Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
- inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
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Lefébure ThierryLefébure ThierryCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe au Service régional de l'Inventaire des Hauts-de-France (2023).
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
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Commune
Long
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Dénominationsvillage
Riche d'une longue histoire débutée dès l'Antiquité, le village de Long occupe une place centrale dans la vallée de la Somme. Au-delà des activités traditionnelles d'extraction de la tourbe, il a contribué à l'essor de l'industrie textile qui a dynamisé tout ce territoire au XXe siècle, a vu naître l'une des premières centrales hydroélectriques de France et même esquissé un avenir dans l'aéronautique avec l'invention du tubavion. Son patrimoine bâti est riche d'une diversité qui s'est maintenue jusqu'à nos jours : entre maisons d'ouvriers et d'artisans en pans de bois et torchis, l'imposante église bâtie dans un style néo-gothique précurseur, jusqu'au château XVIIIe qui se dresse encore fièrement au bord du fleuve Somme. Aujourd'hui le village continue d'attirer promeneurs, et touristes intéressés par le site naturel exceptionnel des marais et tourbières de la vallée de la Somme mais aussi par le patrimoine et l'histoire, ou par les loisirs de chasse à la hutte et de pêche, hérités des activités traditionnelles passées.
Histoire du village
Sites et découvertes archéologiques
Plusieurs découvertes archéologiques faites à Long témoignent d’une occupation du village dès le IIIe siècle avant notre ère.
Entre 1966 et 1975, l'archéologue Roger Agache mène des prospections aériennes dans le secteur de Long pour repérer d'éventuelles traces d'occupation ancienne. Il observe plusieurs enclos (protohistoriques ou gallo-romains) dans différents secteurs du village (lieu-dit les Neuf, les Onze, et la vallée Douillet), ainsi que plusieurs villas gallo-romaines (une au lieu-dit les Onze et deux à la plaine d’Ailly).
Les villas ont bénéficié de prospections plus approfondies dans un second temps, ce qui a permis de déterminer une époque d’occupation commune entre la Tène ancienne (vers -450) et le IIIe siècle de notre ère. La première, au lieu-dit Les Onze, a été fouillée en 1988 et en 2000, permettant de mettre au jour les fondations de plusieurs édifices et 127 tessons.
Les deux villas de la plaine d’Ailly se situent à 300 m de distance l’une de l’autre. La première, fouillée en 1994 et 2000, se situe au bord du plateau. 44 tessons et un sesterce de Faustine II (IIe siècle de notre ère) y ont été retrouvés. La deuxième, située entre les deux bois, est fouillée en 2000. Ces prospections permettent de découvrir les traces de fondations d’édifices et de murs de clôture ainsi que celle d’une ancienne mare dans laquelle ont été trouvées des céramiques.
D’autres sites laténiens et gallo-romains ont été mis au jour sur le plateau lors de fouilles organisées avant la construction de l’autoroute A16, au lieu-dit Dix-Huit et au Rideau de Jacques (Ben Redjeb, 2012).
Ces différents lieux sont principalement établis sur le plateau de Long, mais quelques découvertes ont été faites au niveau du coteau ou des marais de la commune. Ainsi, une épée en fer à deux tranchants a-t-elle été trouvée dans les tufs en 1800. En 1855, des sépultures d’enfants avec des céramiques sigillées ornées d’arabesques, un squelette avec des fragments d’armure, une enseigne romaine et de la monnaie du Bas-Empire ont été mis au jour lors du défrichement d’un bois sur le coteau. Enfin, une céramique sigillée et une coupe ont été découvertes dans les marais au XIXe siècle.
Origines du village et de son hameau
La première mention de Long remonte à 855 sous le nom de Longus Superior. Le village est ensuite cité sous les noms de Longo, Longum, Lonc ou encore Longum in Pontivo (Garnier, 1867-1878). Cette dénomination particulière viendrait, d’après l’Abbé Delgove, de l’ancienne implantation du village. D’après l’auteur de l’Histoire de Long et Longpré-les-Corps-Saints, le village aurait été construit autrefois au fond de la vallée de la Somme : "Le corps du village s’allongeait depuis la Somme jusqu’au hameau du Câtelet, à droite et à gauche du chemin qui est aujourd’hui la route d’Airaines à Doullens" (Delgove, 1860). Construit en longueur le long de l'actuelle chaussée du Câtelet, le village aurait donc été appelé "Longus". La chaussée est une ancienne digue-barrage aménagée sur la Somme au Moyen Âge qui permettait, entre autres, d’accéder aux étangs de pêche et de contrôler les inondations. C’était également, pendant longtemps, l’une des rares voies qui connectait les deux versants de la vallée. C’est pour ces raisons que les habitations ont été installées de part et d’autre de la chaussée.
Deux châteaux forts auraient été construits à chaque extrémité de la longue rue qui formait le village : l’un à l’emplacement de l’actuel château de Long, et l’autre au Câtelet, le hameau de Long. C’est d’ailleurs de ce second édifice que le nom du hameau serait d'origine, car Câtelet signifierait "petit château" en langue picarde. Sa première mention remonte à 1291 sous le nom "Les Castiaux", puis Catelet en 1526 (Garnier, 1867-1878). Le premier château est attesté par les sources écrites, contrairement au second. Seul le nom du hameau laisse imaginer qu'il y avait un château au Câtelet.
La seigneurie du village et de son hameau
Long, Longpré-les-Corps-Saints et le Câtelet dépendaient de la même seigneurie, même si elles formaient trois paroisses différentes (Prarond, 1867). Le premier seigneur de Long est Guillaume de Fontaines en 1119 (de Belleval, 1975). Aléaume de Fontaines, seigneur de Long entre 1185 et 1205, a également été mayeur d’Abbeville. La famille de Fontaines appose son sceau sur une charte communale à Long. La date de sa rédaction n’est pas connue, mais elle aurait été réalisée au XIIe siècle. Delgove écrit à propos de cette charte que les habitants de Long "étaient administrés par leurs élus ou mandataires qui jugeaient les plaids des bourgeois, toutes les fois qu'il y avait lieu. Le mot Commune était même devenu chez eux un mot puissant et sauveur, car si un bourgeois ou juré refusait aide et assistance à quiconque avait crié Commune, il était puni par les échevins". Au début du XIIIe siècle, il semble y avoir à Long un château fortifié et un hôtel-Dieu Saint-Nicolas. Longpré et le Câtelet sont beaucoup moins développés que Long (Delgove, 1860).
En 1320, la seigneurie passe, par le mariage de Jeanne de Fontaines avec Jean de Crésecques, à une nouvelle famille (de Belleval, 1870). Le village et son château subissent d’importants bouleversements lors des conflits de la guerre de Cent Ans. La charte communale, qui a probablement été abandonnée au début de cette période de trouble, est rétablie en 1379 par Robert de Crésecques (Delgove, 1860). En 1380, le seigneur de Long disposait de droits sur les marchandises qui circulaient sur la Somme, au pied du château.
La famille de Croÿ récupère les terres en 1489 par le mariage de Jeanne de Crésecques avec Jean de Croÿ, comte de Rœux. En 1570, Marie de Croÿ et son mari Adrien de Boulainvilliers héritent de la seigneurie. En 1656, Abraham de Boulainvilliers laisse le domaine à sa nièce, Anne de Dangueulles, femme de Philippe de Montigny, conseiller, maître d’hôtel ordinaire du roi et gouverneur de Dieppe. Les terres de Long sont vendues à Honoré de Buissy en 1698. C’est lui qui fait construire l'actuel château de Long (IA80010941), au début du XVIIIe siècle. Pierre de Buissy vend la seigneurie de Longpré-les-Corps-Saints en 1773 à Jean-François, marquis de Louvencourt, séparant définitivement les deux villages. Enfin, c’est le comte de Boubers qui récupère le château de Long en 1789, grâce à son mariage avec Anne-Charlotte-Élisabeth de Buissy.
Conflits et destructions à Long
Situé dans la vallée de la Somme, Long a subi les nombreux conflits qui ont marqué le territoire. Lors de la guerre de Cent Ans, les campagnes sont pillées et incendiées par des compagnies d’Anglais, de Navarrais et de brigands. En 1359, Philippe de Navarre et ses hommes se réfugient au château de Long après avoir tenté de prendre Saint-Valery-sur-Somme. Un an plus tard, le château est détruit par les Abbevillois pour éviter que le lieu ne soit pris par les ennemis. L’édifice est rebâti immédiatement par le seigneur Robert de Crésecques, vraisemblablement quelques mètres plus haut (Delgove, 1860).
En 1639, lors de la guerre contre les Pays-Bas espagnols, des soldats de l’armée française revenant de l’Artois, menés par le maréchal de La Meilleraye, "pillent Long entre autres villages sur lesquels ils se dédommageaient des duretés de la guerre" (Prarond, 1867).
Long ne subit aucun conflit direct au moment de la Première Guerre mondiale, mais des troupes anglaises sont installées dans le village. Elles établissent notamment des magasins, des bureaux et une "installation téléphonique complète" dans l’hôtel de ville. La municipalité réclame des dommages de guerre pour réparer les dégâts faits à l’hôtel de ville pendant cette période (AD Somme ; 10 R 1451).
Lors de la Deuxième Guerre mondiale, la commune subit d’importants dégâts lors des combats de mai 1940, puis en 1944. Le 9 mai 1944, des bombardements, dont le but était la destruction du pont à Long, vont endommager un grand nombre d’édifices construits à proximité. Pour s’en protéger, les habitants se réfugient dans les caves, les souterrains, et sous le parvis de l’église. Long est libéré au début du mois de septembre 1944 (Bellard, 1987). 179 immeubles sont partiellement détruits, dont 131 habitations et 40 bâtiments d’exploitation agricole (AD Somme ; 26 W 838). Les édifices communaux ont également subi des dégâts, comme l’église, la chapelle, l’école de garçons, la centrale hydroélectrique, mais surtout la mairie qui est la plus proche du pont (AD Somme ; 1272 W 39). Les canalisations et installations électriques liées à la centrale ont également été très détériorées. Le château, occupé par les Allemands pendant tout le conflit, nécessite également d’importantes restaurations. Un plan des destructions est dressé par le géomètre M. Potel en 1946 (ill.). L’architecte chargé de la reconstruction des édifices publics est Robert Dellerieu de Pont-Remy. Il s’occupe également de la reconstruction d’édifices privés dans la commune, comme un second architecte de la reconstruction, M. Chailleux, en 1950.
Activités de la commune
Hôtel-Dieu
Un hôtel-Dieu (ou maladrerie) Saint-Nicolas, est mentionné à Long dès le XIIIe siècle (Delgove, 1860). Cet établissement est également cité dans un aveu des échevins de Long au seigneur, fait le 1er avril 1592. Dans cet aveu, les échevins indiquent que la ville est "tenue" de "ségréger" les habitants "suspectioné du mal de Monseigneur saint Ladre", c'est à dire isoler les habitants de Long atteints de la lèpre. À la fin du XVIIe siècle, la maladrerie ne semble plus être en activité : la chapelle est en mauvais état, "récemment profanée par les bestiaux". L'édifice appartient alors à M. le chevalier de Rancy. Delgove indique que la chapelle est ensuite "devenue castrale", c'est-à-dire qu'elle dépend du château, donc des seigneurs de Long. Plusieurs chapelains sont mentionnés entre 1737 et 1784. La chapelle semble avoir disparu peu de temps après cette dernière date, car elle n'apparaît déjà plus sur le plan du cadastre napoléonien de 1812.
Activités liées au marais
L’industrie de la tourbe est très ancienne dans la vallée de la Somme. À Long, elle est déjà mentionnée dans la charte communale de 1379, dont les articles sont repris dans un aveu de 1738 : "Les habitants peuvent tailler, tourber, fouir et houer en tous lieux et toutes fois que bon leur semblera, et dits marais de Long, carrière, terroir, etc. Les échevins et habitants sont tenus de payer au seigneur dix sols parisis par chacun cent millier de tourbes taillés" (Prarond, 1867). La réglementation d’exploitation de la tourbe inscrite dans la charte communale de Fontaine-sur-Somme au XIIIe siècle indique que les habitants de la commune voisine exploitent déjà cette ressource au Moyen Âge. Il est donc fortement probable que cette activité soit aussi ancienne à Long.
Les marais de Long appartiennent donc au seigneur, et c'est lui qui donne le droit d'y extraire la tourbe. Ce droit est cédé à la commune en 1698, qui a désormais la possibilité de vendre par adjudication les terrains tourbeux de son territoire (AD Somme ; 99 O 2375). Ces ventes s’intensifient fortement au cours du XIXe siècle, en grande partie pour financer la construction des édifices publics de Long grâce à la vente de tourbages extraordinaires. L’autre partie, le tourbage ordinaire, est réservé comme énergie de chauffage pour les habitants de Long. Cette ressource est extraite entre les mois d’avril et de juillet, puis séchée avant d’être vendue. Environ 200 personnes (patrons et ouvriers) travaillent à l’extraction de ce combustible. L’outil qui permet d’exploiter la tourbe est le "petit louchet". Ce dernier ne permettant pas d’atteindre une profondeur importante (50 à 70 cm), le "grand louchet" (6 m) est inventé par Eloi Morel en 1776 (Bellard, 1989).
Entre 1810 et 1855, trente-trois hectares et dix ares de terrains tourbeux ont été exploités. Quelques habitants et les autorités locales (préfecture) s’insurgent de cette exploitation qu’ils considèrent comme excessive, estimant que le village "quoique richement doté encore, (…) arrivera à grande vitesse à sa ruine". D’après un rapport statistique sur les biens fonciers de Long rédigé en 1830, le tourbage ne profite pas aux habitants de Long : "Long est la localité la plus pauvre de tous les pays environnants, et l’une des plus pauvres peut-être du département. La commune est riche mais les habitants sont en grande partie moins à l’aise qu’ailleurs. La liste des familles assistées dépasse à l’heure qu’il est le chiffre de 150, le tiers de la population" (AD Somme ; 99 O 2375). Cela n’empêche pas la commune de continuer à utiliser cette ressource pour financer la construction de son église, ses écoles, son presbytère, sa mairie ou encore sa centrale hydroélectrique qui fait de Long l'une des premières communes françaises à disposer de la lumière électrique dans ses foyers.
À partir de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, les besoins en tourbe diminuent, remplacés petit à petit par le charbon. Par conséquent, le combustible est de moins en moins extrait à Long. Cependant, la période de restriction de la Deuxième Guerre mondiale oblige les Longiniens à réexploiter leur tourbe. Un procédé mécanique est alors inventé par Noé Delassus pour faciliter l’extraction. La machine, d’abord alimentée par de la tourbe, est perfectionnée et fonctionne avec un moteur G.L.M. à fuel de 20 chevaux (Bellard, 1989).
L’exploitation intensive de la tourbe au cours du XIXe siècle a laissé un nombre important d’étendues d’eau au niveau des marais de la commune, créant un paysage particulier, spécifique à la vallée de la Somme.
Les marais ont également été souvent utilisés comme lieu de pâturage pour les troupeaux du village (ovins, bovins et chevaux). Aussi, les marais et leurs nombreux étangs servent à la chasse au gibier d’eau et à la pêche. Il existe aujourd’hui 17 huttes communales et 20 huttes privées pour accueillir cette activité de loisirs.
Agriculture
Long est une commune rurale qui a connu une importante activité agricole. Les recensements de population du XIXe siècle dénombrent de nombreux journaliers, ménagers ou cultivateurs (AD Somme ; 6 M 1468). En 1851, plus d’un tiers de la population vit de la production agricole (627 habitants sur 1589, dont 187 propriétaires cultivateurs et 210 journaliers). Les terres cultivables se situent principalement sur le plateau. On y fait pousser des plantes céréalières ou fourragères (AD Somme ; 2 NUM 74). Il y a également des terres arables au sud du village, à proximité des cours d’eau. Elles servent, au début du XIXe siècle, à la culture du chanvre. Les "chenevières" se situent le long de la Somme, de la rivière de la Planque et à proximité des habitations du Câtelet (AD Somme ; 3 P 486/2). Ces plantations fournissaient la matière ensuite transformée en fil pour la fabrication de tissus.
Activité textile
Les recensements de population du XIXe siècle dénombrent un grand nombre de métiers liés à l’activité textile : fileuse, tailleur d’habits, couturière, tisserand, badestamier… Les nombreuses fileuses de la commune travaillent vraisemblablement, entre autre, avec le chanvre cultivé sur le territoire du village. En 1851, 61 habitants travaillent dans l’industrie de l’habillement, 26 hommes et 50 femmes.
Aussi trouve-t-on à Long des réchauffoirs municipaux : bâtiments dans lesquels les ouvriers qui travaillent le lin peuvent le déposer pour qu'il soit séché. L'un des réchauffoirs (rue de la Carrière), est loué à partir de 1873 à un industriel, M. Lourdelle. Ce dernier fait aussi construire des bâtiments rue Gaëtan Carpentier dans lesquels il installe des teilleuses (machines qui permettent de broyer la fibre pour obtenir du fil de lin) afin de compléter le processus de traitement du lin. Le fil produit est ensuite envoyé par train dans le nord de la France. Une centaine d'ouvriers travaillent dans cette usine dans le dernier quart du XIXe siècle. À la mort de son propriétaire, M. Lourdelle, en 1895, l’entreprise périclite puis les bâtiments rue Gaëtan-Carpentier sont détruits lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale (Bellard, 1983).
De surcroît l’industrie textile des communes voisines a fourni du travail à de nombreux Longiniens dans la seconde moitié du XIXe siècle et au cours du XXe siècle. En 1907, 120 ouvriers font le trajet chaque jour par bateau sur la Somme entre Long et l’usine Saint-Frères des "Moulins Bleus" à l’Étoile (ill.) (AD Somme ; 99 O 2381). Cette usine textile, très présente de la vallée de la Somme à la vallée de la Nièvre toute proche, fabrique de la toile de jute (IA00076559).
Les moulins
Grâce à son emplacement dans la vallée de la Somme, Long possède un accès au fleuve dans sa partie sud et au plateau dans sa partie nord, ce qui permet au village de posséder des moulins à vent et à eau. Un moulin à vent est construit sur le plateau par Parfait Darry en 1839 (AD Somme ; 3 P 486/3). Il ne reste plus de trace de cette construction aujourd’hui.
Il existait déjà un moulin à blé le long de la Somme au XVIIIe siècle (carte de Cassini), dont l’origine est vraisemblablement plus ancienne (Prarond, 1867). Il y avait également deux moulins à huile au lieu-dit Le Trou Madame. Ces derniers sont en ruine au début du XIXe siècle (AD Somme ; 99 S 486/1) ; un projet en 1810 vise à les reconstruire, mais ce dernier n’aboutit pas. Le moulin à blé, construit sur un bief de la Somme, subsiste tout au long du XIXe siècle. Il est agrandi vers 1856 par Pierre Dubois. En 1858, son propriétaire est "autorisé à maintenir en activité une usine destinée à moudre du grain qu’il possède sur la dérivation de la Somme dans la commune de Long, département de la Somme". En 1876, une boulangerie est construite sur le site du moulin par Marly Dubois, mais cette dernière est démolie dès 1881 (AD Somme ; 3 P 486/8).
Une tréfilerie est construite à l’emplacement de l’ancien moulin à blé au début du XXe siècle. Elle est gérée par Charles Ponche. Ce dernier est connu pour avoir fabriqué dans ses ateliers avec Maurice Primard, en 1911, le premier avion entièrement métallique, appelé Tubavion. Cet appareil est exposé en 1909 au Salon de l’aéronautique au Grand Palais à Paris (Bellard, 1987). Une verrière figurative, dans le collatéral nord de l’église Saint-Jean-Baptiste, a été offerte par "la direction et le personnel de la tréfilerie de Long". Endommagés pendant la Seconde Guerre mondiale lors de la destruction du pont sur la Somme, les bâtiments de l’ancienne tréfilerie ont été en partie reconstruits. Ces derniers existent encore aujourd’hui et sont occupés par des services départementaux.
Autres activités
Il y avait à Long une argilière communale sur le plateau, ainsi que deux carrières. Les carrières ont servi, entre autres, à la construction de la nouvelle église dans les années 1840.
De nombreux commerces existaient autrefois dans le village. Dès 1836, il y avait à Long des cabaretiers, épiciers, boulangers, bouchers ou même un barbier. En 1851, 76 habitants travaillent dans "l’industrie de l’alimentation", en tant que cafetiers, marchands, épiciers, vanniers ou encore bouchers… Plusieurs cartes postales du début du XXe siècle montrent ces différents commerces.
Enfin, des bateaux étaient construits à Long, dans un chantier le long de la Somme. Une carte postale du début du XXe siècle témoigne de cette activité (ill.)
Évolution de la population
Long est déjà une localité importante en 1793, avec 1248 habitants. La population augmente dans la première moitié du XIXe siècle, avec 300 habitants supplémentaires en trente ans (1800-1831). Cette hausse est probablement la conséquence du progrès de l’industrie tourbière à Long. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la population diminue, les habitants quittent Long pour rejoindre des localités avoisinantes qui possèdent une industrie florissante (Pont-Remy, l’Étoile, Abbeville). Le village perd 371 habitants en 30 ans (1851-1881). La population continue de péricliter au XXe siècle, sûrement à cause de la fin de l’exploitation tourbière, remplacée par le charbon. Ainsi, entre 1850 et 1980, la population a diminué de deux tiers. Ces fluctuations ont un fort impact sur le développement et la structuration du village.
Histoire du Bâti
Développement et structuration du village
D’après M. Delgove, Long était initialement bâti le long de la chaussée du Câtelet qui relie le village et son hameau, et qui traverse les marais. Il explique dans sa notice sur Long : "si donc il faut admettre que Long n’ait été originairement qu’un alignement de maisons ou de chaumières, une sorte de longue rue courant d’un côté à l’autre à travers la vallée, on trouvera sans effort la raison de son nom, qui n’est que la traduction bien frappante de l’adjectif latin : longus". L’ancien curé de Long justifie son hypothèse par la présence de fondations mises au jour dans les tourbières. Le village aurait d’abord été construit dans les marais, et se serait ensuite déplacé sur le côteau. Long et son hameau Le Câtelet étaient ainsi situés de part et d'autre du fleuve Somme, ce qui permettait de contrôler le passage. Cette théorie est également soutenue par une tradition particulière qui existait autrefois à Long et qui a favorisé plus généralement le développement du village : le seigneur du lieu "avait le droit de donner à cens, à chaque particulier venant de nouveau s’établir à Long, une masure en la chaussée dudit lieu, de grandeur raisonnable, avec un journal de pré derrière cette masure" (Delgove, 1860). Le village s’est donc sûrement développé grâce à ces donations seigneuriales. Cependant, cette hypothèse questionne : la localisation de la chaussée du Câtelet au cœur des marais humides rendait vraisemblablement les habitations insalubres. Il est donc possible que les fondations retrouvées ne correspondent pas à des maisons d'habitation, mais plutôt à des cabanes qui facilitaient l'exploitation des terrains communaux adjacents (pâturage, tourbe, pêche).
Le château de Long s’implante au XIIIe siècle au nord de la Somme. Il est bâti en surplomb du fleuve, mais assez proche pour contrôler le passage sur le cours d’eau. La première église est bâtie au XVIe siècle sur le coteau, à 30 m de dénivelé de la Somme. L’édifice se protège ainsi de l’humidité des marais tourbeux de la vallée. Le bâti de Long s’est construit à l’ouest de ces deux édifices structurants.
D'un château construit dans le hameau du Câtelet, il ne reste plus aucune trace aujourd’hui. Une représentation de ce château, datant de 1650, est conservée aux Archives départementales de la Somme (ill.), mais de nombreux éléments (présence d'une église et d'un pont, absence de constructions au niveau des marais) laissent penser que ce dessin est fictif - s'il s'agit bien ici d'une représentation du hameau du Câtelet. Car il pourrait également s'agir d'une représentation du village et du château de Long (commune disposant d'une église en 1650) puisque le visuel montre un fort, entouré de douves, protégé par des remparts et complété par des bastions à orillons : ce type de fortification est représentatif des XVIe et XVIIe siècles. À cette époque, le système défensif évolue et s'adapte à l'arrivée de l'artillerie : face aux canons, les fortifications médiévales ne tiennent plus et le système des bastions, qui résiste mieux à ces nouvelles armes, se généralise. Précisément, sur cette représentation du château en 1650, l'intégralité des édifices, dont une église, sont construites à l'intérieur des fortifications. Même si cela reste une hypothèse, cette illustration sous-entendrait que le village de Long était à l'origine fortifié.
Deux plans représentent Long au début du XIXe siècle : le plan par masses de culture en 1807 et le cadastre napoléonien de 1812. La commune se compose alors du village, qui s’étend sur le côteau au nord de la Somme vers le hameau du Câtelet (bâti au sud des marais) ; de l’autre côté de la vallée vers le hameau de Heurtevent (2 maisons à l’ouest du territoire dans les marais) ; enfin vers le hameau du Trou Madame (2 maisons à l’est du village au sud de la Somme).
Ainsi, depuis ces plans, le village a peu évolué. Les différentes rues qui structurent Long sont aux mêmes emplacements de nos jours, même si leurs noms ont changé.
Le village se développe au cours du XIXe siècle : 365 maisons en 1827, puis 429 en 1872. Quelques habitations sont bâties à l’est de l’église à cette époque. Après 1872, le nombre de maisons diminue : 320 en 1921 (109 maisons en moins en 50 ans environ). De nouveaux édifices sont pourtant bâtis après cette date, car le village s’agrandit de nouveau et quelques maisons de types pavillonnaire sont ajoutés au nord de Long à partir des années 1970. Ainsi, en 2010, il y avait 424 maisons à Long, malgré la diminution de la population de deux tiers depuis 1850.
Les croix de chemin
Les croix de chemin élevées à l’entrée des villages, à la croisée des chemins et sur les places publiques sont au nombre de neuf à Long. Elles sont, pour la plupart, en bois ou en fer forgé. Certaines bénéficient d’un écrin végétal d’arbres ou de haies, ce qui les rend parfois peu visibles depuis la rue. Ce sont généralement celles situées à la sortie du village. D’autres sont apposées directement contre le mur des maisons, souvent à l’angle de deux rues.
L'un des calvaires se différencie par ses matériaux en brique et pierre et sa forme d’obélisque. Élevé sur les hauteurs du village, correspond-il à l’ancien obélisque dédié à la gloire du comte de Ponthieu, commandé en 1778 par Pierre de Buissy, seigneur de Long ? Ce monument, dessiné par Jean-Baptiste Lemoyne et sculpté par Simon Pfaff de Pfaffenhoffen, était surmonté d’un aigle en plomb. Il aurait été détruit lors de la Révolution française, mais la présence de cette obélisque rue de la Cavée laisse imaginer qu’il aurait pu être déplacé. Cette hypothèse est soutenue par Delgove, qui indique dans son ouvrage sur Long et Longpré-les-Corps-Saints que "l'aigle colossal en plomb" a permis de confectionner des balles, et que "la municipalité s'appropria le reste". Ainsi, l’aigle aurait été remplacé par un Christ en croix, en fer forgé.
La Somme
La Somme marque le paysage communal et détermine fortement le développement urbain du village. Le fleuve est canalisé à Long au début du XIXe siècle par l’ingénieur M. Marly (AD Somme ; 99 S 486/4). Une écluse est construite en 1824 pour améliorer la navigation. Également, un bras de décharge est creusé au sud du canal, formant une île au sud du village. Un bief traverse cette île pour alimenter un moulin.
Les ponts
La présence du fleuve implique également celle de plusieurs ponts permettant son franchissement. Le pont en charpente qui traverse la Somme au XVIIIe siècle est représenté sur des plans de 1757, dressés par l’ingénieur M. Dufour (ill.). La construction est en mauvais état au début du XIXe siècle : un devis est rédigé en 1801 dans l’objectif de le reconstruire au même emplacement. En 1829, "le grand pont en bois sur la Somme est en ruine" et il est "urgent et indispensable de le reconstruire" (AD Somme ; 99 S 486/1). Le pont est détruit lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, supprimant ainsi le passage entre les deux versants de la vallée. Il est reconstruit après la guerre.
En 1834, un pont est construit pour traverser le nouveau bras de décharge du canal de la Somme. C’est l’ingénieur Fouache qui en dresse les plans. En 1869, la passerelle qui permet de traverser le bras de décharge est reconstruite.
En 1898, la passerelle du chemin de halage en aval de l’écluse de Long est reconstruite. C’est le seul pont du XIXe siècle qui a été conservé jusqu’à aujourd’hui. Les autres ponts ont été détruits pendant la Seconde Guerre mondiale, puis reconstruits après le conflit.
Formes parcellaires et implantation du bâti
Sur les plans du début du XIXe siècle, l’implantation du bâti du village est dense. Le plan parcellaire des années 1820, dit cadastre napoléonien, montre une succession de petites parcelles en lanière sur lesquelles sont construites des habitations parfois accolées les unes aux autres. Elles sont bâties le long de la rue ou légèrement en retrait. Les maisons ne sont pas systématiquement accompagnées d’une grange sur leur parcelle, rappelant qu’il y avait à Long une diversité d’activités (pas uniquement agricoles). Également sur ce plan, on constate que plus on monte sur le côteau, plus les parcelles s’agrandissent.
Il existe plusieurs petites fermes à Long à cette époque. Elles sont identifiables sur le plan de 1807 par la présence d’une ou plusieurs granges qui complètent la maison sur la parcelle, à l’image de la ferme Saint-Pierre au nord du village (IA80011161), construite au cours du XIXe siècle. Ces fermes sont souvent fermées sur la rue par leurs habitations. Quelques grandes fermes se démarquent également sur le territoire communal. Les grands édifices qui les composent s’organisent généralement autour d’une grande cour fermée sur la rue. Il y en a environ 5 à Long, dont la ferme du château, et une au Câtelet (IA80011162).
Les bâtiments communaux ont été construits pour la plupart au XIXe siècle, financés par des tourbages extraordinaires. L’église, reconstruite en grande partie à partir de 1845 sur son emplacement ancien, surplombe le village. Le presbytère, bâti au sud de l’édifice religieux, est également construit sur un emplacement en hauteur. L’école des filles et celle des garçons ont été construites au nord, à proximité directe de cet ensemble ecclésiastique. Enfin, l’hôtel de ville est installé sur les bords de Somme et cette position permet de bénéficier de la vue, mais surtout de surplomber l'activité économique principale du village : le canal (face à la maison éclusière). Ces différentes constructions se distinguent du reste du bâti local par leur taille imposante et leurs riches décors, rappelant les ressources importantes du village au XIXe siècle.
Car l’exploitation de la tourbe amène à Long des marchands de tourbe, qui font construire de belles demeures. Plus généralement, les habitants fortunés de la commune font bâtir des maisons de villégiature, dont l’architecture se démarque des autres habitations du village. C’est le cas du docteur Marceau qui fait bâtir une villa à l’architecture hétéroclite, dans la rue principale Hotton (IA80011158).
Enfin, les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont engendré d’importantes destructions à Long, principalement près du pont, mais aussi à proximité de l’église et au Câtelet. Plusieurs maisons et fermes ont été reconstruites à partir des années 1950 (IA80011160), généralement en brique avec un étage.
Le bâti de Long est encore assez ancien, 27% des édifices ont été construits avant 1919, 20% entre 1919 et 1945, 24% entre 1946 et 1970 (Seconde Reconstruction), et 28% entre 1971 et 2018 (dont seulement 3% depuis 2006). Depuis les plans du début du XIXe siècle, et même si le réseau des rues est resté le même, l’implantation du bâti a beaucoup évolué. De nombreux édifices ont été transformés au cours du temps, s’adaptant aux évolutions architecturales du XIXe et du XXe siècle. Le développement important du village au cours du XIXe siècle lui confère aujourd’hui un patrimoine remarquable, et parfois unique dans le secteur (IA00076665).
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Période(s)
- Principale : 3e siècle av. JC
- Principale : Gallo-romain
- Principale : Moyen Age
- Principale : Temps modernes
- Principale : Epoque contemporaine
Territoire de la commune
La commune de Long fait partie du canton de Rue. Elle se compose du village de Long et du hameau du Câtelet. Son territoire est limitrophe des communes d’Ailly-le-Haut-Clocher et Villers-sous-Ailly au nord, de Bouchon et l’Étoile à l’est, de Longpré-les-Corps-Saints et Fontaine-sur-Somme au sud et Cocquerel à l’ouest. Il s’étend sur une superficie de 9,19 km2. La commune comptabilise 608 habitants en 2021 dans 373 logements dont 277 en résidences principales (source INSEE). Le territoire est traversé au niveau de son hameau par la ligne de chemin de fer qui relie Paris à Calais.
Environnement naturel et paysager
Long se situe dans le secteur paysagé de la vallée de la Somme. Le territoire se compose (en 2018), d’environ 47 % de terres arables, 20 % d’eaux continentales, 15 % de forêts et 11 % de prairies.
Au sud de Long, la Somme canalisée se sépare en deux cours d’eau, le canal au nord et son bras de déchargement au sud, formant ainsi une île sur le territoire communal. Le débit du courant de la Somme est maîtrisé par une écluse sur le canal et un barrage sur le bras de déchargement.
La moitié sud du territoire est occupée par les marais de la vallée de la Somme. Ils se composent de tourbières alcalines, de pâtures humides et de nombreux étangs créés par l’extraction tourbière. Les marais de Long sont un habitat privilégié pour une faune et une flore remarquables. C’est pour cette raison qu’ils sont inclus dans un site Natura 2000, ZNIEFF de type 1 et 2, et Ramsar des "Marais et tourbières des vallées de la Somme et de l'Avre", permettant la protection de cet environnement particulier.
Les étangs du village sont nommés localement étangs "à provisions, des communes, de la Grande Hutte, des Croupes, des Cloques, les Prés d’Envie ou encore des Pompes". Les activités de pêche et de chasse au gibier d’eau se pratiquent sur ces étangs. Il y a 17 huttes communales et une vingtaine de huttes privées à Long.
Au nord des marais et de la Somme s’élève un coteau calcaire dit "larris", marquant le début du plateau du Ponthieu. C’est sur ce coteau que le village est construit à l’ouest. À l’est, trois vallées sèches sont perpendiculaires à la vallée de la Somme : la vallée Douillet, la vallée Didier et la vallée Tranquille.
Le plateau du Ponthieu, qui débute au nord du territoire communal, est occupé par de vastes cultures céréalières, principalement du blé. Cependant, son sol limoneux fertile permet également une grande diversité de productions, telles que le lin, la pomme de terre, la betterave, le colza et d'autres céréales. Cet ensemble de cultures façonne un paysage ouvert, typique des plaines céréalières.
Un bois, appelé le Grand Bois, s’étend à l’est du plateau. Il est bordé au nord et au sud par deux vallées sèches : la vallée du Bois du Maréchal et la Vallée du Bois de Flandre.
Implantation du bâti
Long est construit sur le coteau, au nord de la Somme canalisée et au sud du plateau du Ponthieu. Le village possède un réseau dense de rues et de chemins. Les deux premières routes principales desservent la partie ouest du village en direction de Cocquerel : rue Hotton et rue d’Abbeville. Elles rejoignent au centre du village une autre rue principale qui relie Long à son hameau (chaussée du Câtelet, puis rue du 8-mai-1945) et monte vers le plateau au nord pour rejoindre Ailly-le-Haut-Clocher (rue du 11-Novembre, puis rue de l'Étoile, puis route d'Ailly). Les rues secondaires traversent d’est en ouest sur le coteau, créant ainsi un escalier de cinq "étages de rue". Quelques voies nord-sud, perpendiculaires, les relient entre elles.
Sur ces rues, le bâti est dense. Les maisons sont souvent construites accolées les unes aux autres, le long des rues. Sur les rues les plus hautes, au nord, (rue Joseph-Levêque, rue de la Chapelle), les maisons sont plus récentes, construites en milieu de parcelle et entourées de leur jardin. Les édifices s’adaptent au dénivelé important du village : la hauteur de leurs murs varie selon la pente, et plusieurs murs de soutènement retiennent les terres des jardins et les terrains communaux.
Le hameau du Câtelet se situe au sud de la vallée de la Somme. Il est relié au village par une route droite d’environ 2 km qui traverse les marais et étangs de la commune. Le bâti est moins dense, majoritairement construit le long des rues, parfois perpendiculaires à ces dernières.
Les bâtiments structurants se situent principalement sur le côteau, évitant ainsi les problèmes d’humidité liés à la présence des marais. L’église (IA80011149), construite sur les hauteurs, s’impose dans le paysage longilien. Les écoles (IA80011152 et IA80011153) et le presbytère (IA80011156) se situent à proximité de l’édifice religieux. Le château du XVIIIe siècle (IA80010941), qui remplace une place forte plus ancienne, est bâti le long de la Somme. Cette position stratégique permettait aux anciens seigneurs de contrôler le passage sur le fleuve. Son parc s’étend sur plus de 18 ha à l’est. L'hôtel de ville (IA80011150), monumental, est reconstruit au XIXe siècle sur une parcelle à proximité du canal de la Somme, profitant ainsi d’une vue dégagée sur le cours d’eau.
Forme du bâti
Un grand nombre de maisons de tailles modestes sont construites en rez-de-chaussée. Leur façade à trois travées se compose d’une porte centrale encadrée de deux fenêtres. Une porte charretière est parfois aménagée dans la continuité de l’habitation le long de la rue, rappelant leurs anciennes fonctions agricoles. Les maisons de Long sont généralement construites sur cave, avec un rez-de-chaussée surélevé, pour s’adapter au dénivelé du coteau.
Un grand nombre d’habitations possèdent un étage (environ 45). Elles se situent en majorité sur la moitié basse du village - partie la plus accessible. Ces grandes maisons sont parfois associées à des bâtiments agricoles. Certains de ces édifices, plus imposants ou plus ornés, sont d’anciennes maisons de maître ou à des demeures de villégiature. Elles témoignent de l’activité économique florissante de la commune au cours du XIXe siècle.
Le patrimoine agricole reste majoritaire à Long, avec un nombre important de fermes ou d’anciennes fermes. La maison est souvent construite le long de la rue et une porte charretière permet d’accéder à la cour de la ferme. Les granges sont construites dans la parcelle et leur organisation forme une cour fermée. La plupart des anciennes exploitations sont de taille modeste, mais il existe également quelques grandes fermes, comme celle du château par exemple.
Plusieurs édifices illustrent l’activité commerciale de Long. Deux devantures (dont une ancienne de boucherie) sont encore visibles sur des bâtiments situés à l’angle des deux rues principales Hotton et de l’Étoile. Une autre devanture est aménagée sur un édifice qui semble être un ancien hôtel, situé en contrebas de l’église, rue de l’Étoile. Les commerces de Long étaient localisés dans ce secteur central de la commune, mais également dans la Grande Rue, à proximité de la mairie, où il y avait autrefois des halles et un hôtel. Deux restaurants subsistent dans cette rue aujourd’hui : ce sont les derniers commerces de Long.
Deux édifices témoignent encore du passé industriel de Long : la centrale hydroélectrique (IA00076665) et la tréfilerie, construite à gauche de la maison éclusière, à proximité de la Somme.
Enfin, la commune ayant subi d’importantes destructions lors de la Deuxième Guerre mondiale, notamment à proximité du pont, plusieurs maisons ou fermes ont été reconstruites dans le style spécifique de cette période (IA80011160).
Matériaux de construction
Plusieurs maisons ou granges sont construites en pans de bois et torchis sur un soubassement de brique. Elles sont en rez-de-chaussée, ou à étage. Elles possèdent généralement des murs-pignons maçonnés. Un nombre important de façades sur rue sont peintes ou recouvertes d’un enduit, ne permettant pas de déterminer si elles ont été reconstruites en parpaing ou non.
Cependant la brique est très utilisée dans le village. Elle se retrouve dans une large typologie de bâtiments : de la grande demeure à la petite maison, ou encore pour les granges agricoles. Elle est aussi mise en œuvre dans la construction des édifices publics, comme les écoles, la mairie, ou la centrale hydroélectrique par exemple. Enfin, elle sert pour la construction des murs de clôture et de soutènement qui délimitent les parcelles.
La pierre calcaire est aussi très présente à Long, venant majoritairement de carrières communales, mais également des carrières de Pont-Remy. L’imposante église Saint-Jean-Baptiste (IA80011149) est construite dans ce matériau.
Sur les autres édifices, la pierre blanche est associée à la brique. C’est le cas pour le château, les écoles, la mairie et plusieurs grandes demeures. L’élévation des murs est en brique, mais l’encadrement des ouvertures, la corniche, les chaînages d’angle, les décors sont en pierre calcaire. Cette association de matériaux crée une polychromie typique du territoire. Il existe aussi plusieurs exemples de maçonnerie dite à "rouge-barre" à Long. Cette technique, qui consiste à alterner des assises de briques et des assises de pierres calcaires sur une même élévation, est emblématique de l’architecture traditionnelle du secteur. Elle se retrouve sur les murs-pignons de certains bâtiments, mais également sur une grange de la ferme du château. Les murs-pignons à "rouge-barre" ou entièrement bâtis en pierre blanche sont souvent associés à des rampants à couteaux en brique. Cette mise en œuvre de matériaux est, elle aussi, un marqueur du patrimoine du territoire.
La grande majorité des habitations de Long sont couvertes par des toits en tuile - souvent une tuile mécanique appelée "panne picarde". Les couvertures en ardoise se retrouvent essentiellement sur les édifices structurants de la commune.
Enfin, quelques soubassements en silex sont à remarquer par endroits.
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Documents d'archives
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AD Somme. Série 2 NUM 74. Long : notice historique et géographique de la commune. A. Cottin et G. Bourgoin, 1897-1899.
-
AD Somme. Série M ; Sous-série 6 M : 6 M 1468. Recensement de la population, Long, 1817-1936.
-
AD Somme. Série O ; Sous-série 99 O : 99 O 2375. Dossier d'administration communales, biens communaux, Long, avant 1869.
-
AD Somme
AD Somme. Série O ; Sous-série 99 O : 99 O 2381. Travaux communaux, dossiers d'administration communal, Long, 1870-1939.
-
AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 486/2. État de section : Long, [s.d.].
-
AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 486/3. Matrice des propriétés foncières, Long, 1827-1914.
-
AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 486/8. Matrice des propriétés bâties, 1882.
-
AD Somme. Série R ; Sous-série 10 R : 10 R 1451. Biens communaux, Première Reconstruction, 1920.
-
AD Somme. Série S ; Sous-série 99 S : 99 S 486/1. Long : travaux publics, dossiers par commune, [s.d.].
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AD Somme. Série S ; Sous-série 99 S : 99 S 486/4. Canal : Long, 1817-1832.
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AD Somme. Série W ; Sous-série 26 : 26 W 838. Statistiques des destructions par communes [1942-1953].
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AD Somme. Série W ; 1272 W : 1272 W 39. Dommages de guerre sur les immeubles publics, Long, 1939-1950.
Bibliographie
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BELLARD, Jean. Long : aspect de ce village, vie de ses habitants, évènements importants pendants le XIXe siècle. Long : édité par Jean Bellard, 1983.
-
BELLARD, Jean. Long, 1939-1945. Long : OTSI, 1987.
édité par l'Office de Tourisme-Syndicat d'Initiative.
-
BELLARD, Jean. Long, extraction de la tourbe et ses conséquences. Long : OTSI, 1989.
édité par l'Office de Tourisme-Syndicat d'initiative.
-
BELLEVAL, René de. Les Fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu : essai sur leur transmission depuis l'an 1000 jusqu'en 1789. Saint-Pierre-de-Salerne (27800 Brionne) : Gérard Monfort, 1975. 352 p.
[Reprod. en fac-sim. de l'éd. originale]. Paris : Dumoulin, 1870.
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BEN REDJEB, Tahar. Carte archéologique de la Gaule : La Somme, 80-2. Paris : Académie des Inscriptions et Belles-lettres, 2012.
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DELGOVE, Édouard. Histoire de Long et Longpré-les-Corps-Saints, Paris : Res Universis, 1990.
Réédition d'un texte de 1860 publié dans le tome XVII des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie.
-
GARNIER, Jacques. Dictionnaire topographique du département de la Somme. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, 3e série. Paris : J.-B. Dumoulin ; Amiens : impr. Lemer aîné : puis A. Douillet, 1867-1878. 2 tomes.
-
PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Saint-Riquier et les cantons voisins. Tome 1. Paris, Abbeville : Dumoulin/Grave/Prévost, 1861-1868.
L'édition complète comprend :
1re partie. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt ; 2e partie. Canton de Rue ; 3e partie. Saint-Valéry et les cantons voisins. - 2 vol. ; 4e partie. Saint-Riquier et les cantons voisins. - 2 vol.
Documents figurés
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Vue profil de Castelet, estampe, par Peeters Johann, 1650 (AD Somme ; BIB DA 1006).
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Plan par masses de cultures, 1807 (AD Somme ; 3 P 1014).
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Plan parcellaire de Long, dit cadastre napoléonien, Tableau d'assemblage, 1812 (AD Somme ; 3 P 1401/1).
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Plan parcellaire de Long, dit cadastre napoléonien, Section C1, 1812 (AD Somme ; 3 P 1401/5)
-
Plan parcellaire de Long, dit cadastre napoléonien, Section D, 1820 (AD Somme ; 3 P 1401/6).
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Plan topographique des destructions, par M. Potel, géomètre, 1946 (AD Somme ; 70 W CP 651).
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Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Vue générale de Long, prise du bord de la Somme, par Oswald Macqueron, d'après nature, 3 septembre 1862 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ail. 49).
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Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Calvaire à Long, sur le chemin conduisant à Villers, par Oswald Macqueron, d'après nature, 3 septembre 1862 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ail. 57).
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Église et maison de commerce, depuis la rue du 11 Novembre, photographie, par Durand, ca 1900-1910 (AD Somme ; 14 FI 129/2).
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L'arrivée du bateau "Beauvallon" transportant les ouvriers de Saint Frères de L'Étoile à Long, carte postale, Damervalle, photographe, Domart-en-Ponthieu, Edition : Société Leclerc, imprimerie, Abbeville, [s.d.] (AD Somme ; 87 FI 123).
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Collection particulière
[Vues du village de Long], collection de cartes postales Jean-Paul Rouët, [ca XIXe-XXe siècles] (collection particulière).
Lien web
- Vue générale de Long, prise du bord de la Somme. Nature 3 septembre 1862. [consulté le 16/09/2025]
- Calvaire à Long sur le chemin conduisant à Villers. D'après nature, 3 septembre 1862. [consulté le 16/09/2025]
- A) Long. Hôtel de ville B) Long. Vue du Pont C) Long. Derrière du château. [consulté le 16/09/2025]
- Plus de photos sur le site
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)
Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
Contient
- Ancien presbytère, actuellement maison
- Ancienne centrale hydroélectrique
- Ancienne gare de Long-Le Câtelet, actuellement maison
- Ancienne maison éclusière, actuellement bureau d'Information touristique
- Ancienne école de filles, actuellement salle des fêtes
- Ancienne école de garçons, actuellement logements
- Chapelle Notre-Dame de Lourdes
- Château de Long
- Cimetière communal
- Demeure, dite "Villa Marceau"
- Ferme
- Ferme Saint-Pierre
- Hôtel de ville
- Maison
- Église Saint-Jean-Baptiste
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)