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Verrière légendaire (verrière hagiographique et typologique) : scènes de la vie de la Vierge et leurs préfigurations (baie 1)

Dossier IM02004593 réalisé en 2002

Fiche

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Dénominations verrière
Titres Scènes de la vie de la Vierge et leurs préfigurations
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Saint-Quentin
Adresse : Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin
Emplacement dans l'édifice chapelle axiale dite de la Vierge actuellement chapelle du Saint-Sacrement baie 1

Cette verrière, qui semble encore occuper la chapelle pour laquelle elle avait été créée, est datée par les historiens du vitrail vers 1220-1225. Par les thèmes traités et la composition des scènes, elle est très proche de la verrière de la baie 2 de la cathédrale de Laon, datée aux alentours de 1215, et montre d'étroits rapports avec la miniature contemporaine, en particulier le psautier d'Ingeburge de Danemark, reine de France (musée Condé à Chantilly). La destinée de cette verrière au cours des siècles ne nous est pas parvenue. On en connaît néanmoins une description précise vers 1859, grâce à des articles de l'architecte Pierre Bénard, publiés dans le Journal de Saint-Quentin. Cette description prouve que les compartiments ne respectaient pas alors l'ordre actuel, et met l'accent sur certains détails qui ne sont plus visibles aujourd'hui ou au contraire sur plusieurs manques, complétés depuis par des restaurations. La verrière est démontée par les Allemands en 1917, puis envoyée à Maubeuge. Restituée à son propriétaire une fois la paix revenue, elle est remise en place au début de l'année 1939, après une restauration effectuée par un peintre-verrier parisien, soit Auguste Labouret, soit Georges Bourgeot. Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, elle est déposée à nouveau en septembre 1939 et vite entreposée dans un sous-sol à Saint-Quentin (d'après les archives des Monuments historiques). La verrière a été restaurée une nouvelle fois puis reposée par le peintre-verrier parisien Georges Bourgeot, en 1946.

Période(s) Principale : 1er quart 13e siècle

La verrière est installée dans une baie libre en forme de lancette, sommée par un arc brisé. La verrière est divisée en 13 registres superposés, délimités par l'armature métallique intérieure. Six carrés superposés, posés sur la pointe, occupés par les scènes de la vie de la Vierge, alternent avec des quarts et des huitièmes de cercle accueillant principalement des scènes ou personnages de l'Ancien Testament.

Catégories vitrail
Structures baie libre, rectangulaire vertical, en arc brisé
Matériaux verre transparent, soufflé, taillé, peint, grisaille sur verre
plomb, réseau
Précision dimensions

Dimensions fournies par les dossiers de restauration de la basilique après la guerre : h = 518, la = 116.

Iconographies scène biblique, Annonciation, Nativité, Adoration des Mages, Présentation au Temple, Massacre des Innocents, Fuite en Egypte, cycle narratif
scène biblique, buisson ardent, songe de Nabuchodonosor, Aaron et la verge fleurie, Balaam et l'ânesse arrêtés par un ange, rencontre de la reine de Saba et de Salomon, sacrifices d'Abel et Caïn, présentation de Samuel au temple, idole, Gédéon et le miracle de la toison, Moïse
figures bibliques, ange
figures, groupe, musicien
ornementation, feuillage
Précision représentations

Depuis sa création, la verrière a été victime de nombreux dommages, compensés par des restaurations qui ont influé sur l'emplacement des scènes, modifié certains éléments constitutifs et donc compliqué certaines interprétations. La lecture chronologique des scènes de la vie de la Vierge s'effectue ici de haut en bas. C'est un sens de lecture inhabituel, puisqu'une verrière médiévale se lit généralement de bas en haut, mais cette verrière n'est pas l'unique exemple de ce type de composition. Deux descriptions de cette verrière dans les années 1850, réalisées par le baron de Guilhermy et Pierre Bénard, témoignent que les scènes suivaient à cette époque un ordre différent et peu logique : l'Adoration des Mages y précédait alors la Nativité, preuve d'un remontage peu scrupuleux de la verrière à une époque inconnue. Une description du début du 20e siècle (Jules Hachet) fait état d'une verrière restaurée et très proche de ce qu'on peut voir aujourd'hui. Néanmoins, quelques scènes de l'Ancien Testament n'occupent pas encore leur place actuelle. Cette dernière disposition résulte de la restauration effectuée après les deux guerres mondiales, restauration qui peut être encore contestée, tant dans l'ordre des scènes que dans leur composition interne. Quoi qu'il en soit, les compartiments carrés centraux sont occupés par des scènes de la vie de la Vierge et de l'enfance du Christ, tandis que les quarts de cercle qui les relient sont consacrés à des prophètes de l'Ancien Testament ou à des passages de l'Ancien Testament et des écrits apocryphes, interprétés comme des allusions à la Vierge, à sa maternité virginale et à la naissance du Messie. Actuellement, le sommet de la verrière est occupé par deux anges de profil, nimbés, dont l'un, d'après Pierre Bénard, tiendrait entre ses mains une couronne. En-dessous prend place l'Annonciation, représentée de manière traditionnelle. L'archange Gabriel, debout et de profil fait un geste de la main droite qui a été interprété comme un geste de bénédiction. Il s'agit plutôt d'un geste de salutation ou de prise de parole. Devant lui, se tient la Vierge, debout et de trois-quarts. Elle vient de se lever d'un fauteuil agrémenté d'un coussin. A côté de l'ange, un vase contient vraisemblablement une fleur de lys (d'après Luc I 26-29). En-dessous, se font face, à gauche : Gédéon et le miracle de la toison, et à droite, Moïse devant le buisson ardent. Gédéon, debout et de trois-quarts, casqué et une lance à la main droite, semble s'adresser à Dieu, qui apparaît au-dessus d'un nuage. De l'eau tombe du ciel sur la toison d'un mouton posée au pied d'un arbre (d'après le Livre des Juges VI 36-38). La toison blanche, arrosée par le ciel, est considérée comme une préfiguration de la conception virginale de Marie. En face, Moïse, assis de trois-quarts, retire une chaussure. Dieu apparaît, de face et à mi-corps, environné de flammes, au milieu d'un arbuste. Il est penché vers Moïse et fait un geste de la main droite (bénédiction ou prise de parole). Plusieurs moutons occupent le bas de la scène tandis qu'une chèvre se dresse pour brouter les feuilles du buisson ardent (d'après Exode III 1-5). Là encore, le buisson ardent qui renferme Dieu est considéré par l'Eglise comme une préfiguration de la maternité virginale de la Vierge Marie. Le carré sous-jacent est consacré à une scène combinant la Nativité et l'Annonce aux bergers. Au premier plan, la Vierge, allongée, désigne de la main gauche l'Enfant Jésus, couché dans une mangeoire derrière elle et veillé par l'âne et le boeuf. Au-dessus du groupe, un ange de profil fait un geste d'adoration. A droite, saint Joseph, assis de trois-quarts, observe la scène. Dans la partie supérieure, un berger de profil, la houlette à la main et suivi de moutons, regarde un ange avec surprise (d'après saint Luc II 6-12). En-dessous, prennent place le songe de Nabuchodonosor et le miracle de la verge fleurie d'Aaron. Le roi Nabuchodonosor, endormi, voit en songe une statue, dressée de face sur une colline, au milieu d'arbres. Sa tête est en or, son buste en argent, son ventre et ses cuisses en bronze, ses jambes en fer, enfin ses pieds en fer et argile. Une pierre se détache d'une montagne à droite. Cette scène qui illustre un passage de Daniel (II, 31-35) annonce la venue du royaume du Christ qui doit anéantir les royaumes païens et subsister à jamais. L'autre compartiment montre Aaron, debout et de face, à côté d'un autel ou plus probablement de l'arche d'alliance. Vêtu comme un grand prêtre, il tient à la main droite un bâton dont la partie supérieure porte des bourgeons ou fleurs. A droite, plusieurs hommes, debout et de trois-quarts, observent le miracle. Ils se détachent sur le faisceau des bâtons remis par les chefs des tribus d'Israël (d'après les Nombres XVII 21-23). Le bâton d'Aaron qui donne du fruit est considéré comme un symbole de la virginité féconde de Marie. Le carré suivant est consacré à l'Adoration des Mages. La Vierge, couronnée, est assise de profil dans un fauteuil. Elle tient sur ses genoux l'Enfant Jésus, assis, qui accueille les présents et fait un geste de bénédiction. Le premier roi, de profil est en train de s'agenouiller. Il précède les deux autres rois, debout et de face, dont l'un désigne l'étoile. A leur gauche, la pointe du carrée est occupée par la tête et l'encolure de trois chevaux. A droite, saint Joseph, assis de trois-quarts, assiste à la scène (d'après saint Matthieu II 9-11). Le registre inférieur est occupé par la visite de la reine de Saba à Salomon et par une représentation de Balaam et de son ânesse arrêtés par un ange. De l'ange, vu de profil, on ne distingue que le haut du corps et les deux mains tenant une épée. La presque totalité du compartiment est remplie par Balaam, assis sur sa monture récalcitrante et s'apprêtant à la frapper. L'ânesse se tourne vers son maître pour lui parler (d'après les Nombres, XXII 21-27). Si cette scène n'a pas de lien direct avec les passages du Nouveau Testament représentés sur la verrière, un des oracles rendus peu après par Balaam est interprété comme l'annonce de la venue du Messie. Dans le compartiment voisin, la reine de Saba, debout et de trois-quarts, un présent à la main, regarde le roi Salomon, assis de face sur un trône, un sceptre dans la main gauche. La reine est accompagnée d'un serviteur et de deux chameaux dont n'ont été représentés que la tête et le cou, de profil (d'après le premier Livre des Rois, X 1-10). La venue de la reine de Saba est considérée dans les Ecritures comme la préfiguration de la venue des Mages. Le carré suivant est réservé à la présentation du Christ au Temple. A gauche, saint Joseph et la Vierge sont représentés debout et de trois-quarts. Par dessus un autel, la Vierge tend l'Enfant Jésus au vieillard Syméon, qui s'avance de profil, les avant-bras enveloppés d'un pan de son manteau pour recevoir l'Enfant. On entrevoit derrière Syméon, la prophétesse Anne, un cierge à la main gauche (d'après saint Luc, II 25-38). Le cierge que tient Anne n'est pas mentionné dans les Ecritures. Il s'agit d'une allusion à la fête des chandelles ou Chandeleur, qui a lieu le 2 février pour commémorer la Présentation de Jésus au Temple et la Purification de la Vierge. Le cierge qui était bénit lors de la cérémonie rappelait la prophétie de Syméon présentant Jésus comme la Lumière qui doit éclairer les nations. Le registre suivant est occupé à gauche par la scène des sacrifices d'Abel et de Caïn, et à droite par la présentation de Samuel au temple. Caïn et Abel, debout et dans un léger trois-quarts, présentent leurs offrandes à Dieu. Caïn tient une gerbe d'épis de blé. Actuellement, une restauration erronée a également placé une gerbe dans les bras d'Abel. Mais au milieu du 19e siècle, d'après Pierre Bénard, il n'y avait à cet emplacement qu'un verre uni qui occupait la place d'un agneau. Dans le ciel, la main de Dieu qui désigne Abel signifie que Dieu agrée son sacrifice et non celui de Caïn (d'après la Genèse, IV 3-4). L'agneau sacrifié par Abel est une préfiguration de l'Agneau de Dieu qui sera sacrifié pour le salut de l'humanité. Abel est également souvent considéré comme une préfiguration du Bon Pasteur. Dans le compartiment placé en regard, Anne, mère de Samuel, debout et de trois-quarts, présente son fils au prêtre Eli et l'offre à Dieu. L'enfant est debout de profil, devant l'autel et de ses mains fait un geste d'offrande. A côté de l'autel, le prêtre Eli, de trois-quarts, lève le menton de l'enfant de la main gauche et le bénit de la droite. Deux personnages accompagnent Anne, dont un homme qui tient un récipient, sans doute une outre de vin. Près d'Anne, on distingue la tête et l'encolure de trois taureaux (d'après le Premier Livre de Samuel I, 24-28). Il ne s'agit donc pas de l'onction de David comme le propose Pierre Bénard, mais de la présentation de Samuel au Temple, qui est souvent mise en parallèle avec la Présentation de Jésus au Temple. Le carré suivant est consacré au massacre des Innocents. Le roi Hérode domine la scène. Il est assis sur son trône, de face, la couronne sur la tête et son sceptre à la main droite. Il est encadré par deux soldats, l'un de face et l'autre de profil, qui sont en train de tuer deux jeunes enfants nus qu'ils tiennent par les jambes. Aux pieds du roi, une mère accroupie ou agenouillée se penche sur la tête de son enfant mort (d'après saint Matthieu, II 16). Le registre inférieur est consacré à la figure d'un prophète et à la chute des idoles. A gauche, un prophète barbu, est assis de trois-quarts dans un fauteuil. Il fait de la main droite le geste de l'enseignement ou de la prédication, tandis qu'il tient de la main gauche un phylactère portant son nom. Il s'agit d'Isaïe qui a annoncé la maternité de la Vierge et la venue du Messie (Isaïe, VII, 14 et Isaïe XI, 1-5), ainsi que la chute des idoles représentée en pendant (Isaïe, 19, 1). Dans le second compartiment, une ville est symbolisée par une enceinte et des tours. Une statue d'or et une statue d'argent, ainsi que des chapiteaux, se renversent et se brisent en morceaux. C'est une allusion à un passage de l'évangile du pseudo-Matthieu, mentionnant la chute des idoles devant l'Enfant Jésus, dans le temple de Sotinen pendant la fuite en Egypte. Le carré inférieur représente les derniers instants avant le départ pour la fuite en Egypte. La Vierge est assise de côté sur un âne de profil. A gauche, saint Joseph debout, enveloppé d'un manteau tend l'Enfant Jésus à sa mère. Un serviteur, debout et de face, tient l'âne par la bride. Des arbres cantonnent la scène (d'après Matthieu, 2, 14). Enfin dans les deux petits compartiments inférieurs, prenaient place, vers le milieu du 19e siècle, quatre musiciens. Le compartiment de gauche a été largement restauré depuis, si ce n'est entièrement refait, de telle sorte que l'action des deux personnages n'a plus de point commun avec la scène d'origine. Un homme, assis de face sur une banquette, esquissant un geste d'enseignement ou de bénédiction, est accompagné d'un autre homme, assis de trois-quarts sur le sol et tenant un vase. A droite, un musicien assis de profil, jouait vraisemblablement de la harpe, tandis que son voisin, assis de trois-quarts jouait d'un autre instrument à cordes. Certains auteurs ont proposé d'y voir les donateurs, par comparaison avec la verrière en pendant où les donatrices sont effectivement représentées dans les compartiments inférieurs. Faute d'informations supplémentaires, cette proposition ne doit rester q'une hypothèse. La verrière est entourée d'une bordure de feuillage.

Inscriptions & marques inscription concernant l'iconographie, peint, sur l'oeuvre, latin
inscription donnant l'identité du modèle, peint, sur l'oeuvre, latin
Précision inscriptions

Sous la scène de la chute des idoles, une inscription en réserve précise : [ID]OLA EGYPTI. L'inscription peinte sur le phylactère tenu par le prophète nous le présente comme : YSAIAS : / PROP[H]ETA : . Il s'agit d'une inscription restaurée dont il faut espérer qu'elle reproduise fidèlement le texte original. Au-dessus de Salomon et de la reine de Saba, un court texte en réserve mentionne : [R]EGINA.AVSTRI (la reine du Midi).

États conservations grillage de protection
oeuvre restaurée
plombs de casse
partie remplacée
Précision état de conservation

Depuis sa création, la verrière a profité de plusieurs restaurations, la dernière étant réalisée après la Seconde Guerre mondiale. C'est sans doute à cette occasion que l'ordre des compartiments a été modifié et que des éléments, dont certains manquaient depuis le 19e siècle, ont été refaits, parfois au détriment de l'interprétation de la scène. Il faut ici préciser que les pièces de verre originales sont les pièces de verre les plus sombres, de teinte brunâtre. Cet obscurcissement est une altération caractéristique des verres médiévaux, riches en potassium, et due à la remontée à la surface d'éléments du verre qui se décompose sous l'action d'agents atmosphériques.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre immeuble, 1840

Références documentaires

Documents d'archives
  • AMH (Médiathèque du Patrimoine) : 81/02, carton 159.

  • AMH (Médiathèque du Patrimoine) : 81/02, carton 168.

    dossier 14 (travaux de 1945 à 1950) ; sous-dossier : repose de vitraux anciens
  • BnF (Cabinet des Manuscrits) ; naf 6108. Collection Guilhermy.

    folio 321 recto
Documents figurés
  • Dessin de la verrière de la baie 1 (scènes de la vie de la Vierge et leurs préfigurations), dessin sur papier calque, par Lemasle (?), milieu du 19e siècle (AMH, Médiathèque du Patrimoine : 82/02/2050, n° 61).

Bibliographie
  • BENARD, Pierre. Les vitraux de la collégiale. Journal de Saint-Quentin.

    3 août 1859, 5 août 1859
  • DREILING, Prof. Dr. Raymund. Die Basilika von St. Quentin. Ihre Geschichte und ihr Charakter. St. Quentin, 1916.

    p. 44-45
  • FLEURY, Edouard. Antiquités et Monuments du département de l'Aisne. Paris : imprimerie A. Quantin, 1882, t. 4.

    p. 127-130
  • FRANCE. Corpus Vitrearum Medii Aevi. Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978.

    p. 167
  • GOMART, Charles. Notice sur l'église de Saint-Quentin. Bulletin monumental, 1870, vol. 36 (4e série, t. 6).

    p. 229
  • GRODECKI, Louis, BRISAC, Catherine. Le vitrail gothique au XIIIe siècle. Fribourg : Office du Livre, 1984.

    p. 42-43, 258-259
  • HACHET, Jules. La basilique de Saint-Quentin. Son Histoire - Sa Description. Troisième édition. Saint-Quentin : Imprimerie moderne, 1926.

    p. 36
  • HADELN, Detlev von. Das Museum AU PAUVRE DIABLE zu Maubeuge. Ausstellung der aus St. Quentin und Umgebung geretteten Kunstwerke. Im Auftrage eines Armee-Oberkommando herausgegeben von D. Frh v. Hadeln Lt. d. Res. Stuttgart : Verlag von Julius Hoffmann, 1917.

    p. 3
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