Dossier d’œuvre architecture IA80002939 | Réalisé par
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • inventaire topographique, Amiens métropole
  • patrimoine funéraire
Ancienne église paroissiale et cimetière Notre-Dame-des-Champs ou Sainte-Marie-des-Champs, actuellement cimetière communal de Boves
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Boves
  • Commune Boves
  • Adresse chemin de la Montagne
  • Cadastre 1811 I 331  ; 2003 AE 103 à 106
  • Dénominations
    église paroissiale, cimetière
  • Vocables
    Notre-Dame-des-Champs, Sainte-Marie-des-Champs
  • Parties constituantes non étudiées
    clôture, portail, croix de cimetière, cimetière militaire

Le cimetière Notre-Dame de Boves, aménagé en surplomb du village, est l´un des plus anciens de l'aire d'étude. Comme le montre le cadastre napoléonien, il s´étend au nord-ouest de l´ancien prieuré, et constitue le seul vestige de l´église paroissiale détruite. En 1820, l'espace non clos est un lieu de passage où paissent des "bestiaux de toute espèce". Sa situation sur le promontoire occupé par le village, au Haut Moyen Age, rend son accès difficile, jusqu'au percement de la rue de la Montagne-de-Monsieur-le-Curé. Menacé de destruction, il sera finalement conservé et clos, en 1822, puis agrandi en 1870, en 1874 et en 1875, sur les plans de l'architecte voyer J. Rouaux. Les premières concessions y sont mises en vente en 1838. La disposition des tombeaux est exemplaire des deux périodes d´occupation. Le conflit relatif à l'érection d'un mausolée, en 1836, est également exemplaire du changement qiu s'opère au 19e siècle et du trouble provoqué par l'appropriation "exclusive" d'un morceau de terrain. On voit également que les premiers tombeaux en forme de chapelle, élevés autour de 1840, sont contemporains de ceux élevés à la Madeleine.

Après la première extension de 1870, qui donne lieu à un aménagement orthogonal, les plans de l'architecte voyer réalisés en 1874 et 1875 sont particulièrement évocateurs de l'influence des cimetières urbains d'Amiens, La Madeleine, mais également Saint-Acheul, bien que comme ceux du cimetière Saint-Nicolas, ils ne semblent pas avoir été mis en oeuvre.

Comme à Allonville ou Saint-Fuscien, il comprend une section destinée au cimetière militaire, ici encore placé sur l´un des côtés et doté d'une croix du Sacrifice comme ceux de Longueau et de Blangy-Tronville.

Documents figurés :

Un cimetière de plan triangulaire est visible sur le cadastre napoléonien (doc. 1), au nord-ouest de l'ancien prieuré. La parcelle d'angle est bordée par deux chemins, dont l'un, à l'est menant au prieuré.

Plusieurs plans du cimetière sont conservés aux archives départementales (série O). Les plans réalisés en 1870 (doc. 6 et 7), lors de la première extension, figurent les emplacements des concessions dans des îlots rectangulaires parallèles. Les plans de 1874 (doc. 8 et 9) montrent un nouvel aménagement paysager étendu à l'extension projetée l'année suivante (doc. 10, 11 et 12).

Sources :

Les documents conservés aux archives départementales (série O) indiquent qu´en 1811, le cimetière n´est séparé du village et de la maison voisine, dite le Prieuré, que par un «rideau» ; le pétitionnaire, propriétaire de cette maison et désireux de racheter le terrain, fait valoir que ce cimetière ne peut être conservé en raison de sa proximité des habitations et de sa situation sur un rocher, sans profondeur suffisante ; le cimetière non clos exhale, en outre, des vapeurs pestilentielles. Un rapport de 1820 indique que le cimetière de l'ancienne église Notre-Dame n'est pas clos, comme le cimetière Saint-Nicolas ; il sert "de voirie habituelle, l'on y voit pacage de bestiaux de toute espèce". Le maire de la commune et des pétitions des habitants suggèrent de supprimer le cimetière Notre-Dame, "sur le haut de la montagne, d'un abord très difficile" (cf. annexe 1). En 1822, le cimetière est clos et des travaux de nivellement sont réalisés pour combler l'excavation résultant de la démolition de l'ancienne église paroissiale Notre-Dame.

En 1836, le maire refuse à M. Barbier l'autorisation de faire élever un mausolée, sur la tombe de son fils. "Il est d'usage généralement observé à Boves de poser sur les tombes des croix, des pierres, des monuments, d'autres signes, sans demander d'autorisation" mais cette fois, l'élévation et l'étendue du mausolée et surtout l'inscription projetée mentionnant le nom de la famille sont pour le maire une prise de possession exclusive. L'inscription est donc supprimée du tombeau. En 1842, M. Baudeloque demande à agrandir sa concession de 9 m2 acquise deux ans plus tôt, dont l'étendue est insuffisante pour y construire une chapelle.

Les premières concessions sont mises en vente en 1838. En 1849, l´entrepreneur Briet réalise une clôture.

Le cimetière est agrandi en 1870 (doc. 2 et 3), puis en 1874 (doc. 4). Un premier projet d'aménagement paysager est réalisé à cette date (doc. 5). L'année suivante, un second projet est réalisé par l'agent-voyer J. Rouaux (doc. 6, 7 et 8). L'entrepreneur Louis Dumigny construit le mur de clôture, en 1877, date de l'acquisition de grilles et de bancs. En 1880, il n'y a pas de concessions dans l'ancien cimetière. Les inhumations y sont interdites en 1882 et en 1903.

Travaux historiques :

A. Janvier (1896) indique que l'ancienne église paroissiale Sainte-Marie-des-Champs, ancien prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Fuscien, est démolie après la Révolution ; il ne subsiste alors que l'ancien cimetière.

M. Crampon (1980) indique que l´église Sainte-Marie-des-Champs est construite dans l´enceinte du château, pour le prieuré fondé par Enguerrand II en 1196, qui dépend de l´abbaye de Saint-Fuscien. Élevé à l´emplacement d´un ancien temple (au fond du cimetière actuel), l´édifice roman est détruit en 1823. Il servait d´église paroissiale au premier village.

Le site de la Commonwealth War Graves commission mentionne la présence de 67 tombeaux de militaires morts durant la Première guerre mondiale (51 anglais et 12 français). En 1918, le cimetière est agrandi d'un second carré militaire à l'ouest, dans lequel sont placés les tombeaux de 91 canadiens et une croix du Sacrifice, dessinée par Reginald Blomfield.

Le cimetière Notre-Dame de Boves est situé à l´écart, en surplomb du village. La parcelle enclavée de forme irrégulière, d´une superficie d´environ 17000 m2, close par une haie et un mur de briques, à l´est. Le cimetière est distribué par un réseau orthogonal d´allées couvertes de graviers. A l´est, l´ancien cimetière (fig. 14) ne dispose pas de réseau de distribution. A l´ouest, se situent les cimetières militaires. Dans la partie neuve, l´espace entre les tombes est recouvert de graviers. Les tombeaux y sont disposés perpendiculairement aux allées. Dans la partie ancienne, les tombeaux sont dispersés en pleine terre. L´aménagement végétal se limite à des arbres de tige et des bosquets, dans la partie ancienne. Trois cimetières militaires sont aménagés (fig. 22 à 24) : l´un à l´ouest, s´étend sur une longue bande de gazon isolée par des haies de buis longeant la limite du cimetière ; les stèles fleuries sont alignées en contrebas, un escalier à deux degrés mène à la croix du Sacrifice. Les deux autres cimetières militaires aménagés dans des carrés sont situés au nord. L´un est formé des mêmes stèles en pierre blanche ; de simples croix de bois s´élèvent dans le cimetière français.

  • Typologies
    cimetière d'enclos paroissial (churchyard) ; mutation de la trame ; cimetière militaire comprenant une croix du Sacrifice
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Documents d'archives

  • AD Somme. Série O ; 99 O842. Boves. Travaux communaux (avant 1869).

  • AD Somme. Série O ; 99 O844. Boves. Biens communaux (avant 1869).

  • AD Somme. Série O ; 99 O855. Boves. Objets généraux, divers, personnel et police. Biens communaux, aliénations, acquisitions (1870-1939).

  • AD Somme. Série O ; 99 O848. Boves. Travaux communaux (avant 1869).

Bibliographie

  • JANVIER, A. Boves. La Picardie historique et monumentale. Amiens : Yvert et Tellier, 1896.

    p. 260

Documents figurés

  • Boves. Plan cadastral, section I, [1811] (AD Somme ; 3 P 1181).

  • Canton de Boves. Boves. [Eglise Notre-Dame-des-Champs. Façade orientale], dessin, par Louis Duthoit. In En voyage avec Aimé et Louis Duthoit. Amiens : CRDP, 1979.

  • Canton de Boves. Boves. [Eglise Notre-Dame-des-Champs. Façade nord], dessin, par Louis Duthoit. In En voyage avec Aimé et Louis Duthoit. Amiens : CRDP, 1979.

  • Canton de Boves. Boves. [Eglise Notre-Dame-des-Champs. La nef], dessin, par Louis Duthoit. In En voyage avec Aimé et Louis Duthoit. Amiens : CRDP, 1979.

  • Canton de Boves. Boves. [Eglise Notre-Dame-des-Champs. Façade orientale], dessin, par Louis Duthoit. In En voyage avec Aimé et Louis Duthoit. Amiens : CRDP, 1979.

  • Plan d'une parcelle de terrain cédée par M. Goidin pour l'agrandissement du cimetière Notre-Dame, dessin, 1870 (AD Somme ; 99 O 844).

  • Plan du terrain, dont l'acquisition est projetée pour l'agrandissement du nouveau cimetière Notre-Dame. Premier projet, dessin, J. Rouaux, 1874 (AD Somme ; 99 O 855).

  • Boves. Cimetière Notre-Dame. Plan des allées du nouveau cimetière. Premier projet, dessin, J. Rouaux, 1874 (AD Somme ; 99 O 855).

  • Boves. Plan des allées du nouveau cimetière Notre-Dame, dessin, J. Rouaux, 1875 (AD Somme ; 99 O 855).

  • Plan du terrain, dont l'acquisition est projetée pour l'agrandissement du nouveau cimetière Notre-Dame, dessin, J. Rouaux, 1875 (AD Somme ; 99 O 855).

  • Plan des allées du nouveau cimetière Notre-Dame avec l'indication des concessions, dessin, J. Rouaux, 1876 (AD Somme ; 99 O 855).

Annexes

  • Lettre du maire de Boves au préfet, 1820 (AD Somme ; 99 O 844)
Date(s) d'enquête : 2003; Date(s) de rédaction : 2003
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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