Dossier d’œuvre architecture IA02002948 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, la communauté d'agglomération de Saint-Quentin
Ancienne passementerie Lebée, tissage de coton Chatelain & Black, usine de Coulaincourt Décaudin & Béguin, puis de La Cotonnière de Saint-Quentin, confection Cotariel, puis imprimerie et magasin
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
  • Commune Saint-Quentin
  • Lieu-dit Ville close
  • Adresse 8 rue Jean-de-Caulaincourt , rue des Glacis , 1 place Longueville , 2 à 6 boulevard Henri-Martin
  • Cadastre 2006 AN 192 à 194, 197, 198
  • Dénominations
    usine de passementerie, tissage, usine de confection
  • Précision dénomination
    tissage de coton
  • Appellations
    Lebée Eugène, Chatelain et Black, Décaudin et Béguin, Cotonnière de Saint-Quentin
  • Destinations
    imprimerie, magasin de commerce
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, entrepôt industriel, bureau, logement patronal, cheminée d'usine

Entre 1865 et 1868, Eugène Lebée implante sur ce site une usine de passementerie. Un plan d'alignement daté de 1873 indique une production de crinoline (jupon bouffant en crin maintenu par des baleines). En 1876, Eugène Lebée, qui vient d'acquérir deux ans plutôt l'usine de tulles Heathcoat (Fabrique des Anglais, étudiée) où il transfère la production de passementerie, loue ses ateliers de la rue Jean-de-Caulaincourt à la société J. Chatelain & Black nouvellement créée. Le site est alors reconverti en tissage de coton. En 1883, au décès de Louis Black, une nouvelle société est fondée, J. Chatelain-Black & Cie. Une maison de négoce est implantée à Saint-Quentin, rue du Gouvernement (étudiée). Après la dissolution de cette dernière société en 1890, l'usine et la maison de négoce sont reprises par Décaudin & Béguin. Les ateliers fondés par Eugène Lebée prennent alors l'appellation d'Usine de Caulaincourt. Ils sont agrandis à plusieurs reprises, en 1896, en 1900 et vers 1909-1910. En 1919, Auguste Décaudin et Jules Béguin, se retirent au profit de leurs fils respectifs, René et Daniel, qui créent la société Décaudin et Béguin fils et créent en décembre 1919, la Cotonnière de Saint-Quentin en fusionnant la maison de commerce de Paris avec des sociétés textiles de Roanne (Décaudin Béguin & Faisant) et de Rouen (P. & R. Fremaux). Les ateliers de Caulaincourt sont restaurés et en partie reconstruits (essentiellement en bordure de la rue Jean-de-Caulaincourt) entre 1919 et 1921. En 1962, la Cotonnière de Saint-Quentin est dissoute. Son activité est reprise jusqu'au milieu des années 1970 par la société Cotariel, qui reconvertit l'usine de Caulaincourt en ateliers de confection (activité déjà implantée par La Cotonnière). Depuis la fin des années 1970, les ateliers abritent les bureaux et l'imprimerie du quotidien L'Aisne Nouvelle, rejoint en 2004 par un autre quotidien régional, l'Union. A la fin des années 1980 et au début des années 1990, coéxiste sur le site une entreprise artisanale de broderie matelassée (C.A.P.). Une partie des anciens entrepôts, place Longueville, est occupée par un commerce de tissus. L'usine est dotée de 48 métiers à tisser en 1877, 215 en 1881 (du constructeur anglais Hattersley en 1883), 280 en 1891, 400 en 1900, 500 en 1914 selon le registre des patentes, 680 selon les dossiers de dommages de guerre. En 1914, l'usine est dotée d'une machine à vapeur Blondel de 350 ch, de deux chaudières semi-tubulaires Meunier de 118 et 140 m2 de surface de chauffe, et de trois génératrices d'électricité. Le tissage emploie 45 ouvriers en 1878, 135 en 1882. En 1961, l'activité tissage emploie 120 salariés, l'activité confection 230. En 1967, Cotariel n'emploie plus que 110 salariés dans ces ateliers. En 1982, l'Aisne Nouvelle emploie 110 personnes.

Les ateliers du 19e siècle sont construits en rez-de-chaussée, en brique, couverts de sheds dont les charpentes de bois (avec tirants transversaux en fers ronds) sont portées par des colonnes de fonte. Les ateliers des années 1900-1914 sont pour partie construits de la même façon, à l'exception des poutres de bois remplacées par des profilés métalliques, et pour partie construits sous la forme de trois halles en brique couvertes de toits à longs pans. La cheminée d'usine, tronquée, est de section circulaire, sur un piédestal polygonal. Les ateliers bordant la rue Jean-de-Caulaincourt se composent d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré, d'un étage de soubassement partiel rachetant la déclivité de la rue. La façade sur rue est constituée de massifs piliers en brique rouge, encadrant des travées percées chacune d'une large baie par niveau et dont les maçonneries de remplissage sont en brique silico-calcaire. Ils sont couverts de toits à longs pans. A l'intérieur, les planchers formés de voûtains en brique sur profilés métalliques sont portés par des poteaux à treillis métallique. Une partie de ces ateliers, bordant le boulevard Henri-Martin, est masquée par une façade contemporaine constituée de briquettes de parement et d'un matériau synthétique imitant l'ardoise. Toutes les toitures des ateliers sont en tuile mécanique. Le logement de directeur, accolé à un immeuble identique mais de dimensions plus importantes, se compose d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée et de deux étages carrés, construits en brique, avec encadrement en pierre de taille pour les ouvertures de la façade donnant sur le boulevard. L'habitation est couverte d'un toit à longs pans et croupe en ardoise. Une grille en fer forgé donne accès à la cour du logement.

  • Murs
    • brique
    • brique silico-calcaire
  • Toits
    tuile mécanique, ardoise
  • Étages
    étage de soubassement, 2 étages carrés
  • Couvertures
    • shed
    • toit à longs pans
    • croupe
  • Énergies
    • énergie thermique
    • produite sur place
  • Statut de la propriété
    propriété privée

La société Décaudin et Béguin fils fait l'apport des indemnités de guerre de ses deux usines de Saint-Quentin mais aussi des centres de tissage implantés à Estrées (02), Vermand (02) et Roisel (60). Au sein de La Cotonnière, se joignent d'autres entreprises textiles saint-quentinoises (telles que Trocmé et fils, Paul Schmidt ou Hugues fils et Cie). L'usine de Caulaincourt constitue alors l'un des deux tissages de la Cotonnière de Saint-Quentin, aux côtés du Tissage de Picardie (ancienne filature Hugues, étudiée), de l'usine de guipures de Remicourt (étudiée), de l'usine de dentelles et broderie de la rue Quentin-Barré (ancienne usine Trocmé, étudiée) et de l'usine de blanchiment de la rue d'Ostende (ancienne usine Schmidt - détruite).