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Usine de petite métallurgie (clouterie) Denille, puis tréfilerie Guttin-Landais, puis Forges, Tréfileries et Pointeries de Creil, puis Tréfilunion, puis ACOR

Dossier IA60001659 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination clouterie
Appellations Denille, Guttin-Landais, Forges, Tréfleries et Pointeries de Creil, Tréfilunion, ACOR
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bâtiment administratif d'entreprise, vestiaire d'usine, aire des produits manufacturés, mur de clôture, voie ferrée, transformateur
Dénominations usine de petite métallurgie, tréfilerie
Aire d'étude et canton Grand Creillois - Creil
Adresse Commune : Creil
Adresse : 10 à 14 rue des Usines
Cadastre : AD194 ; AC 84-85

En 1876, Eugène Denille transfère sa clouterie de Gouvieux (60) à la rue Jules-Juillet à Creil. Il ajoute en 1878 une tréfilerie de fil de fer au lieu-dit la Pourrure, rue de Usines, afin d'accroître sa production. La tréfilerie semble posséder un embranchement ferroviaire particulier dès l'origine. Elle est reprise en 1880 par la société parisienne Guttin-Landais qui l'agrandit en 1885-1886 avec la construction d'une tréfilerie-pointerie à côté de la forge. Lorsque Monsieur de Hennau, ingénieur des Arts et Manufactures, prend les rênes de l'entreprise en 1885, le site est constitué d'une tréfilerie, d'une clouterie, de forges et de laminoirs. En 1897 l'usine devient Société Anonyme des Forges, Tréfileries et Pointeries de Creil et est agrandie. Elle comprend à cette époque des logements d'ouvriers (étudiés), des bureaux entourés d'un jardin, plusieurs ateliers de fabrication et des aires de stockage du charbon. Ses fabrications sont diversifiées : fils d'acier clairs et recuits, galvanisés, étamés et nickelés, pointes, clous en fer, rivets. En 1900, six machines à vapeur Deneyer et Cie fabriquées à Willebroek (Belgique) sont installées. Pendant la Première Guerre mondiale, l'usine emploie 213 hommes, 52 femmes, 13 belges, 1 luxembourgeois et 3 alsaciens-lorrains : elle produit des fils de fer, des ronces artificielles, des pointes et grillages métalliques. En 1920, le groupe de Wendel acquiert l'usine et développe les activités dans le fil machine. Un premier pont-roulant est installé en 1957 dans le prolongement des ateliers de fabrication. En 1980 l'usine fusionne avec Tréfilunion du groupe SACILOR et se spécialise dans la fabrication de produits pour l´armature du béton : treillis soudé et fil à haute adhérence. En 1986 le groupe USINOR-SACILOR fusionne dans la nouvelle société ACOR. En 1993, la SAM (Société des Aciers d'arMature du béton) regroupe les activités des aciers pour béton armé et devient la maison-mère d'ACOR. En 2000, le groupe RIVA rachète SAM et ses filiales. ACOR Creil devient une unité de transformation en réalisant un travail à façon sur le fil machine de sa maison mère. Les fils-machines laminés à chaud sont acheminés depuis Montereau-Fault-Yonne (77) par transport ferroviaire, fluvial ou routier. Un locotracteur (étudié) permet d'acheminer les bobines jusqu'au coeur de l'usine. La production journalière est de 500 tonnes de treillis soudés. Le site occupe une superficie de 5 hectares.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1878, daté par source
1885, daté par source
1897, daté par source
1920, daté par source
1957, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Denille Eugène, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Guttin, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Landais, commanditaire, attribution par source

Le site actuel a conservé une partie de ses bâtiments datant de l'agrandissement de 1897. Les bureaux de l'usine, élevés légèrement en retrait de la rue des Usines, sont construits en pierre recouverte d'un enduit. Le bâtiment, précédé d'un jardin, est à un étage carré, couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique. Un bandeau en pierre souligne la base du premier étage. Dans son prolongement ont été construits de nouveaux bureaux en préfabriqués à un étage carré. A droite de l'entrée de l'usine se trouve l'ancien bâtiment de la pointeuse. Il est en brique, couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique. L'usine est reliée à la gare par un embranchement ferroviaire toujours utilisé. A l'arrière des bâtiments administratifs se trouvent les aires et les bâtiments de stockage des bobines de fils. Un premier bâtiment appelé "la cathédrale" (ancien atelier de fabrication, puis garage pour les locotracteurs et les wagonnets) est essenté de tôle. Il est couvert de deux pans en matériau synthétique partiellement translucide. Sa structure en fer rivetée proviendrait d'une Exposition Universelle parisienne (source orale). La charpente métallique est apparente. Deux halles en pan de fer hourdé de brique et en parpaing lui sont accolées. Elles sont partiellement essentées de tôle, couverte d'un toit à deux pans en matériau synthétique. A l'intérieur, les bobines sont acheminées par un pont-roulant jusqu'aux portes de la tréfilerie. La calamine couvrant les fils est ôtée par procédé mécanique et laminage à froid. Cette calamine est ensuite déposée le long du mur sud des bâtiments de stockage. Autour de ces bâtiments de stockage se situent également des aires de stockage non couvertes où sont entreposées les bobines. La tréfilerie s'étend sur plusieurs bâtiments essentés de tôle et couverts d'un toit à deux pans en tôle. Les ateliers de fabrication du treillis soudé sont couverts de 12 sheds en matériau synthétique et verre et se prolongent vers l'ouest par un bâtiment essenté de tôle à deux pans. Deux ponts-roulants extérieurs sont visibles : le premier n'est plus en activité Il est muni d'un "spirgrip" permettant d'agripper les mailles des treillis-soudés au moyen d'une spirale. Le second, long de 100 mètres et large de 34 mètres, assure le transbordement des plaques de treillis soudés. Autour de ces ponts-roulants sont diposées plusieurs aires de stockage des produits finis en attente de chargement. Des bâtiments de la fin du 19e siècle sont visibles : il s'agit d'anciens ateliers de fabrication. L'un abrite le compresseur à air comprimé et les transformateurs électriques. Il est construit en pierre et percé de huit baies en plein cintre encadrées de brique. Des ouvertures en plein cintre au niveau du sol atteste sans doute de la présence des gueules de chargement des fours. Il est couvert de longs pans en tuile mécanique. Le bureau contrôle-qualité est installé également dans un bâtiment de la fin du 19e siècle construit en pierre. Il est percé de trois larges baies avec arcs en plein cintre en brique. L'entrée est soulignée par une large baie en plein cintre en brique. Les jambages et les chaînages d'angle sont en brique. Les vestiaires sont installés dans un bâtiment en rez-de-chaussé essenté de tôle et couvert d'un toit à longs pans en tôle ondulée. Le transformateur électrique est situé à l'entrée de l'usine en bordure de la rue.

Murs pierre
brique
fer
bois
enduit
essentage de tôle
pan de fer
pan de bois
Toit tuile mécanique, tôle ondulée, matériau synthétique en couverture, verre en couverture
Étages 1 étage carré
Couvertures shed
toit à longs pans
Énergies énergie thermique
énergie électrique

Parallèlement à l'extension de l'usine fondée par Denille rue des Usines, la clouterie et tréfilerie de la rue Jules-Juillet se développe plus lentement. En 1886, Denille père, fabricant de pointes à Creil, dépose un brevet pour l'exploitation d'une nouvelle machine à fabriquer deux ou plusieurs pointes d'un seul coup. En 1889, une plainte est déposée contre lui par des riverains qui s'opposent au déversement d'eaux acidulées dans le fossé et contre les exhalaisons de la fumée sortant de la cheminée. Ils demandent l'exhaussement de la cheminée. Cette usine construite à proximité immédiate de la gare de marchandises, par laquelle elle était reliée par un embranchement ferroviaire, n'existe plus.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Etablissement d'une tréfilerie pointerie au lieu dit le Marais par MM. Landais et Guttin, maîtres des forges rue des Usines à côté de leur forge sise au lieu-dit le Marais en 1885-1886]

    Au moment de la construction d'une tréfilerie et d'une pointerie au lieu-dit le Marais par MM. Landais et Guttin à côté de leur forge en 1885, il est demandé des renseignements sur la déversion des eaux de décapage dans le fossé de la Pourrure creusé par la ville en 1881 :

    "L'établissement est accepté aux conditions suivantes :

    Les eaux vitrioliques plus ou moins saturées de fer seront converties en couperose verte. Il ne sera déversé au fossé de la Pourrure aucun liquide souillé de quelque nature que ce soit. Ce fossé de Pourrure a été établi uniquement pour l'écoulement des eaux du marais et l'assainissement des quartiers de la gare et de la Pourrure. Pour purifier et décolorer les eaux, MM. Guttin et Landais devront employer les procédé utilisés pour les fabriques du Nord, les usines Tétard, Laine et Rupp de Beauvais ou par les fabriques de sucre et de la féculerie Caudun de Compiègne."

    Extrait de AC Creil : 5I8.

  • Extrait de Creil et ses industries, Forges, Tréfileries et Pointeries de Creil. La gazette de Creil, supplément de janvier 1898, p.5-6.

    L'usine des Forges et Tréfileries Pointeries en 1898 :

    "Tous les ateliers et magasins sont spacieux, admirablement aérés et éclairés, selon les principes de l'hygiène. Ils peuvent donc loger sainement les 45 employés et les 970 ouvriers qui composent l'effectif. L'éclairage à la lumière électrique est assuré au moyen d'une machine Corliss de 600 chevaux, par cinq dynamos qui alimentent 1200 lampes à incandescence et 7 lampes à arc. Le travail s'y fait sans effort et avec une grande rapidité car des petites voies ferrées à écartement de 0,80 mètre circulent dans l'intérieur des ateliers et se relient aux grandes voies ferrées qui rayonnent autour des ateliers et le long des quais de chargement des magasins pour prendre contact ensuite avec les voies de la Compagnie du Nord".

    Extrait de Creil et ses industries, Forges, Tréfileries et Pointeries de Creil. La gazette de Creil, supplément de janvier 1898, p.5-6.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Creil. Série F ; 6 F 2. Inspection du travail : horaires de la métallurgie, 1919-1922.

  • AC Creil. Série I ; 5 I 8. Compagnie générale d'électricité de Creil : agrandissement de l'usine, 1913.

    Réclamation de Monsieur Hubert contre la clouterie établie par Denille père, 1889.
  • AC Creil. Série I ; 5 I 9. [Vieille-Montagne, fonderie de zinc], 1923-1927.

    Etablissement d'une tréfilerie-pointerie au lieu-dit le Marais par MM Landais et Guttin, maîtres des forges rue des Usines à côté de leur forge sise au lieu-dit le Marais, 1885-1886.
  • AC Creil. Série O ; 1O1 106. Voirie rue des Usines. Demande d'établir une voie ferrée traversant la rue des usines et destinée à relier les deux ateliers appartenant à M. Daydé, 1912.

    Rue des Usines, forges et tréfileries, alignements, voies ferrées (1879-1937).
  • AD Oise. Série M ; 9Mp4310. Enregistrements et brevets d'invention. Brevet déposé par Alphonse Schauffler, directeur de l'usine à gaz de Creil, 18 janvier 1892.

    Brevet déposé par Denille, 25 octobre 1886.
  • AD Oise. Série R ; sous-série 2R : 2RP1306. Usines travaillant pour la défense nationale.

    Société des tréfileries et pointeries, novembre 1916 et 12 septembre 1917.
  • AD Oise. Série S ; sous-série 9S : 9Sp181/2. Chantier de préparation et de débit de bois pour traverses, installation d'une machine à vapeur et d'une chaudière locomobile, 1874.

    Installation d'une machine à vapeur par Denille, 1880.
  • AD Oise. Série W ; sous-série 551W : 551W14436. Etablissements classés : installation d'un dépôt d'acétylène dissout constitué de deux bouteilles de 48 m3, 1956.

    Installation d'un dépôt de gaz liquéfié (propane), 1957.
  • AD Oise. Série W ; sous-série 753W : 753W28483. Dommages de guerre, 1939-1945. Société Anonyme des Forges et Tréfileries de Creil, logements d'ouvriers.

  • AD Oise. Série W ; sous-série 1105W : 1105W42. Etablissements classés : forges tréfileries et pointeries, extension de l´atelier de galvanisation, construction de deux citernes de 50 m3 de propane, 1961.

  • AD Oise. Série W ; sous-série 1105W : 1105W48. Etablissements classés : constructions d'ateliers 1959-1965.

    Construction de nouveaux bâtiments et extensions, 1973-1976.
Documents figurés
  • [Réparation de la voie d'entrée aux forges de Creil]. Plan, calque, échelle 1/10e, 1908 (AC Creil ; 1O1 106).

  • Projet de pavage de la rue Jules Juillet, plan parcellaire. Plan, calque, couleur, échelle 0,02 m/m, 1879 (AC Creil ; 1O1 59).

  • Grande usine avec force motrice de 200 chevaux à vendre ou à louer à Creil (Oise) rue Jules Juillet. Plan imprimé, échelle 0,002 m/m, sans date [vers 1880] (AD Oise ; 5Mp2455/1).

  • Plan parcellaire des terrains compris dans un cercle de 200 mètres de rayon et ayant pour centre l´axe d´un bâtiment projeté pour l´usage des Forges et Laminoirs. Demande présentée par Monsieur Denille à Creil. Calque, couleur, échelle 1/2500, 1878 (AC Creil ; 5I9).

  • Vue générale des forges de Creil. Photographie, couleur, sans date (Archives d'entreprise).

  • [Papier à lettre à en-tête de la tréfilerie. 1920]. Impr. photoméc., n.et b. (AC Creil ; 6F2).

  • Société Anonyme des Forges, Tréfileries et Pointeries. Impr. photoméc. (carte postale), n. et b. [1916 recto de la carte postale] (Collection particulière).

  • Plan joint à la demande de prolongement de voie de l'usine Denille. Calque, n. et b., sans échelle, 1877 (AC Creil ; 1O1 59).

  • [Rouleaux de grillages]. Photographie, noir et blanc, 1954 (Les pays de l'Oise, Paris : L'opinion économique et financière).

  • [Bobines de fils]. Photographie, noir et blanc, 1954 (Les pays de l'Oise, Paris : L'opinion économique et financière).

  • [Vue aérienne de l'usine ACOR. Au premier plan sur les voies ferrées, des fourgonnettes sortant de l'usine Chausson]. Photographie, couleur, [milieu 1980]. (Collection particulière).

  • [L'usine ACOR et sa cité ouvrière]. Photographie aérienne, n.et b., Sanson Aviation (photographe), 1995 (Service régional de l'Inventaire de Picardie).

Bibliographie
  • Creil et ses industries. La gazette de Creil. Supplément de janvier 1898.

    p. 5-6.
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