Dossier d’œuvre architecture IA59005537 | Réalisé par
Gruson Tiphaine (Contributeur)
Gruson Tiphaine

Chargée d'études au sein du bureau d'études La Manufacture du Patrimoine.

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Fournier Bertrand (Rédacteur)
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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  • opération ponctuelle
Palais de Justice de Lille
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Métropole européenne de Lille - Lille (arrondissement)
  • Commune Lille
  • Adresse 13 avenue du Peuple-Belge
  • Cadastre 2023 KY 156

Le Palais de Justice de Lille, construit en 1968 en remplacement du précédent qui remontait aux premières décennies du XIXe siècle, constitue un point de rupture dans l’histoire de l’architecture judiciaire des Trente Glorieuses, au point d'être devenu un élément majeur du patrimoine judiciaire français de cette période. Œuvre unique qui ne se réfère à aucune typologie architecturale connue jusqu'alors, cet ensemble architectural a été un véritable tremplin pour la carrière de Jean Willerval qui, en 1975, s'est vu décerner le premier Grand prix national de l'architecture.

Le premier Palais de Justice de Lille est construit en 1834 par Victor Leplus, architecte départemental. L'édifice, construit en bordure du canal de la Basse-Deûle, à l'emplacement de l'ancienne collégiale Saint-Pierre, est inauguré en 1839. Mais au début des années 1950, l'édifice néo-classique n'est plus adapté à l'activité judiciaire croissante et se trouve dans un état vétuste. Après avoir envisagé sa restauration et son extension en 1952, la commission départementale du Conseil général du Nord décide finalement de suivre l'avis populaire dont la presse locale se fait l'écho. En 1957, le quotidien régional souligne "le spectacle désolant de ruines qu'on aimerait voir disparaître" (La Voix du Nord, 26 avril 1857). Le Conseil départemental décide donc de démolir l'ancien Palais de Justice et d'en reconstruire un autre, plus moderne, sur le même emplacement.

Le concours est officiellement lancé en avril 1957 et, après deux tours de sélection, le jury retient les candidats Marcel Spender (mandataire) et Jean Willerval le 21 décembre 1957. Le choix des architectes est officiellement prononcé le 2 janvier 1958. Il faut toutefois attendre le 10 février 1960 pour que la convention attributaire soit signée entre le département et les architectes mandataires et que les travaux de démolition de l'ancien Palais de Justice soient amorcés. En cause, la réforme judiciaire de 1958 (qui supprime les Justices de paix et crée les tribunaux d'instance et de grande instance) et oblige donc à revoir le projet architectural initialement adopté. Deux niveaux supplémentaires sont ainsi ajoutés au bâtiment haut.

La démolition de l'ancien Palais de Justice est engagée en 1961. Les travaux de terrassement sont cependant retardés par la mise au jour de la crypte romane du XIe siècle de la collégiale Saint-Pierre. Les fouilles archéologiques gèlent la poursuite du chantier jusqu'en 1963. La ville de Lille, propriétaire du sol, manifeste son intérêt pour la conservation des vestiges et leur accessibilité au public. Elle verse alors une subvention de 200 000 francs au Département pour la préservation de ces vestiges et leur présentation dans les caves du nouveau palais. C'est dans ce cadre que les éléments de l'ancienne collégiale Saint-Pierre mis au jour sont classés Monuments historiques par arrêté du 3 février 1971.

Le chantier de construction ne démarre véritablement qu'en 1964. Mais, rapidement, les architectes souhaitent modifier l'aspect des façades, initialement prévues en pierre pour le rez-de-chaussée et en enduit ciment pour les étages. Ils préfèrent en effet adopter un revêtement d'éléments en béton préfabriqué compacté, mis au point par une société néerlandaise en 1931 et appelé "procédé Schokbeton". Après avoir visité d'autres immeubles construits avec ce type de revêtement, comme l'immeuble de la banque Lambert à Bruxelles, ce changement de matériaux est validé en décembre 1964.

Un nouveau permis de construire modificatif incluant la surélévation de la tour est redéposé le 31 août 1966 et approuvé le 3 février 1967. La construction est à nouveau retardée en raison des événements de mai 1968.

La réception de cette partie d'édifice a lieu le 30 octobre 1968 et finalement celle du bâtiment entier le 2 janvier 1969. C'est d'ailleurs à cette date que les premières audiences ont lieu. Le nouveau bâtiment n'est cependant inauguré que le 24 janvier 1970 par le garde des Sceaux René Pléven.

Avec le projet de construction de nouveau Palais de Justice en limite de la commune de La Madeleine par l'Office for Metropolitan Architecture, dirigé par Rem Koolhas, retenu en 2016, le Palais de Justice actuel est voué à disparaître.

  • Dates
    • 1968, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Leplus Victor
      Leplus Victor

      Architecte français né à Lille le 22 mars 1798 et mort à Lille le 17 mai 1851. Elève d'Antoine-François Peyre, Victor Leplus est d'abord nommé architecte de la ville de Lille puis architecte départemental des arrondissements de Lille, Dunkerque et Hazebrouck, il est également professeur à l'école d'architecture de Lille.

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      architecte départemental attribution par source
    • Auteur :
      Spender Marcel
      Spender Marcel

      Architecte, né à Roubaix en 1902, formé d'abord à l’École nationale des Arts et Industries Textiles de Roubaix (1919-1921) puis à l’École régionale supérieure d'architecture de Lille avant d'être admis à l’École des Beaux-Arts de Paris sous la direction de Paul Bigot (1929-1931).

      Dès l'obtention de son diplôme, Il implante son agence à Roubaix. Il réalise d'abord la villa du directeur de la retorderie Lesur à Roubaix (1935) ainsi que le groupe scolaire Ernest-Renan (1935-1938). L'année suivante (1936), il devient architecte agréé des communes et des établissements publics du département du Nord. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'activité de son agence est maintenue. Dès 1941, il est reconnu comme architecte reconstructeur par le Commissariat technique à la Reconstruction immobilière du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Il signe ainsi en 1943, les plans du stade scolaire du lycée de Tourcoing, et dirige notamment l’aménagement d’un îlot à Valenciennes (1949-1955) ainsi que plusieurs constructions publiques dans la commune de Toufflers.

      À partir des années 1953-1955, Marcel Spender oriente plutôt sa carrière vers la construction de logements pour les offices d'H.L.M., dont la cité-jardin de Leers en 1952. En 1957, il remporte le concours pour le palais de justice de Lille avec Jean Willerval.

      Enfin, dans les années 1960, la dernière partie de sa carrière est partagée entre la réalisation de constructions religieuses (Saint-Sépulcre à Roubaix (concours d'idées 1959), presbytère de Leers (1967)) et des équipements (groupe scolaire de la rue Buffon à Roubaix (1968) et piscine municipale Lesaffre, également à Roubaix (1969)).

      Enseignant d'architecture, il est également rédacteur du bulletin régional des architectes du Nord-Pas-de-Calais de 1961 à 1979, il est également secrétaire général, vice-président puis président du Syndicat des architectes D.P.L.G. du Nord de 1961 à 1968.

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Willerval Jean
      Willerval Jean

      Architecte né à Tourcoing en 1924, dont la carrière est lancée à partir de 1957, date à laquelle il remporte le concours pour la construction de gymnases préfabriqués et celui du palais de justice de Lille. Il crée alors son agence à Lille à partir de 1958 en s’associant à Pierre Rignols et André Lagarde.

      Son ancrage local le conduit naturellement à mener de nombreuses réalisations dans le département du Nord (quartier du Triolo à Villeneuve-d’Ascq, école Hippolyte-Taine à Villeneuve-d’Ascq (1973) ; églises Saint-Pierre de Wattrelos (1964), Saint-Jean-Bosco de Mons-en Barœul (1964) et Saint-Thomas de Tourcoing (1968). Il devient en parallèle architecte conseil du ministère de l’équipement (1964), architecte du plan d’aménagement de la Ville de Paris (1975) puis urbaniste de la ville de Douai et de certains quartiers de Bordeaux. Il remporte également plusieurs concours comme l’immeuble de la direction du port de Marseille ou l’hôtel du département du Doubs à Besançon. Il participe à la construction de l’autoroute A1 entre Paris et Lille ainsi qu’à la construction de quatre centrales nucléaires. Enfin, après la construction du siège de Pernod à Créteil (1975), il se voit confier la construction de trois tours dans le quartiers des affaires de Paris La Défense (1984 et 1988).

      Chevalier des Arts et Lettres. Chevalier de la Légion d'honneur. Grand prix national d'architecture en 1975 pour le Palais de justice de Lille.

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Le Palais de Justice de Lille rompt de manière radicale avec le modèle néoclassique de ce type d'édifice pour proposer un modèle inédit de "tour-socle", dont les exemples vont se développer en France et à l'international à la même période. Seule la présence de l'entrée monumentale et la colonnade de la salle des pas perdus constituent toutefois encore des citations d'éléments de l'architecture judiciaire néoclassique.

Ce Palais de Justice est situé dans le quartier ancien de la ville, dit du Vieux-Lille, à proximité de l’hospice Comtesse. Il est implanté sur un terrain en légère déclivité vers l’ancien canal de la Basse-Deûle. Cette situation explique le décalage de niveau qui existe entre le rez-de-chaussée, désigné "bas" sur les plans, vers l’avenue du Peuple-Belge et le soubassement correspondant vers la rue du Palais-de-Justice.

L'ensemble est composé d'un vaste corps de bâtiments, délimitant un quadrilatère irrégulier, comportant trois niveaux d'élévation. Il assure le rôle de socle à une tour de neuf étages, haute d’environ soixante-cinq mètres, implantée perpendiculairement à l'avenue du Peuple-Belge. D'emblée, les deux volumes architecturaux distinguent les fonctions : une partie est consacrée à l'accueil du public avec les vastes espaces de circulation, l'accueil, la salle des pas perdus, les salles d'audiences ; une autre partie abrite les bureaux, les services du parquet, les greffes civiles et correctionnels ainsi que l'état-civil.

Le bâtiment-socle

Toutes les façades du socle sont alignées sur les limites de l'îlot-parcelle qui s’étend sur une superficie de 5 000 m2. Sous cet ensemble se développent trois niveaux de sous-sol qui accueillent les archives ainsi que des parkings. L’entrée principale se situe avenue du Peuple-Belge. Elle est marquée par un auvent monumental en aluminium soutenu par deux poteaux en fonte posés sur deux semelles pavées légèrement surélevées.

L’ossature générale est en béton armé recouvert de dalles parallélépipédiques de "Schokbeton", disposés en V qui assurent une animation et un volume aux façades, dans une égalité de traitement. Le premier niveau, qui sert de soubassement, est éclairé en partie supérieure d’une bande vitrée.

À l’intérieur, le hall d’accueil permet la distribution des espaces du socle et donne accès à la tour. Les escaliers permettent également l’accès aux neuf salles d’audiences réparties sur les différents niveaux et à la monumentale salle des pas perdus. Ce vaste hall est scandé de huit piliers massifs en béton strié, brut de décoffrage, couronnés de chapiteaux lotiformes stylisés qui se prolongent dans le plafond à caissons en béton où sont logés les luminaires. Les corps de bâtiments situés au sud s'organisent autour d'un patio occupé par un jardin, tandis qu'au nord, les différents corps de bâtiments entourent une cour ouverte plus petite. Ce bâtiment bas est surmonté par un toit-terrasse recouvert de graviers noirs et blancs qui dessinent des formes géométriques, que l’on retrouve de manière similaire sur le bâtiment de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Cambrai.

Les salles d’audiences du tribunal, quelles que soient leurs tailles, illustrent une volonté recherchée de synthèse des arts et une forme de sanctuarisation de l’espace judiciaire. Cette recherche est particulièrement évidente dans la grande salle du Tribunal de Grande Instance. Cette dernière se distingue à plus d’un titre des autres salles d’audiences, à commencer par son implantation unique au premier sous-sol. Son plan en losange, l’emplacement du puits de lumière qui prend le jour sur le patio, le jeu de caissons triangulaires du plafond ainsi que l’usage du béton brut et du bois, sont autant d’éléments qui participent d’une scénographie. Dès l’entrée, celle-ci fait converger le regard vers l’estrade des juges et le pupitre des témoins. Cette mise en scène, qui peut être comparée aux préconisations contemporaines de Vatican II pour les aménagements religieux, est ici inédite pour un espace judicaire et confère à l’ensemble un caractère sacré.

La petite salle d’audience du tribunal d’instance est aussi éclairée par un puit de lumière ouvert sur la courette nord. La tapisserie accrochée derrière le mur de fond de la salle, derrière l’estrade des juges, illustre un poème d’Apollinaire D’étoile dans les soirs tremblants, d'après un carton de Michel Degand.

Les cinq autres salles d’audience situées au rez-de-chaussée sont identiques. Elles s’élèvent sur trois niveaux. Elles sont ornées chacune d’une tapisserie monumentale qui participe à la recherche de solennité des lieux. Ces œuvres sont réalisées par Jean Bazaine, Emile Gilioli, Mario Prassinos et Raoul Ubac.

Le rez-de-chaussée haut compte une autre salle d’audience placée dans l’aile sud-ouest du bâtiment bas, celle du tribunal de commerce. De plus petite dimension, elle a également conservé son mobilier ainsi que la tapisserie réalisée par André Beaudin, intitulée L’eau stagnante et des feuilles brillantes fleuries, claires blanches, pâles.

Au premier étage du bâtiment bas entourant le patio, ont été placés les bureaux du tribunal pour enfants dont la salle d’audience est logée à l’angle sud-ouest. La configuration en hémicycle et le thème de la tapisserie, Les châteaux de sable de Michel Tourlière, en relation avec le public jugé, la distinguent des autres tribunaux. Au même niveau, donnant sur l’avenue du Peuple-Belge, le bureau du président du tribunal, orné d’une tapisserie d’Henri Guérin, L’arbre vivant, est annoncé par un espace d’attente aménagé dans la mezzanine ouest donnant sur la salle des pas perdus.

Le deuxième étage du bâtiment bas accueille la neuvième salle d’audience, initialement prévue pour le tribunal de sécurité sociale, et dont la tapisserie réalisée par Yves Millecamps, Espérance, orne le mur sud. Des bureaux, à l’origine attribués aux services du tribunal pour enfants, occupent les ailes entourant le patio.

La salle des pas perdus, située au rez-de-chaussée haut, est traitée de manière monumentale, sans doute pour impressionner le justiciable. Les ressorts de la mise en scène reposent sur la longueur et la hauteur de la salle qui se déploie sur deux niveaux, ainsi que sur le contraste du traitement de ses parois. Une vaste baie vitrée, ouvrant sur le patio et sa sculpture carrelée, fait face à un haut-relief de Philippe Scrive. L’œuvre est constituée de blocs de béton moulés, accrochés à une armature métallique dont la découpe au niveau des salles d’audience évoque une guillotine. Elle couvre une surface de 9,50 m sur 60 m. À l’irrégularité de son agencement s’oppose la rigueur géométrique du plafond à caissons, soutenu par deux rangées de poteaux en béton. Les deux niveaux de mezzanine servent autant d’espace de circulation que de balcon donnant sur la salle des pas perdus et son "spectacle" quotidien.

La tour

Posée sur le socle, la tour de neuf étages aux façades légèrement convexes lance ses lignes verticales de béton recouverts de "Schokbeton". Elles alternent avec d’étroites fentes vitrées. L’ensemble forme un signal visuel fort, qui évoque une tour fortifiée par un couronnement en crénelage.

Cette partie est desservie par deux escaliers en béton situés aux extrémités est et ouest ainsi que par un ensemble d'ascenseurs. À leur sortie, des bornes d’accueil circulaires en béton, conçues, à l’origine, pour orienter l’usager, ont perdu leur fonction mais sont toujours en place. Il en est de même pour les banquettes en béton et bois, ainsi que les placards d'origine qui ont également été conservés. Un large couloir central, délimité par des murs de refend en béton, répartit les espaces de travail séparés par des cloisons. Cette organisation est dupliquée à tous les niveaux, à l'exception du treizième étage, reconverti postérieurement en salle de restauration collective. Au sixième niveau, le bureau du procureur est orné d'une tapisserie d'Henri Guérin intitulée Bruissement de la nature.

Enfin, les parties techniques (chaufferie, tour de réfrigération, machinerie ascenseur) sont regroupées dans un volume qui occupe le centre du toit-terrasse de la tour.

  • Murs
    • béton béton armé
  • Toits
    béton en couverture
  • Étages
    12 étages carrés
  • Couvrements
    • dalle de béton, en béton armé
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en équerre en maçonnerie
  • Autres organes de circulation
    ascenseur
  • Techniques
  • Précision dimensions

    La surface au sol est de 5000 m2. La surface couverte exploitable est de 35.000 m2. La tour s'élève à 62 m de hauteur.

  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public de l'Etat
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    crypte
  • Protections
    classé MH partiellement, 1971/02/03
  • Précisions sur la protection

    Classé MH partiellement par arrêté du 3 février 1971 : vestiges de l'ancienne collégiale Saint-Pierre (cadastre A 458).

  • Référence MH

Le service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la Région Hauts-de-France a engagé l'étude du palais de justice de Lille dans le cadre d'une mission d'urgence, au moment où l'édifice était menacé de destruction suite à l'annonce du projet de construction d'un nouveau palais de justice et tribunal de Grande Instance qui sera implanté rue Gandhi à Lille, en limite de la commune de La Madeleine.

En collaboration avec la DRAC Hauts-de-France qui a commandé l'étude historique à La Manufacture du patrimoine, le Service de l'inventaire du patrimoine culturel a réalisé toute la couverture photographique et a normalisé le dossier.