Dossier d’œuvre architecture IA80009691 | Réalisé par
Fournis Frédéric
Fournis Frédéric

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, région Hauts-de-France.

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  • inventaire topographique, Val-de-Nièvre
  • patrimoine funéraire, Val-de-Nièvre
Église paroissiale Saint-Martin et ancien cimetière de Pernois
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Domart-en-Ponthieu
  • Commune Pernois
  • Adresse rue de l' Église
  • Cadastre 1832 B 689, 690  ; 1984 AC 69, 70
  • Dénominations
    église paroissiale, cimetière
  • Vocables
    Saint-Martin
  • Parties constituantes non étudiées
    croix de cimetière, monument aux morts

La première église paroissiale de Pernois formait probablement un prieuré-cure au 12e siècle, comme semble l'indiquer une bulle du pape Eugène II, qui adresse le 2 avril 1152 à Évrard, prieur de l'église Saint-Martin de Pernois, et aux religieux qui desservaient la paroisse, une confirmation de divers droits et dîmes. Cet établissement, qui relevait de l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais, disparait semble-t-il lorsque Thibault III d'Heilly, évêque d'Amiens, s'installe en 1175 dans ses bâtiments.

Pour pallier cette disparition, l'église actuelle est certainement construite peu après, soit à la fin du 12e ou au début du 13e siècle, comme peuvent le laisser penser les vestiges les plus anciens, l'archivolte du portail occidental et le linteau orné d'un arc trilobé de la porte latérale. Le transfert est confirmé en 1340 par Jean de Cherchemont. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, la paroisse de Pernois relève du doyenné de Vignacourt mais les évêques d'Amiens, seigneurs du lieu, sont également patrons de la cure et décimateurs de la paroisse. L'église est remaniée et en partie reconstruite au milieu du 18e siècle, à l'initiative de Louis François Gabriel d'Orléans de la Motte, évêque d'Amiens de 1734 à 1774, qui fait notamment ériger le transept et l'abside.

Par devis du 25 avril 1810, Charles Demoulins, architecte à Doullens, mène des réparations à l'église, comprenant la réfection de la charpente et de la couverture, ainsi que la démolition et la reconstruction du clocher. Les pignons du transept sont alors remplacés par des croupes, les voûtes d'ogives du chœur et les ailerons du portail sont détruits. Le couvrement de plâtre de l'ensemble de l'édifice est probablement réalisé à cette époque. Le cimetière qui entourait l'église est transféré à l'extérieur du village en 1862, à l'exception de quelques monuments notamment la base et la colonne de l'ancienne croix, et une croix de tombeau qui a subsisté au moins jusqu'à la Première Guerre mondiale. Les trois cloches sont refondues en 1884 par le fondeur amiénois Lecul. La sacristie, qui communique avec le jardin de l'ancien presbytère, a été reconstruite au 20e siècle.

L'église est construite en pierre de taille avec un soubassement de grès. Elle est formée d'une nef unique, d'un transept et d'une abside. La façade occidentale est ponctuée de deux étroits contreforts. La partie supérieure du pignon, couronnée d'une corniche en biseau, sert d'assise au clocher essenté d'ardoise et ouvert d'abat-son sur ses quatre côtés. Le portail est formé d'une baie cintrée soulignée d'une voussure et d'une archivolte. Selon R. de Guyencourt, la clef, aujourd'hui très usée, représentait une tête d'évêque accompagnée d'une crosse, tandis qu'à la base de l'archivolte étaient sculptées des têtes humaines. La porte latérale nord est surmontée d'un linteau décoré d'un arc trilobé. La nef est couverte d'une fausse voûte en berceau de plâtre prolongée par le cul-de-four de l'abside. Les deux bras du transept, symétriques, sont également couverts d'un faux plafond en plâtre. La partie occidentale de la nef est couverte d'une tribune, éclairée par un oculus ovale en façade. La nef est éclairée de quatre baies étroites et cintrées, chacun des bras du transept par une large baie légèrement cintrée. Les deux baies de l'abside, de taille plus réduite, sont de forme rectangulaire. Comme la plupart des églises de la région construites en craie (Bouchon, Franqueville, Fransu, Ribeaucourt, Surcamps), l'église de Pernois porte des graffitis du 18e siècle sur son flanc sud, dont certains sont probablement des épitaphes ou inscriptions funéraires liées aux sépultures du cimetière qui l'entourait.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • grès pierre de taille
    • essentage d'ardoise
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan en croix latine
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • fausse voûte en berceau
    • fausse voûte en cul-de-four
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit en pavillon
    • croupe
    • croupe ronde
    • noue
    • pignon couvert
  • Typologies
    cimetière d'enclos paroissial (churchyard)
  • État de conservation
    mauvais état
  • Techniques
    • peinture
    • sculpture
  • Précision représentations

    monogramme ; ornement végétal ; tête humaine

    Sur le cul-de-four, les monogrammes IHS (au centre), MA (au nord) et SM (au sud) se détachent dans une ormenation de rinceaux dorés sur un fond bleu-vert. Le tympan trilobé de la porte latérale nord est orné de deux petites têtes de personnages en ronde-bosse, dans le même esprit que ceux des coussinets.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • AD Somme. Série O ; 99 O 2983. Pernois. Administration communale, avant 1869.

    Restauration de l'église, devis du 25 avril 1810 par Demoulin.

Bibliographie

  • GROUE, Lucien. Aux sources de la Nièvre en Picardie. Abbeville : F. Paillart, 2000.

    p. 102, 156-157
  • GUYENCOURT, R. de. Pernois. L'église. In : La Picardie historique et monumentale. Tome V : Arrondissement de Doullens, volume n° 2 : canton de Domart-en-Ponthieu. Amiens : Yvert et Tellier /Paris : Auguste Picard, 1913.

    p. 62-64

Documents figurés

  • Eglise de Pernois, aquarelle sur papier par Oswald Macqueron, 16 mai 1876 (BM Abbeville, collection Macqueron ; Dom. 62).

  • Pernois. L'église (XIVe siècle) (Environs d'Amiens) , carte postale, collection B.D., Paris, avant 1906 (coll. part.).

  • Croix funéraire de l'ancien cimetière, photographie au gélatino-bromure d'argent, 1910 (AD Somme ; 14 Fi 29/25).

  • Pernois. Tympan de la porte latérale de l'église, lithographie. In : La Picardie historique et monumentale, 1913, t. V, vol. 2.

    p. 62
  • Pernois (Somme). L'église, carte postale, Fossier-Degrez éditeur, vers 1925 (coll. part.).

  • Pernois (Somme). Intérieur de l'église , carte postale, Fanchon éditeur, 2e quart du 20e siècle (coll. part.).

Date(s) d'enquête : 2009; Date(s) de rédaction : 2008
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Fournis Frédéric
Fournis Frédéric

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