Dossier d’œuvre architecture IA80002364 | Réalisé par
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • inventaire topographique, Amiens métropole
Le village de Saint-Fuscien
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Amiens Métropole - Boves
  • Commune Saint-Fuscien
  • Dénominations
    village
  • Parties constituantes non étudiées
    abbaye, église, pensionnat, école, château d'eau, abreuvoir

Le village de Saint-Fuscien présente des caractéristiques morphologiques liées à son développement aux abords de l´abbaye, implantée sur un site de promontoire ceinturé par une vallée sèche, au nord et à l´ouest. Comme le montre l´implantation du bâti, sur le cadastre napoléonien, le réseau de voies a été modifié. A la voie romaine qui traversait le village s´est substitué une première voie de contournement à l´ouest de l´abbaye, puis l´ancienne rue d´Amiens. Une deuxième voie de contournement a été construite dans le 3e quart du 20e siècle, évitant la traversée du village de la route départementale n°7. La suppression de l´ancien chemin aux Carottes et de la place-carrefour du Petit-Saint-Fuscien, où était établi un cabaret visible sur le plan géométrique de 1805, est vraisemblablement contemporaine.

Plusieurs carrefours ponctuent le village adossé à l´abbaye, qui ne compte pas de place publique avant sa création durant la période révolutionnaire, sur des terrains prélevés au domaine de l´abbaye. Comme à Blangy-Tronville, cette place est située à la périphérie du village. Elle est relié aux voies d´accès au village par le chemin de tour de ville et l´ancien accès sud de l´abbaye. Une rue-place occupée par une mare communale devant l´abbaye, sur laquelle est installée une forge, au milieu du 19e siècle. La croix. Trois autres places carrefours, aux limites nord, est et sud du village.

Comme Blangy-Tronville et Glisy, le village est délimité par un chemin de tour de ville, au sud, le séparant des terres de l´ancienne abbaye.

La suppression de l´abbaye prive le village de son église et de son cimetière, déplacé au sud du village à l´emplacement d´une ancienne carrière. La nouvelle église est reconstruite à la fin du 19e siècle, au sud de la place de l´Abbaye.

L´installation d´un pensionnat, au début du 19e siècle, la construction d´équipements publics mairie et écoles

Le bâti visible sur le cadastre napoléonien est principalement composé de logis à fonctions combinées ou de petits logis construits sur un parcellaire en lanière.

Au 19e et au 20e siècles la construction s´effectue à l´alignement de la voie.

Selon le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie (1919), la seigneurie dépendant de la châtellenie de Boves appartient à l'abbaye, à partir de 1105. La paroisse compte 256 habitants en 1698 et 187 en 1724.

La carte de Cassini (doc. 1), levée entre 1760 et 1789, donne une représentation schématique du village, desservi par une route secondaire contournant l´abbaye.

Le plan géométrique de 1805 (doc. 2) et le cadastre napoléonien donnent une représentation précise du village qui compte alors 76 maisons, plus 6 isolées au nord. Le réseau de voies forme 3 îlots, au nord du village. Deux puits sont visibles au nord du village, l´un au carrefour des rues de Cagny et du Puits, l´autre à l´extrémité de la rue du Puits. Quatre mares sont également représentées le long de la voie principale, l´une à l´est du village, à la jonction de la route de Boves, une deuxième au carrefour de la rue de Cagny et de la voie du Puits, une troisième devant l´ancienne église paroissiale, la dernière à l´embranchement de la route de Sains. Le parcellaire est plus étroit, au sud de la route de Cagny, sur les terrains contigus à l´ancienne abbaye. Le bâti est implanté en retrait de la voie avec cour antérieure et jardin en fond de parcelle, à l´exception de 6 bâtiments alignés sur rue (cour en coeur de parcelle et jardin en fond de parcelle), principalement situés en site de carrefour, et de 4 bâtiments implantés perpendiculairement à la voie (cour sur rue et jardin en fond de parcelle).

Les états de section du milieu du 19e siècle et les matrices de 1858-1880, conservés aux archives départementales, mentionnent plusieurs artisans liés aux métiers du bâtiment (menuisiers, charpentiers, maçons, tailleur de pierres) et du textile (saiteurs et coupeur, tailleur d´habits). Carrières et argilières sont mentionnées dans les matrices de 1858-1881. Une parcelle est acquise par la mairie en 1911 pour établir une nouvelle carrière (A 437). Les matrices cadastrales mentionnent également une forge (1865) et la présence de commerces et de boutiques (rue de Cagny) construites en 1868.

Les documents conservés aux archives départementales (série O) mentionnent trois mares dans le village, celle dite de Gaudefroy, réparée en 1870, la mare d´en-Bas, réparée en 1882, celle de la rue de Boves, réparée en 1886. Un mur de soutènement est construit à la mare Perrette (rue Saint-Fuscien), en 1911, enfin, en 1912, Paul Gaudière cède une partie de son terrain (A 44) pour la création d´une nouvelle mare. Pour le redressement de la route de grande communication n°7, une grange est démolie en 1877 (face à l´ancienne église) et une portion de terrain communal est cédée à M. Graire, au sud de la mare, en 1900. Un plan de 1877 montre une forge installée devant l´ancienne abbaye, à l´emplacement du monument aux morts. Des travaux de terrassement de la voie du Puits, ont lieu en 1902. A la déviation du chemin de Rumigny, en 1906, succèdent des projets d´alignement des rues de Boves et de Cagny, en 1909 et en 1910, cette dernière est rectifiée en 1911 et en 1924. Le village est équipé d´une cabine téléphonique, construite en 1907 et vendue en 1920, à la suite du déplacement de l´appareil dans un commerce du village. En 1921, Société d´intérêt collectif agricole d´électricité de la région de Sains est autorisée à construire un transformateur électrique, au croisement de la rue de Cagny et de la rue d´Amiens.

Les dessins des frères Duthoit figurent la mare et l´ancienne église paroissiale, qui formaient le centre du village au milieu du 19e siècle.

La réponse au questionnaire de 1878 indique que la commune compte deux écoles pour 417 habitants.

La notice géographique et historique, rédigée en 1899 par l´instituteur Cavillon, indique que le village compte une école de filles et une mairie-école de garçons, pour une population de 426 habitants, ainsi qu´un pensionnat dirigé par des religieux. Les ouvriers du bâtiment travaillent essentiellement à Amiens.

M. Crampon (1980) signale que le nord du village est détruit par les bombardements de 1940. Il indique des chiffres de population suivants : 256 (1698), 187 (1724), 547 (1806), 550 (1851), 540 (1857), 426 (1896), 318 (1912), 286 (1957).

  • Période(s)
    • Principale : 12e siècle
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 20e siècle

Le village de Saint-Fuscien situé sur un promontoire, s´étend au nord et à l´ouest de l'abbaye ; il est ceinturé par une vallée sèche qui présente un fort dénivelé. Comme le montre le cadastre actuel, le village présente une structure de type village-rue en Y avec une voie de contournement semi circulaire à l´ouest. L´axe principal (route départementale) contourne le site de l´abbaye. On peut observer la présence de plusieurs îlots, au nord du village, et l'absence de place qui marquerait le centre du village ; les monuments sont cependant regroupés sur un espace libre longeant l'ancienne abbaye (monument aux morts et croix de chemin). L´emplacement de l´église est marginal ; un simple parvis la sépare de la voie. Le cimetière est situé en contrebas du village, au nord. Plusieurs carrefours ponctuent la rue de Cagny. Le bâti est concentré au niveau du pôle de jonction (carrefour) au nord de l´abbaye, et se développe le long des voies principales et secondaires ainsi que dans les lotissements de type poche et de type filant situés au nord et à l´ouest. Un lotissement forme un pôle isolé au sud-ouest du village (La Madeleine). On observe une implantation du bâti «entre cour et jardin» avec dépendances à l´alignement (très ponctuel), sur rue avec cour en coeur de parcelle, en retrait dans les lotissements périphériques. Un pôle secondaire, au sud-ouest, est relié au village par les lotissements réalisés à l´ouest de la voie de contournement (le Petit-Cagny).

  • Typologies
    plateau ; village-rue
  • Statut de la propriété
    propriété publique
    propriété privée

Le monument aux morts de Saint-Fuscien a été réalisé en 1921 (Guerrini). Il présente la forme la plus fréquente de l´obélisque, ici orné d'un casque militaire et de la palme du martyre. On signalera le dispositif végétal comparable à celui de Blangy-Tronville.

Documents d'archives

  • AD Somme. Série O ; 99 O 3373. Saint-Fuscien. Administration communale (après 1870).

  • AD Somme. Série O ; 99 O 3374. Saint-Fuscien. Administration communale (1891-1939).

  • AD Somme. Série P ; 3 P 702/2. Saint-Fuscien. Matrices cadastrales. 185[?].

  • AD Somme. Série P ; 3 P 702/3. Saint-Fuscien. Matrices des propriétés foncières (1858-1880).

  • AD Somme. Série T ; 99 T 3807 705/1. Plan de la mairie et école de garçons. (questionnaire de 1878).

  • AD Somme. 99 T 3807 705/2. Saint-Fuscien. Plan de l'école de filles (questionnaire de 1878).

  • AD Somme. Monographies communales. Notice géographique et historique.

    Saint-Fuscien, par Cavillon, 1899

Bibliographie

  • DUTHOIT, Aimé et Louis. Quelques cantons de Picardie. Amiens : CRDP, 1979.

    pl. 53
  • SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie. Tome I : Arrondissement d'Amiens, cantons d'Amiens, Boves et Conty. Amiens : Société des antiquaires de Picardie, 1919. Réed. Bruxelles : Editions culture et civilisation, 1979.

    p. 239-241
  • CRAMPON, Maurice. Le canton de Boves. CNDP, 1980.

    p. 90-93
  • GUERRINI, Dominique. GUERRINI, Jean-Etienne. Recensement des monuments aux morts de la Somme, 1990.

Documents figurés

  • Carte de Cassini, planche 5 H, imprimé, d'après Cassini, 1760-1789.

  • Saint-Fuscien. Plan par masses de culture, Cardinet géomètre, 1805 (AD Somme ; 3 P 1101).

  • Canton de Boves. Saint-Fuscien, dessin, par Louis Duthoit. In En voyage avec Aimé et Louis Duthoit. Amiens : CRDP, 1979.

    pl. 53
Date d'enquête 2002 ; Date(s) de rédaction 2002
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.