Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- enquête thématique régionale, le gothique en Picardie
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Communauté d'agglomération de la région de Compiègne et de la Basse-Automne - Compiègne
-
Commune
Saint-Jean-aux-Bois
-
Adresse
rue des Abbesses
-
Cadastre
2026
B
148
-
Dénominationséglise
-
Genrede bénédictines
-
Précision dénominationéglise abbatiale, église prieurale
-
VocablesSaint-Jean-Baptiste, Notre-Dame
-
Destinationséglise paroissiale
-
Autres parties constituantessalle capitulaire, croix de cimetière, enfeu
L’église abbatiale de Saint-Jean-aux-Bois est un témoignage précieux de l’architecture gothique du XIIIe siècle.
La grande simplicité de son plan, la sobriété de son décor intérieur comme extérieur répond aux besoins de la communauté monastique de l’ordre des bénédictines au XIIIe siècle. Son voûtement sexpartite à la croisée du transept et du chœur et quadripartite dans la nef et le transept fait sa particularité, très rare au XIIIe siècle. Le transept présente une architecture exceptionnelle, dont le seul autre exemple contemporain se trouve à l'église de Margerie-Hancourt (Marne) datée de 1225-1235. L’église conserve cinq remarquables vitraux contemporains de la construction de l’église : la verrière colorée de La Passion du Christ de la baie axiale et les quatre grisailles du chœur.
La fondation de l'abbaye et de l'église par la reine Adélaïde remonte à 1152. La construction de la salle capitulaire s'effectue de 1160 à 1170. De 1220 à 1225, l'on édifie l'église abbatiale. En 1273, le beffroi du clocher est construit puis détruit. Les reliques de sainte Euphrosine et de la Vraie Croix seraient arrivées à l'abbaye entre 1152 et 1190. En 1630, les religieuses quittent l'abbaye et les chanoines de Saint-Augustin s'y installent. L'année 1634, marque l'établissement de l'abbaye en prieuré. En 1761, les chanoines quittent le prieuré et l'église devient paroissiale. Les bâtiments sont vendus entre 1791 et 1793. Au 19e siècle, l'église très endommagée est restaurée.
Fondation de l’abbaye au XIIe siècle et construction de l’église abbatiale au XIIIe siècle
En 1152, la reine Adélaïde de Savoie (1100-1154) fonde l’abbaye de bénédictines dédiée à Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste. Les religieuses étaient auparavant réunies au lieu-dit Sainte-Perrine.
Sous l’abbatiat de la première abbesse Rosceline (ou Roscella), entre 1152 et 1190, les reliques de sainte Euphrosine (destinée à l’origine à l’église de Reims) arrivent à l’abbaye et favorisent l’installation d’un pèlerinage.
La salle capitulaire est construite entre 1160 et 1170. L’église abbatiale est édifiée entre 1220 et 1225. L’historien et archéologue Eugène Lefèvre-Pontalis (1862-1923) estime que l’église a été bâtie en deux campagnes : le chœur et le transept avec leurs voûtes sexpartites puis la nef avec ses voûtes quadripartites (cité par Brassart). Bideault et Lautier pensent au contraire que l’église a été construite dans les années 1230 en une seule phase estimant que "la conjugaison des voûtes quadripartites et sexpartites ne doit pas être interprétée comme l’indication de deux campagnes de construction distinctes" (Bideault et Lautier, 1987).
La verrière de La Passion du Christ (baie axiale) et les quatre grisailles des murs sud et nord du chœur datent du XIIe siècle.
En 1273, le beffroi du clocher est construit (il est détruit vraisemblablement entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle).
À la fin du XIIIe siècle, un tombeau à enfeu est aménagé contre le pignon nord du transept. Il s’agit vraisemblablement de la sépulture d’Agathe de Pierrefonds, épouse de Conon de Nesle seigneur de Pierrefonds, décédée à la fin du XIIe siècle : elle a fait de nombreuses donations à l’abbaye et y aurait passé les dernières années de sa vie d’après l'obituaire de l’abbaye. Le cadavre d’une femme adulte découvert dans la tombe en 1817 confirmerait l’identité de la défunte.
Des bâtiments qui se dégradent aux XVIIe et XVIIIe siècles
En 1634, les religieuses quittent l'abbaye (elles s’installent à l’abbaye de Royalieu et y rapportent les reliques de sainte Euphrosine) et l’abbaye devient un prieuré de chanoines réguliers de Saint-Augustin.
Une représentation datée de 1640 figure l’abbaye entourée de fossés ; à cette période elle compte encore le cloître et les bâtiments réguliers élevés perpendiculairement à l’église (voir en lien web).
En 1652, un détachement de l’armée du maréchal de Turenne pille le monastère, brûle les archives et détruit une partie des bâtiments réguliers.
Les bâtiments de l’abbaye se dégradent au XVIIIe siècle. Un tableau de Jean-Baptiste Oudry daté de 1736 figure l’église qui comporte encore son clocher (voir en lien web). En 1761, le prieuré est dans un état proche de la ruine : seuls trois religieux et le prieur sont encore sur place. Les chanoines quittent le prieuré et s’installent à Saint-Léger de Soissons. L’église devient alors paroissiale.
Les bâtiments, devenus biens nationaux, sont vendus entre 1791 et 1793.
Les restaurations du XIXe siècle et la protection au titre des Monuments historiques
L’état de conservation de l’église au milieu du XIXe siècle est connu grâce aux dessins et observations de Maximilien Mimey (1826-188), architecte en chef des Monuments historiques : la rose de l’élévation ouest a été remplacée par deux lancettes et la porte de l’élévation sud est condamnée (voir en lien web) ; à l’intérieur, les murs sont badigeonnés de lait de chaux, le sol surélevé, les parties inférieurs des arcatures rongées, et des fenêtres aveuglées à différentes hauteurs ; les murs sont recouverts de boiseries du XVIIe siècle. Le clocher a disparu.
De premiers travaux sont entrepris sous la direction de Maximilien Mimey (assainissement, réparations des maçonneries) mais un manque de logique et le peu de soin apporté aux travaux entraine son remplacement par Maurice Ouradou (1822-1884) puis par Jean Juste Gustave Lisch (1828-1910) de 1885 à 1893 (travaux effectués sur les extérieurs, les charpentes, la couverture ; la rose est refaite et seul son pourtour est d’origine). La salle capitulaire dont la toiture est effondrée est restaurée en 1892. En 1881, une sacristie est aménagée entre l’église et la salle capitulaire (voir lien en web).
Durant cette période de restauration, l’église est classée au titre des Monuments historiques en 1862 puis la salle capitulaire en 1889.
En 1991-1993, la couverture d’ardoise est remplacée par de la tuile plate.
-
Période(s)
- Principale : 1er quart 13e siècle
-
Dates
- 1220, daté par travaux historiques
-
Auteur(s)
-
Personnalité :
de Savoie Adélaïde , dit(e) Adélaïde de Savoiecommanditaire attribution par travaux historiquesde Savoie AdélaïdeCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Princesse issue de la maison de Savoie, elle épouse le roi Louis VI en 1115.
-
Auteur :
Ouradou MauriceOuradou MauriceCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Maurice Augustin Gabriel Ouradou est architecte élève et gendre de Viollet-le-Duc. Il a travaillé pour le service des monuments historiques.
-
Auteur :
Mimey MaximilienMimey MaximilienCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Élève de Labrouste (promotion 1884), il est est architecte diocésain du Puy, puis de Viviers. Il part vivre au Pérou où il décède en 1888.
-
Personnalité :
Église abbatiale
L’église se situe au cœur du village. Le cimetière jouxte le chevet de l’église et s’étend vers le nord. La salle capitulaire est construite en perpendiculaire de l’église au sud.
De plan en croix latine, son chevet est plat, éclairé par trois lancettes. L’édifice est couvert en tuile plate et les murs en pierre calcaire ; ils sont montés en moyen appareil assisé et scandés de contreforts à retraite multiple. Le seul décor est constitué par la corniche placée en haut du mur et par les cordons de dents de scie qui surmontent chacune des lancettes en prenant appui sur de petites têtes sculptées, selon un usage répandu notamment dans le Soissonnais.
La nef se compose de trois travées voûtées d'ogives quadripartites. Le transept est saillant et chacun de ses bras est large de deux travées voûtées d'ogives quadripartites. La croisée d'une des voûtes est sexpartite. Le chœur se compose d'une travée droite à voûte sexpartite. L'élévation de la nef est très sobre : les retombées des voûtes se font sur des culots sculptés et l'éclairage est assuré par de simples lancettes. Une rose est percée en façade occidentale (selon un réseau moderne). Le transept présente une élévation exceptionnelle avec une colonne médiane à l'entrée de chaque bras et deux travées en largeur. L'éclairage du transept est assuré par des lancettes et des oculi. Celui du chœur est assuré par un triplet percé dans le mur oriental et par des doubles lancettes percées dans les murs latéraux.
Tout comme le plan, l'élévation de l'église est d'une grande sobriété puisqu'elle se compose de volumes simples et que son seul décor est celui des clefs de voûtes, des chapiteaux et des culots sculptés.
La salle capitulaire
Elle est placée au sud de l'église abbatiale, au niveau de la deuxième travée de la nef. Elle se compose de deux vaisseaux de trois travées voûtées d'ogives quadripartites dont les nervures reposent sur deux piliers au centre de la salle et sur des colonnettes engagées dans les murs. Les chapiteaux sont sculptés de feuilles plates et lisses. L'accès à la salle se fait par un portail placé au centre de la façade, portail dont les piédroits sont ornés de colonnettes à chapiteaux.
-
Murs
- calcaire
- moyen appareil
-
Toitstuile plate
-
Plansplan en croix latine
-
Étages1 vaisseau
-
Couvrements
- voûte d'ogives
-
Élévations extérieuresélévation à travées
-
Couvertures
- toit à longs pans
- flèche polygonale
- pignon découvert
-
Escaliers
- escalier hors-oeuvre : escalier en vis
-
État de conservationrestauré
-
Techniques
- sculpture
- peinture
-
Représentations
- ornement végétal
- ornement géométrique
-
Précision représentations
La couleur rehausse le décor feuillagé des culots sculptés et orne les arcades placées au revers de la façade occidentale.
-
Statut de la propriétépropriété publique
-
Intérêt de l'œuvreà signaler
-
Éléments remarquablestransept
-
Protectionsclassé MH, 1862
-
Référence MH
Ce dossier a été établie en 1997 par Isabelle Isnard pour le centre gothique de Picardie. Le dossier complet d'origine avec les sources et bibliographie est consultables en version papier au centre de documentation de l'Inventaire à Amiens (21 mail Albert Ier). Ce dossier a été en 2026 par de nouvelles photographies et des recherches bibliographiques supplémentaires.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Bibliographie
-
BIDEAULT, Maryse, LAUTIER, Claudine. Ile-de-France gothique. Paris : Picard, 1987, tome I.
p.311-317 -
COMMUNE DE SAINT-JEAN-AUX-BOIS. MAIRIE. Demande d'autorisation de travaux sur immeuble classé au titre des Monuments historiques. Église paroissiale de Saint-Jean-aux-Bois. Restauration de la verrière de la Passion - baie 0. Dossier établi par Pascal BRASSART, architecte du patrimoine, 2018.
Lien web
- L'abbaye de Saint-Jean-aux-bois vers 1640, vue axonométrique. [consulté le 22/07/2026]
- Façade occidentale de l'église de Saint-Jean-aux-Bois avant restauration, dessin de Maximilien Mimey, 1853. [consulté le 20/07/2026]
- Intérieur de l'église de Saint-Jean-aux-bois avant les restaurations de la deuxième moitié du XIXe siècle, lithographie. [consulté le 22/07/2026].
- Construction de la sacristie de l'église Saint-Jean-aux-Bois, projet de Maurice Ouradour de 1881. [consulté le 22/07/2026].
- La Mort du cerf aux étangs de Saint Jean-aux-Bois Forêt de Compiègne - tableau de Jean-Baptiste Oudry de 1736 conservé au château de Fontainebleau. [consulté le 22/07/2026].
Chargée de mission à l'Inventaire général du patrimoine culturel Région Hauts-de-France (depuis 2020).
Chargée de mission à l'Inventaire général du patrimoine culturel Région Hauts-de-France (depuis 2020).