Dossier d’œuvre architecture IA59005763 | Réalisé par
Girard Karine (Rédacteur)
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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  • inventaire topographique, Le Quesnoy centre
Ancien collège, actuellement immeuble à logements et école primaire
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Pays de Mormal
  • Commune Le Quesnoy
  • Adresse 12 rue Victor-Hugo
  • Cadastre 2024 OE 02 1858  ; 1897 E 632, 633 et 634 632 : maison du concierge 633 : collège communal 634 : bureau d'octroi ; 1817 E 514
  • Dénominations
    collège, immeuble à logements, école primaire
  • Destinations
    immeuble à logements, école primaire

Le collège est fondé au XIIIe siècle par Jeanne de Constantinople. Dès 1659, la municipalité du Quesnoy l'installe dans un bâtiment dédié, l'hôtel de Poix, près de la porte de Valenciennes. Elle assure les coûts d'entretien des bâtiments et une partie de ceux de fonctionnement. Déplacé rue de la Flamengrie (actuelle rue Victor-Hugo), il compte jusqu'à 300 élèves et devient collège royal en 1676, titre qu'il conserve jusqu'à la Révolution où il disparait.

La reconquête/recouvrement du collège par la ville

En 1806, la ville récupère des locaux en ruine. Dans un courrier de juin 1806 adressé par le maire au préfet, ce dernier se plaint que "le bâtiment du collège, propriété de la ville, vient d'être remis à cette ville dans un état de délabrement déplorable. L'Instruction Publique réclame avec insistance l'usage de ce bâtiment. [Il faut] inviter M. l'Ingénieur en chef chargé par vous de dresser les plans et devis estimatifs des réparations à faire aux bâtiments publics de la ville de s'occuper plus particulièrement et sans délais de celles à faire à cet établissement précieux" (AD Nord, 2 O 345-111).

En octobre 1806, ce qui reste du collège et n'a toujours pas été réparé, est fortement endommagé par une tempête. Ainsi que l'explique le commissaire et voyer de l'arrondissement d'Avesnes dans un courrier adressé au préfet en janvier 1807, il faut désormais commencer par déblayer le terrain, puis "relever des décombres [ce] bâtiment qu'un ouragan avoit [sic] renversé", en renforcer les cheminées et en refaire les toitures. Ces travaux peuvent suffire en attendant "que l'on fasse au collège des réparations plus importantes". Le mur de clôture a déjà été "reformé avec économie [avec] les briques écroulées qui n'ont été cimentées qu'avec de l'argile" (AD Nord, 2 O 345-111). Cependant, en mars 1808, un courrier du maire au préfet laisse entendre que ces travaux n'ont toujours pas reçu un commencement d'exécution : "Depuis longtemps, l'Instruction Publique et l'intérêt des habitants de notre ville réclament le rétablissement du bâtiment de notre collège pour être rendu à son ancien usage ; par la d'extraction [sic] de cet établissement, la ville a non seulement perdu l'avantage que le commerce retirait de la fréquentation par les parents des élèves qui venaient y faire leurs études mais encore les citoyens ont la douleur d'être obligés d'envoyer au loing [sic] leurs enfants pour les faire instruire. Mes prédécesseurs ont tout comme moi reconnu la nécessité de cet établissement, ils en ont fait dresser les plans qui doivent se trouver dans les bureaux de M. l'Ingénieur en chef de ce département. Mais les finances de la commune et beaucoup d'autres réparations urgentes n'ont pas permis de l'entreprendre. Maintenant que nos ressources sont un peu plus conséquentes et que notre hôtel de ville est un peu restauré, mon intention est de m'occuper de ce rétablissement. (...) Si la voie économique pouvait être adoptée, il en résulterait un grand avantage pour la ville car beaucoup de vieux matériaux tels que bois et briques seraient remis en œuvre et feraient même usage que du neuf" (AD Nord, 2 O 345-111). Ce n'est cependant pas cette solution qui figure dans le devis établi en février 1809, pour la somme de 973 francs, puisque comme habituellement, les vieux matériaux ont été cédés à l'entrepreneur.

Le devis prévoit de rebâtir le pignon ouest en maçonnerie de brique (24 m3 seront nécessaires), de refaire la charpente en chêne avec une couverture en ardoises posées au clou (8000 clous sont commandés) et le temps pour réaliser la toiture est estimé à "15 journées de couvreur à 1,75 francs l'une". Enfin, il faudra 12 m3 de pierre blanche pour réaliser les "voûtes des fenêtres ainsi que leur appui". Aucun plan ni aucun procès-verbal de réception de travaux relatifs à ces travaux n'ont à ce jour été retrouvés.

Il est possible que le style sobre de l'aile sur la rue Victor-Hugo, encore visible sur les photographies d'avant-guerre, date de cette période de réfection de l'immeuble. Le bâtiment est constitué d'une seule aile de deux niveaux couverte par une toiture à longs pans. Sur les 23 travées de la façade, seule celle accueillant la porte forme un discret avant-corps. La porte est encadrée par deux pilastres s'achevant par un chapiteau dorique romain. Au-dessus, un entablement rectangulaire surmonté d'une corniche moulurée porte une inscription dans une table affleurée (collège ?). La façade est entièrement en brique, percée de baies couvertes par un arc segmentaire.

Des premiers travaux d'envergure : la construction de salles d'étude et de dortoirs, 1850-1851

En juillet 1849, la commune décide d'améliorer les locaux du collège en y construisant, "dans un bâtiment neuf situé dans la cour du collège", des salles d'étude et de nouveaux dortoirs, équipement nécessaires au bon déroulement des études puisque les élèves sont en majorité des internes. Dans l'exposé des motifs du devis descriptif établi par Casimir Pétiaux, architecte à Valenciennes, il est dit que "le collège du Quesnoy a pris un développement considérable de prospérité : 61 élèves y séjournent et les locaux sont si peu en rapport avec ce nombre qu'on a dû créer partout des dortoirs provisoires. C'est ainsi que les élèves couchent hors le collège dans deux maisons particulières contigües louées par la ville" (AD Nord, 2 O 345-114). Le nouveau bâtiment doit accueillir au rez-de-chaussée deux salles d'études, une salle de physique et une de musique, ainsi que deux vastes dortoirs au premier étage.

Les dessins de l'architecte

Le plan montre un bâtiment de forme rectangulaire avec distribution centrale (AD Nord, 2 O 345-114). Au rez-de-chaussée, jouxtant chaque côté du vestibule où est situé l'escalier à volées droites qui conduit à l'étage, se trouve une salle d'étude. Les extrémités du bâtiment sont occupées par deux petites salles de classe dédiées à la musique et à la philosophie (et non à la physique comme évoqué dans l'exposé des motifs). L'étage est partagé entre deux dortoirs, accessibles depuis le palier du vestibule.

L'élévation est ordonnancée à travées. La travée centrale, plus large, est percée au premier niveau d'une grande porte double sous un arc de décharge en plein cintre et au second niveau, de baies géminées : elle semble former un léger avant-corps. Les travées latérales, séparées du reste de la façade par un pilastre, abritent les portes qui permettent un accès direct aux salles de classe. Au premier niveau les baies sont couvertes par un arc en plein cintre surmonté d'une archivolte. Cette dernière se retrouve également au second niveau, mais elle couronne des baies couvertes par un linteau. L'allège est en légère saillie et un large bandeau encadré par une corniche et par l'appui des baies qui se poursuit par un cordon larmier sépare les deux niveaux de la façade. L'élévation s'achève par un petit bandeau et une corniche sommitale moulurée. Le bâtiment est couvert par une toiture à longs pans et croupes.

Les matériaux mis en œuvre

La maçonnerie des fondations est réalisée en "vieux matériaux provenant des démolitions", celle des murs en briques neuves avec parements sur les deux faces, jointoyées d'un côté au mortier bleu et de l'autre au mortier blanc "au choix de l'architecte". Le soubassement est en grès. Les marches des seuils extérieurs sont en pierre bleue de Gussignies (Nord), la charpente des planchers et du comble en sapin, tout comme les cloisons et les huisseries intérieures. Les huisseries qui séparent les chambres des surveillants des dortoirs sont vitrées en partie haute pour faciliter la surveillance. Les huisseries extérieures, les planchers proprement dit et les marches des escaliers sont en chêne. À l'intérieur, les murs sont enduits au plâtre sur une couche de bourre puis peints à l'huile. La couverture est en ardoises de Fumay (Ardennes). Enfin, "le bois abattu dans la cour de l'établissement sera employé à la construction d'un portique couvert rustique pour refuge en cas de mauvais temps", couvert en tuile (AD Nord, 2 O 345-114).

La commission départementale des bâtiments civils donne un avis favorable au projet en février 1850. Dans son rapport, elle souhaite seulement que soit rajouté du carrelage sur les appuis de fenêtre et que les crochets pour suspendre les vêtements soient plus nombreux.

La préfecture valide à son tour le projet, ce qui permet d'engager les appels d'offre. L'adjudication a lieu en mars 1850. Les travaux sont confiés à Auguste Dupond, entrepreneur au Quesnoy... qui mourra juste après l'achèvement du chantier.

Le budget réalisé qui figure dans le procès-verbal de réception de travaux en novembre 1851 est établi à hauteur de 10 200 francs (AD Nord, 2 O 345-114).

En 1819, le collège n'accueillait encore qu'une quarantaine d'élèves mais après les travaux de 1850, le nombre de ces derniers croit de manière continue pour atteindre environ 200 élèves, entrainant ainsi plusieurs acquisitions de terrains appartenant à l'Armée et des projets d'agrandissements et de modifications du bâti. Aucun plan ou devis détaillé expliquant ces modifications n'ont cependant été retrouvés à ce jour : seules les mentions "pour agrandissement du collège" figurent dans les documents relatant les tractations entre l'État et la ville.

Un état des lieux du bâti dressé en 1875 pour l'installation du gaz (AD Nord, 2 O 345-117) permet d'avoir une idée précise de l'organisation du rez-de-chaussée du collège, qui n'a pas été modifié par rapport à l'état de 1850. Côté rue de la Flamengrie, l'aile accueille, d'est en ouest, un bureau d'octroi puis les pièces du collège proprement dit : une salle de musique, deux classes dont l'affectation n'est pas spécifiée, deux réfectoires (un pour les élèves et un pour les professeurs), un espace pour le portier, l'entrée, le parloir et une cuisine. Cette dernière est associée à une boulangerie située en retour d'équerre sur la cour. Dans l'aile côté cour, l'occupation des espaces est conforme à celle imaginée par Pétiaux même si les affectations diffèrent légèrement puisque la salle à l'extrémité ouest est dédiée à l'enseignement de la physique. C'est également cette configuration des immeubles qui est visible sur le cadastre de 1897 (AD Nord, 2 O 345-114).

L'agrandissement de 1866 : un projet avorté ?

Il débute, comme souvent, par l'acquisition de terrains appartenant à l'Armée, situés le long de la "rue Militaire" (c'est à dire la rue longeant l'intérieur des remparts). La demande de reconnaissance d'utilité publique des travaux d'agrandissement du collège, liminaire à l'acquisition des terrains de l'Armée est accordée en septembre 1866 "considérant qu'il est devenu indispensable vu l'augmentation sans cesse croissante des élèves du collège communal d'ajouter de nouveaux locaux à cet établissement et que les additions projetées à cet égard paraissent bien conçues" AD Nord, 2 O 345-117). Sur le budget de 16 000 francs prévus pour les travaux, 510 sont dédiés à l'acquisition de ce "petit terrain si peu important et pourtant indispensable" (courrier du maire au préfet en août 1864 demandant la reconnaissance d'utilité publique).

Le projet d'agrandissement et le budget afférent sont validés par la préfecture en octobre 1866, ainsi que les modalités de l'emprunt voté par la commune "pour la construction d'un abattoir et l'agrandissement du collège" AD Nord, 2 O 345-117).

Les plans sont dressés par Pétiaux. Ils montrent un bâtiment perpendiculaire et accolé à l'arrière de l'aile construite en 1850 avec laquelle il communique par deux portes. Il mesure environ 8 m de large sur 18 m de long et abrite des salles de classes au rez-de-chaussée et un grand dortoir à l'étage. L'accès à chaque salle de classe se fait directement depuis la cour et l'accès à l'étage par un escalier encagé situé à l'extrémité du bâtiment et occupant l'extrémité triangulaire de la parcelle. Côté cour, les deux niveaux de façade reprennent l'élévation du bâtiment construit en 1850 : baies en plein cintre au premier niveau et avec linteau au second, mais toujours couronnées par une archivolte, grand bandeau entre les deux niveaux encadré par une corniche et par les appuis des baies du second niveau qui se poursuivent en cordon larmier, corniche sommitale moulurée. Toutes les deux travées, un pilastre scande la façade. Côté extérieur, c'est à dire la façade donnant vers les remparts, l'organisation en travées séparées par des pilastres est maintenue tout comme les bandeaux qui soulignent les niveaux mais, malgré la présence d'une archivolte, seule la partie haute des baies est percée. Le bâtiment est couvert par une toiture à longs pans.

Il ne semble cependant pas que ce projet ait été réalisé. Dans le dossier des archives préfectorales, aucun devis descriptif ni procès verbal de réception de travaux n'est joint aux plans. Tous les plans portent l'indication "1ère expédition", comme s'il s'agissait d'un avant-projet, mais aucun autre plan ne figure dans le dossier avec la mention "2nde expédition" ou "avec les corrections indiquées par...". Et, sur le cadastre de 1897, aucun bâtiment n'est construit sur un plan correspondant à celui imaginé par Pétiaux : le bâtiment qui figure sur le cadastre n'a pas de lien structurel avec l'aile sur cour, il est parfaitement rectangulaire et il est barré d'un X ce qui indique qu'il n'est pas habitable. Il s'agit sans doute du préau construit en 1897 par l'entrepreneur Eugène Allard, qui a également construit les préaux des écoles de filles et de garçons (AD Nord, 2 O 345-107 et 2 O 345-122), ainsi qu'il le signale dans la demande de remboursement de caution qu'il adresse au préfet en mai 1898. Ce préau, peut-être construit en remplacement du "portique rustique" de 1850, a disparu à une date inconnue, mais sans doute après la Première Guerre mondiale. Il figure en effet sur le plan établi en 1921 pour dresser l'état des destructions parmi les bâtiments très endommagés et n'est plus visible sur la vue aérienne réalisée par l'IGN en 1934.

Il est possible que la grande marquise qui longe toute la façade sur la cour de l'aile arrière pour protéger les accès aux salles de classe et au vestibule, date de la même époque. Elle est visible sur les photographies prises avant-guerre comme sur celles prises dans les années 1930.

Une partie des terrains acquis par la municipalité en 1866 servira à l'édification de l'école de garçons.

Les modifications du XXe siècle

Une partie du bâtiment sur rue est détruite par un incendie en mars 1914. Dès le mois de mai, la commune décide de la réfection de l'immeuble qui sera également amélioré avec la "construction d'un étage mansardé et l'aménagement de cinq chambres et d'une salle commune pour les répétiteurs et les surveillants d'internat qui jusqu'ici étaient logés plutôt étroitement et dans des conditions d'hygiène plutôt mauvaises" (AD Nord, 2 O 345-). L'État accorde une subvention égale à la moitié du montant des travaux, soit 4000 francs. Le projet est confié à Fernand Garet, architecte à Cambrai. La guerre met un coup d'arrêt au projet, qui ne sera réalisé qu'après le conflit et ne concernera plus que la réfection de la toiture, remplacée à la hâte par du carton bitumé. Les ardoises en bon état ont pu être récupérées et réutilisées après-guerre pour combler les manques de la toiture du bâtiment sur cour, ainsi que l'indique le bilan des dégâts rédigé en août 1921.

Le dessin du projet non réalisé donne à voir l'état d'une partie de l'élévation avant la Première Guerre mondiale. La représentation de la façade est conforme à ce que montrent les photographies anciennes. Les deux travées de gauche sont occupées au rez-de-chaussée par le bureau d'octroi. Les oculus qui percent chaque travée au premier niveau correspondent aux salles de classe (la taille réduite des ouvertures sur la rue est censée éviter que l'attention des élèves ne soit distraite par ce qui se passe à l'extérieur de l'école), les grandes baies aux réfectoires. Les dernières travées avant la porte d'entrée, la porte d'entrée elle-même et les quatre travées achevant la partie droite de l'aile sur rue, correspondant au parloir et aux cuisines, ne sont pas concernées par l'adjonction d'une toiture mansardée et ne sont donc pas représentées.

Le collège souffre peu des destructions de la Première Guerre mondiale. Sur le plan dressé en 1921 pour constater l'étendue des dégâts à l'échelle de la ville (AD Nord, 50 Fi 2285), seuls la boulangerie et le préau apparaissent en brun foncé, c'est à dire gravement endommagés. Les autres bâtiments apparaissent en brun clair, c'est à dire ayant subi des dommages légers. Comme pour les autres écoles, il s'agit essentiellement de nettoyer les planchers et de les réparer si nécessaire, refaire les enduits et peintures, remplacer les fenêtres (vitres et parfois menuiseries), réviser les charpentes, remplacer des briques enlevées par des éclats d'obus ou des carreaux de carrelage cassés... Seule la porte d'entrée à deux vantaux en chêne est à refaire entièrement. Au-delà de la liste des travaux à effectuer, le document mentionne la présence dans les étages du bâtiment sur rue de chambres pour les professeurs et de chambres mansardées pour les domestiques (AD Nord, 2 O 345-314). Le montant des travaux est estimé à 72 800 francs.

Le seul chantier d'envergure est la réfection de la toiture (AD Nord, 2 O 345-314), remplacée après l'incendie de 1914 par du carton bitumé, et dont la réfection commence une fois les travaux sur l'aile sur cour achevés. Le devis établi en août 1922 par Paul Godon, architecte à Bailleul, agissant comme intérimaire pour Joseph Foyer, indique que la réfection sera faite en tuile mécanique d'Englefontaine avec chéneaux débordants en zinc pour les longs pans et en ardoise de Fumay (Ardennes) pour les jouées et couvertures des lucarnes. Il est validé par le conseil municipal de juin 1922. Les travaux commencent en octobre 1922 et le procès-verbal de réception de travaux est signé en décembre 1923.

Les photographies prises vers 1930, après l'achèvement de la reconstruction du beffroi en 1926 dont le clocheton modifié est visible à l'arrière-plan, ainsi que la vue aérienne de l'IGN prise en 1929, montrent que la boulangerie a été reconstruite. De plan carré, elle est désormais indépendante du bâtiment sur rue. Elle accueille la cantine. C'est un bâtiment en rez-de-chaussée couvert par une toiture en terrasse.

En 1937, le bâtiment est modifié (AD Nord, 2 O 345-315). Il porte, en haut à gauche, la signature de l'architecte et la date : Joseph Foyer, 1937. Les détails de la construction sont fournis dans le cahier des charges rédigé en 1930 pour l'ensemble des travaux des écoles (lot maçonnerie) : de nouvelles cloisons en briques neuves de pays enduites au plâtre avec impression sont installées à l'intérieur et le bâtiment est surélevé d'un étage avec une structure en béton armé. Les pleins de travées sont constitués de panneaux de briques de Fouquereuil, les acrotères, les pilastres et la corniche sont réalisés en brique puis enduits. Les seuils sont en maçonnerie de brique et l'escalier extérieur en béton armé.

À l'autre extrémité de la cour, le préau construit en 1898 est également modifié. S'il a conservé ses colonnettes en fonte, la couverture en appentis a été remplacée par un toit terrasse bordé d'un large bandeau de rive.

Les bâtiments, très endommagés pendant la Seconde Guerre mondiale, sont refaits par tranche (sanitaires, salles de classe, dortoirs...) grâce aux crédits de la Reconstruction. Cependant les locaux deviennent vite trop exigus pour accueillir des effectifs scolaires en pleine expansion. Les espaces d'enseignement sont saturés et en mauvais état. À partir de 1957, Eugène Thomas décide de la création d'un nouveau lycée (voir dossier "Collège, puis lycée, puis Cité scolaire Eugène-Thomas - IA59004491). Elle marque l'abandon des locaux de l'ancien collège.

Aucune archive moderne n'a été trouvée indiquant à quelle date l'aile arrière du collège a définitivement été rattachée à l'école primaire. Les vues aériennes réalisées par l'IGN à partir de 1934 montrent que, côté est, un mur d'enceinte, doublé par un préau, ferme la cour et relie les deux ailes du collège. Il témoigne des travaux d'agrandissement de l'école de garçons au début des années 1930. Cette configuration est encore visible sur les clichés de septembre 1983 mais a disparu sur ceux d'août 1989. Cette période correspond également au moment où le bâtiment sur rue de l'ancien collège (et octroi) est transformé en immeuble de logements collectifs. Le rattachement de l'aile arrière de l'ancien collège à l'école primaire est contemporain de ces modifications. Les vues de l'IGN montrent également qu'entre les deux ailes du collège, la cour est restée plantée d'arbres de haute tige jusqu'au début des années 1970 où ils ont été remplacés par un espace bétonné .

La façade actuelle date des années 1980, lors de la transformation du bâtiment en immeuble de logements collectifs. Seule la partie à droite de la porte a conservé l'organisation et les baies du XIXe siècle.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 18e siècle
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Pétiaux Casimir-Joseph
      Pétiaux Casimir-Joseph

      Né à Raismes (Nord) le 19 novembre 1807 et mort à Paris le 29 mars 1893.

      Formé aux Académies de sa ville natale il est ensuite admis à l'École des Beaux-Arts de Paris où il est l'élève d'Antoine Vaudoyer et Henri Labrouste.

      Architecte de la ville de Valenciennes de 1836 à 1866, et attaché aux Hospices et chargé des travaux religieux et communaux du département du Nord.

      Son œuvre majeure est l'édification des Ecoles académiques de Valenciennes (1862-1864). 

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    • Auteur :
      Dupond Auguste
      Dupond Auguste

      Entrepreneur au Quesnoy, actif au milieu du XIXe siècle.

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      entrepreneur attribution par source
    • Auteur :
      Foyer Joseph
      Foyer Joseph

      Né à Maulévrier (Maine et Loire) en 1886, il suit à partir de 1909 une formation à l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris après avoir fréquenté celle de Nantes. Après une interruption due à la guerre à laquelle il participe comme soldat dans l'infanterie (décoré de la Croix de guerre avec palme le 21 octobre 1915 et de la Médaille militaire pour faits de guerre en 1917), il obtient son diplôme en 1918, avec comme sujet "Une mairie pour une petite ville du Nord". Comme beaucoup d'architecte, il vient travailler dans le nord de la France au moment de la reconstruction consécutive à la Première Guerre mondiale. Il s'installe ensuite à Valenciennes où il s'associe avec Paul Pillet. Il est nommé architecte départemental en 1920. Entre 1919 et 1923, il es membre de la Société des Architectes Diplômés par le Gouvernement.

      On lui doit un ensemble de logements et commerces rue Lannoy à Lens (1925) et le théâtre d'Anzin (1934).

      Au Quesnoy, cet architecte a également réalisé l'extension contemporaine (réfectoire) dans la cour de l'école de garçons (actuelle école maternelle - rue Victor Hugo) du Quesnoy. Il est le père de Marcel Foyer (1921-2000), architecte d'exécution du lycée Eugène Thomas du Quesnoy.

      L'adresse de l'agence est 42, rue de Mons à Valenciennes.

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    • Auteur :
      Allard Eugène
      Allard Eugène

      Entrepreneur au Quesnoy à la fin du XIXe siècle.

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    • Auteur :
      Garet Fernand
      Garet Fernand

      Architecte (Amiens 1872-Bordeaux 1941), actif à Cambrai dans le 1er quart du 20e siècle.

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      architecte attribution par source

Le bâtiment occupe l'extrémité de la rue Victor-Hugo. Son épaisseur varie : double à l'extrémité nord-est, simple au centre et pavillon à l'extrémité sud-est. Sur toute sa longueur, le bâtiment est couvert par une toiture brisée couverte en tuile mécanique dont le terrasson est très plat.

Les façades sont entièrement enduites d'un décor de faux bossage plat continu mais, sur la partie du bâtiment correspondant à l'ancien bureau d'octroi, les angles sont soulignés par une chaine harpée en brique.

La partie gauche compte trois niveaux mais celle droite (à partir de la porte bâtarde) n'en compte que deux. La façade sur rue est ordonnancée et rythmée par quatorze travées. Le mur-pignon est percé de deux travées réunies sous un arc en plein cintre en brique. Chaque travée de la façade sur rue est prise dans un encadrement en léger ressaut, incluant le plein de travée, et s'achève sous la corniche par des crossettes. Cette forme architecturale évoque les travées brugeoises, typiques de l'architecture de la première Renaissance flamande. Côté gauche, les baies n'ont ni la même taille ni la même forme en fonction des niveaux : petites et carrées au premier, grandes et rectangulaires couvertes par un linteau au second et petites couvertes par un arc segmentaire au troisième. Côté droit, toutes les baies sont identiques : de grande taille et couvertes par un arc segmentaire, elles reposent sur un appui mouluré soutenu par de petites consoles décorées de glyphes. Ces baies semblent reprendre le module de celles du bâtiment construit au XIXe siècle visible sur les photographies prises avant la Première Guerre mondiale. Au dernier niveau, l'arc des baies est interrompu par une agrafe bombée décorée d'un triglyphe.

La porte bâtarde est encadrée par deux pilastres s'achevant par un chapiteau dorique romain. Elle est surmontée par un entablement surmonté d'une corniche moulurée. L'entablement, est bordé, en haut et en bas, par un mouluré à ressauts et les côtés sont soulignés par un bandeau en saillie décoré d'un triglyphe. Brochant sur la bordure inférieure, une table affleurée dont les extrémité s'achèvent par trois gouttes, porte le mot "COLLÈGE" gravé en creux. Cette porte reprend le style de celle du collège du XIXe siècle mais son décor, dont des éléments comme les gouttes, est identique à celui de la façade de l'hôpital (IA59005712) ou du théâtre (IA59005708) indiquant qu'elle aurait été refaite dans les années 1930.

Tous les décors de la façade (agrafes des baies, bossage plat de l'enduit, travées brugeoises) sont, en revanche, des inventions contemporaines réalisées lors de la modification du bâtiment dans les années 1980. La façade du bâtiment hérité du XIXe siècle ne portait en effet aucun ornement. Seule l'élévation de la partie droite du bâtiment, avec ses grandes baies, présente encore des similitudes avec celle du collège du XIXe siècle.

La façade arrière a été totalement modifiée et l'organisation des baies correspond aux dispositions intérieures des appartements mais n'offre pas une façade ordonnancée.

Dans la cour, la cantine construite dans les années 1950 par l'architecte municipal Marcel Foyer est encore visible. Cet architecte a également été l'architecte d'exécution pour la construction du nouveau collège du Quesnoy.

  • Murs
    • brique maçonnerie enduit
  • Toits
    tuile mécanique
  • Étages
    1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés
  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée

Documents d'archives

  • AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1116. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, Justice de paix du Quesnoy, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1817 [état de section].

  • AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1121. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, canton de Le Quesnoy est et ouest, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1897 [état de section].

  • AD Nord. Archives modernes (1800-1940) ; Série O : administration et comptabilité communale ; Sous-série 2 O : dossiers d'affaires communales 1800-1940 ; 2 O 345 : commune du Quesnoy ; 2 O 345-35 : Biens - Titres : Agrandissement du collège et construction d'une école de garçons : échange de terrains entre l'État et la ville, 1884.

  • AD Nord. Archives modernes (1800-1940) ; Série O : administration et comptabilité communale ; Sous-série 2 O : dossiers d'affaires communales 1800-1940 ; 2 O 345 : commune du Quesnoy ; 2 O 345-314 : Travaux - Écoles diverses : Collège, écoles primaires de filles et de garçons et école maternelle - construction et réparations, 1914-1928.

  • AD Nord. Archives modernes (1800-1940) ; Série O : administration et comptabilité communale ; Sous-série 2 O : dossiers d'affaires communales 1800-1940 ; 2 O 345 : commune du Quesnoy ; 2 O 345-114 : Travaux - collège : Agrandissement et construction d'un corps de bâtiment pour études et dortoirs, 1850.

  • AD Nord. Archives modernes (1800-1940) ; Série O : administration et comptabilité communale ; Sous-série 2 O : dossiers d'affaires communales 1800-1940 ; 2 O 345 : commune du Quesnoy ; 2 O 345-117 : Travaux - collège : Agrandissement - achat d'un terrain à l'État, 1864-1875.

  • AD Nord. Archives modernes (1800-1940) ; Série O : administration et comptabilité communale ; Sous-série 2 O : dossiers d'affaires communales 1800-1940 ; 2 O 345 : commune du Quesnoy ; 2O345-111 : Travaux - collège : Réparation des bâtiments, 1806-1809.

    AD Nord : 2O345-111
  • AD Nord. Archives modernes (1800-1940) ; Série O : administration et comptabilité communale ; Sous-série 2 O : dossiers d'affaires communales 1800-1940 ; 2 O 345 : commune du Quesnoy ; 2 O 345-314 et 315 : Travaux - Écoles diverses : Écoles de filles et de garçons et école maternelle - constructions scolaires et aménagements, 1930-1936.

  • AD Nord. Archives modernes (1800-1940) ; Série O : administration et comptabilité communale ; Sous-série 2 O : dossiers d'affaires communales 1800-1940 ; 2 O 345 : commune du Quesnoy ; 2 O 345-122 : Travaux - collège : Préau couvert - construction, 1898.

    AD Nord

Bibliographie

  • DEUDON, Jean-Marie. Mémoire en images : Le Quesnoy. Saint-Cyr-sur-Loire : Éditions Alain Sutton, 2006, 128 p.

Documents figurés

  • Ville du Quesnoy - Plan cadastral napoléonien, feuille unique, levé en 1817. Section E, 1ère partie (AD Nord ; P31-761).

  • Le Quesnoy, plan cadastral napoléonien de 1897. Section dite de la ville, en trois feuilles, 2ème feuille (AD Nord ; P31-761).

    AD Nord : P31-761
  • Le Quesnoy - Commune du Quesnoy - Aménagement et extensions de la ville - Etat actuel - Plan, par A. Guyomard, ingénieur-géomètre agréé à Lille, le 6 août 1921 (AD Nord ; Fi - Provenances diverses : plans concernant le département du Nord, 1581-1922 ; 50Fi2285).

  • Vue aérienne du Quesnoy, photographie, noir et blanc, 1934 (IGN. Photothèque nationale. 1934).

    [en ligne]
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Girard Karine
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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