Description
La maison est construite à front de rue, alignée avec ses voisines.
Construite en briques posées en appareil picard sur un soubassement enduit avec un motif de faux appareil, elle est couverte par une toiture brisée en ardoise s'achevant par un large chéneau. Elle compte un étage carré et un niveau de comble. L'élévation s'achève par une rangée de pyramidons inversés en brique émaillée rouge, puis pas une corniche à ressaut sur laquelle les consoles en bois qui soutiennent le chéneau viennent prendre appui.
Par rapport à un axe de symétrie central, les deux travées de la façade sont légèrement décalées sur la partie droite de la façade, celle de gauche présentant un mur plein. La porte, située à droite est précédée d'un petit degré en béton. La travée "centrale" est en saillie à partir de l'arc de la baie du premier niveau. Ce bow-window s'achève par un pignon dit à pas de moineaux, dont les redents sont surmontés d'un chaperon en béton. Il est percé d'une baie centrale et sa base, qui prend naissance en dessous des sommiers de l'arc de la baie repose sur des culots à ressauts. Il est également décoré, au-dessus de chaque baie, de deux cabochons en pointe de diamant en béton.
Toutes les baies sont identiques : elles sont couvertes par un arc en brique émaillée rouge interrompu par une agrafe en pointe de diamant surmontée d'un chapiteau. Les sommiers sont en béton.
Un bandeau larmier traverse toute la façade sous la baie du premier niveau.
L'unique fer d'ancrage, un X épaté encadrant une tige centrale, est situé tout en haut du fronton. Il semble n'avoir qu'un rôle décoratif.
Sur le mur pignon est, la trace de l'ancien bâti est visible : beaucoup moins haut, il était couvert par une toiture à longs pans dont la base est située à mi-hauteur des baies du second niveau actuel. Les briques sont également moins uniformes en terme de taille comme de couleurs.
Analyse
Reconstruite après la Première Guerre mondiale, la maison reprend le pignon à redents caractéristique des maisons flamandes. Cette réaffirmation de l'appartenance à un passé historique glorieux est fréquente dans le bâti de la Première Reconstruction. Le côté moderne est apporté par le bow-window et par l'utilisation du béton : cabochons en pointe de diamant, sommiers des arcs, soubassement. L'utilisation de briques émaillées dans les arcs des baies, bien que peu fréquente au Quesnoy (voir dossier "De la brique pour embellir les façades" - IA59005743), se pratique depuis la fin du XIXe siècle.
Sur les dix édifices de la Première Reconstruction repérés intra-muros, la rue Baillon concentre les deux seules maisons présentant des rappels de l'architecture flamande : la façade de l'autre maison, située au n°12 (IA59005845) s'achève par un grand pignon couvert. La façade du théâtre (IA59005708), situé dans la même rue, présente également un grand pignon découvert s'achevant par un petit fronton à pas de moineaux.
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.