Dossier d’œuvre architecture IA80000154 | Réalisé par
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • enquête thématique régionale, édifices religieux d'Amiens des 19e et 20e siècles
  • inventaire topographique, Amiens métropole
Église du Sacré-Coeur d'Amiens
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois
  • Commune Amiens
  • Lieu-dit quartier de la Vallée
  • Adresse 10 rue de Mareuil
  • Cadastre 1990 CR 407
  • Dénominations
    église
  • Vocables
    Sacré-Coeur
  • Parties constituantes non étudiées
    presbytère

L´église Saint-Roch, construite sur les plans de l´architecte amiénois Edmond Douillet, constitue un ambitieux projet dont la construction a commencé en 1890. L´édifice, érigé en chapelle de secours en 1891, dessert le quartier de la Vallée, marginalisé par la construction de la voie ferrée au milieu du 19e siècle. Elle s´élève, grâce à des dons privés, sur un terrain acquis et offerts à la fabrique par un groupe de particuliers parmi lesquels figure le père de l´architecte. Les souscriptions recueillies devaient permettre la construction d´une simple chapelle mais, comme l´écrit Chanteloup (1891), «l´architecte se laissa entraîner par son ardeur artistique si bien que le projet primitif se trouva métamorphosé et considérablement augmenté ». Son inachèvement (absence de décor des tympans des portails) résulte de l´ambition du projet.

Cette vaste église de style romano-byzantin, très bien accueillie lors de son inauguration, précède l´église Jeanne-d´Arc (1911), également construite sur les plans de l´architecte.

Documents figurés : Une affichette destinée à réunir des fonds pour l´achèvement de l´édifice en donne un plan et une élévation latérale (doc. 1 et 2). Sources : Les sources conservées aux archives départementales (série V) indiquent qu´en 1891, le culte est autorisé dans l´église, qui est érigée en chapelle de secours. Le terrain est donné à la fabrique par Firmin Douillet, en 1891. Travaux historiques : Le manuscrit Pinsart conservé à la bibliothèque municipale indique que l´église est construite sur un terrain appartenant aux hospices, acquis par M. Douillet, père de l´architecte, représentant un groupe de personnes « désireuses de doter d´une église cette partie de la ville ». Ce terrain a été donné à la fabrique de Notre-Dame en 1890. Le manuscrit Pinsart également comprend plusieurs articles de presse : L´un non daté, faisant référence à une publication dans un journal technique de Lille, indique que l´église, bâtie par souscription privée, a été érigée en succursale de la paroisse Notre-Dame pour le quartier de la Vallée. Les fondations (piliers et dallage) ont nécessité une technique de coulage du béton particulière en raison de la nature tourbeuse et marécageuse du sol. Le dallage a été fondé sur un grillage de bois de hêtre portant sur des pieux assez espacés a été établi en pleine eau, chargé de gravier, et enfin d´une couche de béton un peu au-dessus du niveau de l´eau. Les matériaux utilisés sont la brique d´Amiens et la brique blanche de Denain, le banc royal de Saint-Maximin (éléments décoratifs). Les parements intérieurs sont en vergelé de Saint-Maximin, les piliers en banc royal dur, les colonnes en pierre de Ravières et les socles en pierre d´Euville. La coupole, le chœur et l´abside sont voûtés en briques creuses hourdées au plâtre. Un article du 22 mai 1891 relate la bénédiction de l´église, élevée dans «cette partie de la ville très éloignée de la cathédrale ou de Sainte-Anne et qui a pris une extension considérable». Admiré par la nombreuse assistance, « l´édifice d´un goût très moderne comme agencement, mais où domine le style hispano-arabe fait le plus grand honneur à M. Douillet, l´éminent architecte. La coloration générale très claire est rehaussée par des fonds d´une teinte bleu pâle ou rose tendre agrémentés de lignes d´or d´un effet très heureux. Les ornements, chapiteaux et autres motifs d´architecture dénotent également un goût profond et parfaitement approprié. Reste le mobilier religieux à acquérir, car, en dehors du maître-autel formant fond, rien n´est encore en place ». Un article de Chanteloup, du 25 juillet 1891 rappelle les conséquences de l´implantation de la gare dans la division de la paroisse Sainte-Anne, dont dépendait le quartier de la Vallée (2600 habitants) et le faubourg de Noyon. « Il y avait donc nécessité au point de vue de l´enseignement et de la pratique, et aussi pour épargner de longs trajets aux baptêmes et surtout aux enterrements, de construire une église au centre de ces quartiers reculés ». Il signale le rôle du comité présidé par M. Douillet-Duvauchelle, père de l´architecte, et M. Bon, curé de Sainte-Anne, dans la construction de cette nouvelle église, réalisé par l´entrepreneur Dupont-Mallet. Les souscriptions recueillies devaient permettre la construction d´une simple chapelle « mais l´architecte se laissa entraîner par son ardeur artistique si bien que le projet primitif se trouva métamorphosé et considérablement augmenté ». Selon le dossier établi par Nathalie Mette en 1996, la construction de la nouvelle église de la Vallée, rendue nécessaire par la présence de la voie ferrée qui divise la paroisse Sainte-Anne en deux quartiers, est envisagée à l'aide d'une souscription accordée par l'évêque. Les travaux sont réalisés entre 1878 et 1897 par l'entrepreneur E. Dupont, sur les plans de l'architecte Edmond Douillet.

Implanté en parcelle d'angle traversante (fermée au nord et à l´est par une grille), l'édifice de style néo-roman est construit en briques et couvert d´ardoises. Le massif occidental présente un appareillage à assises alternées de brique et pierre, les autres murs comportent un décor polychrome de brique, à assises alternées. Au sud de la place-parvis, s'élève un bâtiment à étage de comble brisé construit en briques et couvert d'ardoises (fig. 14). Au sud, un second bâtiment (plus tardif) également construit en briques et couvert d´ardoises, compte un étage carré et un étage de comble, sur rez-de-chaussée surélevé (fig. 15 et 16). L´église présente un plan allongé à trois vaisseaux et transept non saillant, avec coupole de croisée et absides semi-circulaires (choeur et chapelles du transept). Deux sacristies s´élèvent au nord et au sud du choeur (fig. 4). L´église dispose de trois accès en façade principale. Un fronton triangulaire surmonte la travée axiale. La nef présente une élévation à deux niveaux et bénéficie d´un double éclairage (baies hautes de la nef et baies des bas-côtés). Elle est couverte d´un charpente apparente (fig. 10) et les bas-côtés sont plafonnés (fig. 11). Le choeur est matérialisé par un emmarchement. L´abside du choeur est orné d´un décor figuré peint représentant le Sacré-Coeur, à mi-corps, entouré d´anges musiciens et d´anges thuriféraires (fig. 9). Inscription concernant l´iconographie : VOILA CE COEUR QUI A TANT AIME LES HOMMES. La façade du bâtiment sud comporte un décor sculpté d'armoiries (fig. 17).

  • Murs
    • brique
    • calcaire
    • brique et pierre à assises alternées
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    3 vaisseaux, étage de comble, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
  • Typologies
    style romano-byzantin ; coupole
  • État de conservation
    mauvais état
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Ce dossier établi par Nathalie Mette en 1996 lors d'une enquête thématique sur les édifices religieux d'Amiens a été mis à jour et enrichi par Isabelle Barbedor en 2002 dans le cadre de l'inventaire topographique d'Amiens métropole.

Bibliographie

  • INVENTAIRE GENERAL DU PATRIMOINE CULTUREL. Région Picardie. Églises et chapelles des XIXe et XXXe siècles. Amiens métropole. Réd. Isabelle Barbedor. Lyon : Lieux-Dits, 2008.

    p. 40-42

Documents figurés

  • Eglise du Sacré-Coeur d'Amiens, imprimé, 1891 (AD Somme ; 2 V 18).

Annexes

  • Extrait de l´article de Chanteloup, 25 Juillet 1891.
Date d'enquête 1996 ; Date(s) de rédaction 1997, 2002
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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