Dossier d’œuvre architecture IA60005474 | Réalisé par
Chamignon Lucile (Rédacteur)
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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  • inventaire topographique, Communauté de communes Oise Picarde
Église paroissiale Saint-Martin
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de l'Oise Picarde - Saint-Just-en-Chaussée
  • Commune Bonvillers
  • Adresse rue de l' Église
  • Cadastre 2022 A 974

D'après le style du chœur qui appartient au gothique tardif (plan polygonal, larges baies aux remplages garnis de soufflets et mouchettes), l'édifice est reconstruit à la limite des XVe et XVIe siècles, après la guerre de Cent Ans. L'abbaye Notre-Dame de Breteuil qui perçoit les dîmes et nomme à la cure (Louis Graves, 1843), a certainement financé les travaux. Parmi les trois armoiries figurées sur les voûte du chœur, aucune n'a été identifiée, mais l'une d'elles est peut-être celle de l'abbé de Notre-Dame de Breteuil.

La nef, moins haute que le chœur, est édifiée dans un second temps. D'après les ancres de fer "7" et "2" fixées sur la partie droite de la façade occidentale, celle-ci et la nef sont achevées en 1772.

L'analyse des documents de la série O des Archives départementales de l'Oise, met en lumière les travaux réalisés au XIXe siècle. Les couvertures de l'édifice et du clocher sont réparées en 1823 par Ernest Casset, couvreur-zingueur à Breteuil. En 1832, des sablières de la charpente sont remplacées et deux ancres de fer sont installées à l'intérieur de l'édifice. Ces travaux sont entrepris par deux artisans du village : Louis Vassel-Vaconsin, couvreur, et Pierre Nicolas Caustier, maréchal-ferrant. En 1864, de nouveaux travaux de charpente sur le clocher et la couverture sont conduits par Henri Pétigny, charpentier à Bonvillers. Il réalise notamment l'escalier menant aux cloches (la tourelle dans laquelle il est placé date certainement de cette période) et la grande porte de l'église. Enfin, en 1873, les meneaux de trois baies du chœur sont remplacés par Théophile Wattelier, maçon.

Une importante campagne de restauration est menée au début du XXe siècle. En 1907, l'entrepreneur Clodomir Martin exécute des travaux de réfection du chœur sous la direction de l'architecte Beauvais. Pendant le chantier, il découvre que les contreforts sont en très mauvais état et certaines pièces de la charpente du chœur sont pourries. Face aux frais conséquents que demandent ces travaux supplémentaires, monsieur Léon Doë de Maindreville, propriétaire du château de Bonvillers, propose son aide financière.

Le dernier chantier de restauration qui a concerné l'ensemble de l'église, tant l'immeuble que le mobilier, s'est achevé au début des années 2000 après près de 30 ans de travaux. Une plaque gravée à l'intérieur de l'édifice cite l'entreprise Jean-Marie Denis, qui a travaillé dans l'édifice en 1995 et 1996.

L'église Saint-Martin est implantée à l'entrée ouest du village, parallèlement à la rue de l'Église. Le cimetière l'entoure. Elle est orientée (son chevet pointe vers l'est) et son plan comprend une nef à trois vaisseaux (un vaisseau principal et deux bas-côtés) prolongée par un chœur polygonal. La sacristie flanque la deuxième travée du chœur côté sud. L'édifice est éclairé par 14 baies dont une pour la sacristie.

Le clocher se dresse sur la première travée de la nef. De plan carré, essenté d'ardoise, il est surmontée d'un clocheton construit au sommet d'une flèche polygonale en forme de coupole. Son accès s'effectue par une échelle disposée dans une tourelle de plan carré édifiée dans l'angle nord-ouest de la façade occidentale. Celle-ci présente un avant-corps en légère saillie encadrant la porte d'entrée. Il est constitué de deux pilastres soutenant un fronton triangulaire couronné d'une croix. La porte s'inscrit dans un arc en plein cintre.

Les maçonneries sont en pierre de taille de moyen appareil à l'exception de la sacristie, des murs des bas-côtés et de la tourelle d'accès au clocher qui sont en brique. Les solins de l'édifice sont en grès. L'appareillage dit en "rouge-barre" est employé dans le mur est de la sacristie et dans les maçonneries intérieures des bas-côtés. Des tirants en fer, disposés au-dessus des baies, encerclent le chœur.

L'ardoise couvre l'ensemble des toitures. Celles-ci sont à longs pans avec pignon découvert pour la nef, et deux pans et croupe polygonale pour le chœur. La sacristie et la tourelle d'accès au clocher sont protégées par des toits en pavillon.

À l'intérieur, de grandes arcades au tracé brisé séparent le vaisseau central des bas-côtés. Le couvrement du chœur est constitué de voûtes d'ogives. Des fausses voûtes lambrissées couvrent la nef et les bas-côtés.

Des lambris peints et dorés (protégés au titre des Monuments historiques) garnissent le sanctuaire.

  • Murs
    • calcaire moyen appareil
    • brique brique et pierre à assises alternées
    • grès
    • essentage d'ardoise
  • Toits
    ardoise
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • lambris de couvrement
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe polygonale
    • pignon découvert
    • toit en pavillon
    • flèche polygonale
  • Escaliers
    • escalier hors-oeuvre : échelle escalier en charpente
  • Typologies
    rouge barre
  • Techniques
    • menuiserie
    • sculpture
    • vitrail
  • Précision représentations

    Les lambris sont constitués de panneaux séparés par des pilastres cannelés surmontés de chapiteaux mêlant les motifs corinthiens (feuilles d'acanthes) et doriques (rouleaux). Au registre supérieur, une frise garnie de rinceaux végétaux, rouleaux, médaillons et conques court le long des murs. Le premier panneau à gauche porte la date de 1760. Ils sont inscrits au titre des Monuments historiques.

    Les croisées des voûtes du chœur sont ornées de trois armoiries non identifiées à ce stade. L'une est peut-être celle de l'abbé de Breteuil commanditaire de la reconstruction de l'édifice à la limite des XVe et XVIe siècles.

    La plaque de fondation du curé de Bonvillers Noël Le Cat, décédé le 19 avril 1693, est scellée dans les maçonneries du chœur (côté sud). Elle est inscrite au titre des Monuments historiques.

    Les verrières sont décrites dans le dossier de présentation du mobilier de l'église.

Documents d'archives

  • AD Oise. Série O ; sous-série 2 O : 2 O 28428. Bonvillers. Église (1817-1924).

    AD Oise

Périodiques

  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Breteuil, arrondissement de Clermont (Oise). Annuaire de l'Oise. Beauvais : Achille Desjardins, 1843.

Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Chamignon Lucile
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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