurie de Bretel. Renaut de Saint-Blimond, fils de Robert, récupère une partie des terres de Pinchefalise à la mort de son père en 1493. La seigneurie passe à la famille de Boubers en 1650.

Jean-Jacques Delegorgue (1700-1772), négociant à Abbeville, consul de cette ville en 1732 et juge des marchands en 1768, épouse le 30 octobre 1729 Jeanne de Ribeaucourt, une des filles du seigneur de Pinchefalise, qui passe ainsi dans la famille Delegorgue.

L'érection de la section de Pinchefalise en commune distincte eut lieu en août 1891 (A.D. Somme : 99 M 81 265/2). La demande d´en faire une commune indépendante fut alors refusée.

D´après Hubert Quilliot, Boismont perd une partie de son territoire à la suite du creusement du canal maritime dit canal du Duc d´Angoulême (1855). L´administration centrale signale alors que les mollières de Pinchefalise, considérées comme biens communaux, appartiennent en réalité aux habitants. En effet, par un dénombrement général des biens de l´abbaye de Saint-Valery du 12 septembre 1384, les mollières de Pinchefalise leur revenaient de droit.

Au 18e siècle, le hameau s'est développé grâce à l'activité textile et à la présence d'une manufacture appartenant à la famille Delgorgue, sous-traitant pour les grandes manufactures abbevilloises. Les habitants travaillent alors à domicile ou au château dans lequel étaient abrités les métiers à tisser.

Avec la chute du textile et le ralentissement de l'activité des industries abbevilloises, les habitants se tournent progressivement vers l´agriculture et l´élevage. En 1900, le hameau est composé uniquement de fermes, imposantes (de 20 à 50 ha) ou de petite taille (de 2 à 5 ha).

Pinchefalise connait une extension dès le milieu du 19e siècle, qui se concentre dans la rue du Canal, puis à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle dans la rue de Saint-Valery. Des lotissements ont été créés sur les terres du château et du cabaret rue de Saint-Valery. Le développement contemporain du village s´étend davantage vers Neuville.

Pinchefalise dispose d'un pont-levis, à l'entrée de Saint-Valery, établi vers 1955. D´après Izembart, il se rapproche d'autres ouvrages, tel que le pont des oiseaux à Montceaux les Mines. Sa lenteur lui a amené le sobriquet de "pont im-imobile de Saint-Valery".

Période(s) Principale : Préhistoire, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

Pinchefalise, situé sur la rive gauche de la baie de Somme, s´étend au sommet d'une des pentes de la vallée picarde anciennement traversée par la Somme quaternaire. Abritée des vents d´ouest par des massifs boisés, le hameau est séparé de Saint-Valery par la vallée d'Amboise. Il est distant de Boismont, dont il dépend, de 2400 mètres à l'ouest. Le canal de la Somme le longe dans sa partie basse. Le bâti ancien s'organise autour de la rue du Canal et les constructions récentes se sont développées le long de la rue de Saint-Valery.

Le long du canal, un chantier naval ainsi qu´une scierie, un dépôt de bois et les embarcations de pêche artisanale sont visibles.

Pinchefalise dispose d'un pont-levis, à l'entrée de Saint-Valery.

Annexes

  • L'organisation du bâti à Pinchefalise

    Abritée des vents d´ouest par des massifs boisés, le bâti s'organise linéairement le long de la rue du Canal. Les façades principales sont orientées.

    L´habitat dense de Pinchefalise, de modules en U ou en carré, occupe un parcellaire étroit et profond avec pâturage, potager et verger, où les constructions sont alignées les unes par rapport aux autres. La comparaison du plan cadastral actuel et du cadastre napoléonien permet d´établir l'évolution du bâti. Une grande partie de la rue du Canal n´était pas construite en 1832. En effet, les destructions récentes des granges sur rue dans cette rue donne un aspect totalement différent au hameau. De plus, le bâti ancien a beaucoup souffert des restaurations abusives.

    Ces constructions sont intitulées « ferme » car elles possédaient toutes une activité de culture et d'élevage à l'origine. La vie agricole a peu à peu disparu, engendrant la destruction des bâtiments annexes. Généralement, ces fermettes à cour fermée et à grange sur rue sont de petits modules avec logis de trois travées de long. Les entrées étaient couvertes d´une charretterie avec porte charretière et porte piétonne.

    Dans les logis mitoyens, l'accès au grenier (qui sert au stockage du grain) se fait depuis l'intérieur de la maison, ce qui n'est pas le cas pour les maisons isolées (accès extérieur par une porte en hauteur accessible grâce à une échelle). La seconde porte en façade permet peut-être cet accès. Les caves servaient au stockage du lait quand une laiterie n'existait pas et à la conservation de la viande dans les jarres. Les maisons étaient enduites de chaux vive, extraite des râperies. Toutes sont implantées parallèlement à la voie de circulation.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série P ; 3 P 110/3. Boismont. Etat des sections, [s. d.].

  • AD Somme. Série O ; 99 O 755. Commune de Boismont. Travaux communaux (avant 1869)

  • AD Somme. Série O ; 99 O 753. Commune de Boismont. Travaux communaux (avant 1869).

  • AD Somme. Série M ; 99 M 81 265/2. Limites administratives de Boismont à la fin du 19e siècle, [1889].

  • AD Somme. Série M ; 2M_LN 192. Recensement de population de la commune de Boismont [1851-1936].

  • AC Boismont. Cahier de délibérations du Conseil Municipal de Boismont (1867-1882).

Documents figurés
  • Boismont. Plan par masses de culture, d'après Cardinet (géomètre) et Bocquet (arpenteur), 4 juillet 1804 (AD Somme ; 3 P 873).

  • Boismont. Plan cadastral, 1832 (AD Somme : 3 P 1287).

Bibliographie
  • BELLEVAL, René de. Chronologie d'Abbeville et du comté de Ponthieu. Paris, P. Chevalier, 1899.

    p. 310
  • Cabinet François Seigneur architecte dplg. Plan d'Occupation des Sols de la commune de Boismont. 1990.

    p. 14, 16, 18, 19
  • GARNIER, J. Dictionnaire topographique du département de la Somme. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, 3e série, 1878, tome 2.

    p. 158
  • GROUSET, Jean-François, Limon-Bonnet, Marie-Françoise. 1450-1850, Picardie du littoral : un espace incertain. Collection Textes et documents sur la Somme. Amiens, Archives Dépatementales de la Somme, cat. expo, décembre 2001-mars 2002, n°73.

    p. 22
  • GUERVILLE, André. Chapelles et oratoires en pays de Somme. Abbeville : F. Paillart éditeur, 2003.

    p. 39.
  • HUGUET, Adrien. Les seigneurs de Pinchefalise 1416-1789. Bulletin de la Société d'Emulation d'Abbeville, 1925, t. XII.

    p. 356-369
  • IZEMBART, Hélène, LE BOUDEC, Bertrand. Le Canal de la Somme, un ouvrage d´art comme invitation à découvrir le paysage. Amiens, Conseil Général de la Somme, 2005.

    p. 270
  • MERLIER, Olivier. Navigation et circulation maritime en Baie de Somme aux derniers siècles du Moyen-Age. Mémoire de Maîtrise d´histoire médiévale, sous la direction de G. Jehel et P. Racinet, Amiens, Université de Picardie Jules Verne, oct. 1996.

    p. 23
  • QUILLIOT, Hubert. L'ouverture du canal du duc d'Angoulême, ses incidences sur l'exploitation des biens patrimoniaux dans les territoires de Boismont et de Pinchefalise d'après les documents communaux. Bulletin de la Société d'Archéologie et d'Histoire de Saint-Valery-sur-Somme, 1974, n° 5.

    p. 6-27
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) SMACOPI (c) SMACOPI - Fourmond Catherine - Guérin Inès