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Les usines de céramique et de travail du verre dans le bassin creillois

Dossier IA60001707 réalisé en 2007

Dominée dès la fin du 18e siècle et tout au long du 19e siècle par la manufacture de faïence de Creil, l'industrie de la céramique est ensuite représentée dès la fin du 19e siècle par les établissements Defrance (puis Cerabati) à Pont-Sainte-Maxence (fabrication de carreaux) qui fonctionne jusqu'en 1992. Plusieurs briqueteries situées principalement sur la commune de Nogent-sur-Oise témoignaient encore au début des années 1950 de l'activité des usines de céramique.

Le travail du verre reste lui assez confidentiel bien que la verrerie de Creil soit active de 1865 à 1930. Il faut mentionner l'activité de deux ateliers de fabrication de verres optiques à Montataire (moulin Müller) et Nogent-sur-Oise (Les Lunettes) entre la fin des années 1890 et le début de la décennie 1920, ainsi que la reprise du site maxipontin de la Cerabati, en 1993, par l'entreprise Saga Décor spécialisée dans le dépolissage et la sérigraphie sur verre de bouteilles.

Si l'ensemble de ces bâtiments industriels a aujourd'hui disparu, il reste à Creil la toute première cité ouvrière édifiée vers 1865 sur le territoire : la cité des faïenciers.

Aires d'études Grand Creillois
Dénominations usine de chaux, plâtrière, briqueterie, tuilerie, faïencerie, verrerie, usine de verres optiques
Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérés 8
étudiés 4

Annexes

  • Usines détruites documentées

    USINE I :

    Usine de fabrication de matériaux de construction (fours à plâtre)

    rue Michelet (Creil)

    En 1857, Monsieur Vachette obtient l'autorisation de cuire du plâtre dans un four à chaux qu'il construit sur sa propriété dans le quartier Saint-Médard. Il fait construire une cheminée de 10 mètres de haut pour l'évacuation des fumées. En 1878, Grison-Havy installe au lieu dit les Chères Vignes une briqueterie et un four à chaux. La briqueterie est encore en activité en 1927 (plan de l'agglomération creilloise).

    Documents d'archives :

    AC Creil. Série I ; Sous-série 5I : 5I8. Demande de monsieur Vachette, marchand de charbons de terre pour la construction d'un four à plâtre. 1857.

    AC Creil. Série O ; Sous-série 3O : 3O11. Ville de Creil, adjudication des ports de la ville. Plan des ports Labarre. 1878.

    USINE II :

    Briqueterie Lemaire

    quartier du Saulcy (Nogent-sur-Oise)

    En 1865 Joseph Théodore Lemaire obtient l'autorisation de construite une briqueterie dans le hameau de Saulcy. Le chantier se situe sur une parcelle circoncise par le chemin de fer (au sud-ouest), la rue Vallière et le chemin neuf (actuelle rue de la Liberté). La cuisson des briques est réalisée au charbon de terre. La date d'arrêt de la production n'est pas connue.

    Documents d'archives :

    AD Oise. Série M ; sous-série 5M : 5Mp2519. Etablissements insalubres, Nogent-sur-Oise : construction d'une briqueterie par Joseph Lemaire. 1865.

    USINE III :

    Briqueterie Williame et Tumerelle

    allée de la Tuilerie ; allée de la Briqueterie ; allée de la Poterie (Nogent-sur-Oise)

    En 1908 B. Tumerelle et E. Williame projette d'installer une briqueterie au lieu dit le fond du Dieu de Pitié sur une vaste parcelle irrégulière comprise entre la rue Faidherbe au sud (route nationale 16), la rue Désiré Véret à l'est, la rue de la Liberté à l'ouest et les voies de chemin de fer au nord. La briqueterie se compose d'une maison de contremaître et d'un bureau, d'un four à feu continu, d'une cheminée de 30 mètres de ahut et de 8 séchoirs répartis par 4 de par et d'autre du four. Dès 1910 Tumerelle et William doivent acquitter un indemnité à la commune pour l'entretien des chemins régulièrement dégrader par le passage des convois. La terre argileuse est prélevée sur place et sur le coteau. En octobre 1954 la société industrielle de briqueteries et d'agglomérés vends son terrain pour que la municipalité y construise un lotissement sous réserve que l'état du terrain sur les parties où l'extraction s'est faite en profondeur soit bon. En juillet 1961, le futur lotissement de la briqueterie est confié à trois société civiles immobilières de construction. 10 immeubles en barre sont construits et le quartier prend le nom de la Commanderie. En juin 1981, une délibération du conseil municipal inaugure trois rues (allée de la Briqueterie, allée de la Poterie, allée de la Tuilerie) au sein de la Commanderie faisant référence à l'ancienne activité industrielle. Le quartier est en cours de réhabilitation.

    Documents d'archives :

    AD Oise. Série M ; sous-série 5M : 5Mp2519. Etablissements insalubres, Nogent-sur-Oise : construction d'une briqueterie par Tumerelle et Williame. 1908-1909.

    USINE IV

    Briqueterie Ducrocq

    rue Faidherbe (Nogent-sur-Oise)

    En avril 1913 Paul Ducrocq et son fils Eugène installent une briqueterie à feu continu avec four non fumivore aux lieux-dits Le Marais de Laigneville et Pierre Bénard, le long de la route nationale 16 (rue Faidherbe).

    USINE V

    Briqueterie Alexandre

    Le patronyme Alexandre est attesté dès le début du 19e siècle à Nogent : il s'agit d'une famille de carriers qui fonde entre 1913 et 1920 une briqueterie le long de la rue Faidherbe, à proximité de la briqueterie Ducrocq et proche de la briqueterie Tumerelle. Sa date de cessation d'activité n'est pas connue. Quelques bâtiments en brique sont toujours visibles.

    Documents figurés :

    Projet de construction d'une briqueterie à four continu à Nogent-sur-Oise. Plan, couleur, échelle 1/2500e, 1913. AC Nogent. Série I.

  • Usines détruites documentées d'amont en aval

    USINE I :

    Moulin banal de Levrel, puis de Saint-Leu, puis usine d'engrais

    Pas d'adresse (Montataire), sur le Thérain.

    Le tout premier moulin à blé implanté sur la commune de Montataire dépend du prieuré de Saint-Leu-d'Esserent fondé en 1081. Bien que sa fondation précise ne soit pas connue, il peut dater de la fin du 11e siècle ou du tout début du 12e siècle. Une charte en latin mentionne en effet qu'Aubry Payen de Marle et sa femme Adelaïde donnent à l'église et aux moines de Saint-Leu la mouture d'Esserent et que ceux-ci ne pourront en jouir qu'à leur décès. Ce moulin établi à la limite des territoires de Cramoisy et de Montataire est un moulin banal. Des baux successifs passés entre le 13e siècle et 1777 permettent de suivre l'évolution de ce moulin et des terres qui l'entourent. Le moulin banal est couplé à un moulin à huile installé dans le même bâtiment. Il est loué au meunier de Levrel qui doit fournir au prieuré de Saint-Leu et pour l'usage des moines, des domestiques et du prieur tous les blés nécessaires à leur activité. Celui-ci est également chargé de l'entretenir régulièrement : en 1748 les réparations s'élèvent à 2932 livres. Le moulin et ses terres sont vendus le 4 juin 1791 à Charles Duchâteau, employé de l'administration à Paris. En 1815, le propriétaire perd sa requête contre la commune de Cramoisy pour récupérer un arpent de terre et de bois. Le moulin est loué au début du 19e siècle au meunier Bataille qui poursuit l'activité de meunerie. Au cours de la décennie 1820, le moulin est acheté, comme tous les moulins établis sur le Thérain à Montataire, par Louis et Bernard Mertian propriétaires des Forges de Montataire. L'activité de meunerie se poursuit par intermittence au cours du 19e siècle car les travaux d'entretien ne sont plus réalisés. En 1860, la société des Forges est mise en demeure d'effectuer des travaux sur le moulin de Saint-Leu sous peine de mise au chômage des tournants. A la fin du 19e siècle, le moulin est transformé par Lemaire en usine d'engrais fabriqué à partir de corne torréfiée. En 1937 les Forges et Aciéries du Nord et de l'Est suppriment les vannes et le déversoir du moulin. Les bâtiments sont détruits peu après.

    Documents d'archives :

    AD Oise. Série C ; sous-série 1C : 1CP247/1. Plan du territoire de Montataire.

    AD Oise. Série H. Clergé régulier : religieux de Saint-Leu-d'Esserent (ordre de Cluny). Moulin banal à Montataire.

    AD Oise. Série Q ; sous-série 1Q : 1Q2/1503. Prieuré de Saint-Leu-d'Esserent, biens de première origine, Cramoisy, moulin, 1812-1815.

    AD Oise. Série S ; sous-série 7S : 7Sp231. Services hydrauliques, Cramoisy. Suppression du moulin de Saint-Leu, 1937.

    USINE II :

    Moulin à blé dit de Montataire, puis moulin d'Adin, puis moulin à papier (fabrication de sacs en papier), puis usine de verres optiques Muller dite les Lunettes

    Pas d'adresse (Montataire), sur le Thérain.

    Une charte non datée entre Odemar, prieur de Saint-Leu d'Esserent et l'abbaye de Jumièges autorise les moines bénédictins de Saint-Pierre de Jumièges à construire un moulin à blé sur la rivière du Thérain pourvu qu'il ne préjudice en rien au moines de Saint-Leu qui ont déjà deux moulins (le moulin banal et le moulin à huile). Le moulin est édifié à l'écart de la ville, sur un bras du Thérain, à proximité du prieuré Saint-Léonard possession de Jumièges. Il est connu sous le nom de moulin de Montataire. Après la Révolution, le moulin est acheté par la famille Bataille-Quitton qui poursuit l'activité de mouture du blé, le moulin prend le nom de moulin d'Aden (ou Dadin). Le moulin est alimenté par deux bras du Thérain sur lesquels sont installés deux roues hydrauliques verticales. Au début des années 1820, les frères Mertian, directeurs de l'usine des Forges à Montataire deviennent propriétaires du moulin et le louent pour différentes activités. Le 21 juin 1822, Legros (ou Legras) devient locataire du moulin qu'il transforme en moulin à papier. Celui-ci entre en activité dès le 1er novembre 1822. Deux ans plus tard, la papeterie est dirigée par mademoiselle Hullot qui fait fabriquer essentiellement du papier gris d'emballage. En 1825, Petit reprend les rênes de l'usine pour la fabrication de sacs en papier. En 1830, le moulin est en mauvais état : il est muni de 4 piles et d'une seule cuve. Les laines et les toiles de dernière qualité sont utilisées pour la fabrication du papier. Elles proviennent des chiffonneries de la campagne environnante et de Paris. Trois hommes et deux femmes travaillent 75 jours par an. Malgré ses difficultés, la papeterie livre pour l'année 1835, 15 000 rames de papier. Peu après une tréfilerie est substituée à l'activité de papeterie mais sans succès. Vers 1850 Emile Dauge installe une papeterie mécanique dans le moulin. En 1859, la papeterie est un vaste établissement en L comprenant deux roues hydrauliques verticales. A la charnière du 19e et du 20e siècle, le système hydraulique et les bâtiments sont utilisés par Muller pour une usine de fabrication de verres optiques. Le moulin prend le nom des Lunettes ou de moulin à papier (en référence à son activité précédente). En 1937, la société des Forges et Aciéries du Nord et de l'Est demande sa suppression afin d'être libérée des servitudes du curage. Seules les vannes sont arasées. Le bâtiment est démoli en 1943. Le bras du Thérain sur lequel était construit le moulin a été canalisé et il n'est plus possible aujourd'hui de localiser précisément l'emplacement de ce moulin.

    Documents d'archives :

    AD Oise. Série M ; sous-série 9M : 9Mp3713. Réglementation et contrôle des industries : moulin à papier de Montataire, 1822.

    AD Oise. Série S ; sous-série 7S : 7Sp231. Services hydrauliques, Cramoisy. Suppression du moulin de Montataire, 1937.

    AD Oise. Série S ; sous-série 9S : 9Sp182. Déclarations de machines à vapeur, commune de Montataire : papeterie Dauge, 1859.

    USINE III :

    Moulin à blé des Prés, puis des Planches, moulin Neuf, puis moulin à huile, puis moulin à foulon dit petit moulin, puis chamoiserie (moulin à chamois), puis logements d'ouvriers dits le vieux moulin

    Pas d'adresse (Montataire), sur le Thérain.

    En 1444, un bail établi par Pierre de Vaudelles entre Jean Hérouart et Jean Crespin fait mention pour la première fois de deux moulins établis côte à côte dont le moulin des Prés situé sur une dérivation du Thérain. En 1492, un nouveau bail est passé par Guichard Madaillan, seigneur de Montataire, à Jacques Cochet, charpentier, pour l'exploitation des deux moulins en ruine réunis sous l'appellation moulins des Planches (l'un à huile et l'autre à blé). Lors d'un bail passé en 1532 entre Guillaume Madaillan et Antoine Vacquier, les moulins sont reconstruits et tournent avec une seule roue. Au milieu du 16e siècle l'appelation Moulin Neuf englobe les deux moulins. Ils sont acquis par Dastier au début du 19e siècle et leur activité sera dès lors bien distincte. Le petit moulin est utilisé comme moulin à foulon puis comme moulin à chamois entre 1806 et 1816 environ. Au début des années 1820 il est acheté par les frères Mertian, propriétaires des Forges de Montataire : il est transformé en logements ouvriers pour l'usine de scierie située sur l'autre rive du Thérain. Peu à peu laissé à l'abandon, l'ancien moulin prend au début du 20e siècle l'appellation le vieux moulin.

    USINE IV :

    Moulin à blé dit Coulette puis du Locifer, puis Coulette, puis école primaire de soeurs de Saint-Aubin.

    Pas d'adresse (Montataire), sur le Thérain.

    Sur le cadastre napoléonien daté de 1809, on trouve la mention du moulin Coulette, du nom de son propriétaire. Ce moulin est établi sur une dérivation du Thérain appelée le bras d'or. Dix ans plus tard, le plan réalisé pour le projet de navigation du Thérain mentionne au même emplacement le moulin du Locifer. Le moulin est acheté en 1823 par les frères Mertian qui suppriment son vannage. Peu après, l'activité de meunerie est abandonnée et le moulin utilisé pour divers usages. En 1905, les soeurs de l'ordre de Saint-Aubin s'installent provisoirement dans les bâtiments de l'ancien moulin.

    Le moulin Coulette visible jusqu'au milieu des années 1980 était une construction massive en pierre contrefortée de pilliers également en pierre. Le bâtiment à un étage carré était coiffé d'une toiture à longs pans en tuile mécanique. Un bâtiment en brique a un étage carré, couvert d'un toit à longs pans en tôle lui était accolé.

    Documents d'archives :

    AD Oise. Série S ; sous-série 9S : 9Sp182. Profil de la manufacture de fer blanc de Montataire, de l'ancien moulin dit Coulette ou Vitel, des moulins du sieur d'Astier situés même commune, et de la rivière du Thérain entre ces usines, selon les nivellements faits et les mesures prises par l'Ingénieur ordinaire de Senlis le 19 et 20 octobre 1823 et les 19 juillet et 19 octobre 1824.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Creil. Série I ; 5 I 8. Compagnie générale d'électricité de Creil : agrandissement de l'usine, 1913.

    Demande de monsieur Vachette, marchand de charbons de terre pour la construction d'un four à plâtre, 1857.
Documents figurés
  • Ville de Creil, adjudication des ports de la ville. Plan des ports Labarre. Plan calque, couleur, 1878 (AC Creil ; 3O11).

  • Creil. La cité Saint-Médard. Impr. photoméc (carte postale), n.et b. (AC Creil ; fonds local).

  • Projet d'installation d'une briqueterie à Nogent-sur-Oise au lieu dit le fond du Dieu de Pitié. Plan, couleur, échelle 1/2500e, Mahon (architecte), 1908 (AD Oise ; 5Mp2519).

  • Nogent-sur-Oise : la Commanderie. Impr. photoméc. (carte postale), couleur, sans date [vers 1961] (AC Nogent-sur-Oise ; fonds local).

  • Plan d'une pièce de terre sise à Saulcy destinée à l'établissement d'une briqueterie appartenant à sieur Joseph Lemaire. Plan, papier, couleur, échelle 1cm/5 m. 1865 (AD Oise ; 5Mp2519).

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