L'habitat du village de Catheux
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  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de l'Oise Picarde
  • Commune Catheux
  • Dénominations
    maison, ferme, magasin de commerce

Les typologies d'habitat

Situé en fond de vallée humide, le village de Catheux n'est pas peuplé d'autant de fermes dites picardes (grange sur rue et logis en fond de cour), qu'en pays de plaine et de vallon sec. Les rues du village sont surtout bordées de logis ouverts sur la rue, typologie davantage en lien avec l'artisanat (ateliers textiles à domicile de fabrication de serges) et le commerce.

Commerces et artisans

Les commerces de Catheux étaient surtout concentrés autour de la place. Dès les années 1860 et jusque dans les années 1910, un aubergiste et un débitant de boissons sont mentionnés sur la grande place, qui compte encore aujourd'hui plusieurs logis aux façades ouvertes sur la rue.

Rue de la Fontaine, une épicerie est citée dès 1906 et jusqu’en 1931. Elle a certainement remplacé le cabaret signalé en 1896 dans cette rue. Une carte postale de 1912 témoigne de son existence. Ce lieu est encore parfaitement reconnaissable aujourd’hui au n°2 rue de Lavacquerie.

Certains logis ouverts directement sur la rue laissent penser à la présence d'artisans ou de commerçants, comme aux n°2 et 4 rue de Choqueuse.

Les fermes picardes à granges sur rue

Ces habitations ont pu être tenues par des sergers (tisserand de serges, des étoffes de laine), ménagers ou journaliers qui complétaient leurs revenus par une activité agricole vivrière, ou bien par de petits cultivateurs. Les plus anciens témoignages connus de ce type d’habitations datent du dernier quart du 18e siècle. La date de 1784 est par exemple visible à l’intérieur du logis du n°8 rue Principale.

La typologie classique de la ferme picarde avec une cour fermée et une grange sur rue se retrouvait par exemple au n°9 de la rue Principale. Il ne reste plus que le logis en fond de cour aujourd'hui, mais une grange (disparue) se trouvait sur la rue (visible sur le cadastre napoléonien et de 1935). Les n°6 et 8 rue de Choqueuse, en face de l’ancienne motte castrale, déjà visibles sur le cadastre napoléonien, correspondent également à ce type.

Les fermes de grande taille

Ces fermes partagent plusieurs caractéristiques: implantées sur des parcelles de forme carrée, les bâtiments agricoles (de grande ampleur) et le logis sont distribués autour d'une vaste cour fermée. Elles étaient souvent situées aux extrémités du village. Sans citer toutes les fermes encore présentes dans le village, trois exemples d'exploitations agricoles anciennes et importantes figurés sur le cadastre de 1833 sont encore visibles aujourd’hui. La première ferme se situe à l’angle de la rue de Lavacquerie et du sentier du cimetière. D’imposants bâtiments de granges et d’étables en pan de bois torchis, couverts d’ardoises, sont disposés en équerre. Le logis, séparé, forme le troisième côté du plan de la ferme.

Un second exemple de ces fermes de cultivateurs, caractérisées par l’ampleur de leurs bâtiments agricoles, se trouve au n°15, rue de Choqueuse en face de l’ancienne place Dupriez. Deux imposantes portes charretières à deux battants percent les granges, l’une côté route de Choqueuse, l’autre côté rue en direction du village. Une trappe à engranger est située à l’étage. Une fois de plus, les bâtiments forment une équerre. Sur la face est, dans le prolongement de la grange, la façade d’une étable donne sur la rue, percée de petites ouvertures régulières. Enfin, le logis ferme la cour côté ouest.

Enfin, la ferme de l'ancien château de M. Lesage, construit à la fin du 18e siècle se trouvait au n°14 de la rue Principale.

Si ces exemples anciens présentent des bâtiments encore construits en torchis et pan de bois, la diffusion de la brique à partir de la 2e moitié du 19e siècle va profiter à d'autres fermes (remarquable grange du n°10 rue Principale, bâtiments agricoles du n°1 rue Lavaquerie).

Les matériaux de construction

Comme dans tous les villages du plateau picard, le pan de bois torchis est le plus fréquemment employé dans les constructions. Si la brique est présente, elle est plus rare que dans les villages voisins de Conteville et Choqueuse. La pierre calcaire est largement employée à Catheux, que ce soit dans les fondations ou dans les murs. La proximité avec les carrières de Bonneleau pourrait expliquer l'importance et la durée de son emploi.

Une prédominance du pan de bois torchis

Le pan de bois torchis domine les constructions de Catheux. La ferme à l’angle de la rue de Lavacquerie et du sentier du cimetière en témoigne, tout comme la ferme du n°15 rue de Choqueuse. Les murs de cette dernière reposent sur des solins constitués de briques et, au niveau des poteaux verticaux, de deux pierres de taille calcaires qui renforcent la structure. Le bâtiment d’étable avec façade sur rue présente un large solin entièrement en craie dite noduleuse, de couleur jaunâtre, très fréquente dans la région.

À partir de la seconde moitié du 19e siècle, quelques édifices en brique

À Catheux, ce sont surtout les bâtiments agricoles qui sont construits avec ce matériau. Au n°10, rue Principale, une imposante grange à l'architecture soignée (corniche horizontale, pilastres, soin dans le traitement des arcs des ouvertures, pourvus de clés en pierre de taille et reposant sur des sommiers) a été élevée en fond de cour.

Autre exemple remarquable de l’architecture agricole en brique, la ferme au n°1 rue de Lavacquerie, en face de la fontaine de Catheux. Là encore, les bâtiments sont intégralement construits en brique et s’agencent en U autour d’une cour centrale. En revanche, contrairement aux villages des environs, les logis ne sont pas concernés par ces reconstructions en brique, le pan de bois restant de mise.

Des couvertures et essentages principalement en ardoise

Le chaume a longtemps perduré sur les toits des maisons de Catheux. En 1841, sur les 123 maisons du village, 112 sont en chaume. L’ardoise s’impose peu à peu au cours de la seconde moitié du 19e siècle, sous l'influence d'arrêtés municipaux et préfectoraux : en 1866, si 74 maisons sont en chaume, 46 ont des toits en ardoise et 9 en tuile. L’ardoise est privilégiée dans les villages de la vallée de Selle.

Des essentages en ardoise, fixés afin de protéger des intempéries, sont toujours visibles dans le village comme au n°3 rue du Chauffour, ou au n°15 rue de Choqueuse. Le bois s’y substitue parfois (bâtiment agricole du n°14 rue Principale).

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Oise. Série M ; sous-série 6 M : 6 Mp 152. Catheux. Recensements de population (1820 à 1936).

Bibliographie

  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Crèvecœur, arrondissement de Clermont (Oise). Annuaire de l'Oise. Beauvais : Achille Desjardins, 1836.

    p. 31-32.

Documents figurés

  • Catheux. Cadastre napoléonien, section B, feuille 1, 1833 (AD Oise ; EDT 272/1 G 1).

  • Commune de Catheux, cadastre rénové, section B, feuille 1, 1935 (AD Oise ; 1964 W 334).

Date d'enquête 2021 ; Dernière mise à jour en 2021
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