Le 1% artistique du lycée Corot de Douai : La Sérénité, bronze de Albert Bouquillon., Les extensions des années 1960 du lycée Corot
Auteur
Thibaut Pierre
Thibaut Pierre

Photographe au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Douaisis Agglo - Douai
  • Commune Douai
  • Adresse 133 rue Saint-Vaast , rue Saint-Benoit
  • Cadastre 2022 CR1 501
  • Dénominations
    statue
  • Titres
    • La Sérénité

Les archives de Douai conservent plusieurs documents relatifs au 1% artistique de l'extension du lycée (AC Douai, 4M461). Le projet, proposé par l'artiste d'origine douaisienne Albert Bouquillon (1908-1999), a été validé par le Ministère de l’Éducation Nationale en décembre 1963.

La statue n'a été achevée qu'en 1973. Elle a coûté 13 500 francs.

Le plâtre patiné de Sérénité est exposé en 1973 au Salon d’Issy-les-Moulineaux ; en 1977, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts ; enfin en 1978 au Salon d’Automne. Deux épreuves réalisées d'après le modèle en plâtre sont localisées. La première, achetée par l’État en 1977 (FNAC 10023) est en dépôt dans les jardins de l’Institut médico-éducatif Louis Christiaens à Gravelines (59). La seconde est celle du lycée Corot.

L’oeuvre est répertoriée au catalogue raisonné de l'artiste sous le n°1973-1-E.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1963, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Bouquillon Albert
      Bouquillon Albert

      Né le 18 août 1908 à Douai et mort le 11 janvier 1997 à Paris.

      Entre à l'école des beaux-arts de Douai en 1924, puis à l'École des beaux-arts de Paris entre 1927 et 1934, année où il obtient le premier grand prix de Rome de sculpture en 1934.

      Premières sculptures à partir de 1940 et premières commandes publiques.

      A Douai, il reçoit la commande pour le décor du nouveau conservatoire et pour le 1% du lycée Corot, un Monument à Marceline Desbordes-Valmore (1957) est érigé dans le square Jemmapes et sa statue en bronze de la Jeunesse (1950) orne le jardin public de sa ville natale.

      Il fait partie du conseil d'administration de la Société nationale des beaux-arts de 1960 à 1983.

      Il est le frère du peintre Robert Bouquillon (1923-2013).

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      sculpteur signature

La statue n'est pas installée dans l'enceinte du lycée, mais dans un petit espace paysagé situé entre la Scarpe canalisée et le lycée.

Elle représente une jeune femme accroupie, les bras croisés reposant sur ses genoux et les mains tombant souplement. La taille est marquée mais le vêtement, sans plissé, tombe jusqu'au sol et ne laisse pas deviner le corps : seuls le bout des pieds et les mains sont visibles. La jeune femme est coiffée d'une longue queue de cheval qui retombe dans le dos. La bouche esquisse un léger sourire et le regard est perdu dans le lointain.

Tout au long de sa carrière, même s'il traite parfois de sujets religieux ou politiques, Albert Bouquillon garde un intérêt pour le nu féminin. Il explore notamment le thème de la figure au repos en variant les postures. Sérénité s'inscrit dans la filiation des recherches artistiques de Bouquillon. Il n'y a pas non plus de rupture par rapport au matériau choisi pour la statue : le bronze utilisé ici est, avec la terre cuite et le plâtre patiné, un des matériaux de prédilection d'Albert Bouquillon.

Le style d'Albert Bouquillon s’inscrit dans les recherches qui émergent à la fin du 19e et au début du 20e siècle, dans le sillage de Bourdelle ou Maillol, et s'éloigne du naturalisme de Rodin : tout en restant dans la figuration, le trait est stylisé, la forme synthétisée, réduite à ses lignes essentielles, les volumes accentués et équilibrés, les visages ne sont pas des portraits. Toutes ces caractéristiques sont présentes dans Sérénité.

Ici, la position générale de la jeune femme, en particulier lorsque l'on regarde la statue de face, rappelle fortement les statues cubes égyptiennes, même si l'une des mains retombe librement dans l'espace libre ente les cuisses et le buste alors que cet espace est plein dans les statues cubes. L'ensemble formé par la frange, la forme du visage avec son nez droit, ses lèvres fines et ses yeux en amande ainsi que le long cou sur des épaules légèrement tombantes fait, quant à lui, penser aux kouroi grecs du 5e siècle avant notre ère.

Selon un article de Christine Gleiny qui aurait été publié dans la revue Arts : "Si Albert Bouquillon décante ou stylise parfois pour atteindre au monumental, il le fait sans outrance, car, pour qu'une œuvre ne soit pas la projection pure et simple de la réalité, il s'agit plus, pour le sculpteur, de lui insuffler une âme que d'avoir recours à de faciles expédients." (voir en ligne : https://monumentsmorts.univ-lille.fr/auteur/219/bouquillonalbert, [consulté le 26/08/2022])

Sérénité fait partie des nombreuses œuvres monumentales d'Albert Bouquillon installées dans l'espace public. Marseille (Monument à Alphonse de Lamartine, 1946), Orléans (Buste de Jean Zay, commande de l'État en 1950 pour le lycée Jean-Pothier) ou encore Paris (Le Porteur de viande, 1991) accueillent ainsi des œuvres de cet artiste. À Douai, on lui doit le décor du conservatoire L'enfant du Pays, un Monument à Marceline Desbordes-Valmore (1957) en pierre dans le square Jemmapes et Jeunesse une statue en bronze (1950) dans le parc Charles-Bertin.

  • Catégories
    sculpture
  • Structures
  • Matériaux
    • bronze
  • Inscriptions & marques
    • signature, sur socle indépendant
    • date
  • Précision inscriptions

    Le socle porte le nom et le prénom du sculpteur, Albert Bouquillon, ainsi que le titre de la statue "Sérénité".

Documents figurés

  • Lycée Corot, extension et aménagement, plans, programmes, subventions, correspondance, démolition de l'ancienne gendarmerie, de bâtiments rue des Wetz, plateau d'éducation physique rue des Wetz, remise de terrains à la ville (ancienne gendarmerie) votée et non réalisée. 1958 - 1973 (AC Douai. 4M461, Edifices communaux - monuments et établissements publics - édifices à usage d'établissements d'enseignement, de sciences et d'art).

    Documents figurés utilisés dans la notice :

    - Département du Nord, lycée de jeunes filles - Douai : avant-projet de construction d'un externat. Plans et élévations datés et signés M. Coasnes, 4 octobre 1958.

    - Département du Nord, lycée de jeunes filles - Douai : plan de masse, daté et signé M. Coasnes, 4 octobre 1958.

Date d'enquête 2022 ; Dernière mise à jour en 2022
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Édifice
Les extensions des années 1960 du lycée Corot

Les extensions des années 1960 du lycée Corot

Commune : Douai
Adresse : 133 rue, Saint-Vaast, rue Saint-Benoît