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Usine de mécanique de précision MOPCO, puis Bull, puis usine de cosmétiques Soprocos

Dossier IA02002905 réalisé en 2005
Appellations MOPCO, Bull, SOPROCOS
Dénominations usine de mécanique de précision, usine de cosmétiques
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Gauchy
Adresse : 42 route de Chauny
Cadastre : 2005 ZD 191

En 1929, une usine de mécanique de précision est édifiée sur ce site par la Compagnie Française de Machines-Outils, appelée MOPCO, pour la production de machines à rectifier. En 1956, la société Bull, constructeur de machines de statistiques, reprend le site pour y développer, sous l'appellation Les Ateliers de Précision de Saint-Quentin, la fabrication de pièces mécaniques entrant dans la composition des machines mécanographiques, à cartes perforées, assemblées dans son site parisien. Les ateliers sont prolongés vers 1962 et 1963. En 1964, la société américaine General Electric Inc. prend le contrôle de Bull, devenant alors le premier constructeur européen d'ordinateurs. Mais l'évolution technique, de la mécanographie vers l'électronique, entraîne la fermeture des ateliers de Gauchy, en août 1965. Les ateliers sont occupés en décembre 1965 par la société Soprocos, filiale du groupe l'Oréal, dans le cadre de la politique de décentralisation de l'industrie parisienne (site initial à Bobigny). Des campagnes d'extension des ateliers sont menées de 1966 à 1971, décuplant la surface bâtie de l'usine. La MOPCO emploie environ 250 salariés en 1950. 780 salariés en 1957 travaillent pour la société Bull, 1100 en 1960. SOPROCOS emploie 550 salariés en 1968, 710 en 1971, 680 en 1988, 360 en 2004.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1929, daté par source
1966
Auteur(s) Personnalité : Compagnie Française de Machines-Outils dite MOPCO,
Compagnie Française de Machines-Outils dite MOPCO
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commanditaire

Les bureaux de 1929 sont constitués de deux ensembles : un premier bâtiment à un étage carré, couvert d'un toit à longs pans à croupe, un second bâtiment (plan en L), placé perpendiculairement au précédent, doté de deux étages carrés et couvert d'un toit terrasse en béton. La façade de ce deuxième bâtiment, initialement percée de larges baies rectangulaires, est aujourd'hui masquée par des extensions postérieures implantées dans l'ancienne cour que délimitaient les bureaux. A l'arrière sont implantés les ateliers initiaux, constitués de deux ensembles contigus en rez-de-chaussée : l'un, le plus vaste, est couvert d'une terrasse en béton percée de quatre groupes de quatre sheds, l'autre, prolongé au début des années 1960, est entièrement couvert de sept sheds. Toutes ces constructions sont en béton armé, à remplissage de brique. Les couvertures sont en tuile mécanique. Les extensions successives des ateliers, postérieures à 1965, sont constituées de vastes halles bardées de tôles nervurées masquant des parois de béton alvéolaire. Les structures porteuses des halles (ateliers et entrepôts) des années 1966-1967 sont composées d'éléments en béton précontrait : pilier de section carrée, sur lequel prennent appuis quatre voûtes segmentaires. Ces voûtes, revêtues de matériaux synthétiques, constituent en quelques sortes des entonnoirs carrés (20 x 20 m) receptionnant les eaux de pluies, ces dernières s'écoulant ensuite au centre du pilier porteur. Ces éléments sont disposés en rangées, entre lesquelles s'intercale un jour pour l'éclairage zénithal des ateliers (matériaux synthétiques). Cette technique constructive n'a pas été reprise pour les extensions des années 1969-1971 : des poutres en béton armé portent des toits à longs pans à faible pente, percés d'éléments en matériaux de synthèse pour l'éclairage zénithal (skydômes, etc). Cette usine, classée SEVESO, dispose de sa propre station de retraitement des eaux usées.

Murs béton
métal
brique
essentage de tôle
béton armé
Toit tuile mécanique, matériau synthétique en couverture, béton en couverture, verre en couverture
Étages 2 étages carrés
Couvertures terrasse
shed
toit à longs pans
croupe
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les ateliers de précision de Saint-Quentin - Physionomie d'une usine "extérieure"

    Les ateliers de précision de Saint-Quentin - Physionomie d'une usine "extérieure"

    Depuis 2 ans, la Compagnie des Machines BULL a détaché et installé à Saint-Quentin toute sa fabrication des pièces mécaniques composant les machines à cartes perforées. Mais que savons-nous de cette Compagnie ?

    Malgré la consonance anglo-saxonne de son nom, la Compagnie des Machines BULL est 100 % française par ses capitaux, sa direction, son personnel. Elle doit son nom à un ingénieur norvégien Frédrik Rosing BULL, qui en utilisant le laiton et le bois, construisit par ses propres moyens en 1921 une tabulatrice et une trieuse, actuellement exposées au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris. C´est à l´Institut du Cancer d´Oslo qu´il légua les droits sur ses inventions à sa mort en 1925. En 1931, ses brevets furent à l´origine de la Société qui a tenu à conserver dans sa raison sociale le nom de l´inventeur primitif.

    En 1952, la présentation du calculateur électronique Gamma a placé la Cie des Machines BULL au premier plan mondial des constructeurs des machines mécanographiques. Le succès du matériel BULL a permis de conquérir de nombreux marchés étrangers. Plus de la moitié du total des machines fabriquées est exportée.

    Mais revenons-en à notre usine « extérieure » de Saint-Quentin : Les Ateliers de Précision, et voyons quelles sont ses activités.

    * Du point de vue administratif

    Ici comme ailleurs, les besognes administratives sont à peu près les mêmes ; mais pour faciliter la tâche sur ce plan, il faut signaler qu´il a été installé un Service Mécanographique dont l´objet est la mécanisation de tous les travaux importants de bureau. Le service mécanographique de Saint-Quentin comprend des machines permettant d´effectuer toutes les opérations pour parvenir aux documents comptables définitifs imprimés automatiquement. Mais pour permettre d´effectuer toutes ces opérations, il faut des machines qui trient et classent les documents de base.

    Pour pouvoir trier et classer, il faut des machines qui établissent sous le type uniforme de cartes perforées, les documents de base en exploitant les documents comptables ou dactylographiés initiaux.

    * Du point de vue fabrication

    Tout est mis en oeuvre pour assurer une bonne marche de l´usine.

    I Formation technique du personnel

    Pour entrer aux A.P.S., il n´est demandé aucune connaissance technique particulière, le bagage minimum intellectuel, savoir lire et écrire. De ce personnel non spécialisé en mécanique qui arrive de Saint-Quentin et des environs, un service de formation en fait en peu de temps de bons ouvriers spécialisés capables d´assurer sur machine le travail qui leur est demandé.

    Ce service de formation a instruit en 2 ans plus de 500 personnes sur la manière d´utiliser les outils et les machines : fraiseuse, rectifieuse, perceuse, presse, tour, etc. afin que chaque personne puisse faire son travail avec le minimum de dépense d´énergie et le maximum de prime dont bénéficie l´ouvrier, ce qui explique un niveau de salaires élevé.

    Pour ceux qui veulent améliorer leurs connaissances, il est organisé à l´intérieur de l´usine des stages payés de préformation qui s´étendent sur quelques mois et qui donnent à ceux qui les ont suivis brillamment un niveau équivalent à celui d´un professionnel. Après quelques mois de pratique, lorsqu´ils connaissent les divers éléments du métier, il leur est possible d´accéder à un poste de professionnel après s´être soumis au préalable à un essai.

    II Transport du personnel

    Des services d´autocars fonctionnent journellement pour permettre au personnel de se rendre à l´usine.

    Un service pour Saint-Quentin qui assure les horaires normaux de travail et les horaires d´équipe.

    Un service Fargniers - Saint-Quentin par Tergnier, Flavy-le-Martel, Jussy, Montescourt, Grugies, Gauchy et vice versa qui assure les horaires d´équipe.

    Un service Péronne - Saint-Quentin par Roisel, Bernes, Vermand, Holnon et vice versa qui assure les horaires d´équipe.

    III Activités sociales

    1) Réfectoire. Un local moderne est réservé pour servir de réfectoire au personnel qui désire prendre ses repas sur place.

    2) Sports. Avec le concours du Comité des sports et des loisirs, plusieurs équipes sportives ont été créées à l´intérieur de l´Usine, pratiquant notamment le football.

    3) Mutuelle. Les Ateliers de Précision sont affiliés à la Mutuelle de Saint-Quentin qui permet de faire bénéficier le personnel d´un complément « Sécurité Sociale ».

    4) Retraite. Pour le personnel ouvriers et employés, les Ateliers de Précision ont créé une caisse de retraite complémentaire. Elle assure à ce personnel qui atteint en activité l´âge de 65 ans, une retraite complémentaire de la retraite de « Sécurité Sociale ».

    Pour les Agents de Maîtrise et Assimilés, les A.P.S. sont affiliés à l´institution de retraite des Chefs d´Atelier, Contremaître et Assimilés des Industries des métaux (I.R.C.A.C.I.M.).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Aisne. Série P ; 4 P 340 - Matrices cadastrales de Gauchy.

    Cases 340 et 366 - Cie Française de Machines-Outils de Précision, Cie des Machines Bull, SOPROCOS
  • AD Aisne. 9409. Industrie - Etudes du Comité d'Etudes et de Liaison Interprofessionnel du Département de l'Aisne - Recensement des industries pour 1960, 1964, 1966 et 1868.

  • AD Aisne. 9410. Industrie - Implantations industrielles de 1964 à 1966 - Mouvement des entreprises : 1960, 1967 à 1969.

  • AD Aisne. 9411. Industrie .

    Etablissements classés recensés au cours de 1966. Primes de décentralisation : 1967, 1968, 1970, 1972.
Documents figurés
  • [Vue aérienne]. Impr. photoméc., n. et b., [vers 1959]. L'Officiel Municipal - Guide de l'administré, 1959 (BM Saint-Quentin. Fonds local : PL 151.

  • [Vue aérienne]. Photogr. pos., n. et b., 18 x 13 cm, [1961-1962], par Lapie (AD Aisne ; 10 Fi Saint-Quentin 1).

Bibliographie
  • Les Ateliers de Précision de Saint-Quentin - Physionomie d'une usine extérieure. L'Officiel Municipal - Guide de l'administré. 1959.

    pp. 46-47
  • CELEDA. L´industrie du département de l´Aisne au 1er janvier 1977. Saint-Quentin, [1977].

  • CHAMBRE REGIONALE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE DE PICARDIE. Panorama des industries de Picardie : 1983. C.R.C.I., [1983].

  • CHAMBRE REGIONALE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE DE PICARDIE. Panorama des industries de Picardie : 1988. C.R.C.I., 1988.

  • FIETTE, André. L'Aisne : des terroirs aux territoires. Compagnie européenne de reportage et d'édition, 1995.

    pp. 219, 230
  • FIETTE, André. Le Département de l'Aisne : étude géographique et économique. Bordas, 1960.

    pp. 262, 263, 265
  • Qui fabrique Quoi ? Répertoire des industriels et producteurs de l'Aisne. Saint-Quentin : CCI de l'Aisne, [1972].

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin - Pillet Frédéric - Dufournier Benoît
Benoît Dufournier

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.


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