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Le territoire communal de Puiseux-en-Retz

Dossier IA00067102 réalisé en 1985

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Soissonnais
Adresse Commune : Puiseux-en-Retz

La période à laquelle des groupes humains se sont installés sur l’actuel territoire de Puiseux-en-Retz n’est pas connue, quoique la découverte de substructions et de mobilier gallo-romains à différents emplacements parle en faveur d’une occupation du site depuis l’Antiquité. En revanche, la formation de la paroisse est plus aisée à cerner, grâce à plusieurs pièces d’archives. Vers 1100, il n’existe encore qu’une seule paroisse réunissant Soucy et Puiseux, paroisse dont " l’autel " est alors donné à l'abbaye Saint-Jean-des-Vignes de Soissons par l'évêque Hugues de Pierrefonds (1093-1103). Les " autels " de Soucy et de Puiseux sont clairement identifiés une décennie plus tard, révélant que la différenciation des paroisses - et donc de leurs territoires - s’est effectuée au commencement du 12e siècle (d’après l’étude de Ghislain Brunel). La cure de Puiseux, qui relève néanmoins de celle de Soucy, va être desservie jusqu’à la Révolution par un chanoine joanniste, vicaire qui touche une pension du " prieur-curé de Soucy et de Puiseux ". Vers la fin de l’Ancien Régime, au moins, ce vicaire loge dans le presbytère voisin de l'église.

Pendant tout l’Ancien Régime, cette paroisse du diocèse de Soissons appartient au doyenné de Vivières, membre du Grand archidiaconé, et constitue l’annexe ou la succursale de Soucy. Les remaniements consécutifs à la Révolution font de Puiseux, au 19e siècle, un élément du doyenné de Villers-Cotterêts. Poursuivant les précédentes habitudes, le curé nommé au début du 19e siècle à Soucy dessert aussi Puiseux. Mais vers 1825, s’opère un changement, qui fait de Puiseux une succursale du doyenné, avec Montgobert pour annexe. Cette succursale étant devenue vacante, la paroisse est desservie par Vivières dès la fin du 19e siècle. Enfin, le regroupement paroissial de la fin du 20e siècle a fait de Puiseux une composante de la paroisse Saint-Nicolas-du-Pays-de-Retz, elle-même membre d’un doyenné de Villers-Cotterêts étendu.

Jusqu’à la Révolution, ce village du Valois était situé dans l’étendue de la châtellenie de Pierrefonds. Il fait aujourd'hui partie de l'arrondissement de Soissons et du canton de Villers-Cotterêts. Bien que Maximilien Melleville avance quelques noms de seigneurs fonciers dès le milieu du 12e siècle, il faut, en l’état actuel des connaissances, attendre la fin du 16e siècle pour pouvoir commencer à en dresser la liste ininterrompue. Le plus ancien seigneur connu est Jean Féret, sieur de Montlaurent, marié à Crespine de Jouennes et décédé vers 1580. Leur fille, Madeleine Féret, épouse Zacharie de Vassan en 1592, apportant ainsi la seigneurie foncière de Puiseux à cette famille, aux mains de laquelle elle va rester jusqu’à la Révolution. En 1600, des terres de Puiseux – ou une seigneurie –, qui appartenaient à l’abbé de Saint-Médard-lès-Soissons sont adjugées au profit de Zacharie de Vassan, qui semble être ainsi devenu le plus grand propriétaire foncier de la paroisse. Toutefois, la suzeraineté est conservée par l’abbé de Saint-Médard. Elle lui appartenait sans doute depuis le Moyen Âge, comme le laisse entendre la charte de juin 1238, par laquelle Jean, abbé de Saint-Jean-des-Vignes, et Réginald, abbé de Saint-Médard, fixent leurs droits domaniaux et seigneuriaux à Soucy et Puiseux.

Louis-Zacharie de Vassan, dernier seigneur avant la Révolution française, émigre en janvier 1791 et ses biens confisqués sont vendus au profit de la Nation. Le château, ses communs, sa ferme, ainsi que le moulin, la tuilerie, des maisons et des terres quittent ainsi définitivement leur noble détenteur, qui mourra en Pologne à Wroclaw (Breslau) en 1812.

Le village évolue lentement tout au long du 19e siècle, les édiles utilisant au mieux ses modestes ressources pour entretenir et rénover le patrimoine communal. Puiseux se dote en 1833 d’un nouveau cimetière, implanté à la périphérie de l’agglomération, puis en 1880 d’une mairie-école et d’un logement d’instituteur, installés dans d’anciens communs du château. La rareté et la minceur des dossiers de dommages de guerre conservés aux archives départementales ne permettent pas de connaître avec précision l’étendue des dégâts provoqués par le premier conflit mondial à Puiseux. Néanmoins, la citation à l’ordre de l’armée qui accompagne l’attribution de la croix de guerre à la commune, par arrêté du 23 août 1923, mentionne les fréquents bombardements endurés et les ruines qui en ont été la conséquence. Les bombardements inhérents à la Seconde Guerre mondiale ont heureusement provoqué moins de destructions.

Le changement de nom de la commune, passé de Puiseux à Puiseux-en-Retz - modification destinée à éviter toute confusion avec d’autres communes au nom presque identique -, a été autorisé par un décret du président du Conseil des ministres, Paul Ramadier, daté du 13 mai 1947.

La commune de Puiseux-en-Retz est située dans la partie septentrionale de l’ancien canton de Villers-Cotterêts. Elle est bordée au nord par Soucy, à l’est par Montgobert, au sud-est par Fleury, au sud par Villers-Cotterêts et enfin à l’ouest par Vivières. La délimitation territoriale a été facilitée, en de nombreux endroits, par la présence de routes et de laies forestières, telles l’actuelle RN 2, la route du Faîte ou la laie de la Beauve, qui ont imposé leur tracé. En revanche, la ligne de séparation entre Soucy et Puiseux-en-Retz paraît artificielle, ne s’appuyant aujourd’hui sur aucun axe de circulation ou élément topographique naturel autre qu’une situation culminante entre les deux communes. Cette démarcation remonte peut-être aux premières années du 12e siècle, époque d’individualisation de la paroisse de Puiseux à partir d’une paroisse de Soucy beaucoup plus vaste.

Le territoire, dont l’altitude varie de 78 à 226 m, s’étend sur une surface de 988 hectares. Les deux tiers de cette étendue, 655 ha d’après Michel Des Lions, sont occupés au sud et à l’est par des bois, dont la presque totalité appartient à la forêt de Retz, propriété de l’État. Quelques hectares seulement sont le bien de particuliers. D'après la monographie communale de 1888, la surface consacrée à la culture est alors estimée à 337 ha - soit un tiers du territoire - et, exception faite des jardins et prés qui avoisinent le village, correspond aux deux plateaux agricoles qui s’étendent au nord-ouest et au sud-est de l’agglomération. Entre ces deux plateaux, s’allonge un vallon arboré, dans lequel prend naissance le ru de Retz. Apparaissant dans le village à la " fontaine Jean-François ", qui est peut-être l’ancienne " fontaine Saint-Pierre " mentionnée par les archives, son eau resurgit dans la cour des anciens communs du château, puis alimente un lavoir et enfin l’étang du moulin, avant de se diriger au nord-est en direction de Montgobert, en traversant une zone de marais.

Les constructions du village, qui ne possède aucun hameau, se succèdent au fond et sur les versants de ce vallon, dans la moitié septentrionale du territoire communal. En raison de cette situation géographique, l’agglomération est surtout desservie par le chemin départemental 250, qui la traverse en zigzag et relie Vivières à Montgobert. La D 811 s’y embranche à l’ouest du village, pour raccorder ce dernier aux localités limitrophes de Soucy et Villers-Cotterêts. Les habitations de Puiseux, tantôt attenantes, tantôt séparées par leurs cours et leurs jardins, au centre de l’agglomération, paraissent plus éparses à ses extrémités et dans les rues secondaires, signe probable d’une croissance continue à partir du 19e siècle sur des parcelles plus vastes. Parmi les rues évoquées, se remarque l’actuelle rue des Grands Jardins, parfaitement rectiligne, et ménagée dans l’axe de l’ancien château. Cette voie, probablement percée sur ordre des anciens seigneurs à la fin du 18e siècle, se prolonge en forêt par la laie de Vassan, qui s’achève à l’emplacement de l’ancien parc de chasse du château de Villers-Cotterêts.

L'économie de Puiseux semble avoir principalement reposé sur l'agriculture et le travail du bois. À la fin du 18e siècle, l'abbé Houllier mentionne, comme à Soucy, la production de blé et d’autres grains, information reprise en 1884 et 1888 par l’instituteur, qui ajoute au blé, l'avoine, un peu de betterave sucrière et des plantes fourragères. À cette époque, le propriétaire de la ferme se lance dans l’élevage et l’engraissage des animaux de boucherie, entraînant la conversion d’un quart des terres labourables en pâturages. La production de légumes et de fruits est alors destinée à la consommation familiale. Aucune industrie ou manufacture n'est signalée dans les textes anciens, à l’exception du moulin à blé, qui était un moulin banal destiné aux habitants de Puiseux et de cinq autres communes voisines. Ce moulin, qui a cessé de fonctionner dans le courant du 19e siècle, a été transformé en ferme vers 1900, puis en établissement de pisciculture à partir de 1910. Les archives signalent également, dès l’Ancien Régime, la présence d’une tuilerie et d’un four à chaux, qui étaient la propriété du seigneur foncier. Ces bâtiments existaient encore à la fin du 19e siècle. Il n’en subsiste plus actuellement qu’un nom de lieu-dit. Enfin, l’existence de plusieurs carrières de calcaire tendre et dur est attestée sur le territoire. La pierre qui en a été tirée, d’excellente qualité, a servi sous le Second Empire à la restauration du château de Pierrefonds et à la construction de plusieurs monuments de Paris. Ces carrières ont été exploitées, au moins jusqu’à la fin du 19e siècle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Aisne. Série T (Enseignement, affaires culturelles, sports) ; Sous-série 13 T : 13 T 375 (MARIN, Désiré Léopold. Commune de Puiseux. Monographie communale. 1er mai 1888, non paginé).

  • AD Aisne. Série T (Enseignement, affaires culturelles, sports) ; Sous-série 13 T : 13 T 376 (Commune de Puiseux. Monographie communale. sd [ca 1884], non paginé).

  • A Évêché Soissons. Série F (discipline diocésaine) ; sous-série 3 F : Questionnaire préparatoire à la visite des paroisses (1805). Archidiaconé de Soissons. Doyenné de Villers-Cotterêts.

    Commune de Puiseux. État de la paroisse de Puiseux.
  • A Évêché Soissons. Série F (discipline diocésaine) ; sous-série 3 F : Questionnaire préparatoire à la visite des paroisses (1890-1896). Diocèse de Soissons, archiprêtré de Soissons, doyenné de Villers-Cotterêts.

    État des annexes ou autres églises desservies par M. le curé de Vivières. Paroisse de Puiseux.
Documents figurés
  • Puiseux, plan cadastral parcellaire [cadastre napoléonien], Tableau d'assemblage, encre sur calque, 1835, 1/10000e (AD Aisne : 3P0781_01).

Bibliographie
  • BRUNEL, Ghislain. L'implantation des ordres religieux de Prémontré, Cîteaux et Fontevraud dans la région de Villers-Cotterêts au XIIe siècle : une réponse à de nouveaux besoins ? Mémoires de la Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie de l'Aisne, tome XXXII, 1987, p. 197-224.

    p. 201.
  • CHOLLET, abbé François. Un serment mal gardé ou Villers-Cotterêts et ses environs. Villers-Cotterêts : Obry, libraire ; Soissons : Mme Lalance, libraire, 1853.

    p. 153-154.
  • DES LIONS, Michel. Histoire d'un village : Puiseux-en-Retz. Mémoires de la Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie de l'Aisne, 1984, t. 29, p. 223-240.

  • FIRINO, Roger. Les De Vassan. Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1912, 3e série, t. 19, p. 156-200.

  • HOULLIER, Abbé Pierre. État ecclésiastique et civil du diocèse de Soissons. Compiègne : Bertrand, Imprimeur du Roi ; Paris : Mérigot jeune, Libraire, 1783.

    p. 336-337.
  • Journal officiel de la République française.

    55e année, n° 234, Jeudi 30 Août 1923, p. 8504 ; 79e année, n° 116, Jeudi 15 Mai 1947, p. 4497.
  • LECLERCQ DE LAPRAIRIE, Jules-Henri. Répertoire archéologique de l'arrondissement de Soissons. Canton de Villers-Cotterêts. Bulletin de la société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1862, t. 16, 9e séance, lundi 6 Octobre 1862, p. 178-203.

    p. 194.
  • LEDOUBLE, abbé Joseph. État religieux ancien et moderne des pays qui forment aujourd'hui le diocèse de Soissons. Soissons : l'auteur, 1880.

    p. 21, 463.
  • MATTON, Auguste. Dictionnaire topographique du département de l'Aisne comprenant les noms de lieu anciens et modernes, rédigé sous les auspices de la Société académique de Laon. Paris : Imprimerie nationale, 1871.

    p. 225, 232.
  • MELLEVILLE, Maximilien. Dictionnaire historique du département de l'Aisne. Nouvelle édition. 2 volumes. Laon : l'auteur, 1865.

    t. 2, p. 241.
  • MICHAUX, Alexandre. Histoire de Villers-Cotterêts. La ville, le château, la forêt et ses environs. Deuxième édition, augmentée et mise au courant des événements jusqu'en 1885. Paris : Marchal et Billard, libraires-éditeurs, 1886.

    p. 182.
  • PICHON, Blaise. L'Aisne, 02. Carte archéologique de la Gaule. Pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost. Paris : académie des Inscriptions et Belles-Lettres, ministère de l’Éducation nationale, ministère de la Recherche, ministère de la Culture et de la Communication, maison des Sciences de l'Homme, 2002.

    p. 360, n° 628.
  • SEYDOUX, Philippe. Gentilhommières des pays de l'Aisne. Tome 2 : Soissonnais, Tardenois, Brie. Paris : La Morande, 2013.

    p. 151-153.
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