Dossier d’œuvre architecture IA59005796 | Réalisé par
Girard Karine (Rédacteur)
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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  • inventaire topographique, Le Quesnoy centre
Ancienne école privée catholique, actuellement immeuble à logements
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Pays de Mormal
  • Commune Le Quesnoy
  • Adresse 13-15 rue George-V , 20 rue Général-Bouttiaux
  • Cadastre 2024 OE 02 1380, 1381, 1434, 1467, 1470  ; 1897 E 517  ; 1817 E 387
  • Dénominations
    école, immeuble à logements
  • Genre
    de catholiques
  • Précision dénomination
    école privée
  • Appellations
    école de la Société Civile des Écoles Catholiques des Départements du Nord et de l'Aisne, école libre
  • Destinations
    immeuble à logements

Aucune archive ne permet de documenter la construction de la maison. Même s'ils ne disent rien de l'aspect du bâtiment, les documents cartographiques du XVIIIe siècle puis les cadastres et états de sections de 1817 et 1897 apportent quelques informations sur l'emprise au sol du bâti sur la parcelle ainsi que sur le propriétaire.

L'aile sur la rue George-V existe sur le cadastre de 1817. L'emprise au sol du bâtiment à l'angle des rues George-V et du Général-Bouttiaux est identique sur les cadastres de 1817 et 1897. On peut donc supposer que, à l'instar du bâtiment dont l'assiette n'a pas changé, la façade n'a pas non plus été modifiée et que celle aujourd'hui visible est d'origine. Les matériaux employés (brique sur soubassement en grès), les chaines harpées en calcaire, le pignon débordant sont autant d'éléments qui corroborent une construction de la fin du XVIIe voire début du XVIIIe siècle.

L'actuel n°20, rue Bouttiaux qui reprend une élévation et des décors identiques au bâtiment rue George-V n'apparait en revanche qu'en 1897. L'aile est construite sur une partie non bâtie de la parcelle où s'élève l'immeuble de la rue George-V. Elle est doublée, côté cour, par un bâtiment barré d'une croix (c'est à dire non habitable), sans doute un préau. L'aile en retour d'équerre qui occupait la partie arrière gauche du bâtiment a été détruite.

L'état de section de 1817 n'apporte pas d'indications sur l'affectation des bâtiments, qui sont la propriété d'un notaire. Celui de 1897 précise que le bâtiment rue George-V ainsi que la partie en retour d'équerre sur la rue Bouttiaux sont la propriété de la Société Civile des Écoles Catholiques libres des Départements du Nord et de l'Aisne (dont le siège social est à Maubeuge). Il indique également que l'immeuble compte 64 fenêtres et/ou porte(s) et une porte cochère. Cette dernière, située à gauche de l'actuel bâtiment, a été remplacée entre 1921 et 1929 par un petit bâtiment d'un niveau couvert par une toiture en croix. Ce bâtiment n'apparait pas sur le plan dressé en 1921 pour établir l'état des destructions mais il est visible sur la vue aérienne réalisée par l'IGN en 1929.

En 1897, une autre école privée appartenant à la communauté des sœurs Sainte-Thérèse d'Avesnes, occupe la parcelle contiguë (actuels numéros 16-18 de la rue Bouttiaux). La partie de cette école, construite dans le courant du XIXe siècle sur l'emplacement de deux petites maisons est rattachée à l'école de la Société Civile des Écoles Catholiques libres avant l'établissement du cadastre de 1897 : cette partie présente les mêmes caractéristiques architecturales, la même élévation, et elle est réunie sous la même toiture que la partie ancienne de l'école des sœurs Sainte-Thérèse d'Avesnes, sur la parcelle cadastrale de l'école de la Société Civile des Écoles Catholiques libres.

  • Période(s)
    • Principale : limite 17e siècle 18e siècle , (incertitude)
    • Principale : milieu 19e siècle , (incertitude)

L'immeuble occupe l'angle des rues George-V et Bouttiaux. Il est bâti à front de rue et les vues aériennes montrent que les deux ailes du bâtiment encadrent une grande cour.

Le bâtiment compte un étage carré. Il est couvert par une toiture à longs pans en ardoise qui s'achève par un large chéneau soutenu par une corniche en pierre moulurée qui achève l'élévation. Côté est, la toiture vient prendre appui sur un pignon débordant. L'enduit reproduisant un faux appareil de pierre ne permet pas de voir s'il est construit avec des coins de brique.

La façade sur la rue George-V compte sept travées. Elles sont huit sur la rue Bouttiaux, les cinq de droite (dont quatre pour l'actuel n°20, rue Bouttiaux) datant de la transformation de l'hôtel particulier en école au milieu du XIXe siècle. L'immeuble est construit en maçonnerie de briques posées en appareil picard sur un soubassement en moellons de grès. Tous les entourages des baies sont en pierre calcaire. Les moellons sont posés en chaînes harpées pour les pieds-droits des plus anciennes et en appareil simple pour ceux des baies du XIXe. Toutes les baies présentent la même taille et sont couvertes par un arc segmentaire interrompu par une petite agrafe trapézoïdale qui empiète légèrement sur l'ouverture de la baie. Les baies reposent sur un cordon larmier torique en calcaire et sont surmontées d'une imposte courant entre les baies qui présente le même profil. Sur les façades des XVIIe-XVIIIe siècles, les chaînes harpées des pieds-droits se poursuivent d'une baie à l'autre en traversant le plein de travée ainsi que le bandeau d'attique jusqu'à la corniche sommitale. Les angles du bâtiment sont également soulignés par des chaînes harpées.

La façade rue George-V a été modifiée : la travée à droite de la porte a été comblée et l'encadrement a perdu ses chaines harpées, la baie au-dessus de la porte d'entrée a été comblée ; quant à la porte à gauche, précédée d'un seuil en pierre bleue (et non d'un degré en grès comme la porte principale) elle est certainement une création du XIXe siècle où l'utilisation de cette pierre se généralise.

Côté rue Bouttiaux, les deux parties de la façade présentent un aspect différent : côté ancien, où toutes les baies sont comblées, les travées sont plus étroites et les harpes des chaînes se rejoignent, dessinant dans tous les trumeaux un motif de petits carrés en briques, enserrés dans un cadre en calcaire. Côté XIXe, les baies étant entourées d'un chambranle en bandeau, les trumeaux, très étroits, sont entièrement en brique. Contrairement aux autres travées, les pleins de travées et le dessus de baie dans le bandeau d'attique sont en saillie par rapport au nu du mur.

Analyse

La façade sur la rue Gorges V présente toutes les traits du bâti quercitain de la charnière des XVIIe-XVIIIe siècles : soubassement en grès, briques en maçonnerie et calcaire pour les bandeaux et les encadrements de baies, pignon débordant, large chéneau. On retrouve ces caractéristiques sur la maison double 1-3, place Saint-Michel (IA59005729) qui porte la date de 1709, ou sur celle 23, rue Thiers (IA59005764).

Malgré l'extension de l'aile sur la rue Bouttiaux au XIXe siècle, l'immeuble présente une unité architecturale grâce à l'utilisation de matériaux (grès en soubassement, brique pour la maçonnerie, calcaire pour les encadrements de baies et les bandeaux) et à la reproduction d'un gabarit pour les baies identiques à ceux de la partie ancienne. Il n'y a cependant pas eu de plagiat et chaque partie reste, encore aujourd'hui, parfaitement identifiable.

Certaines modifications, comme la porte d'entrée rajoutée à gauche, sont datables par l'emploi des matériaux (ici de la pierre bleue pour le seuil). Elle vient perturber une façade autrement ordonnancée avec la porte au centre.

Par rapport aux autres maisons de maître des XVIIe-XVIIIe siècles repérées au Quesnoy, la maison rue George-V présente des similitudes en termes de matériaux ou de vocabulaire architectural : on retrouve les chaînes harpées aux angles au n°2, rue Victor-Hugo, les pieds-droits se poursuivant d'une baie à l'autre au n°20, place Leclerc, le soubassement en grès avec maçonnerie de briques au n°6, rue George-V. Avec ses sept travées sur la façade principale, elle fait partie des grandes maisons de maître de cette période.

  • Murs
    • brique pierre avec brique en remplissage
    • grès moellon
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée

Documents d'archives

  • AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1116. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, Justice de paix du Quesnoy, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1817 [état de section].

  • AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1121. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, canton de Le Quesnoy est et ouest, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1897 [état de section].

Documents figurés

  • Ville du Quesnoy - Plan cadastral napoléonien, feuille unique, levé en 1817. Section E, 1ère partie (AD Nord ; P31-761).

  • Le Quesnoy, plan cadastral napoléonien de 1897. Section dite de la ville, en trois feuilles, 2ème feuille (AD Nord ; P31-761).

    AD Nord : P31-761
  • Vue aérienne du Quesnoy réalisée en 1929 (IGN. Photothèque nationale. 1929).

    [en ligne]
  • Le Quesnoy - Commune du Quesnoy - Aménagement et extensions de la ville - Etat actuel - Plan, par A. Guyomard, ingénieur-géomètre agréé à Lille, le 6 août 1921 (AD Nord ; Fi - Provenances diverses : plans concernant le département du Nord, 1581-1922 ; 50Fi2285).

Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Girard Karine
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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