Dossier d’œuvre architecture IA80002363 | Réalisé par
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • inventaire topographique, Amiens métropole
Abbaye de Bénédictins puis de Mauristes, dite Saint-Fuscien-aux-Bois
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Amiens Métropole - Boves
  • Commune Saint-Fuscien
  • Adresse rue d' Amiens
  • Cadastre 1810 B 70 à 90 ; 2003 AE 31 à 36, 38 à 41, 43, 105, 106
  • Dénominations
    abbaye
  • Genre
    de bénédictins, de mauristes
  • Vocables
    Saint-Fuscien aux Bois
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, jardin, colombier, puits, logement, conciergerie, remise, grange, porcherie, étable, oratoire

Selon le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie (1909), la fondation de l'abbaye de Bénédictins est située au 6e siècle, sur le lieu du martyre des saints Fuscien et Victorice par Frédegonde, ou en 1105, à l'initiative d'Enguerrand de Boves. Ce dernier est à l'origine d'une donation importante qui dote l'abbaye du territoire dit de la Montagne, de la moitié du jardin d'Amilly et du village de Sains, donation confirmée par l'évêque saint Geffroy et par le pape Pascal II, en 1107. Supprimée à la Révolution, l'édifice subsiste à l'état de vestiges (logis abbatial en briques et pierre, du milieu du 18e siècle, d'un bel effet, et quelques bâtiments sans intérêt). Dom Jean Becquet (1976) précise que les Mauristes s'installent dans l'abbaye en 1648.

La monographie rédigée par M. Crampon (1980) indique qu´une communauté religieuse est installée sur le lieu du martyre des saints Fuscien et Victoric au 6e siècle. Lui succède la fondation de l´abbaye bénédictine en 1105 par Enguerrand de Boves qui y est enterré et par l´évêque d´Amiens. Le chevet de l´église s´élevait sur l´emplacement du lieu du martyre des saints Fuscien et Victoric. Le monastère est dévasté en 1433 et 1479 ; les moines se réfugient à Amiens dans une propriété située entre les actuelles rues des Sergents et des Trois-Cailloux. En 1533, survient la mort du dernier abbé régulier de Saint-Fuscien. En 1545 François Ier signe un acte de donation en faveur de la châteleine d´Heilly (canton de Corbie). Le monastère abritera Henri IV, lors de son passage à Amiens, en 1594. En 1789, l´abbaye ne comptait plus que six moines. En 1825, elle devient un pensionnat placé sous la direction des frères de Saint-Joseph. L´auteur signale la présence de vestiges du mur d´enceinte et une petite construction dans le même style que le logis du 17e ou du 18e siècle, qui a pu servir de chenil.

Le Monasticon Gallicanum donne une première représentation de l´édifice (doc. 1) qui comprend l´église et les bâtiments conventuels, dont jardin et vergers clos de murs s´étendent à l´est, le logis abbatial entre cour et jardin, enfin une vaste cour, au nord, où s´élèvent les dépendances. Le tout, clos de murs, est séparé de la voie qui contourne l´abbaye à l´ouest, par des vergers. Deux accès apparaissent sur le dessin, l´un au nord (accès principal) route d´Amiens, l´autre au sud (logis abbatial), depuis le chemin venant de Saint-Fuscien.

L´église abbatiale, de plan en croix latine, est orientée ; elle présente une tour de croisée coiffée d´un toit en pavillon, un chevet à pans coupés. Les bâtiments conventuels de plan en U ceinturant le cloître sur trois côtés s´étendent au sud ; ils communiquent avec le bras sud du transept de l´église. Le dessin figure des corps de bâtiment en rez-de-chaussée surélevé à étage d´attique coiffés de toits à longs pans.

Le logis abbatial, disposant d´un portail indépendant, est construit au sud des bâtiments conventuels qui forment saillie sur la cour, suivant une orientation nord-ouest sud-est. Le corps de bâtiment à étage carré est flanqué d´un pavillon en rez-de-chaussée qui le prolonge du côté du portail, et d´un corps bas en retour d´équerre, à l´ouest. Une tour d´escalier de plan carré est accolée à la façade sud-est sur le jardin. Une petite cour en surplomb sépare le logis du jardin qui s´étend au sud-est. Un portail au nord de la cour, donne accès à la grande cour.

La grande cour ouvre sur la route d´Amiens, au nord, par un grand portail. Les dépendances sont construites à l´ouest et au nord ; un pigeonnier isolé de plan circulaire coiffé d´un toit en poivrière s´élève à l´ouest de la cour (visible depuis le logis abbatial) ; un logis à étage carré est appuyé à la limite nord de la cour.

Sur le cadastre de 1810 (doc. 2) il ne subsiste que des vestiges de l´abbaye (corps sud et est des bâtiments conventuels, ce dernier prolongé au sud) et le parcellaire est fortement remanié. Le cimetière (parcelle 76) occupe l´emplacement de l´église abbatiale, au sud d´une petite église paroissiale de plan allongé (parcelle 74) construite en bordure de la route d´Amiens. Le plan figure également une école (parcelle 75). Le logis abbatial est remplacé par un bâtiment de plan allongé flanqué de deux pavillons formant saillie. Le jardin au sud du logis a été agrandi (parcelle 91), un hémicycle a été aménagé pour ouvrir une perspective sur un mail qui s´étend à l´est (parcelle 92), devenu place publique. Deux dépendances sont visibles au nord du logis abbatial.

La représentation qu´en donnent les frères Duthoit (doc. 3) montre qu´il ne subsiste que le corps est des bâtiments conventuels, prolongé par une construction du 19e siècle (de même style que les communs marquant l´entrée actuelle). Un extrait cadastral de 1950 figure encore le logis abbatial et l´ancienne hôtellerie de l´abbaye, seul vestige des bâtiments conventuels.

Les sources conservées à la bibliothèque municipale d'Amiens (série BB) indiquent que l'abbaye fait boucher le bas des fenêtres de l'église et du couvent pour se protéger des attaques ennemies, en 1590.

La photocopie d´un mémoire touchant la reconstruction de l´église, rédigé en 1863 (documentation MH) indique que des terrains et des bâtiments sont soustrait de la vente de l´abbaye en 1791, date de l´arrêté qui en donne la liste : l´avant-cour du monastère permettant d´accéder à l´église, l´église abbatiale et la sacristie, l´école, une grange dans laquelle est aménagé le presbytère, le colombier, le verger et un jardin réservé au curé, enfin le cimetière. Le procès-verbal de visite de 1809, mentionné dans le mémoire cité plus haut, indique que l´ancienne église abbatiale en ruines présente une longueur de 25 m et une largeur de 7 m, le transept, moins long est aussi large.

Les matrices cadastrales indiquent que le sol de l´église et du cimetière, appartenant aux frères de Saint-Jospeh, est remis en culture peu avant 1886, date de la déclaration. Le pensionnat, appartenant à M. Lardeur, est composé d´un bâtiment, rue de l´Eglise (parcelle 72) achevé en 1837, d´une maison et d´une chapelle (parcelle 78) achevées en 1827 et 1848, enfin d´une conciergerie, achevée en 1877, les parcelles 73, 75 et 76 étant occupées par cour et bâtiment acquis en 1886, avec la parcelle B 80. Sur la parcelle 78, la congrégation est propriétaire de deux maisons, d´une chapelle et du pensionnat. La parcelle B78 appartient à l´évêque d´Amiens, puis au chanoine Cadot, en 1915, avant de devenir la propriété de la société civile immobilière centrale de Picardie, en 1926. Un bâtiment (B 78) est démoli en 1955.

L´ancien logis abbatial et la ferme, au sud (B 77 à B 91) appartiennent à M. Salmon. une maison (B 81) est démolie en 1859. Cette propriété est elle-même divisée.

En 1886, l´ancienne ferme (B 86 : maison, chambre et atelier construits en 1885) est vendue au charpentier Eugène Jourdain-Delamarre en 1886 qui fait agrandir l´atelier en 1888, et fait construire une nouvelle maison en 1904.

En 1888, le logis abbatial et ses dépendances (B 89 : maison et distillerie construite en 1859 et transformée en bâtiment rural en 1884) deviennent la propriété du Crédit Foncier de France, puis de Marie Caroline Jeanne Sommermont.

Deux autres propriétaires se succèdent ensuite, un entrepreneur lillois Victor Louis Dhalluin, en 1898, et un industriel de Saint-Amand-les-Eaux (59), en 1910, puis M. de Witasse-Thézy, qui possédait également la parcelle C 21.

Un courrier adressé au préfet en 1893 par Jeanne Sommermont (documentation MH) indique qu´elle a acquis la maison abbatiale en 1887 à Salmon Pédot. Il s´agit d´une propriété de campagne avec bâtiments à usage de culture et jardin, entièrement close de murs, qui s´étend sur 1 hectare 99 ares et 33 centiares.

A. Guerville (2003) indique que l'oratoire dédié à la Vierge, construit dans l'enceinte de l'ancienne abbaye, est bénit en 1868 par le père Pillon de la Compagnie de Jésus.

  • Période(s)
    • Principale : 6e siècle , (détruit)
    • Principale : 1er quart 12e siècle , (détruit)
    • Principale : 17e siècle , (détruit)
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 2e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1105, daté par travaux historiques

L´édifice, dont le parcellaire a été fortement remembré, comprend actuellement un corps de logis en retrait d´un cour-jardin et des dépendances agricoles construites en limite de la propriété le long de la rue d´Amiens. Une ferme et un terrain de sport occupent la partie est du domaine. Le logis principal est formé d´un corps principal de plan allongé à étage carré flanqué de deux pavillons en rez-de-chaussée. Construit en briques et pierre calcaire, appareillées en assises alternées, il est couvert d´ardoises. Les dépendances agricoles sont construites en briques avec pignons en calcaire appareillé en pierre de taille (de part et d´autre du portail), en briques, au sud-est où elle présentent des pignons découverts. Une conciergerie (?), à l´est du portail, est construite en briques et pierre calcaire appareillées en assises alternées.

  • Murs
    • brique
    • calcaire
    • appareil à assises alternées
  • Toits
    ardoise, tuile mécanique
  • Étages
    1 étage carré
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1988/05/27
  • Précisions sur la protection

    Façades et toitures de l' hôtel abbatial et du petit pavillon du 18e siècle ; mur de clôture ; ensemble des sols compris dans cette enceinte (cad. AC 31, 33 à 36, 40 à 43, 106) : inscription par arrêté du 27 mai 1988.

  • Référence MH

Documents d'archives

  • AD Somme. Série P ; 3 P 702/3. Saint-Fuscien. Matrices des propriétés foncières (1858-1880).

  • AD Somme. Série P ; 3 P 702/6. Saint-Fuscien. Matrices des propriétés bâties. 1881-1911.

  • AD Somme. Série P ; 3 P 702/7. Saint-Fuscien. Matrices des propriétés bâties. 1911-1963.

  • BM Amiens. Série BB ; BB 51. Administration communale.

    1590 Fol. 111

Bibliographie

  • SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie. Tome I : Arrondissement d'Amiens, cantons d'Amiens, Boves et Conty. Amiens : Société des antiquaires de Picardie, 1919. Réed. Bruxelles : Editions culture et civilisation, 1979.

    p. 239-241
  • DUTHOIT, Aimé et Louis. Quelques cantons de Picardie. Amiens : CRDP, 1979.

    pl. 54
  • CRAMPON, Maurice. Le canton de Boves. CNDP, 1980.

    p. 91-92
  • HUBSCHER, Ronald (dir.). Histoire d'Amiens. Privat, 1986.

    p. 71
  • BECQUET, Dom Jean. Abbayes et prieurés. Diocèse d'Amiens. Revue Mabillon. Etudes d'histoire monastique en France. N° 263 janvier-mars 1976.

    p. 138-140
  • GUERVILLE, André. Chapelles et oratoires en pays de Somme. Abbeville : F. Paillart éditeur, 2003.

    p. 198

Documents figurés

  • Monasticon Gallicanum.

    p.
  • Saint-Fuscien. Plan par masses de culture, Cardinet géomètre, 1805 (AD Somme ; 3 P 1101).

  • Saint-Fuscien. Plan cadastral. Section B (DGI).

  • Canton de Boves. Saint-Fuscien, dessin, par Louis Duthoit. In En voyage avec Aimé et Louis Duthoit. Amiens : CRDP, 1979.

    pl. 54
Date d'enquête 2002 ; Date(s) de rédaction 2002
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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