Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).
Chargée de projets et documentaliste à l'Écomusée de l'Avesnois à Fourmies (Nord).
- patrimoine industriel, Empreintes industrielles - patrimoine textile de l'Avesnois-Thiérache
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Thibaut PierreThibaut PierreCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Sud Avesnois - Fourmies
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Hydrographies
Helpe-mineure
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Commune
Fourmies
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Lieu-dit
Trieux-de-Villers
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Adresse
3 rue du Moulin
,
121 rue du Maire-Coppeaux
,
rue Dury
,
impasse de la Concorde
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Cadastre
1882
B3
352 à 355, 401 à 419
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Dénominationsfilature, usine de préparation de produits textiles
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Précision dénominationpeignage de laine, filature de laine
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AppellationsPaul Demoulin, Demoulin et Droulers, Droulers frères et Cie, Peignage anglais, Bas-Trieux, SFRF
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Autres parties constituantesatelier de fabrication, chaufferie
Le peignage de laine Paul Demoulin & Cie est fondé en 1874 (ANMT ; 1995 014 23), suivant acte passé devant Me Azambre, notaire à Fourmies le 12 mai 1874. La société est ainsi constituée avec un capital de 11 000 francs. D'emblée, la presse locale souligne la singularité de l'établissement qui travaille à façon pour les filatures de la ville. L'Echo de la frontière, en date du 14 mai 1874 rapporte un article paru peu de temps auparavant dans L'Observateur d'Avesnes dans lequel il y est question de la "constitution prochaine d'une société, au capital de plusieurs millions, pour l'établissement à Fourmies d'un peignage anglais comme ceux de Croix et de Reims que dirige M. Holden, lequel entrerait pour une forte part dans l'affaire. [..] La question du peignage, comme on le voit, prend de grandes proportions dans notre centre industriel et nos filatures, dans un temps très rapproché, ne seront plus tributaires des peignages de Reims et de Roubaix". La participation de Jonathan Holden au capital de l'usine la désigne comme "Le Peignage anglais" à l'instar de celui de Croix ou de Reims, fondés par Holden en 1851 et 1853. Industriel britannique né à Bradford en 1828, Jonathan Holden a beaucoup œuvré, avec son oncle Isaac (1807-1897), à la mécanisation et au développement du peignage. Isaac Holden, est, avec le français Émile Hubner (1821-1888), l'inventeur de la cardeuse circulaire (dite anglaise), réputée beaucoup plus performante que la cardeuse rectiligne, développée en 1845 par Josué Heilmann, ingénieur aux Etablissement Schlumberger de Guebwiller (Alsace).
Une quinzaine d'années après sa construction, dans la nuit du 17 au 18 août 1880, un incendie éclate dans les magasins du peignage et atteint une grande partie des laines provenant d'autres établissements fourmisiens qui étaient en attente de traitement La perte se chiffe alors à 1 700 000 francs (Journal de Fourmies, 22 août 1880). Les parties endommagées sont reconstruites dans la foulée et l'année suivante, Paul Demoulin s'associe avec Edmond Droulers. Ils forment ensemble la société P. Demoulin & E. Droulers et complètent le peignage d'une filature de laine qui entre en activité en 1888. Mais à partir de 1895, Paul Demoulin quitte la société et laisse Edmond Droulers en prendre la direction avec son frère Eugène. La raison sociale devient alors Droulers Frères & Cie.
Durant la Première Guerre mondiale, l'établissement est occupé et dévasté mais Eugène Droulers s'investit dans la vie locale en acceptant d'exercer les fonctions de maire de Fourmies durant la captivité de M. Coppeaux, maire en titre. Dans la ville occupée, cette fonction lui vaudra le surnom de "maire des Boches". En 1919, après l'Armistice, la société Droulers Frères & Cie réorganise ses usines. Elle adhère à la SFRF en y faisant l'apport des constructions et des terrains constituant le peignage et la filature qu’elle exploitait à Fourmies, de deux maisons ouvrières, de son établissement industriel et commercial proprement dit, du matériel servant à l’exploitation de cet établissement. Cet apport a été consenti moyennant 6600 actions de 500 F chacune, soit 3 300 000 francs. En 1929, Edmond Droulers reste seul à la tête de l'entreprise à la suite du décès de son frère (Journal de Fourmies, 19 janvier 1929). En 1931, l'établissement est toujours en activité et demeure le seul peignage de la ville.
Dans les années 1960, l'administration de la SFRF y est transférée. En 1980, l'activité cesse définitivement.
Force motrice, machines et productivité
En 1874, l'établissement est équipé de 21 peigneuses. En 1880, on en dénombre 71, dont 40 peigneuses anglaises qui valent 2 à 3 Schlumberger (ANMT ; 1995 014 23). Enfin, en 1888, la filature nouvellement créée est dotée de 10 000 broches. En 1899, le peignage compte 45 machines préparatoires et 45 peigneuses anglaises ; la filature compte 9600 broches (Statistiques établies par la Société Industrielle - Liste des Industriels de la laine en 1899 dans la région, janvier 1902). En 1909, l'équipement industriel se compose de 45 peigneuses anglaises et 12 000 broches self-acting.
Approche sociale et évolution des effectifs
En 1889, dans le cadre du projet de faire passer la journée de travail de 10 à 12 heures, une vingtaine d'ouvriers des établissements Demoulin & Droulers, fait circuler une pétition demandant que la journée de travail ne puisse dépasser douze heures. D'autres ouvriers provenant d'autres filatures de Fourmies en font de même de leur côté. Ce chiffre est celui qui a été fixé par la loi, et la prétention des ouvriers de Fourmies paraît tout à fait fondée (La France, 20 mars 1889).
En 1891, l'usine Demoulin Droulers compte 305 ouvriers, répartis en 154 hommes, 135 femmes et 16 enfants (Industries de Fourmies en grève en mai 1891 : liste des établissements avec le nombre d’ouvriers, 1891).
En 1897, l'ensemble de l'établissement emploie près de 250 personnes, en distinguant le peignage qui emploie 150 personnes, dont 112 hommes, 32 femmes et 6 enfants ; et la filature qui emploie 96 personnes dont 38 hommes, 29 femmes et 9 enfants.
Après la Première Guerre mondiale, Eugène Droulers s'engage dans une politique de développement des œuvres sociales destinées aux ouvriers. Il devient ainsi l'un des fondateurs et administrateurs du préventorium de Trélon et crée avec l'industriel Georges Bernier (IA59005490) la caisse d’allocations familiales, qui, chaque mois, apporte l’aide aux foyers ouvriers.
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Période(s)
- Principale : 3e quart 19e siècle
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Dates
- 1874, daté par source
- 1888, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
maître d'œuvre inconnumaître d'œuvre inconnuCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
L'usine est implantée sur un terrain 3 ha entre l'Helpe-mineure, au nord, la rue du Maire-Coppeaux au sud et la rue du Moulin à l'ouest. Des dispositions d'origine, il ne subsiste que l'atelier de cardage, l'atelier de préparation, l'ancienne salle des machines et la chaudière. Le peignage, l'atelier de dégraissage, la filature ainsi que la cheminée, le magasin des laines, les bureaux et les écuries ont été démolis.
L'atelier de cardage est construit en brique. Il est constitué de dix travées en sheds à charpente métallique apparente et couvert de tuiles flamandes mécaniques. L'atelier de préparation qui précédait la filature est également construit en brique, il présente une élévation de cinq travées en pignons de halle à charpente métallique apparente. Il est recouvert de toits en tôle nervurée, à longs pans et pignons couverts. Chaque travées de pignon est éclairée du coté sud par deux hautes fenêtres cintrées.
Entre ces deux éléments s'élève la salle des machines, à un étage carré. Elle est éclairée de larges baies cintrées et présente un toit à longs pans à faible pente. L'ancienne chaufferie qui est adossé perpendiculairement à la salle des machines a été très remaniée. Elle est construite en charpente métallique apparente recouverte de bardage en tôle nervurée ou ondulée. La partie centrale de la façade sud est marquée par une grande verrière. La cheminée qui était associée à ce bâtiment a été démontée.
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Murs
- brique
- béton béton aggloméré essentage de tôle
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Toitsmétal en couverture, tuile flamande mécanique
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Étagessous-sol, en rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
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Couvertures
- shed
- toit à longs pans pignon couvert
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État de conservationétablissement industriel désaffecté, mauvais état, menacé
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Statut de la propriétépropriété de la commune
propriété d'une société privée
Le présent dossier d'étude a été réalisé en 2024 par le Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la Région Hauts-de-France, en partenariat avec l'Écomusée de l'Avesnois, dans le cadre du projet Empreintes industrielles. Il a bénéficié de l'aide précieuse et du travail de recherche de monsieur Jean-Yves Tordeux que le service de l'Inventaire remercie chaleureusement.
- (c) Département du Nord - Archives départementales
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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- (c) Collection particulière. Droits réservés
- (c) IGN
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- (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
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Documents d'archives
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Archives nationales du Monde du travail Roubaix
ANMT Roubaix. Cote 1995 014 23. Syndicat patronal textile de Fourmies et du cambraisis. Enquête et statistiques : liste des établissements par date de création et fermeture, 1818-1925.
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AC Fourmies. Industries de Fourmies en grève en mai 1891 : liste des établissements avec le nombre d'ouvriers [déposé à l'Ecomusée de l'Avesnois ; n.c.].
Bibliographie
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DAUMAS, Jean-Claude. Les territoires de la laine : histoire de l’industrie lainière en France au XIXe siècle. Villeneuve d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2004.
Périodiques
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L'Écho de la Frontière, 14 mai 1874 [en ligne].
-
La France, quotidien financier français, 1862-1937. Fondateur Arthur de La Guéronnière.
20 mars 1889 -
[en ligne]
Le Journal de Fourmies, hebdomadaire local, créé en 1878.
22 août 1880 -
[en ligne]
Le Journal de Fourmies, hebdomadaire local, créé en 1878.
19 janvier 1929 -
AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
Bulletin du personnel de la SFRF. Revue Brochfil, n°8, 1966.
Documents figurés
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Le peignage Paul Desmoulin en 1875 sur un plan annexé à la demande de la ville de Fourmies visant à la création de deux barrages sur l'Helpe-mineure destinés à former un abreuvoir à bestiaux et un lavoir pour ménagères (AD Nord ; S 4197).
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Fourmies, extrait du plan cadastral de 1882, feuille B3 (AD Nord ; P 31/707).
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Plan masse du peignage anglais Demoulin Droulers et Cie, 1894 (AD Nord ; 2 Z 311).
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Collection particulière
Fourmies. Le peignage anglais, vers 1900, carte postale (coll. part.).
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Fourmies, vue aérienne oblique vers le nord-est en 1948 (Source IGN. Photothèque nationale, 8/10/1948).
Annexes
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Incendie du peignage anglais de Fourmies, 1880 (Le Journal de Fourmies, 22 août 1880)
-
SFRF : Société des Filatures de laine peignée de la Région de Fourmies
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).
Chargée de projets et documentaliste à l'Écomusée de l'Avesnois à Fourmies (Nord).
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France