Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Hôtel de ville d'Amiens

Dossier IA80000161 réalisé en 1997

Fiche

Parties constituantes non étudiées chapelle
Dénominations hôtel de ville
Aire d'étude et canton Grand Amiénois
Adresse Commune : Amiens
Adresse : place de l' Hôtel-de-Ville

Selon A. Goze, l'hôtel de ville est attesté à son emplacement actuel, en 1209. L'hôtel des Cloquiers, place Saint-Martin, servit de maison commune de 1316 à 1595. Son état de vétusté engage la communauté de ville à édifier un nouvel hôtel de ville, près des halles, dont les fondations sont réalisées, en 1550. Le chantier est ensuite stoppé par les guerres civiles et religieuses. Deux autres projets auraient été envisagés, l'un à l'emplacement de la maison du Blanc-Pignon, au haut du Grand-Marché, en 1571, l'autre la place de Belle-Croix, tous deux abandonnés, pour reprendre le premier chantier, dont les travaux sont ralentis par le siège de 1597. En 1596, un marché est passé pour la couverture de la porte principale ; les séances de l'échevinage s'y déroulent en 1600. En 1602, on aménage une chambre voûtée au dessus de la porte, pour abriter les archives municipales. La façade, reproduite par H. Dusével et par les frères Duthoit, est ainsi décrite par A. Goze : construite en pierres et briques, elle présente une élévation à deux rangs superposés de pilastres cannelés, d'ordre ionique et corinthien, supportés par des consoles. Les grandes fenêtres carrées à doubles croisées de pierres sont couronnées de frontons triangulaires et semi-circulaires. Les niches entre les trumeaux, également surmontées de corniches et de frontons. Au milieu des frises d'arabesques, se distinguent les armes d´Henri IV. L'auteur mentionne également deux dates portées (1551 et 1595) sur deux pierres du soubassement, à gauche de la façade antérieure, dont la riche décoration était l'œuvre du menuisier amiénois Jacques Sallé, mentionné dans les délibérations du conseil municipal de 1588. Dans le pavillon droit, un escalier en bois, construit en 1612, donne accès à l'étage où se situaient la grande salle du conseil, séparée de la chapelle bénite en 1681 par une clôture de bois, et la salle d'audience. L'édifice est reconstruit en façade, entre 1757 et 1760, comme le montre le dessin de Louis Duthoit. Selon Aimé et Louis Duthoit, l'hôtel de ville construit entre 1755 et 1760 remplace un édifice dessiné en 1704 par l'ingénieur Le Soing, qualifié d'ingénieur Gâte-ville par la critique contemporaine. Le dessin reproduit par Duthoit figure une élévation à 14 travées. Deux pavillons à deux travées encadrent une façade à deux portes cochères, dont la travée est appuyée par une lucarne. Chaque travée de fenêtres à meneaux est rythmée par une travée pleine ornée de niche. On peut observer deux travées jumelées à droite. Louis Duthoit réalise également un dessin de l'hôtel de ville en 1853, figurant la façade nord de l'édifice flanqué de deux ailes semi-circulaires qui assure sa connexion avec la place qui la précède. L'édifice présente une élévation à 12 travées avec un corps central flanqué de deux pavillons latéraux et deux accès cochers. Selon le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie, l'hôtel de ville, d'un style assez banal, est construit en 1757.

Selon les recherches menées par Nathalie Mette lors de l'enquête de 1997, l'hôtel de ville est construit entre 1756 et 1760 sur les plans des architectes Beffara et Jumel-Riquier, sur une partie des fondations de l'ancien hôtel de ville (1550-1600). En 1852, le conseil municipal en décide l'extension et l'achèvement, suivant le projet de l'architecte Henry Antoine, qui prévoit de construire deux ailes en retour d'équerre, au sud, et d'aménager une cour d'honneur fermée par une grille. Après sa démission en 1855, les travaux sont réalisés sous la direction de l'architecte Louis Vigreux, qui apporte des modifications à la décoration des façades. L'aile ouest est construite entre 1856 et 1859. Entre 1878 et 1880, les travaux de construction de l'aile est sont réalisés sous la direction de l'architecte Leullier.

Période(s) Principale : 2e moitié 16e siècle, 1er quart 18e siècle , (détruit)
Principale : 3e quart 18e siècle, 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 1er quart 17e siècle
Dates 1550, daté par travaux historiques
1551, daté par travaux historiques
1595, daté par travaux historiques
1602, daté par travaux historiques
1612, daté par travaux historiques
1704, daté par travaux historiques
1852, daté par travaux historiques
1856, daté par travaux historiques
1878, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Sallé Jacques, menuisier, attribution par travaux historiques
Auteur : Beffara Pierre Louis,
Pierre Louis Beffara (1716 (?) - 1776 (?))
Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Jumel-Riquier, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Vigreux Louis Victor Amédée,
Louis Victor Amédée Vigreux

Architecte communal établi à Amiens, au Château d'Eau, en 1862 (annuaire).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Leullier Louis Bernard Honoré,
Louis Bernard Honoré Leullier

Architecte.

1905 : architecte communal, domicilié rue Gaultier-de-Rumilly.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
conducteur de travaux, attribution par travaux historiques
Auteur : Antoine Louis Henry,
Louis Henry Antoine (1820 - 1900)

Architecte, président de la société régionale des architectes du nord de la France, président d'honneur de la société des Antiquaires de Picardie, membre du conseil départemental des constructions et bâtiments publics.

Arrive à Amiens en 1846 pour construire la gare.

Architecte de la ville jusqu'en 1856 (démission).

Architecte de l'arrondissement de Doullens (Somme).

Père de Georges Antoine et d'Antoine Joseph. Grand-père d'Henry.

1862 : domicilié 21 rue des Saintes-Maries (annuaire).

1881 : domicilié 10 rue des Saintes-Maries à Amiens avec son fils Joseph (19 ans) élève architecte.

chevalier de la légion d'honneur, capitaine commandant honoraire de la compagnie des sapeurs-pompiers, membre du conseil municipal,

Voir le site http://www.purl.org/inha/agorha/002/75226.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte communal, attribution par travaux historiques

Ce dossier établi par Nathalie Mette en 1997 lors d'une enquête thématique sur les édifices civils et édilitaires d'Amiens a été mis à jour et enrichi par Isabelle Barbedor en 2002 dans le cadre de l'inventaire topographique d'Amiens métropole.

L'intégralité du dossier est consultable au centre de documentation de l'Inventaire et du Patrimoine culturel.

Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Description du nouvel hôtel de ville, en 1854

    Extrait de : A. Goze, Histoire des rues d'Amiens. Amiens : Alfred Caron imprimeur éditeur, 1854, tome 3, p. 235-236.

    « Sur un développement de 68 mètres, rien ne vient rompre à propos la platitude et la monotonie. On n´aperçoit pas une seule colonne isolée, pas le moindre emblème, ni une sculpture tant soit peu allégorique ; encore s´il y avait quelque régularité dans l´exécution des parties importantes, il y aurait quelque compensation pour la froideur glaciale du style, mais les pavillons des extrémités n´ont pas d´ouverture à leur centre, parce qu´à cette place ils sont coupés par un piédroit et qu´ils ne sont percés que par deux fenêtres ; les trumeaux de celles-ci sont inégaux en largeur, de sorte que les pilastres accouplés d´ordre ionique du premier étage sont plus ou moins rapprochés. Le manque d´avant-corps, au milieu, fait que rien ne désigne la véritable entrée de l´édifice parmi les quatre portes qui semblent y donner accès.

    Avant de trouver la bonne voie, les étrangers entrent dans l´emplacement de la Halle Foraine ou franchissent les portes qui sont pratiquées dans les murs circulaires en retour des pavillons ; l´une les conduit à l´administration de l´octroi ; l´autre à l´école de Dessin.

    Après bien des tâtonnements, ils sont parvenus à pénétrer dans la cour qu´ils ne peuvent appeler d´honneur, tant elle leur apparaît entourée de masures ; ils ne sont pas encore au bout de leurs recherches, car s´ils veulent trouver l´escalier principal, ils sont loin de se douter qu´il est relégué dans un angle, à droite de la cour. »

Références documentaires

Documents figurés
  • Façade de l'hôtel de ville d'Amiens en 1704, d'après le dessin original de Le Soing, architecte du Roi, dessin par Le Soing, 1704, conservé aux archives communales. In : DUTHOIT, Aimé et Louis. Le Vieil Amiens, 1874.

    5e série, pl. 10
  • Amiens. Plan cadastral. Section LL, dite de la ville, dessin, Grevin géomètre, 1813 (AD Somme ; 3 P 1162).

  • Section J, dite de la ville intra-muros, 3e feuille, dessin par Desroches géomètre, 1851 (DGI).

  • L'hôtel de ville en 1853, dessin par Louis Duthoit, 1853. In : DUTHOIT, Aimé et Louis. Le Vieil Amiens, 1874.

    3e série, pl. 27
Bibliographie
  • GOZE, Antoine. Histoire des rues d'Amiens. Amiens : Alfred Caron imprimeur éditeur, 1854-1861.

    tome 3, p. 231-236
  • DUTHOIT, Aimé et Louis. Le vieil Amiens. Amiens : typographie et lithographie T. Jeunet, 1874 ; rééd. Amiens : CRDP, 1978.

    p. IX, XIV
  • SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie. Tome I : Arrondissement d'Amiens, cantons d'Amiens, Boves et Conty. Amiens : Société des antiquaires de Picardie, 1919. Réed. Bruxelles : Editions culture et civilisation, 1979.

    p. 78-79
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Mette Nathalie - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.