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Les monuments aux Morts du canton de Wassigny

Dossier IA00079462 réalisé en 1990

Introduction

Bien que le terminus, à l'époque où fut entrepris le repérage du canton de Wassigny, ait été fixé à 1914, il a semblé intéressant de repérer exhaustivement les monuments aux morts, et de constituer une documentation sur ce sujet. Deux raisons majeures sont à l'origine de cette étude :

  • le désir de témoigner du passage des deux guerres et plus particulièrement de celle de 1914-1918, si destructrice dans le département de l'Aisne,
  • l'intérêt croissant du public pour ce type de constructions.Sauf omission, tous les monuments aux morts du canton ont donc été repérés et photographiés.

I. Caractères historiques

Des 20 monuments repérés, aucun n'est consécutif à la guerre de 1870, même si le monument de Wassigny [Fig. 20] commémore ce conflit a posteriori. 15 d'entre eux ont été édifiés après la guerre de 1914-1918. 5 édicules seulement se rapportent à la guerre de 1939-1945, le souvenir de ses pertes humaines n'étant le plus souvent rappelé que par une plaque apposée sur le monument du conflit précédent. Seule la commune d'Etreux fait exception à cette règle avec ses deux monuments aux morts qui voisinent devant l'entrée de l'église [Fig. 1 et 2].

Les autres monuments érigés après la Seconde Guerre mondiale pérennisent à l'échelle du canton, soit des actes de bravoure civils comme la Résistance ou la Déportation (Tupigny [Fig. 16], Mennevret [Fig. 9]), soit des faits d'armes (monument du cimetière de Wassigny [Fig. 21]), soit des pertes très localisées, comme le monument aux morts rue du Deux-Septembre à Etreux [Fig. 3], qui rappelle une action de représailles contre des civils de cette commune.La datation précise, connue dans de nombreux cas, a été fournie parfois par le monument lui-même, quand il porte sa date d'inauguration (Tupigny [Fig. 15] et Wassigny [Fig. 20]), mais le plus souvent par les archives communales qui mentionnent le lancement des souscriptions, la date de commande, de réception, d'installation ou d'inauguration de l'édicule.

Ces monuments ont été commandés à des marbriers-sculpteurs, installés dans les communes avoisinantes : Dubray à Bohain (7 exemples), Baudrit à Bohain, André Coulon au Nouvion-en-Thiérache, P. Trouillet à Landrecies, Nicaise à Guise (2), Jules Delvienne au Cateau (2). Un seul d'entre eux est l'oeuvre d'un architecte : le monument de Grougis [Fig. 5 et 6], dessiné par Charles Kohler, architecte local chargé simultanément de dresser les devis des dommages de guerre des immeubles de cette commune.

II. Caractères architecturaux

1. Situation

La majorité des monuments ont été édifiés dans le centre des agglomérations, dans la proximité immédiate de l'église ou de la mairie. Font exception à cette règle, le monument allemand de Mennevret [Fig. 10] et le monument aux défenseurs de la région de Wassigny [Fig. 21], érigés dans un cimetière, ainsi que le monument élevé rue du Deux-Septembre à Etreux [Fig. 3], sur les lieux de l'événement qu'il commémore. Ce choix de l'emplacement, qui fait souvent du monument la partie constituante d'une construction plus importante, explique le fort pourcentage d'oeuvres étudiées.

2. Composition d'ensemble

Hormis les monuments qui présentent un décor figuré de grande taille, ces édicules s'apparentent au type de l'obélisque ou au type de la stèle.

3. Matériaux

Le matériau utilisé dans la majeure partie des cas pour réaliser l'ensemble du monument ou le support d'un décor élaboré dans un autre matériau, est un calcaire appelé localement "pierre bleue" ou "granit belge", calcaire très dur, extrait dans le nord de la France et en Belgique, et dont la couleur peut varier du gris ardoise au noir bleuté, selon les bancs.

4. Décor

Dans de nombreux cas, principalement ceux en forme d'obélisque, les monuments ont été ornés d'un décor en relief, taillé dans la masse, et dont l'étendue varie selon les moyens financiers de la commune au lendemain de la guerre. C'est un décor exclusivement symbolique, à connotation militaire et patriotique (casques, drapeaux, coq gaulois, armes, croix de guerre, croix de Lorraine, branches de laurier et de chêne, palmes) ou funéraire (torches renversées). S'y ajoute parfois une ornementation rapportée en bronze consistant essentiellement en croix de guerre et palmes, mais à l'occasion en un médaillon occupé par le profil d'un "Poilu" (Hannappes [Fig. 7] et Vénérolles [Fig. 19]).Plusieurs monuments se détachent de l'ensemble par la présence d'un décor figuré en relief ou ronde-bosse, de grande taille, sculpté ou fondu. Parmi ces sujets à la gloire du soldat, Oisy a choisi, comme de nombreuses communes en France, le "Soldat mourant" créé par le sculpteur Jules Déchin [Fig. 12], qui est également l'auteur du relief en fonte ornant le monument de La Vallée-Mulâtre [Fig. 17]. Petit-Verly [Fig. 13] et Tupigny [Fig. 15] ont opté pour un même modèle de "Poilu", proposé par les établissements Jacomet à Villedieu dans le Vaucluse, tandis que Mennevret préférait un autre type de "Poilu", taillé dans la pierre bleue, choisi également dans le catalogue d'une maison spécialisée [Fig. 8 et 8 bis].

Conclusion

Les monuments aux morts du canton de Wassigny se rattachent par leur taille et le thème de leur décor à l'ensemble des monuments édifiés en France au lendemain des deux guerres. L'évolution du type entre ces conflits, difficile à retracer sur un si petit nombre d'exemples, semble néanmoins se traduire par une simplification des formes (Tupigny [Fig. 16]) et un appauvrissement du décor. Se détache cependant de ce groupe, par sa qualité d'exécution et son sujet, le monument élevé rue du Deux-Septembre à Etreux[Fig. 3], qui a certainement dû faire l'objet d'une commande particulière au sculpteur J. Marichal. En effet, son décor en relief, représentant le massacre de civils et l'incendie d'habitations, reproduit exactement les exactions commémorées.Le reste du corpus, même dans sa modestie, a permis de préciser l'aire de diffusion de certains modèles décoratifs.

Aires d'étudesWassigny
Dénominationsmonument aux morts

Dans le canton de Wassigny, 74% des monuments aux morts datent du 1er quart du 20e siècle et 26% sont du milieu du 20e siècle. Dates portées : 1920, 1921, 1953.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : milieu 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Baudrit marbrier
Auteur : Dubray marbrier
Auteur : Nicaise marbrier
Murscalcaire
Décompte des œuvres étudié 6
repéré 20

Annexes

  • Tableau de repérage

    Repéré

    Etudié

    Après

    1918

    Après

    1945

    Situation

    Forme

    Décor figuré

    Etreux

    3

    1

    1

    2

    mairie-église (2)

    autre

    obélisque

    stèle (2)

    pierre

    Grand-Verly

    1

    1

    1

    mairie-église

    obélisque

    Grougis

    1

    1

    1

    mairie-église

    stèle

    Hannapes

    1

    1

    1

    mairie-église

    obélisque

    bronze

    Mennevret

    3

    3

    2

    1

    mairie-église (2)

    autre

    obélisque

    stèle

    pierre

    Molain

    1

    1

    mairie-église

    stèle

    Oisy

    1

    1

    1

    mairie-église

    bronze

    Petit-Verly

    1

    1

    mairie-église

    bronze

    Ribeauville

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    Saint-Martin-Rivière

    1

    1

    mairie-église

    obélisque

    Tupigny

    2

    1

    1

    mairie-église

    bronze

    La Vallée-Mulâtre

    1

    1

    mairie-église

    bronze

    Vaux-Andigny

    1

    1

    1

    mairie-église

    obélisque

    Vénérolles

    1

    1

    mairie-église

    obélisque

    bronze

    Wassigny

    2

    1

    1

    1

    mairie-église

    autre

    obélisque

    Tableau de repérage des monuments aux morts du canton

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Département de l'Aisne (c) Département de l'Aisne ; (c) AGIR-Pic (c) AGIR-Pic - Riboulleau Christiane - Demetz Bernadette