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Usine de construction mécanique Maguin

Dossier IA02003253 inclus dans Le village de Charmes réalisé en 2016

Fiche

  • Les bureaux de l'usine, vue de trois-quarts.
    Les bureaux de l'usine, vue de trois-quarts.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • aire des matières premières
    • aire des produits manufacturés
    • atelier de fabrication
    • bureau
    • bureau d'études
    • parc de stationnement
    • logement

Des débuts aux développements industriels d'Alfred Maguin (1843-1914)

La vocation industrielle du site débute en 1843 avec un premier atelier de fabrication de limes créé par Constant Tordeux. L'entreprise semble relativement précaire puisqu'elle ne débute véritablement qu'en 1845 et que moins de cinq ans plus tard, elle est arrêtée. Les ateliers sont repris par Brugnon, puis en 1852, par Jean-Louis Prosper Debethune déjà fabricant de limes à Reims. Il maintient une petite activité jusqu'en 1878.

Le 1er novembre 1878, Alfred Maguin, ingénieur civil des Mines, reprend l'affaire. Le site est alors représenté sur un en-tête de lettre commercial de l'entreprise. Il se compose alors d'un bâtiment principal, à huit travées, construit en pans de bois et brique et couvert d'un toit à longs pans et croupe. Au rez-de-chaussée de cet édifice, les deux travées centrales s'ouvrent sur un porche qui permet d'accéder aux ateliers qui s'organisent autour d'une cour rectangulaire. Cette vue cavalière de l'usine de limes complète assez bien la description qui en est faite en 1850 (cf. Annexe 1). Mais rapidement, Alfred Maguin oriente davantage sa production dans l'équipement industriel des sucreries, alors en plein essor. Il s'intéresse notamment aux procédés de diffusion du sucre et mène sa réflexion jusqu'à la mise au point d'un système de coupe-racines. Il saisit ensuite l'opportunité de la nouvelle législation mise en place en 1884 pour la pesée des chargements de betteraves réceptionnés dans les sucreries en créant un appareil de pesée homologué, mais c'est surtout avec la mise au point du coupe-racine rotatif qu'il fonde sa renommée. En 1881, le petit atelier de limes laisse la place à un important atelier de fabrication de couteaux pour coupe-racines, qu'il prolonge avec la construction d'autres bâtiments entre 1883 et 1886. L'usine qui s'étendait sur une surface de 39 ares 65 ca. connaît un important développement. Plusieurs indices soulignent cette évolution : selon les matrices cadastrales, entre 1880 et 1887, la valeur locative du site industriel est multipliée par dix, passant de 90 francs à 930 francs. Par ailleurs, en 1887, l'usine est équipée d'une machine à vapeur plus puissante. De cette époque ne subsiste que l'atelier de mécanique. Mais l'année suivante, d'autres extensions sont envisagées comme le souligne un courrier d'Alfred Maguin, daté du 8 mars 1888, dans lequel il demande la possibilité de dévier la ruelle Mortier qui longe l'usine afin de permettre justement les extensions futures du site. En 1891, l'usine occupe 8000 m carrés. L'expansion rapide de l'entreprise oblige bientôt l'industriel à modifier le statut juridique de son entreprise. Le 1er janvier 1895 elle devient une société anonyme au capital de 1.550.000 francs, détenu toutefois à 76 % par Alfred Maguin en personne. Sur le plan foncier, la Société Anonyme des Établissements A. Maguin couvre alors 65 ares 96 ca. Cette surface est encore accrue dans la première décennie du 20e siècle pour atteindre 2 ha 87 ares en 1913.

L'extension industrielle de l'entreprise Maguin s'explique en partie par la diversification d'activité amorcée à la fin du 19e siècle. C'est en effet la réponse apportée à l'essoufflement du marché de l'équipement des sucreries. Maguin se lance successivement dans la fabrication de cycles, de moteurs ou de compteurs à gaz. Cette diversification nécessite la construction, en 1906, de nouveaux ateliers, tels que celui destiné aux chaînes sans soudures ou celui réservé à la fabrication de fusées d'obus. Mais le 2 février 1907 (cf. Annexe 3), une grande partie de l'usine part en fumée dans un incendie ravageur. La situation est catastrophique pour l'entreprise en plein essor. Tous les ateliers de production, d'assemblage sont détruits, de même que le logement de direction qu'occupait généralement Alfred Maguin. Seuls subsistent une partie des magasins et les bureaux. Néanmoins, dès les jours suivants, afin de ne pas provoquer de chômage technique en cette période hivernale, Alfred Maguin charge immédiatement les ouvriers de l'usine du déblaiement et de la reconstruction des bâtiments.

L'usine dans la Grande Guerre (1914-1918)

Le 2 septembre 1914, la nouvelle usine est à peine achevée qu'elle est occupée par les troupes allemandes, qui l'utilisent comme site de construction et de réparation de matériel de guerre. Pendant ce temps, sollicité par le service des Armées, Alfred Maguin transfère sa production dans des bâtiments vacants à Paris (52, rue de la Marne). C'est là qu'il développe une production de cuisines militaires roulantes, qu'il avait déjà mis au point, en 1908, dans les ateliers de Charmes. Il fabrique aussi des pièces d'artillerie (obus, freins de canons...) et poursuit, malgré les circonstances, la construction de machines pour l'industrie sucrière. Face à l'accroissement des commandes militaires, le petit atelier des quais de Seine se montre rapidement trop exigu. Pour répondre a cette demande, Maguin investit alors dans de nouveaux ateliers, plus vastes, à Aubervillers (Passage des Roses). Il conserve cependant l'atelier parisien pour la production de l'outillage et de l'équipement des sucreries.

Pendant ce temps, l'usine de Charmes continue d'être occupée par l'armée allemande jusqu'en avril 1917. A cette date, le village est complètement évacué, et dans leur repli final, les Allemands dynamitent l'usine à la fin du mois de septembre 1918.

Avant même l'armistice de 1918, Alfred Maguin anticipe la reconstruction et crée, le 16 juillet 1917, la Société Nouvelle des Établissements Maguin, dotée d'un capital de 4.200.000 francs, pour atteindre 4.550.000 francs en juillet 1920.

La reconstruction de l'usine de Charmes (1919-1925)

A la fin de la guerre, les besoins de matériels industriels pour les sucreries à reconstruire constituent un véritable défi pour l'entreprise Maguin qui doit répondre à cette demande urgente. Reconnu avant guerre pour la qualité de sa production, Maguin est un des acteurs incontournables de la reconstruction industrielle. Pour répondre à cette demande, Alfred Maguin engage deux chantiers de front : il se lance dans la reconstruction de l'usine de Charmes, ruinée en 1918 ; il construit de nouveaux ateliers à Aubervillers (Seine-Saint-Denis), sur un nouveau site (5 boulevard Félix-Faure) qui réunit les productions des deux précédents ateliers franciliens. L'entreprise qui a besoin de nouveaux capitaux devient la Société Nouvelle des Établissements A. Maguin avec un capital de 4.500.000 francs.

A Charmes, la reconstruction est lancée en 1921 sous la conduite des architecte Charles et Jean de Montarnal. L'atelier de mécanique qui a été le moins endommagé permet de reprendre une première activité dès 1921 avec une soixantaine d'ouvriers. Tous les autres ateliers font l'objet d'une reconstruction quasi totale, selon une répartition spatiale plus aérée que permet l'emprise foncière qui, désormais atteint 15 ha. Les bureaux et la plupart des travaux de gros œuvre sont achevés en 1923, comme l'indique la date portée sur la façade des bureaux à l'entrée, l'usine ne reprend véritablement son activité qu'en mars 1925. Une fois la reconstruction achevée, Alfred Maguin cède la direction de l'entreprise à son fils Abel Maguin.

Production

En 1843, l'usine fabrique d'abord des limes. En 1885, en complément de l'usine de Charmes, Alfred Maguin crée une fonderie à Tergnier (Fargnier). Avec la loi de 1884 sur la pesée de betteraves à l'entré de la sucrerie, Maguin met au point un appareil de pesée automatique, qui devint rapidement une référence recommandée par le fisc. Cet appareil, connu sous le nom de bascule de la Régie, assura un vif succès de l'entreprise. En 1897, l'entreprise fabrique des moteurs à gaz et à pétrole. En 1900, l'entreprise fabrique 120.000 couteaux de diffusion de tout type, 6000 fraises d'affutages, 4000 porte couteaux, 3000 douzaines de limes d'affutage. Mais à l'époque, son principal succès repose sur la mise au point du coupe-racine rotatif. En 1905, l'entreprise se lance dans la fabrication des compteurs à gaz, puis en 1908, Maguin met au point une cuisine roulante. Avec les autres sites de production d'Aubervillers et de Billom (Puy-de-Dôme), l'entreprise Maguin devient un acteur incontournable de l'équipement industriel des sucreries. Entre 1922 et 1928, l'entreprise fournit une partie de l'équipement pour 27 fabriques des sucres et raffineries, et concours à la transformation de 21 usines d’extraits tannants. Après la Seconde Guerre mondiale, elle devient même le maître d’œuvre complet de la sucrerie de Bazancourt (Marne). Dans les années 1950, l'éventail de la production s’élargit encore grâce, notamment, au marché des équipements pour l'industrie chimique.

Les principaux brevets d'inventions

Tout au long de sa carrière (1880-1935), Alfred Maguin dépose 62 brevets d'invention pour le compte de sa société. Cette démarche révèle à quel point l'entrepreneur mise sur l'innovation et la recherche systématique d'amélioration. Ces brevets concernent principalement l'industrie sucrière, mais l'industriel dépose également plusieurs brevets pour une cuisine roulante en 1908 ou pour un système d'amélioration des harnais pour animaux. Le premier brevet date du 21 octobre 1880. Il concerne des "couteaux à double effet pour couper la betterave servant à la fabrication du sucre par le système de la diffusion". Dans les années qui suivent, l'entreprise met au point un coupe racine, "système de lames pour la découpe des betteraves en cossettes". A partir de là il ne va avoir de cesse de l'enrichir et de le compléter : brevet du 27 mai 1883 pour une machine à affuter les couteaux de diffusion de toute espèce pour sucrerie et distillerie ; 23 février 1884, brevet n° 160532 pour "un nouveau système de coupe-racine permettant d'obtenir des cossettes très longues, régulières et d'un découpage parfait". En 1886, il invente les bascules automatiques destinées au pesage des betteraves, ainsi qu'un porte-couteau épierreur. En 1891, il dépose un brevet pour un système de vidange automatique pour laveur à betteraves (9 mai 1891), puis invente un appareil brosseur, nettoyeur, débourreur et raviveur des couteaux de diffusion en marche (17 août 1891). Toutefois, les journaux relatent aussi plusieurs affaires de plagiat comme en août 1883 où Maguin est accusé par Couvreur et Combes, fabricants d'acier limes et outils, d'avoir copié leur système de machine à affuter. Dans cette affaire, l'industriel sera condamné pour plagiat (Journal de l'Aisne, 25 novembre 1885).

Participations et récompenses aux Expositions internationales et universelles

En 1855, l'entreprise de limes Brugnon obtient une médaille de bronze dans la catégorie Industrie des Aciers bruts et trempés. En 1882, grâce à l'invention du coupe-racine, Maguin obtient une médaille d'or à l'exposition industrielle de Saint-Quentin, et un diplôme d'honneur à l'exposition industrielle d'Amiens en 1883. En 1889, il participe à l'exposition universelle de Paris, puis à l'Exposition à Moscou en 1891.

Équipement industriel et machines

Machine à vapeur de 8 chevaux mentionnée en 1867, et en 1878, au moment de l'acquisition de l'usine de limes par Alfred Maguin. En 1900, l'entreprise fabrique 120.000 couteaux de diffusion pour l'industrie sucrière, 6000 fraises d'affutage, 4.000 porte-couteaux, 3.000 douzaine de limes d'affutages. En 1885, il fait installer l'éclairage électrique (cf. Tribune de l'Aisne, 26 décembre 1885).

Approche sociale et évolution des effectifs

En 1851, la fabrique de limes emploie 16 personnes domiciliées à Charmes : 1 directeur, 7 forgerons 5 tailleurs de limes et 3 "teneurs de livres" (secrétaires comptables). L'effectif des premières entreprises qui fabriquent des limes se compose d'une trentaine de personnes vers 1855. Mais en 1890, après que Maguin ait nommé Charles Bureau à la tête de la manufacture en 1886, l'entreprise distingue clairement les ouvriers des employés. On compte alors trois ingénieurs (Léon Giroud, Emile Sauret et Albert Brienne), un contremaître (Louis Voignier), trois dessinateurs, trois employés de bureaux et le secrétaire particulier de Maguin (Pierre Degand). En 1901, l'entreprise emploie 130 habitants de Charmes. En 1907, l'usine qui avait pu déjà employer 400 ouvriers, avait réduit ses effectifs. Ils étaient à l'époque de 300 ouvriers et 40 employés. En 1914, Ia société Maguin emploie entre 400 et 500 personnes, selon les sources, et réalise un chiffre d'affaires de 2 500 000 francs. Selon l'étude de Pierre Sudant (p 89), l'effectif avant la guerre serait plutôt de 450 personnes, se répartissant comme suit : 390 ouvriers, dont 180 pour les constructions diverses et les moteurs, 110 pour la chaudronnerie. Outre le salaire et les aspects sociaux des différentes caisses de secours et de prévoyance qu'Alfred Maguin avait mis en place, l'industriel permettait également aux salariés justifiant de plus de cinq ans dans l'entreprise, d'être intéressés aux bénéfices. Durant la guerre, si l'usine de Charmes est occupée par les Allemands, les nouveaux ateliers établis en Ile de France tournent à plein régime avec les commandes de l'armée. En juillet 1916, l'entreprise semble toutefois peiner à trouver la main d’œuvre nécessaire et passe une annonce dans le Bulletin des réfugiés du Nord (n° du 29 juillet) pour recruter "un raboteur, un menuisier et des manœuvres susceptibles de conduire des machines".

Dans le domaine des œuvres sociales, Alfred Maguin commence par créer une caisse des écoles destinée à encourager et faciliter la fréquentation des écoles par des récompenses ou secours auprès des élèves indigents. Il crée la société chorale en 1879. En 1885, il fonde la Compagnie des Sapeurs pompiers de Charmes manufacture.

Les dernières décennies sont marquées, à partir de 1977, par une série de plans sociaux qui vont réduire de manière significative les effectifs de l'entreprise. A l'été 1977, 422 personnes travaillent encore à l'usine Maguin, mais l'entreprise envisage de réduire le temps de travail à 32 h par semaine et à licencier 28 personnes. Toutefois, les difficultés persistent et conduisent d'abord à la démission du Pdg, M. Barraud, en mai 1981. La nouvelle direction, présidée par M. Gantier, fixe le redressement de l'entreprise comme prioritaire et vital. Le capital est d'abord baissé afin de récupérer des liquidités. Cette première action est suivi, en octobre 1981, par l'annonce d'un nouveau plan social, qui, cette fois, doit toucher 110 personnes. La crise est aiguë et conduit les salariés à occuper l'usine et à séquestrer le directeur avec deux de ses collaborateurs. Après l'intervention des forces de l'ordre pour évacuer l'usine, les négociations aboutissent au licenciement de 25 personnes et 25 autres mis en pré-retraite. En 1986, l'entreprise qui ne compte plus que 203 salariés est reprise par le groupe Moret, qui, avec 34 % des actions, devient actionnaire majoritaire. Il est associé la banque Worms pour un tiers des actions. Cette nouvelle gouvernance est marquée par une nouvelle vague de licenciement qui touche 72 personnes. En 1987, l'effectif de l'entreprise Maguin n'est plus que de 131 personnes.

Appellations Maguin
Parties constituantes non étudiées aire des matières premières, aire des produits manufacturés, atelier de fabrication, bureau, bureau d'études, parc de stationnement, logement
Dénominations usine de construction mécanique
Aire d'étude et canton Chaunois - Coucy-le-Château-Auffrique
Adresse Commune : Charmes
Adresse : 2 rue Pierre-Semard
Cadastre : 2015 AE 439-441

Le logement du secrétaire particulier de M. Maguin, situé à l'entrée de l'usine, ainsi que les anciens ateliers de mécanique sont les bâtiments les plus anciens du site industriel. Ils remontent au développement de l'entreprise à la fin du 19e siècle. Tous les autres bâtiments, comme le logement de direction et le premier atelier de fabrication des couteaux, ou le bureaux des modèles et des dessins, ont été soit détruits lors de l'incendie de 1907, soit dynamités par les Allemands en 1918. Ils ont été reconstruits entre 1922 et 1925 sous la conduite des architectes parisiens Charles et Jean de Montarnal. Les nouveaux bureaux implantés au sud ouest du site, près de la nouvelle entrée principale, incarnent ce renouveau et portent la date de 1923.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle
Dates 1923, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Maguin Alfred,
Alfred Maguin (1851 - 1935)

Alfred Louis Auguste Maguin nait le 18 août 1851. Ingénieur civil des mines, puis Industriel spécialisé dans la fabrication de couteaux et coupe-racines de l'industrie sucrière, il développe son entreprise à Charmes (Aisne). Homme politique.

Nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 3 janvier 1892, puis Officier de la Légion d'honneur le 14 août 1900, puis Commandeur de la Légion d'honneur le 9 mars 1908. Il décède le 21 mars 1935 dans sa 84e année.


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Auteur : de Guirard de Montarnal Joseph Charles, dit(e) Charles de Montarnal,
Joseph Charles de Guirard de Montarnal , dit(e) Charles de Montarnal (1867 - 1947)

Architecte parisien, qui réalise notamment La maison Eymonaud (7 impasse Marie-Blanche à Paris), entre 1892 et 1897. Cette maison de style néogothique est inscrite MH par arrêté du14 septembre 1995.

Il réalise également

Il participe à la réalisation de la section française de l'exposition universelle d'Amsterdam (1895) de Bruxelle (1897) de Paris (1900) et d'Hanoï (1902). A la même époque, il réalise l'institut orthopédique de Berck (Pas-de-Calais) et des immeubles HMB à Levallois-Perret, pour Ernest Cognacs, directeur de la Samaritaine.

EN 1904, il reçoit le grand Prix du jury à l'exposition de Saint-Louis.


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Auteur : de Guirard de Montarnal Jean, dit(e) Jean de Montarnal,
Jean de Guirard de Montarnal , dit(e) Jean de Montarnal

Architecte. Jean de Montarnal, dessine les plans d'une maternité, rue Eugène-Millon à Paris, en 1922, en collaboration avec son père, Joseph-Charles de Guirard de Montarnal. Il co-signe la plupart des plans de reconstruction des édifices de la commune de Charmes après la Première Guerre mondiale.


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Le site industriel s'étend en limite de la commune de Charmes, au lieu-dit Le Petit-Charmes, le long de la voie ferrée, au delà de laquelle se développe le territoire de la commune de La Fère.

Après les extensions des ateliers de production bâtis au gré des opportunités foncières, le site s'est restructuré de manière plus fonctionnelle et aérée avec la Reconstruction des années 1920. Cette répartition fonctionnelle est notamment visible par l'axe de circulation principal qui, depuis l'entrée sud, dessert les différents ateliers et zones de stockage. Au nord, un autre accès a été aménagé pour les poids lourds et les convois exceptionnels, qui accèdent ainsi à l'usine en contournant le village.

De l'entrée principale, au sud, toute la partie privée qui accueillait autrefois le logement patronal et les anciens ateliers de fabrication de limes, ont laissé place à une zone de stationnement automobile. Seul subsiste l'ancien logement du secrétaire de M. Maguin, qui aujourd'hui est à l'extérieur de l'emprise foncière de l'espace industriel.

Tous les bâtiments de la partie privée qui existaient avant 1914, tels que le logement de directeur, les écuries et la salle de répétition de musique et le kiosque, ont laissé place à un parking pour les visiteurs de l'entreprise. Seul subsiste le petit logement du secrétaire d'Alfred Maguin à l'extrémité est de la parcelle. Il s'agit d'une modeste maison en brique, implantée perpendiculairement à la rue. Elle présente une élévation de trois travées avec porte centrale, en rez-de-chaussée surélevé sur cave et étage de comble, couvert en ardoise d'un toit à longs pans et demi-croupes. De l'autre côté de l'entrée, les bureaux, construits en brique silico-calcaire gris se distinguent des autres bâtiments du site. Ils se composent de quatre corps de bâtiments qui forment un quadrilatère autour d'une cour intérieure. Les corps de bâtiments à l'est et à l'ouest sont à étage carré couverts de toits à longs pans et croupes. Ils sont reliés par les deux corps de bâtiments nord et sud, en rez-de-chaussée avec étage de combles à longs pans brisés, éclairés par une série de lucarnes. La façade sud porte le nom de l'entreprise "Etablissements A. Maguin", tandis que la face est porte l'inscription "1843 / Bureaux / 1923" marquant respectivement les dates de fondation et de reconstruction. L'emploi de la brique silico-calcaire pour ce bâtiment, isolé, à l'entrée même de l'usine, marque une volonté affirmée de s'inscrire dans une forme de la modernité et de renouveau industriel.

A l'arrière, au nord des bureaux, se déploient les anciens ateliers de mécanique. Ils sont constitués de trois halles juxtaposées les unes aux autres, en brique, et orientées est-ouest. La charpente métallique apparente est portée par un réseau de colonnes en fonte qui sépare chaque halle. Elles sont couvertes chacune d'une toiture à longs pans et pignons découverts. L'éclairage est à la fois zénithal par la mise en place d'une partie de la toiture en matériaux synthétique translucide, et latéral par les grandes baies en plein cintre présentes du côté est. Ces halles sont précédées d'un autre bâtiment attenant au sud, plus étroit. Il est également construit en brique avec toit à longs pans et demi croupe. Cet ensemble est l'une des rares parties du site antérieur à la reconstruction. A l'intérieur, une plaque commémorative rend hommage aux "dévoués collaborateurs" de l'entreprise morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale.

Sur cette partie ancienne vient se greffer les longs halls de construction mécanique et de chaudronnerie, construits en brique et charpente métallique apparente. Ils s'étendent aujourd'hui sur une longueur de près de 200 m. Le long des ateliers sont aménagées des aires de stockages des matières premières, dotées de ponts roulants.

De l'autre côté de la desserte principale est implanté l'ancien bureau d'études, construit en brique et couvert d'un toit à longs pans et pignons couverts. Il se développe sur cinq larges travées et un étage carré et combles à surcroit. Les fenêtres horizontales occupent quasiment toute la largeur des travées. La partie centrale est remaniée par une paroi en verre miroir.

Au nord du bureau d'études, une série de trois halles construites en pan de fer et brique, à charpente métallique apparente, abritent l'atelier de fabrication des couteaux.

Outre les ponts roulants qui permettent le transport des lourdes plaques métalliques à l'intérieur des halles de fabrication, le site est sillonné d'un réseau de dessertes ferroviaires intérieures.

Murs brique
fer pan de fer
Toit tuile mécanique, ardoise, matériau synthétique en couverture
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvrements charpente métallique apparente
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à longs pans brisés
Énergies énergie électrique achetée

Malgré l'emploi unique de la brique comme matériau de construction, les bureaux se distinguent des ateliers de production par l'usagede brique silico-calcaire grise. Ce principe se retrouve de manière similaire pour le traitement des bureaux de l'usine de bonneterie Tiberghien à Villers-Bretonneux (Somme), construits en briques ocre jaune en 1922.

Statut de la propriété propriété d'une société privée

Annexes

  • Description de la fabrique de limes de Constant Tordeux, 1850 (AD Aisne ; 271 Q 496, article 50).

    Description de la fabrique de limes de Constant Tordeux, extrait de l'acte de vente de la fabrique à Pierre François Joseph Brugnon, 20 janvier 1850 (AD Aisne ; 271 Q 496, article 50).

    « L’immeuble comprends principalement une petite maison en brique et moellons, couverte en chaume, cour et jardin avec puits, ayant grand bâtiment en bois briqueté, couvert en ardoise, dont le corps principal renferme es bureaux, logement de directeur, atelier de forgeron et limeur, magasinier etc. Les deux ailes, les ateliers des tailleurs (…) Les lieux d’aisance et bucher, cour fermée où sont un four à coke, une pompe, un bassin, un jardin potager, le tout d’une étendue, y compris l’emplacement des bâtiments, d’environ 61 ares, 59 centiares, tenant d’une lisière à la rue du Petit-Charmes, d’autre au tour de ville, d’un bout à la rue et d’autre part au vendeur. Le mobilier industriel se compose de cinq soufflets, trois enclumes en fer forgé, six étaux, les outils de quatre forges, environ 100 marteaux soit de forge, soit de tailleur, 12 enclumes, 10 pierre à huile, les tabourets, outils et établis du limeur, tailleurs, trempeur et menuisier, filière anglaise avec ses tarauds, une bascule et ses poids, deux grandes cuves, grands cuveaux, 6 seaux cerclés de fer , une meule montée, deux poêles en fonte, 20 lampes, les étampes à forger, les limes, deux mécaniques à limes, les ciseaux pour les tailleurs, les étagères de magasin, les tables ou pupitres, rayons, œil de bœuf, lampe de bureau, pelle et fourgons du four à coke et tous les autres objets servant à l’usine qui ne seraient pas compris dans le détail qui précède, même les scies, les brouettes, sacs, tels que le tout s’étend et comporte et dans l’état où il se trouve. »

  • Etats de services d'Alfred Maguin, adressé au secrétaire général de la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur (AN, F12 8663, dossier LH 1688/54).

    États de services d'Alfred Maguin, adressé au secrétaire général de la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur (Archives nationales, F12 8663, dossier LH 1688/54).

    Monsieur Alfred Maguin, fils d'un officier supérieur d'artillerie, longtemps attaché à la manufacture d'armes de Saint-Étienne, fit ses études à l'école des mines de cette ville. A sa sortie en 1876, il alla terminer ses études pratiques en Angleterre en qualité d'ingénieur attaché à l'un des plus importants établissements métallurgiques de Leeds. Rentré en France en 1878, il reprit la petite fabrique de limes à Charmes, son pays natal, qui occupa à cette époque 30 ouvriers, et était actionnés par une force motrice de 8 chevaux. A cette époque, le matériel des fabriques de sucre était en pleine transformation par suite de l'apparition du nouveau procédé d'extraction du sucre connu sous le nom de diffusion. Monsieur Maguin, frappé de ce fait que les Allemands, qui les premières l'adoptèrent, construiraient seul le matériel nécessaire à cette transformation de l'outillage, se mit résolument à l’œuvre en vue de libérer les fabricants de sucre français de l'obligation de recourir aux constructeurs d'outre-Rhin. Encouragés par ses clients eux mêmes, M. Maguin créa un merveilleux outillage, et après une courte lutte de deux ou trois ans parvint à chasser de toutes les usines l'outil allemand et rendit à la construction française la clientèle du fabricant de sucre français.

    La manufacture de Charmes prenant alors une extension considérable, M. Maguin s'attacha à perfectionner l'outillage des sucreries. Il prit de nombreux brevets d'invention, dont l'objet constituerait toujours un progrès ou une économie dans la fabrication du sucre. Par de nombreux voyages d'étude à l'étranger, dont il rendit compte dans des brochures distribuées gratuitement aux intéressés, par des expériences publiques auxquelles furent conviés tous les fabricants de sucre, il contribua puissamment à la réalisation des progrès apportés depuis quelques années à la fabrication et rendit de très grands services à l'industrie sucrière.

    Il participa d'abord modestement aux expositions sucrières ou agricoles régionales, puis encouragés par le succès, il présenta dans la grande exposition internationale les nouveaux appareils, résultat de ces longs efforts et de patientes recherches. Ses tentatives furent couronnées de succès, et les récompenses ci-après lui furent successivement accordées.

    1882 : Saint-Quentin, médaille d'Or ; 1883 : Amiens, diplôme d'honneur ; 1885 : Beauvais, membre du jury, hors concours ; 1888, Bruxelles, grand prix d'honneur (sucrerie) diplôme d'honneur (mécanique) ; membre du jury (moteur à vapeur).

    La manufacture de Charmes couvre actuellement une surface de 8000 m carrés. Elle occupe 250 à 300 ouvriers ou employés et emploie une force motrice de 120 chevaux. En dehors de la plupart des fabriques françaises, elle expédie ses productions en Allemagne, Russie, Espagne, Hollande et Belgique.

    M. Maguin a donné enfin à son pays natal une prospérité absolument inspirée, car plus de cent familles vivent de la manufacture. Il a fondé de nombreuses institutions philanthropiques parmi lesquelles on peut citer : la société coopératives de consommation, la société chorale, la compagnie des pompiers sauveteurs, etc, qu'il préside et soutient de ses deniers personnels. Le personnel de la manufacture est en grande partie intéressé dans les bénéfices annuels, soit sous forme d'intérêts, soit sous forme de gratification. Ce personnel comprend un état major de 25 ingénieurs, dessinateurs ou employés divers. Le gouvernement de la République française reconnaissant les grands services déjà rendus à cette époque par Monsieur Maguin, l'a nommé en 1885, Chevalier du Mérite agricole en en 1888 Officier du même ordre. Le roi des Belges, après l'Exposition internationale de Bruxelles de 1888, lui décerna la Croix de Chevalier de l'Ordre de Léopold et le jury Supérieur le propose pour la légion d'honneur. En 1889, Monsieur Maguin prit une part active à l'Exposition universelle en souscrivant au fond de garantie, en faisant une très belle exposition. Le jury international lui décernait une médaille d'Or et son jury de classe le proposait pour la Légion d'honneur. En 1891, Monsieur Maguin, membre du comité d'installation à l'exposition de Moscou a envoyé un très important matériel qui forme l'une des plus belles installations à la galerie des Machines. Croyant remplir ainsi un devoir patriotique, il s'est imposé pour cette exposition de grands sacrifices de temps et d'argent et a tenu haut et ferme le drapeau de la construction française en Russie.

    Titres de Monsieur Alfred Maguin : ingénieur civil des mines. Constructeur à Charmes. Collaborateur à un compte-rendu de voyage en Allemagne dans le but d'étudier les meilleurs moyens de production des betteraves et de fabrication de sucre. Ce compte-rendu a été présenté à la Chambre des députés par M. Bernot, lors de la discussion de la loi sur les sucres. Il est aussi auteur d'une brochure : "Je jus de canne", sa composition, son épuration par l'emploi de superphosphates de chaux et la suppression de noir animal. Auteur d'un cours pratique d'éclairage électrique fait aux élèves du collège de La Fère en 1884 (membre du comité du collège de La Fère). Auteur d'une brochure : Une excursion dans les pays sucriers allemands", auteur d'une étude sur la dessication des cossette de diffusion. Traduction d'un ouvrage anglais de John Prosst : culture avantageuse de la terre argileuse. Membre du comité départemental de l'Aisne pour l'exposition universelle. Secrétaire du sous comité de l'arrondissement de Laon. Souscription en fond de garantie de l'Exposition. Membre du jury de la chambre 38 au grand concours international de Bruxelles en 1888. Membre du comité de l'Exposition de Moscou.

  • Article de presse sur l'incendie de l'usine survenu le 2 février février 1907 (Journal de Saint-Quentin et de l'Aisne, 5 février 1907).

    Incendie de l'usine Maguin à Charmes : Une usine détruite, les établissements Maguin n'existent plus - un million de dégâts (Journal de Saint-Quentin et de l'Aisne, 5 février 1907).

    Un violent incendie, dont la rapidité de propagation a égalé la soudaineté, vient de détruire un des établissements les plus importants de la région et de porter la consternation dans plusieurs communes dans plusieurs communes dont la population, en grande partie, y trouvait avec le travail les moyens de subsistance. Les établissements Maguin de Charmes ont été, samedi soir, en quelques heures, la proie des flammes. Disons le tout de suite, cependant il y a tout lieu d'espérer que les conséquences du sinistre, quelque terrible qu'elles aient été, n'auront pas trop de répercussion sur les nombreux travailleurs qui viennent de voir disparaitre si rapidement leur habituel gagne pain, grâce au souci dont s'inspire leur patron de leur éviter le chômage et ses rigueurs. [...]

    Samedi soir, un peu avant sept heures, quelques ouvriers de l'usine percevaient une vague odeur de brûlé. Ils firent aussitôt des recherches pour voir s'il n'y avait de feu nulle part : on ne découvrit rien. Quelques instants plus tard, à 7 heures, heure de la sortie, la cloche de l'usine sonnait la fin du travail : les ouvriers, sans que rien d'anormal fut remarqué quittaient leur outils et évacuaient les ateliers. Or, vingt-cinq minutes à peine s'étaient écoulés qu'un garçon pompier de l'établissement, chargé du nettoyage des bureaux, apercevait tout à coup des flammes s'élevant dans un coin de l'usine situé au nord d'un vaste bâtiment comprenant plusieurs ateliers et renfermant le plus grand nombre de machines outils. Il donna l'alarme aussitôt et couru prévenir le secrétaire particulier de M. Maguin, M. Degand, qui habite un pavillon dans l'usine. Tandis que celui-ci, avec quelques voisins, se précipitait du côté du feu et constatait l'impossibilité de faire quoi que ce fut d'utile, le clairon portait la nouvelle dans le village puis à La Fère et dans les communes environnantes.

    En quelques minutes, de nombreux ouvriers et habitants de Charmes arrivaient à l'usine et tout aussitôt l'on procédait au déménagement des bureaux, dont certains commençaient à flamber. Une magnifique automobile achetée par M. Maguin pour son fils et remisée dans l'usine, avait dû être, sur les ordres de M. Degand, traînée au dehors. L'incendie, en effet, se propageait avec une rapidité inouïe, activé par un violent vent du nord qui poussait les flammes sur les ateliers. Moins de dix minutes après que l'alarme avait été donné, les pompiers de l'usine, sous les ordres du lieutenant Sauret, étaient sur les lieux et, mettant en batterie la pompe de l'usine et celle de la commune, s'attaquaient énergiquement au feu. Bientôt arrivait la pompe de la gare, celle de l'usine Rugaut avec son personnel, puis le piquet du 17e d'artillerie avec la pompe de la caserne.

    Le combat contre le feu s'organisait rapidement. Tout l'effort se borna tout d'abord à sauver les archives et la comptabilité. Les pompiers de l'usine, aidés d'habitants pénétrèrent dans les bureaux dont le mobilier flambait déjà : sous la pluie glacée des jets de pompes, ont fit sauter les tiroirs de meubles, on en tira les papiers qui s'y trouvaient, on enleva les livres de comptabilité, la correspondance, les archives, les épures. En moins d'un quart d'heure, la comptabilité, les archives, les dessins étaient mis hors de danger. Il était temps. Le feu avait fait des progrès effrayants. Après avoir éclaté apparemment dans la salle de trempe, au dessus d'un four, et très probablement faudra t'il chercher là la cause du sinistre - il avait gagné d'abord les ateliers de fraisage, se propageant ensuite d'un coté à l'outillage, à la menuiserie et au magasin des modèles qui donnèrent un nouvel aliment aux flammes et ne furent bientôt qu'un brasier ardent ; de l'autre, l'atelier d'ajustage des moteurs à gaz, puis celui des couteaux. Il parvenait ainsi aux machines-outils.

    La luttes contre les flammes : c'est par les magasins que les flammes s'étaient avancé jusqu'aux bureaux. Et c'est là, on l'a vu plus haut, qu'avaient dus se porter les premiers efforts en raison de l'importance des documents à sauver. Et c'est à cela qu'on avait affecté les premières pompes. Mais partout maintenant, le danger de propagation était imminent. AU nord du magasin des modèles, le feu passait aux ateliers de montage, d'où il pouvait, si le vent venait à changer, gagnait l'atelier des chaînes : au nord il menaçait d'aborder les locaux habités par les concierges. A grande hâte, il a fallu déménager les mobiliers de MM. Hénon et Régent. Chez celui-ci, il y avait quatre malades, dont deux malades octogénaires. On pense quelle émotion durent ressentir ces pauvres gens.

    A l'ouest se trouve l'habitation du directeur, une ligne de bâtiments séparée du corps de logis permettait, comme l'on dit de voir venir. Mais le danger était au sud. Là, le feu était particulièrement intense. Et il fallu engager contre l'incendie une lutte acharnée pour sauver des flammes le pavillon habité par M. Degand, secrétaire particulier de M. Maguin, dont on dut déménager également le mobilier. Partout où le feu apparaissait plus menaçant en l'attaqua vigoureusement grâce au secours apporté par les pompiers de Fargnier, Tergnier, Saint-Gobain, Quessy, Vouël, Achery, Travecy, Versigny, Nouvion et Catillon, Condren et par les effectifs venus nombreux du 17 et 29e d'artillerie et que dirigeait en personne le général marquis de Couttes, secondé par les officiers de la garnison, presque tous présents. Les chauffeurs, avec beaucoup de sang-froid, s'étaient portés aux générateurs et avaient ouverts les robinets de vidange et mis les feux bas, évitant ainsi probablement une explosion. Des flammèches, des morceaux de bois emportés par les vents allaient tomber à 300 m et plus. La plupart des notabilité et autorités de La Fère et des communes voisines sont là également. M. le Doyen de La Fère est accouru au premier signal et fait la chaîne comme un simple pompier, encourageant par son exemple nombre de ses ouailles présentes.

    Triste retour : on a remarqué que, jusqu'ici nous n'avons point signalé la présence de M. Maguin, non plus que celle du directeur, M. Bureau. C'est qu'en effet, l'un et l'autre étaient absents ; le premier n'est rentré qu'à dix heures. Quant à M. Maguin, à Nice, depuis quelques semaines, il devait assister dimanche à une réunion relative à la construction du tramway de Tergnier à Anisy-le-Château et à laquelle devaient prendre par M. Sartiaux, ingénieur en chef de la Compagnie du nord et plusieurs autres ingénieurs, les députés, les conseillers généraux et d'arrondissement et nombre de maires de la région. Ces messieurs devaient déjeuner dimanche chez M. Maguin. Monsieur Maguin s'était donc donc mis en mesure d'être à Charmes dans la nuit. A son arrivée à Tergnier, un exprès lui apprit l'incendie, M. Maguin, ne se doutait pas encore de l'importance du sinistre, prit la chose assez philosophiquement et sauta dans l'auto que le général Courtès avait envoyé à sa rencontre. Mais lorsque dix minutes plus tard il arriva à Charmes et ne retrouva plus de la vielle usine où il avait vécu, de ces ateliers qui avaient été le berceau de sa fortune, qu'un vaste brasier, il ne put se défendre d'un moment de faiblesse bien compréhensible et laissa échapper quelques larmes. A ce moment, le feu était circonscrit de tout côté. Les pompes commençaient de reprendre le chemin de leur commune. Il ne restait plus qu'à noyer les décombres et à prévenir tout retour offensif de la flamme. Un piquet de troupes fut maintenu à l'usine avec les pompiers de Charmes de La Fère et la pompe de l'usine Rigaut qui resta sur les lieux jusqu'au jour continua à arroser les poutres qui achevaient de se consumer. Ajoutons que dès sa rentrée samedi soir et hier toute la journée, M. Maguin et son fils ont reçu, à l'occasion des circonstances si douloureuses pour eux, de très nombreuses marques de sympathie, ce dont ils ont été particulièrement touchés.

    Ce qui reste de l'usine : peu de choses en somme: un long bâtiment servant d'atelier de fabrication de chaîne, la chaudronnerie et le hangar du montage. De tout ce qui constituait la vieille usine, il ne reste que les murs calcinés, un petit magasin fort endommagé et le bureau particulier de M. Maguin, en bien triste état, les bureaux de la comptabilité, bien endommagé eux aussi, sinon par le feu du moins par l'eau. On nous autorise avec bienveillance faire un tour parmi les décombres. Accompagné d'un ouvrier, nous commençons par l'endroit où le feu s'est déclaré, essayant de suivre sa marche. Tout d'abord, à notre droite (...) En somme, le sinistre s'est étendu à un espace qui peut avoir trois à quatre mille mètres carrés et dans lequel se trouvaient toutes les machines et appareil en construction, une centaine de machines outils. Ajoutons que nombre d'ouvriers ont perdu dans le sinistre des outils personnel qui représentent pour chacun d'eux une certaine valeur : c'est là une perte dont, on le conçoit, la direction tiendra compte à ses collaborateurs.

    Les dégâts : Les dégâts n'ont pas encore été évalués. Sans doute, des machines outils pourront être remises en service. Mais ce ne sera pas sans une réfection sérieuse, sans un ajustage nouveau et méticuleux. Et nous ne croyons pas exagérer en disant que le chiffre des dégâts s'élèvera à bien près d'un million, sinon plus. Les dégâts sont couverts par une assurance.

    Pas de chômage : les ouvriers n'auront pas à souffrir du chômage. Voici en effet le texte d'une affiche manuscrite placardée hier à l'entrée de l'usine. M. Maguin se fait un devoir d'informer les ouvriers que la manufacture ainsi que leurs familles que malgré le terrible incendie qui a détruit une partie des ateliers, aucun dommage n'en résultera pour eux. Le travail sera repris mercredi matin à l'heure réglementaire. M. Maguin invite tous les employés et ouvriers à se réunir demain lundi à deux heures à l'atelier des chaînes. On ne peut que féliciter M. Maguin de la décision qu'il a prise d'occuper quand même son personnel. Nous croyons que celui-ci va être employé en grande partie à déblayer le terrain sur lequel de nouveaux ateliers seront promptement reconstitués.

    La cause de l'incendie est tout accidentelle, aucune autre ne peut lui être attribué.

  • Discours de M. P. Barbusse, prononcé lors des obsèques d’Alfred Maguin, 1935 (coll. Martine Hilt-Maguin).

    Discours de M. P. Barbusse, employé à l'usine de construction mécanique A. Maguin, prononcé lors des obsèques d’Alfred Maguin, 1935 (coll. Martine Hilt-Maguin).

    Mesdames, Messieurs,

    Quelques temps avant sa mort Monsieur Maguin a manifesté le désir que ses obsèques soient célébrées sans apparat. Il a instamment demandé que, sur sa tombe, un seul discours soit prononcé par un représentant des établissements qu’il a fondé.

    Camarades employés et ouvriers des usines de Charmes, c’est donc en votre nom qu’en m’inclinant devant ce cercueil, je viens adresser à Monsieur Alfred Maguin ce suprême adieu, mesurant tout à la fois le privilège, l’honneur et les risques s’attachant à la pieuse mission que je remplis.

    C’est à Charmes, alors très petite commune que Monsieur Maguin naquit en 1851 de parents très modestes. Son père était alors sous-officier dans les ouvriers d’artillerie. Des études poussées firent de lui un ingénieur des Mines et, revenu au village natal, il reprit un petit atelier de fabrication et de réparation de limes occupant une demi-douzaine de compagnons. C’est là le point de départ de l’ascension extraordinaire de ce « self-made-man », ascension qui a surpris, troublé même certains de ses contemporains, ascension que les gens du village admiraient ; eux qui étaient témoins de l’ardeur de l’activité de ce jeune ingénieur, donnait beaucoup à ses ouvriers mais sachant les entraîner en prêchant l’exemple et en se dépassant au travail. L’industrie ouvrière intimement liée aux exploitations agricoles de ses régions était alors en complète transformation. Des procédés venant de l’étranger imposaient aux usines alors petites, d'importants changement dans leur mode de fabrication. Monsieur Maguin, dont le sens commercial se révélait, n'hésita pas, misant sur les sucreries pour le matériel desquelles deux ou trois grandes firmes étaient à peu près seules spécialisées, il augmenta petit à petit ses ateliers, partit en Allemagne, en Autrice pour étudier, se pénétrer des procédés nouveaux, les fit adopter en France, les perfectionna, se montrant là un lanceur et un vulgarisateur des plus entreprenant. Il me suffit de rappeler l'extraction du jus sucré par diffusion nécessitant le découpage des betteraves, remplaçant le râpage et la cristallisation en mouvement auxquels le nom de Maguin reste attaché.

    L'usine de Charmes ainsi établie ne tardait pas à s'imposer à une clientèle de plus en plus nombreuse, s'étendant à la Belgique, l'Espagne, l'Italie, la Russie, les Etats-Unis d'Amérique. Monsieur Maguin, en conduisant sa maison à ce succès montra les plus belles qualités d'animateur, d'administrateur, d'industriel de grande classe, sachant établir dans sa clientèle un réseau d'amicales relations personnelles, sachant trouver les collaborateurs de premier plan et en comprendre à ce sujet que j'évoque parmi tant d'autres la belle figure de Charles Bureau, sachant tout son monde,pour un rendement toujours plus élevé, avec vigueur, avec autorité, durement même, mais avec tout le doigté et l'équité lui conservant l'estime, le respect de tous. Regardez messieurs, cette pléiade de médaillés du travail dont nous somme si justement fiers à l'usine. Celui qui a suscité de tels attachements, de tels dévouements est un homme, n'est-ce-pas, c'est un chef.

    La réussite de son entreprise valut à Monsieur Maguin l'édification d'une belle fortune, ce qui lui permit tout en continuant de s'occuper de très près de son usine de vivre largement. Aimant le beau, aimant le panache en plusieurs occasions, il donna, dans sa propriété d’Andelain, de splendides fêtes dont la population ouvrière pensait d’autant moins à s’offusquer qu’elle y avait sa part, sa large part ; d’ailleurs, cette population ouvrière aimait et aime toujours ce patron qu’elle savait vif, emporté et rude mais qui restait aussi pour elle facilement accessible, bienveillant et généreux.Différentes sociétés intéressent le personnel : une caisse de secours, un corps de sapeurs-pompiers, une musique, une gymnastique pour les jeunes, furent créées et dotées part lui et il veilla toujours avec soin à leur bonne marche.Les établissements de Charmes eurent leur plein épanouissement quelques années avant 1914, leur réputation dans la construction de matériel de sucrerie étant devenue mondiale, et Monsieur Maguin leur ayant trouvé d’autres débouchés dans l’industrie des produits chimiques, la fabrication des chaînes pour la Marine, celle de matériel pour l’Armée. La mobilisation, la guerre, l’invasion dispersèrent dirigeants, employés, ouvriers. Après quelques mois d’hostilité Monsieur Maguin, qui ne pouvait rester inactif, ouvrit un petit atelier quai de la Marne à Paris, puis ce fut peu après le Passage des Roses, et en 1917 le grand atelier d’Aubervilliers, où, par des moyens de fortune d’abord, puis en liaison avec le ministère de l’Armement furent mise au point et intensifiées les fabrications les plus diverses pour la défense nationale. Mais tandis que pour satisfaire à la demande des fabriques de sucre, à Billom, dans le Puy de Dôme, s’organisait un atelier de couteaux sous la direction de Léon Moreaux.

    A Charmes, à l’armistice, le champ d’action de 40 ans de travail était anéanti. Monsieur Maguin n’était pas de ceux qu’une tâche énorme peut faire reculer. Aidé de son fils devenu directeur général de la société, il n’eut qu’une idée : faire mieux et plus grand qu’avant. C’est ainsi qu’ayant obtenu le concours financier et la participation à son entreprise d’une importante société il mena à bien et rapidement la reconstruction des vastes ateliers bien outillés de l’usine et l’édification de la coquette cité qui borde le cimetière.

    La reconstruction achevée, Monsieur Maguin, voulant, comme il le disait, se retirer à temps, abandonna toute part active dans la direction des Établissements de Charmes. Il resta cependant Président du Comité de direction, et sa grande expérience industrielle et ses avis furent jusqu’à ces temps derniers d’un grand concours.Un homme de sa trempe semble ne pas connaître de limites à ses activités : A la Chambre de Commerce de Saint-Quentin et de l’Aisne, dont il fut longtemps membre, on conserve un souvenir très vif de sa forte personnalité, de ses observations judicieuses, de ses rapports précis.Vice-Président du Comité français des expositions, il alla tenir haut et ferme le pavillon national aux grandes compétitions économiques que sont ces manifestations. Kiev, Bruxelles, Turin, Saint-Louis, Milan où il organisa les sections françaises, et dont il rapporta tant d’enseignements profitables à maintes corporations, lui valurent avec beaucoup d’autres titres tous les grades de la Légion d’honneur, jusqu’à cette cravate de Commandeur, dont parmi tous les autres ordres reçus, il restait si légitimement fier.

    La confiance des électeurs de Charmes l’ayant porté à la mairie c’est durant 35 années qu’il administra cette commune avec la même autorité, la même ardeur et les mêmes soins qu’il apportait à ses propres affaires. Il représenta le canton de la Fère au Conseil Général de l’Aisne pendant 31 ans. Au sein de cette assemblée, tous ses collègues sans distinction de parti recherchaient son amitié, et là comme partout, il sut s’imposer au mieux des intérêts de canton et du département.Son affection, son dévouement, sa fidélité dans les mauvais comme dans les bons jours, au grand citoyen que fut le Président Paul Doumer furent bien connus et semblaient à tous, amis comme adversaires, trop admirables et trop sincères pour prêter à discussion.Telle fut en traits trop largement et trop vivement brossés la brillante carrière de Monsieur Maguin. Comme il semble que le chêne qui domine la forêt ne doive jamais s’abattre, nous pensions ici que cet homme, dont l’esprit conservait tant d’énergie et dont la haute stature conservait tant de sveltesse et d’élégance devrait encore défier longtemps les ans. La maladie en quelques mois a eu raison de lui. Monsieur Maguin n’est plus.

    Personne ne me tiendra rigueur d’ajouter un mot personnel. Mon grand-père ayant appartenu, et mon père appartenant à la corporation sucrière, je connaissais Monsieur Maguin depuis mon enfance. Il m’honorait de son amitié bien avant que je devienne son collaborateur à l’usine. Je le connaissais bien. Je connaissais son caractère impétueux, son enthousiasme juvénile, son culte du travail et des travailleurs, son souci du bien public et du sort des humbles. Pour tout cela je l’aimais bien et je conservais précieusement le souvenir de cet homme qui jusqu’au dernier jour sut n’être jamais un vieillard, de ce chef d’industrie l’un des derniers de la génération des grands patrons d’avant-guerre. A Madame Maguin, à Monsieur et Madame Abel Maguin, à ses petits-enfants qui vont plus que tous les autres ressentir le vide créé par la disparition de celui qui a toujours tenu tant de place, j’adresse l’hommage de notre respectueuse et profonde sympathie.

    Travailleurs de Charmes, dans les grisailles de notre temps, dans les angoisses du moment, notre pays a besoin, dans l’accomplissement des devoirs professionnels comme dans celui des actes civiques des français de toutes les énergies pour faire face aux redressements nécessaires et urgents ; avant de reprendre demain le labeur habituel, je vous demande de méditer un instant les vertus de celui qui nous quitte, particulièrement son ardeur, sa volonté, sa ténacité.

    Monsieur Maguin, au nom de cette foule recueillie, je vous salue et je vous dis Adieu.

    Archives privées de Mme Martine Hilt-Maguin.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN. Série F ; F12 8663. Dossier de légion d'honneur (LH 1688/54) d'Alfred Louis Auguste Maguin.

  • Centre des Archives Économiques et Financières (CAEF) ; B-0009042/1. Dossier de dommages de guerre de la Société Nouvelle des Établissements Maguin (1923-1931).

  • AD Aisne. Série Q ; 271 Q 496, article 50. Acte de vente de la fabrique de limes, appartenant à Constant Tordeux, à Pierre François Joseph Brugnon, 20 janvier 1850.

  • AD Aisne. Série R ; 15 R 1730. Dossier de dommages de guerre de l'entreprise Maguin à Charmes.

Documents figurés
  • En-tête de lettre commerciale figurée de la Manufacture de limes acier fondu anglais / Maison Debéthune fondée en 1843 / Alfred Maguin, Succr., vers 1880 (coll. part.).

  • Vue cavalière de l'usine de construction Maguin, avant 1914 (AD Aisne, fonds Piette ; Charmes 165).

  • La Fère. Charmes. L'usine, carte postale, F. Barnaud, édit., [vers 1905] (coll. part.).

  • Vue cavalière des Ateliers de constructions mécanique de la Société Anonyme des Établissements Alfred Maguin, détail d'un en-tête de lettre commerciale figurée, avant 1907 (coll. Martine Hilt-Maguin).

  • Charmes. Sortie des ateliers de la manufacture, carte postale, 1908 (coll. part.).

  • Plan de l'usine de M. Maguin à Charmes, [état avant reconstruction], par J.C. et J. de Montarnal, architectes, 1919 (archives privées de l'entreprise).

  • Environ de La Fère. Charmes. La manufacture. La chaudronnerie, carte postale, vers 1910 (coll. part.).

  • Façade sur cour de l'atelier de mécanique. Détail du plan de l'usine de M. Maguin à Charmes, par J.C. et J. de Montarnal, 1919 (archives privées de l'entreprise).

  • Charmes (Aisne). Les ruines de l'établissement A. Maguin, carte postale, vers 1919 (coll. part.).

  • Plan masse des bâtiments de l'usine Maguin. Plan N° 24156. B1, par Cabinet Roux, architecte, juillet 1960 (archives privées de l'entreprise).

  • Charmes (Aisne). Les ruines de l'établissement A. Maguin, carte postale, 1918 (coll. part.).

  • Alfred Maguin et sa belle-fille Yvonne dans l'atelier de mécanique, tirage photographique noir et blanc, mars 1921 (coll. Martine Hilt-Maguin).

  • La construction de la charpente métallique des ateliers de l'usine, tirage photographique noir et blanc, 1922 (coll. part.).

  • Les ouvriers de l'usine posant au sommet de la cheminée-réservoir en cours de construction, tirage photographique noir et blanc, 1922 (coll. part.).

  • Charmes (Aisne). Usine Maguin. Sortie des ouvriers, carte postale, Cliché H. Thieffry, vers 1925 (coll. part.).

  • Vue extérieure des ateliers de l'usine de Charmes. Extrait du Catalogue de la Nouvelle Société des Établissements A. Maguin, 1927 (archives privées de l'entreprise).

  • Vue intérieure de l'atelier de grosse mécanique et hall de montage. Extrait du Catalogue de la Nouvelle Société des Établissements A. Maguin, 1927 (archives privées de l'entreprise).

  • Publicité pour la Nouvelle Société des Etablissements A. Maguin, vers 1927 (coll. part.).

  • Bâtiment de bureaux. Extrait du Catalogue de la Nouvelle Société des Établissements A. Maguin, 1927 (archives privées de l'entreprise).

  • Atelier des machines de la chaudronnerie. Extrait du Catalogue de la Nouvelle Société des Établissements A. Maguin, 1927 (archives privées de l'entreprise).

Bibliographie
  • SUDANT, Pierre. Évolution économique et sociale d'une commune rurale de l'Aisne, Charmes. XIXe & XXe siècles. Mémoire de maîtrise : Paris Sorbonne : 1975.

  • Visite aux établissements A. Maguin à Charmes, 12 juillet 1902. Bulletin de l'association des chimistes de sucreries et de distillerie, août 1902, n°2.

    t. XX. p. 167-175.
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