Dossier d’œuvre architecture IA80001236 | Réalisé par
Justome Elisabeth
Justome Elisabeth

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie de 2002 à 2006, en charge du recensement du patrimoine balnéaire de la côte picarde.

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  • patrimoine de la villégiature, La Côte picarde
Le quartier de la Ville-Basse à Saint-Valery-sur-Somme
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Ministère de la culture - Inventaire général
  • (c) Département de la Somme
  • (c) SMACOPI
  • (c) AGIR-Pic

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Trois Vallées - Saint-Valery-sur-Somme
  • Commune Saint-Valery-sur-Somme
  • Lieu-dit quartier de la Ville-Basse

Le quartier de la Ville-Basse est un quartier ancien regroupant l'habitat de la population qui vivait de la pêche (habitants de la Ferté) ou du commerce maritime (habitants du quai Perré). Au milieu du 19e siècle, le quartier concentre encore les activités économiques et artisanales de la commune : près du port de pêche et de commerce sont implantés les corderies, les chantiers de construction navale, les entrepôts, notamment l'entrepôt aux sels, destiné à servir de dépôt pour les tonneaux de sel débarqués des vaisseaux en provenance de Bordeaux ou de Brouage, servant ensuite d´approvisionnement à la population locale. Saint-Valery était en effet un site d´entrepôt depuis 1305, le sel étant conservé dans diverses caves et greniers du quartier de la Ferté. La construction de l´entrepôt vers 1734-1736 permet de regrouper l´ensemble des tonneaux sur un seul site. Il assure en outre l´approvisionnement des greniers à sel des provinces de Picardie, Champagne et Bourgogne. Il n´existe à cette époque que quatre entrepôts de ce type en France : à Nantes, Lorient, Caen et Saint-Valery. Actuellement, il est le seul à subsister au Nord de la France. L'activité du port de Saint-Valery est cependant menacé depuis de nombreux siècles : contrairement au Crotoy, le chenal maritime tend à s'écarter du site. Un conflit opposant les deux villes du Crotoy et de Saint-Valery pour l'aménagement d'un port ne sont que le reflet de la lutte économique entre Amiens et Abbeville. C'est finalement Saint-Valery qui bénéficie des aménagements : le débouché du canal de la Somme, la réfection des quais, les endiguements. Afin de canaliser la Somme, une digue est construite face à la Ferté, en aval du canal de la Somme : 'à gauche, une digue insubmersible de 536 mètres prolongée par une digue de halage de 3.271 mètres et une jetée basse qui va jusqu´au Hourdel ; à droite, une digue insubmersible de 1.023 mètres prolongée par une jetée basse en moellons de 2.100 mètres' (source : Demangeon). Mais l'ensablement de la baie et du port n'est pas contenu et les entrées et sorties au port sont conditionnées par le mouvement des marées. Le port est composé de deux principaux quais : le Quai Perrée, autrefois appelé le quai de briques (habillé de bois côté mer), et le quai Lejoille, nommé le quai de bois (ou 'mauvais quai') construit en 1760. Jusqu'au milieu du 19e siècle, les habitations élevées le long de la rue de la Ferté jouxtent la grève et disposent de quais en bois supportés par des pilotis du côté de la baie de Somme. Certains dessins anciens parlent de 'galeries de Saint-Valery'. Les travaux du port et la volonté de canaliser le lit de la Somme ont modifié ces dispositions : un quai maçonné (quai Blavet) est construit et les maisons ont pu s'agrandir en profondeur, ou être accolées de constructions nouvelles. L'habitat ancien est composé de petites maisons de pêcheurs et de maisons d'armateurs, le long du quai Lejoille. Les 'bains de la Ferté' sont établis en 1857, sur la digue construite face au port. Pour s'y rendre, les baigneurs peuvent passer par le pont tournant situé en amont, ou louer les services d'un passeur, en barque. Des cabines, des bains chauds et un casino, petite construction avec piano et jeux, sont disponibles sur cette digue. Ils tombent en désuétude après la Seconde Guerre mondiale, malgré une volonté municipale de les voir renâitre en 1926 (source : A.D. Somme, 99 O 3450). Le quartier, déjà densément construit, ne connaît pas de véritable développement de la villégiature balnéaire. Quelques maisons sont construites près de la gare, elle même construite sur les 'mollières du chantier', et des maisons du quai Blavet sont réaménagées et destinées à la location. Autrefois port de pêche et de commerce, le port de Saint-Valery est aujourd'hui tourné vers la plaisance.

  • Période(s)
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 20e siècle

La Ville-Basse comprend les quartiers de la Ferté, du Courtgain, du Port et du Chantier, regroupés sur le cadastre napoléonien de 1832 sous le seul terme de 'La Ferté'. La Ferté se concentre actuellement autour de la rue du même nom, longeant la baie de Somme. Elle est prolongée par les quais Perrée et Lejoille. Parallèles à ces dernières, la rue Anguier-du-Peuple, rue du Docteur-Ravion et rue d'Argoules desservent le coteau. Enfin, les rues Saint-Pierre, du Courtgain, des Moulins et Jules-Gaffé sont tracées dans le sens de la pente. Très étroites, elles concentrent l'habitat ancien des pêcheurs, le plus souvent en rez-de-chaussée. La chapelle Saint-Pierre (vers 1723) et le calvaire des marins témoignent de cette empreinte maritime. Le long de la rue de la Ferté, les maisons conservent des implantations médiévales, et il n'est pas rare de voir des maisons en pan de bois. Le long du quai Perrée, les maisons ont été construites par de riches armateurs, négociants et des vice-consuls de divers pays (l´Angleterre, la Suède et la Norvège, les États-Unis, l´Italie, l´Espagne, la Belgique, la Prusse, la Hollande) qui commerçaient avec la France. Les maisons sont mitoyennes, à travées régulières et affichent un style classique sobre, tout juste agrémenté d´oeils-de-boeuf à volutes sur les toits ou de frontons triangulaires. L´une d´entre elles porte la date « 1825 ». Tournées vers la rue et le port, ces maisons disposent aussi d´une cour intérieure plus intime, accessible par un porche. Plus au sud, autour du 'Chantier', lieu de construction des navires, les maisons sont plus éparses, et construites en milieu de parcelle, témoignant d'un développement tardif. Le quai Blavet, conçu au 19e siècle, occupe d'anciens quais sur pilotis : les maisons qui le longent sont accolées aux façades postérieures des maisons implantées le long de la rue de la Ferté. Aux maisons anciennes sont accolées des constructions du 20e siècle, qui ont pu être louées aux baigneurs. Certaines anciennes maisons ont été réaménagées au cours de l'entre-deux-guerres ou après 1945.