Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).
Chargée de projets et documentaliste à l'Écomusée de l'Avesnois à Fourmies (Nord).
- patrimoine industriel, Empreintes industrielles - patrimoine textile de l'Avesnois-Thiérache
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- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Sud Avesnois - Fourmies
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Hydrographies
Ruisseau des Moines
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Commune
Fourmies
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Lieu-dit
Trieux-de-Villers
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Adresse
Rue Fernand-Pêcheux
,
Ancien chemin du Trieux
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Cadastre
1882
C1
762 à 780
;
2023
AT
19, 557,558
;
1882
C1
709 à 753
cité ouvrière Résidence La Sans-Pareille
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Dénominationsfilature, tissage, usine de traitement des corps gras, usine de préparation de produits textiles
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Précision dénominationpeignage de laine, filature de laine, tissage de laine
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AppellationsLa Sans Pareille, Cofranc Motor Oil, Jacquot Renneson Ravaux & Cie, Jacquot Renneson Ravauxet Cie, Jacquot Père Fils & Cie, Jacquot Père Fils et Cie
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Destinationsusine de traitement des corps gras
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Autres parties constituantesatelier de fabrication, cheminée d'usine, cité ouvrière
Après avoir été l'un des fondateurs de la filature des Douze-Apôtres de Fourmies en 1852 (IA59005718), Émile Jacquot s'associe avec d'autres industriels pour créer, le 5 février 1866, la société Jacquot Renneson Ravaux & Cie suivant l'acte notarié passé devant Me Clavon (ANMT ; 1995 014 23). Il construit une nouvelle filature qui, selon la tradition, aurait pris le nom de filature de la Sans-Pareille, en raison de ses dimensions jusqu'alors inconnues. L'ensemble réunit un peignage de laine, une filature et un tissage mécanique. Cette société qui compte parmi ses actionnaires principaux Émile Jacquot et Jean-Baptiste Rennesson, fusionne quelques mois plus tard avec celle des frères Poulain, suivant acte du 27 septembre 1866 et atteint un capital social de 140.000 francs. Mais l'association ne dure pas et chaque société reprend ses parts dès l'année suivante.
En 1880, l'entreprise s'agrandit et sollicite l'autorisation d'élargir, en amont de son établissement, les ruisseaux des Moines et de la Planchette, de manière à pouvoir former un réservoir destiné à l'alimentation d'une machine à vapeur (AD Nord ; S 4202).
Toutefois, à partir de 1885, le déclin de l'activité textile dans la région de Fourmies contraint la Sans-Pareille à se recentrer sur la filature et le tissage, en abandonnant le peignage qui sera désormais sous-traité. En parallèle, la société qui était jusqu'alors en nom collectif passe en commandite simple par actions sous le nom de Jacquot père et fils & Cie, et se dote d'un capital social de 1.400.000 francs. Cette nouvelle capitalisation lui permet de racheter le tissage Benevot (non étudié), qui était situé rue du Fourneau. (Nécrologie d'Emile Jacquot. In : Journal de Fourmies, 9 janvier 1902).
Au moment de la Première Guerre mondiale, l'usine est en grande partie détruite. Pour reconstituer ses unités de production, la société décide de rejoindre, en 1919, la Société des Filatures de laine peignée de la Région de Fourmies (SFRF). Le site est alors reconstruit en diversifiant sa production de tissage.
Lors de la couverture photographique réalisée en 1979 par le Service de l'Inventaire, l'usine est en partie occupée par la raffinerie d'huile minérale Cofranc Motor Oil. Elle est entièrement démolie par la suite.
Force motrice, machines et productivité
En 1866, la filature Jacquot, Rennesson, Ravaux & Cie est équipée initialement de 3.000 broches. En 1870, l'équipement est plus que doublé pour atteindre 6.200 broches à bras mule-Jenny, 6 peigneuses Schlumberger et 222 métiers à tisser mécanique (Enquête parlementaire sur le régime économique. Industries textiles : laine, t. II, 1870). La qualité de sa production lui vaut d'être récompensée de la médaille d'or à l'Exposition Universelle de Paris (lettre à entête, AD Nord ; S 4202) et de développer par la suite sa production. En 1885, elle s'équipe ainsi de 15 peigneuses Schlumberger et 8 peigneuses Meunier, et surtout de 14.000 broches self-acting et de 305 métiers tisser (Liste des peignages, filatures et tissages de la région de Fourmies, 1885). En 1896 et 1902, l'entreprise, qui est devenue Jacquot père fils & Cie, a réduit sensiblement ses machines. Le peignage a disparu et les ateliers ne fonctionnent plus qu'avec 10.600 broches self-acting et 246 métiers tisser.
À la veille de la Première Guerre mondiale, la filature compte 4000 broches. Le tissage, doté de 512 métiers, réalise, des articles pour robes, laine et soie, laine et coton, laine cardée et mohair. Et après la Première Guerre mondiale, en 1930, l'unité de tissage fonctionne avec 452 métiers à tisser (Annuaire Camille Rousset).
Effectif et approche sociale
En 1869, la Sans-Pareille emploie 150 ouvriers (AD Nord ; M 653/35).
En 1884, l'entreprise fait l'objet d'une grève massive de la part des 550 tisseurs et ouvriers de l'entreprise, au sujet de la réduction des prix du tissage à façon. Ils réclament de réduire la journée à huit heures de travail en maintenant l'ancien tarif pour les façons. Durant plus d'une semaine où toute l'usine de la Sans-Pareille est arrêtée, la direction entreprend avec les ouvriers restés sur place les réparations nécessaires et l'entretien des machines, tandis que la gendarmerie et la police faisaient des patrouilles et dispersaient certains groupes composés d'hommes, de femmes et d'enfants (La Lanterne, 6 décembre 1884).
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Période(s)
- Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
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Dates
- 1866, daté par source
- 1880, daté par source
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Auteur(s)
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Personnalité :
Jacquot Emilecommanditaire attribution par sourceJacquot EmileCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Industriel textile originaire d'Anor, installé au milieu du XIXe siècle à Fourmies. Il est l'un des principaux acteurs économiques de l'industrie textile de la ville.
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Personnalité :
D'après les notes de terrain de 1979, tous les bâtiments sont en brique. Le bâtiment situé au nord-est, datant peut-être de l'édification de l'usine est un édifice d'un étage, élevé sur un étage de soubassement et couvert d'un toit à longs pans à demi-croupes.
Accolé à l'ouest se trouve un deuxième bâtiment de deux étages couvert de longs pans à croupe. Ce dernier est en partie occupé par la salle des machines comme l'attestent la niche, abritant ici une statue du Sacré-Cœur, située sur l'élévation nord, et la cheminée d'usine qui lui est en partie accolée.
Un long bâtiment d'un étage, perpendiculaire aux précédents, prolonge de 112 m l'édifice par le sud. La rupture de toiture visible sur la photographie de 1927, prouve son élargissement à l'ouest d'une dizaine de mètres. Couvert de sheds à croupe, le bâtiment est rythmé de travées. Chaque travée est encadrée au rez-de-chaussée de colonnes en fonte sur lesquelles prennent appui un arc en plein cintre ainsi qu’un tympan maçonné sur un linteau de bois. Cette construction, en supportant les charges du premier étage, libère presque le rez-de-chaussée de toute maçonnerie permettant ainsi un éclairement maximal. L’étage est percé toutes les deux travées (sauf exception) de baies en arcs segmentaires. Les fers d’ancrage en fonte moulée présentent les initiales J, R, R, C.
À une centaine de mètres à l'est de l'usine, une ruelle baptisée Résidence Sans-Pareille relie la rue Ferdinand-Pêcheux à la rue des Étangs. Elle est bordée à l'est d'une barre de 30 habitations ouvrières (15 maisons doubles, non étudiées). Celles-ci forment une barre d'habitations en brique, à un étage couvert d'un toit en ardoise à long pans et croupe d'un côté et pignon couvert de l'autre, longée à l'est par des jardins ouvriers.
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Murs
- brique
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Toitsmatériau synthétique en couverture
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Étagesétage de soubassement, 2 étages carrés
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Couvrements
- charpente en bois apparente
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à deux pans de plan massé demi-croupe
- shed
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Énergies
- énergie thermique produite sur place
- énergie électrique achetée
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État de conservationdétruit après inventaire
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Techniques
- ferronnerie
- sculpture
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Représentations
- monogramme
- Sacré Coeur
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Précision représentations
Les fers d'ancrage, oblongs, portent les lettres J, R, R et C (lecture dans le sens horaire).
L'élévation nord abrite au second étage, une niche occupée par une statue du Sacré-Cœur.
Le présent dossier d'étude a été réalisé en 2024 par le Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la Région Hauts-de-France, en partenariat avec l'Écomusée de l'Avesnois, dans le cadre du projet Empreintes industrielles. Il a bénéficié de l'aide précieuse et du travail de recherche de monsieur Jean-Yves Tordeux que le service de l'Inventaire remercie chaleureusement.
- (c) Département du Nord
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
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- (c) IGN
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- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
Documents d'archives
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Archives nationales du Monde du travail Roubaix
ANMT Roubaix. Cote 1995 014 23. Syndicat patronal textile de Fourmies et du cambraisis. Enquête et statistiques : liste des établissements par date de création et fermeture, 1818-1925.
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AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
AP Écomusée de l’Avesnois Trélon-Fourmies. [non coté]. Listes des peignages, filatures et tissages de la région de Fourmies avec indication approximative du matériel de chaque établissement, 1885, 1896, 1902, 1907, 1909.
Bibliographie
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Enquête parlementaire sur le régime économique. Industries textiles. t. II. [s. l.] : Laine, 1870.
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ROUSSET, Camille. Annuaire de l'industrie textile. Paris : Ed. Caron frères, janvier 1930.
Périodiques
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[en ligne]
Le Journal de Fourmies, hebdomadaire local, créé en 1878.
Nécrologie d'Emile Jacquot. 9 janvier 1902 -
La Lanterne.
6 décembre 1884
Documents figurés
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AD Nord
Entête de lettre commerciale du peignage, filature et tissage mécanique Jacquot, Renesson, Ravaux & Cie à Fourmies, 1880 (AD Nord ; S 4202).
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AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
Filature de la Sans-Pareille, détail d'en-tête commercial, début XXe siècle (Fourmies - Écomusée de l’Avesnois ; n.c.).
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AD Nord
Plan masse de l'usine Jacquot, Renesson Ravaux & Cie et des autres établissements textiles implantés le long de l'Etang des Moines. Ech : 1/2500e, 1880 (AD Nord ; S 4202).
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Les Ets Jacquot Père, Fils & Cie, article, 15 mars 1921. In : Le Monde illustré.
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[en ligne]
L'usine Jacquot Père et Fils (liseré jaune), photographie aérienne, 1927 (Source IGN. Photothèque nationale. 1927).
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[en ligne]
Le tissage de la Sans-Pareille et sa cité ouvrière, vue oblique vers le sud-est, photographie aérienne, 16/04/1951 (Source IGN. Photothèque nationale.1951).
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).
Chargée de projets et documentaliste à l'Écomusée de l'Avesnois à Fourmies (Nord).
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