Dossier d’œuvre architecture IA59005891 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Château de la Tour
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
  • Commune Noordpeene
  • Adresse 283T Voie communale La Place
  • Cadastre 2025 ZH 72
  • Précisions

Le château de la Tour constitue l’un des plus anciens et des plus emblématiques témoins du passé seigneurial de Noordpeene. Son implantation s’inscrit au centre d'un site anciennement fortifié, caractérisé par la présence de larges douves en eau, qui structurent durablement le paysage et traduisent l’origine défensive du lieu.

L’existence d’un établissement seigneurial est attestée dès la fin du Moyen Âge. Une première construction est élevée en 1485, date conservée par un cartouche intégré à la maçonnerie, qui renvoie à un premier château attribué à la famille de la Tour, seigneurs du lieu. Cet édifice médiéval, probablement fortifié, construit en grès de Cassel et brique, constitue le noyau originel du domaine. Il est implanté au sein d’un vaste enclos fossoyé, dont le tracé demeure encore lisible aujourd’hui.

Au cours des XVI et XVII siècles, le château connaît plusieurs phases de transformations et d’adaptations, sans que les sources ne permettent toujours d’en préciser la nature exacte. La seigneurie reste toutefois étroitement liée à la famille de la Tour jusqu’à la fin du XVII siècle. En 1677, la bataille de la Peene marque un tournant majeur pour l’histoire locale. À la suite de l’annexion de la Flandre à la France, Louis-Alexandre de la Tour fait le choix de quitter le territoire et se défait du domaine, refusant de prendre la citoyenneté française.

Au début du XVIII siècle, le château connaît une phase de recomposition architecturale majeure. Les dates portées "1718" sur les deux tours permettent d’envisager leur construction ou leur reconstruction à cette période. Lors de cette période, le domaine est acquis par Joseph DUVET, figure notable locale, qui deviendra le premier maire de Noordpeene à la Révolution. Cette période marque une transformation profonde de la demeure, qui perd progressivement son caractère militaire pour devenir une résidence de prestige. Le château est alors remanié, rationalisé et uniformisé, tout en conservant son implantation historique et ses douves. Joseph DUVET fait également édifier la chapelle Notre-Dame de Lourdes [IA59005875] dans l’angle nord-ouest de la propriété.

Les XVIII et XIX siècles correspondent à une phase de stabilisation et d’affirmation résidentielle du domaine. Le château adopte une silhouette régulière et monumentale, avec des façades unifiées et la présence de ses tours quadrangulaires. Les bâtiments annexes, notamment la ferme du château [IA59005892], structurent l’exploitation agricole du domaine, tandis que le parc est aménagé et participe à la mise en scène paysagère de l’ensemble.

Une gravure de l’abbé Flahaut, datée de 1860 (ill.), atteste que le château présente déjà la silhouette générale qu’on lui connaît aujourd’hui. Cette représentation figure également le pont maçonné en arcs de brique qui franchit les douves à l’est et mène au château. Ce pont supporte alors une haute tour, surmontée d’un pigeonnier, qui ferme l’accès au domaine. Cette tour semble détruite après 1913, sans que la date précise puisse être établie, le parapet du pont actuel apparaît de facture plus récente.

Plusieurs cartes postales et photographies anciennes (ill.), datées du début du XX siècle, montrent l’édifice dans une configuration très proche de celle observée aujourd’hui, confirmant la stabilité de son aspect général après les grands remaniements antérieurs.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le château est occupé par les troupes allemandes. Cette période entraîne des dégradations notables, notamment la destruction par le feu d’une partie des décors intérieurs et des boiseries, altérant temporairement la richesse décorative de la demeure.

À la suite de ces destructions, le château entre dans une nouvelle phase de son histoire au milieu du XX siècle. En 1956, une importante campagne de restauration et de remise en état est engagée à l’initiative de la famille Clebsattel, alors propriétaire du domaine. Cette intervention vise à réparer les dommages causés aux structures et aux aménagements intérieurs, tout en redonnant au château sa fonction résidentielle. Les travaux portent notamment sur la réhabilitation des volumes intérieurs, la consolidation du bâti et la remise en usage des espaces de réception et d’habitation, fortement dégradés par l’occupation militaire et les incendies. Cette campagne marque une étape décisive dans la sauvegarde du château et assure la pérennité de l’édifice.

La restauration constitue un moment charnière entre l’histoire ancienne du château et sa reconnaissance patrimoniale contemporaine. Reconnu pour son intérêt historique, architectural et paysager, le château de la Tour fait l’objet d’une inscription au titre des Monuments historiques le 2 février 2016, protection qui porte sur les façades, les toitures, certains décors intérieurs remarquables, ainsi que sur le parc et les douves.

Aujourd’hui propriété privée, le château de la Tour demeure un repère majeur du paysage communal. Par la permanence de ses volumes, de ses douves et de son parc, il conserve la mémoire de l’ancienne seigneurie et témoigne de l’évolution d’un site fortifié médiéval devenu résidence aristocratique puis bourgeoise.

  • Période(s)
    • Principale : 15e siècle , porte la date , (incertitude)
    • Secondaire : 2e quart 18e siècle
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1485, daté par tradition orale, porte la date
    • 1718, porte la date
    • 1956, daté par source

N’ayant pu visiter la propriété ni réaliser un relevé photographique complet, la description architecturale du château de la Tour se limite aux observations in situ et à quelques prises de vue autorisées de la façade principale.

Orienté nord-ouest/sud-est, le château de la Tour se présente comme une vaste demeure résidentielle implantée au cœur d’un parc largement dégagé, entouré par d’anciennes douves d’environ treize mètres de largeur. L’édifice adopte un plan allongé, structuré par un corps de logis rectangulaire flanqué, à ses extrémités, de deux tours carrées légèrement saillantes, qui encadrent et rythment la composition d’ensemble.

L’élévation est développée sur deux niveaux principaux, surmontés d’un comble aménagé, l’ensemble étant couvert par une toiture à forte pente en ardoise. Le corps central est coiffé d’un long toit à deux pans, tandis que les tours latérales reçoivent des toitures pyramidales élancées, couronnées d’épis de faîtage métalliques en forme de bulbe. La date de 1718 est portée sur chacune des tours (inscriptions non photographiées). Deux souches de cheminée en brique émergent du faîtage.

La façade principale, orientée vers le parc, est traitée avec une grande régularité. Elle est percée de baies rectangulaires verticales largement ouvertes, disposées de manière ordonnancée et superposées d’un niveau à l’autre. Les ouvertures du rez-de-chaussée et de l’étage présentent des proportions similaires. Les baies sont équipées de menuiseries à grands carreaux, complétées par des volets battants.

La façade est couronnée par une corniche à denticules, relevant du langage classique. Continue sur toute la longueur de l’élévation, elle souligne nettement la ligne de séparation entre le mur gouttereau et la toiture et assure une transition lisible entre les élévations verticales et la couverture, tout en renforçant l’horizontalité du corps de logis.

La composition de la façade est renforcée par un axe central fortement marqué (ill.). Un balcon en fer forgé est disposé au-dessus de la double porte vitrée servant d’entrée principale. Au niveau de la toiture, cet axe est souligné par la présence de deux lucarnes-fronton à ailerons bombés en volute, disposées symétriquement de part et d’autre de la travée centrale. Ces lucarnes, traitées avec soin, émergent nettement du plan de toiture et participent à l’animation de la ligne de faîtage. Au centre, au-dessus de la travée principale, s’élève un fronton triangulaire saillant, porté par le mur gouttereau et se détachant clairement de la couverture. Ce fronton reprend un décor identique à celui de la corniche. En son centre figurent les armes d’Alexandre de La Tour et de son épouse Béatrice Hartop, intégrées dans un décor végétal traité en ronde-bosse. Sous le fronton est placée une date portée "1485", inscrite dans un cartouche orné de motifs végétaux.

Les tours latérales reprennent le vocabulaire architectural du corps central : même traitement des maçonneries, même type d’ouvertures rectangulaires verticales, disposées de manière régulière sur plusieurs niveaux. Leur léger ressaut par rapport au nu de la façade introduit un jeu de volumes et d’ombres, conférant à l’ensemble une allure monumentale et équilibrée.

Les maçonneries de brique enduite présentent un traitement homogène, avec un parement clair souligné par des encadrements sobres autour des baies. L’ornementation demeure mesurée et se concentre sur les éléments structurants - lucarnes, fronton central, tours d’angle et corniche - privilégiant les effets de proportion, de rythme et de silhouette plutôt qu’un décor sculpté abondant.

Les vues aériennes permettent de localiser une extension à l’arrière du château, au nord, qui se prolonge vers l’ouest, extension visible également sur l’une des cartes postales anciennes (ill.). La façade arrière du logis, non enduite, semble présenter un caractère plus originel que la façade avant (brique rouge ou jaune, grès de Cassel).

L’accès au château s’effectue par un pont en maçonnerie de brique, composé d’arcs voûtés en anse de panier, qui franchit les douves. L’une des arches centrales, de portée plus courte et renforcée, correspond à l’emplacement de l’ancienne tour-pigeonnier (ill.), aujourd’hui disparue mais encore lisible dans la structure du pont.

  • Murs
    • brique enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • flèche carrée
  • Typologies
  • État de conservation
    remanié
  • Représentations
    • ornement végétal
  • Précision représentations

    Fronton sculpté.

  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Protections
    classé MH, 2016/02/02
  • Précisions sur la protection

    Le château pour ses façades et toitures et en totalité le décor du salon avec les toiles de Bafcop, le parc avec les douves (cad. ZH 72) : inscription par arrêté du 2 février 2016

  • Référence MH

Documents figurés

  • COMITE FLAMAND DE FRANCE. [non coté]. [Album de photographies en noir et blanc]. Hazebrouck : [ca 1970].

    Comité Flamand de France - Bibliothèque
  • FLAHAUT R. (Chanoine). Gravures des édifices et objets religieux de Flandre du XIXe siècle [album]. Comité Flamand de France.

    Comité Flamand de France - Bibliothèque : [non coté]
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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