Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).
Chargée de projets et documentaliste à l'Écomusée de l'Avesnois à Fourmies (Nord).
- patrimoine industriel, Empreintes industrielles - patrimoine textile de l'Avesnois-Thiérache
- (c) IGN
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Sud Avesnois
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Hydrographies
L'Helpe-mineure
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Commune
Fourmies
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Adresse
Rue Claude-Jourdain
,
62, 64 Rue Théophile-Legrand
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Cadastre
1885
A3
696 à 700, 735 à 749
;
2020
AB
38, 964, 1029 à 1036
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Dénominationsfilature, tissage
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Précision dénominationFilature de laine peignée, tissage de laine
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AppellationsLe Malakoff, Filature et tissage de laine peignée Théophile Legrand, Les Fils de Théophile Legrand, Edgard Legrand & Cie
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Autres parties constituantesatelier de fabrication, logement patronal
La filature de laine, dont il ne restait déjà plus que quelques bâtiments en 1979, a été érigée en 1856 par Théophile Legrand. Il s'agit de l'une des premières filatures de laine peignée de Fourmies. L'industriel la surnomme alors "Malakoff", à la fois pour la distinguer de la Neuve (IA59005668), créée en 1825, et en souvenir de la célèbre bataille de Crimée de 1855. En parallèle, la filature La Neuve prend l'appellation de "filature du Village" afin d'éviter toute confusion. L'ensemble architectural, marqué par son imposant bâtiment principal à trois niveaux d'élévation, affirme l'ambition de l'industriel, désormais à la tête d'une des plus importantes filatures de la ville.
Mais le 17 février 1857 l'autre filature, dite du Village, est détruite dans un violent incendie qui oblige l'industriel a transférer toutes ses machines au Malakoff, dont la construction est à peine achevée. L'année suivante - peut-être avec les sommes perçues des assurances pour les pertes causées aux bâtiments de la filature du Village -, la filature de Malakoff est augmentée d'une unité de tissage. Dès 1863, Théophile Legrand cède la direction de l'usine à ses fils Louis et Léon. La raison sociale devient alors Les Fils de Théophile Legrand. De son côté Théophile Legrand, alors âgé de 65 ans, reprend un ancien moulin hydraulique à Glageon qu'il transforme en filature de laine (IA59005617).
Au début du XXe siècle, la filature du Malakoff est dirigée par Edgard Legrand & Cie, dont le nom est mentionné entre 1902 et 1907. Edgar en est encore le directeur lors de la déclaration de guerre en 1914. Dès les premiers mois du conflit, l'usine est investie par les troupes allemandes qui vident l'établissement de son outil de production et utilisent les bâtiments comme casernement, puis comme écuries. Lors du repli allemand, l'ensemble du site industriel est pillé et détruit. La reconstruction est toutefois lancée rapidement, permettant à l'entreprise d'être parmi les premières à reprendre son activité dès la fin de 1919.
La fermeture de l'usine survient postérieurement à 1930. En mai 1966, le site abandonné et repris par la municipalité pour faire l'objet d'une restructuration urbaine. Les travaux de démantèlement du site débutent rapidement la même année. "Le bâtiment central de l'usine, qui est en mauvais état, va être démoli [afin de faciliter l'accès] à l'entrepôt des matières, situé dans le grand bâtiment en sheds". (Revue Brochfil : bulletin du personnel de la SFRF, n°8, 1966). La cheminée qui s'élevait à 28 m de haut est abattue en mars 1967. En juin 1967, le Courrier de Fourmies titre "Le bon vieux Malakoff en se transforme en gravats". Sur ces ruines, le projet de lotissement concerté est approuvé en 1982 et les premiers logements sont livrés à la fin de cette même d'année. Les travaux de démolition de l'ancien site industriel se poursuivent en 1983 et 1984. Toutefois, ces logements sont à nouveau démolis pour laisser place, en 2009, à une nouvelle résidence, dite de la Filature.
En 2020, seul le logement patronal, devenu hôtel du château de la Marlière (IA59005670), et une partie d'un atelier aménagé en restaurant, témoignent de l'usine.
Force motrice, équipement industriel et production
La filature est équipée de machine à vapeur, dont l'une explose en 1864. L'accident blesse quatre personnes et fait un mort, un chef trieur âgé de 37 ans.
En 1856, la filature du Malakoff est d'abord montée avec des demi-renvideurs, puis des renvideurs. Elle compte en tout 4800 broches. Elle est complétée en 1858 de 52 métiers à tisser qui composent le premier atelier de tissage mécanique de laine. En 1885, l'usine compte 6330 broches self-acting et 167 métiers à tisser. En 1896, elle atteint 10 000 broches self-acting et 285 métiers à tisser.
Le début du XXe siècle est marqué par une réduction de 30% du parc de machines de la filature qui ne compte alors plus que 7000 broches, réduction compensée par une augmentation de 50 métiers à tisser ainsi portés à 325 métiers. Sous la direction d'Edgar Legrand, la croissance semble repartir avec un investissement industriel conséquent.
En 1909, la filature est équipée de 12 000 broches self-acting, soit 5000 broches de plus qu'au début du XXe siècle, auxquels s'ajoutent 3200 broches en continu et 3000 broches en continu à filer. Il n'est alors plus fait mention de métiers à tisser. Enfin, en 1930, la filature comprend 19 000 broches, la retorderie 4000 broches et le moulinage 1000 broches (Annuaire de l'industrie textile Camille Rousset : Edgard Legrand et Cie, 1930).
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Période(s)
- Principale : 3e quart 19e siècle
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Dates
- 1856, daté par source
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Auteur(s)
-
Personnalité :
Legrand Théophilecommanditaire attribution par sourceLegrand ThéophileCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Industriel textile de la région de Fourmies, qui y a introduit la filature de laine, à la base de la spécialisation industrielle de ce territoire au cours du XIXe siècle. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 7 septembre 1867.
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Personnalité :
De la vaste usine initiale ne reste aujourd'hui qu'un seul bâtiment, situé au sein de la résidence Malakoff à flanc de coteau, au sud de l'ancien logement patronal dit Château de la Marlière (IA59005670).
Cet édifice compte deux niveaux dont un étage de soubassement qui en rachète le dénivelé par le sud. De bonne facture, il compte six travées éclairées de baies en arc en plein cintre. Le rez-de-chaussée surélevé, légèrement en retrait, ménage une étroite terrasse couverte d'un auvent en fer forgé et verre.
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Murs
- brique
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Toitsardoise
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Étagesétage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à longs pans
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État de conservationvestiges
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Statut de la propriétépropriété privée
Le site de la filature et du tissage de laine du Malakoff de Fourmies a été étudié dans le cadre d'une opération ponctuelle réalisée en 2020. Elle a été complétée en 2024 dans le cadre du projet Empreintes industrielles, porté par l’Écomusée de l'Avesnois auquel le service de l'Inventaire a été associé en partenariat.
- (c) Département du Nord - Archives départementales
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
- (c) IGN
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- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
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- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
Documents d'archives
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Archives nationales du Monde du travail Roubaix
ANMT Roubaix. Cote 1995 014 23. Syndicat patronal textile de Fourmies et du cambraisis. Enquête et statistiques : liste des établissements par date de création et fermeture, 1818-1925.
Bibliographie
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CHAPPAT, Jean-Louis. Théophile Legrand : un pionnier de l'industrie lainière du Nord, Fourmies XIXe siècle. Paris : Tallendier, 2018.
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DUMAS, Georges. Etat de l'industrie dans le département de l'Aisne entre 1869 et 1880, comparé à l"état actuel. In : Mémoires de la Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie de l'Aisne, t.IV, 1957, p. 108-134.
-
GILOTEAUX, Paulin (Abbé). Histoire de Fourmies, des origines à nos jours. Le Quesnoy : Œuvres charitables, 1953, 478 p.
-
MUNICIPALITÉ DE FOURMIES. La Marlière, le Malakoff : des origines à la rénovation urbaine [en ligne], 2010. 20 p.
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ROUSSET, Camille. Annuaire de l'industrie textile. Paris : Ed. Caron frères, janvier 1930.
Périodiques
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AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
Bulletin du personnel de la SFRF. Revue Brochfil, n°8, 1966.
Documents figurés
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AD Nord
Fourmies, extrait du plan cadastral de 1882, section A3 (AD Nord. Série P : P 31/707).
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Fourmies, vue aérienne de 1951 (IGN. Photothèque nationale. 1951).
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).
Chargée de projets et documentaliste à l'Écomusée de l'Avesnois à Fourmies (Nord).
Demeure d'industriel, dit château de la Marlière
Adresse : 62-64 rue Théophile-Legrand
Filature et tissage de laine peignée Théophile Legrand, puis Les fils de Théophile Legrand, puis tissage et usine de construction mécanique Adrien Legrand & Cie, actuellement entrepôt industriel de la communauté d'Emmaüs
Adresse : 2 rue du Moulin
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France