Dossier d’œuvre architecture IA80011070 | Réalisé par
Montauban Suzelle (Rédacteur)
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Fournier Bertrand (Rédacteur)
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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Abelé Céline (Rédacteur)
Abelé Céline

Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Chapelle Sainte-Marguerite
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
  • Commune Mareuil-Caubert
  • Lieu-dit Caubert
  • Adresse 25 route de Rouen
  • Cadastre 2024 AB 123

Origines

La chapelle Sainte-Marguerite aurait été fondée au XIIe siècle. Son style architectural - et notamment la forme de la voûte d'ogives de l'abside - préciserait cette datation dans la seconde moitié du XIIe siècle (Rodière, Des Forts, 1938-1940), une date qui place alors l'édifice parmi les premiers du département de la Somme à adopter une voûte sur croisée d'ogives, avec les voûtes de Lucheux et d'Airaines. Toutefois, les sources écrites qui attestent de son existence sont plus tardives. La chapelle est mentionnée dans deux cartulaires de 1301, dont l'un est conservé aux archives de l’évêché d’Amiens et l'autre est cité par Prarond reprenant une source de Dom Grenier (Prarond, 1861). Les deux sources du XIVe siècle associent la chapelle à une léproserie, située vraisemblablement à Villers-sur-Mareuil. L'établissement aurait été transformé en maladrerie au XVIIe siècle.

En 1608, la chapelle est évoquée dans une lettre de provision en faveur de Louis Duchaussoy sur la présentation de Nicolas Rouault, seigneur de Mareuil. D’après Darsy (1869), cette lettre indique que la fondation de cette chapelle serait plutôt à l'initiative des seigneurs de Mareuil au XIIe siècle. Dans ce cas, l'édifice n'aurait donc pu dépendre d'une léproserie. Cette hypothèse est également soutenue par Roger Rodière et Philippe des Forts, auteurs de l'article consacré à cette chapelle dans la Picardie historique et monumentale (Rodière, Des Forts, 1938-1940).

Une propriété contestée

En 1695, par un arrêté du roi Louis XIV, l’hospice de Rue acquiert plusieurs maladreries du territoire, dont celle de Villers-sur-Mareuil dont la chapelle semblait dépendre. Dans le bénéfice de l’église d’Amiens, rédigé en 1730, l’hospice de Rue possède à la chapelle "dix journaux de terre tant en labour qu’en pré" (Darsy, 1869).

L’acquisition de la chapelle par l’hospice de Rue est contestée par le seigneur de Mareuil, M. de Villepaux, qui considère qu'elle lui appartient. En 1737, dans l’objectif de faire valoir ses droits, le seigneur de Mareuil intente un procès à l’hospice de Rue. Pour justifier sa propriété, il se fonde sur les provisions successives de la chapelle délivrées par l’évêque d’Amiens et sur l’aveu général de la seigneurie de Mareuil servi au roi en 1584. Toutefois, d’après l’hospice, ces documents ne contredisent pas le lien qu’avait la chapelle avec la maladrerie de Villers-sur-Mareuil.

Concernant les cartulaires qui mentionnaient l'édifice religieux en léproserie, M. de Villepaux indique : "Les cartulaires en question ne constituent pas des preuves ; car l’un d’eux porte le mot “léproserie” en interligne, l’autre est une copie du premier." (Huré, 1975-1979).

En 1742, le seigneur de Mareuil perd le procès, car il ne disposait pas de titre de fondation : "À défaut de titre de fondation, la chapelle Sainte-Marguerite est considérée comme maladrerie et donc comprise dans l’arrêt de dévolution du roi Louis XIV." (Huré, 1975-1979). Le doute reste ainsi présent sur la véritable destination de la chapelle.

Les campagnes de travaux

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, l'édifice fait l'objet de plusieurs campagnes de travaux. L'aquarelle que peint d'après nature Oswald Macqueron en 1850 (ill.) présente en effet un édifice couvert en tuile et en chaume alors que la couverture est désormais en ardoise. De même le clocher était auparavant ouvert et couvert d’un dôme en ardoise, il a été remplacé par une construction fermée, essentée d’ardoise, surmontée d’un toit en pavillon. Enfin, les baies de l’élévation sud visibles sur l’aquarelle, ont également été modifiées. En 1850, la première à gauche était une fine ouverture en plein cintre, et celle du chevet était rectangulaire. Ce sont aujourd’hui deux fenêtres en plein cintre avec un encadrement en brique.

Plus tard, au moment de la guerre de 1870, l’édifice est fortifié pour protéger l’entrée d’Abbeville de l’éventuelle arrivée des Prussiens (Huré, 1975-1979). Pendant la Première Guerre mondiale, le monument subit des dégâts sur ses vitraux et sa voûte à cause des bombardements de 1918 (AD Somme ; 10 R 1455).

L’église de Caubert (IA80011075) est fortement endommagée en 1940. La chapelle est alors affectée au culte de la paroisse. En 1950, un projet pour l'agrandir voit le jour pour que la chapelle devienne la nouvelle église paroissiale de Caubert. Le projet est abandonné au profit de la construction d’une nouvelle église (IA80011078) sur la route de Rouen, édifiée en 1962 (AD Somme ; 1272 W 57). La chapelle perd alors son usage cultuel. À cette date, elle est en mauvais état et nécessite d'importants travaux de restauration : "La toiture était trouée en plusieurs endroits ; les murs de la nef et du chœur présentaient des menaces d'écartements ; certaines pierres étaient descellées" (Huré, 1975-1979). Comme l’Association diocésaine d’Amiens et la commune de Mareuil refusent de l’acheter, la commission administrative de Rue envisage de la détruire. Pour éviter cette perte, la Société civile pour la sauvegarde de la chapelle est fondée en 1968. Elle rachète l’édifice pour 100 francs et commence à réaliser des travaux. Une aide de la Sauvegarde de l’Art Français permet de continuer la restauration de l’édifice en 1978. Après cette phase de travaux, la chapelle devient la propriété de la commune en 1993.

La statue en bois polychrome de sainte Marguerite, datant du XVe siècle, qui existait dans cette chapelle, a été déposée au musée Boucher-de-Perthes d'Abbeville (Somme).

  • Remplois
    • Partie déplacée Commune : Abbeville
  • Période(s)
    • Principale : 12e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 1ère moitié 18e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 2e moitié 19e siècle , daté par travaux historiques

La chapelle Sainte-Marguerite se situe dans l’ancien village de Caubert. Elle est érigée sur la grande route qui traverse la partie nord de la commune de Mareuil-Caubert en direction d'Abbeville.

L’édifice orienté mesure 11 m de long sur environ 5 m de large. La nef de plan rectangulaire ouvre à l'est sur un chœur semi-circulaire. Un petit clocher prend place à l’ouest du toit.

La chapelle est construite en pierre calcaire de moyen appareil sur un soubassement de brique, et de silex par endroits. Sur sa façade sud, une porte avec un large encadrement de brique en saillie cache en partie une petite baie en plein cintre. Une seconde baie, beaucoup plus grande, est percée à droite, son encadrement est en brique. Deux petits contreforts soutiennent les extrémités de cette élévation. La façade nord est similaire à la façade sud, mis à part la porte, visiblement plus ancienne, dont seuls les jambages sont en brique. Une troisième porte est percée sur la façade occidentale, et une fenêtre ouvre sur le pignon. Le chevet est percé au nord et au sud de deux baies avec un encadrement en brique, une troisième, plus petite et en pierre, est aménagée à l’est.

L’ensemble des couvertures de la chapelle est en ardoise. La première partie de l’édifice est couverte d’un toit à longs pans et pignons découverts. Le chevet est couvert par un toit à longs pans et croupe polygonale. Le clocher est essenté d’ardoise.

Les deux pignons possèdent des couteaux en brique sur leurs rampants.

À l’intérieur, le premier espace est séparé du chœur par une arcade en plein cintre. Le chœur est terminé par une abside, et séparé de la travée droite par une autre arcade. Les murs sont en pierre ou brique apparentes. La partie ouest de l’édifice est couverte par une voûte à charpente apparente dont le lattis est recouvert de torchis. La voûte de la première travée du chœur est également recouverte de torchis, le cul-de-four de l’abside en pierre possède deux nervures. Il est peint en bleu. Deux petites niches sont aménagées dans l’abside.

  • Murs
    • calcaire brique et pierre
  • Toits
    ardoise
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • charpente en bois apparente
    • cul-de-four
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à un pan pignon découvert
    • croupe polygonale
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    chapelle

Documents d'archives

  • AD Somme. Série R ; Sous-série 10 : 10 R 1455. Dommages de guerre (1914-1918), biens communaux.

  • AD Somme. Série W ; Sous-série 1272 : 1272 W 57. Dommages de guerre (1939-1945) Mareuil-Caubert, immeubles publics, 1940-1965.

Bibliographie

  • DARSY, F. I. Bénéfices de l'Eglise d'Amiens ou Etat général des biens, revenus et charges du clergé du diocèse d'Amiens en 1730 ; avec des notes indiquant l'origine des biens, la répartition des dimes, etc. Amiens : E. Caillaux imprimeur de la société des Antiquaires de Picardie, 1869.

    Tome 2, p.178
  • HURÉ, Maurice. Quelques notes sur l'histoire de la chapelle Sainte-Marguerite de Caubert. In : SOCIÉTÉ D'ÉMULATION HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE D'ABBEVILLE, Bulletin de la société d'émulation historique et littéraire d'Abbeville, Tome XXIV. Abbeville, Imprimerie Lafosse, 1975-1979.

    p. 713-723
  • RODIÈRE, Roger, DES FORTS, Philippe. La Picardie historique et monumentale, le pays du Vimeu. Paris : A. Picard / Amiens : au siège de la Société, 1938-1940. 613 p. : fig., pl.

  • PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt. Paris, Abbeville : Dumoulin/Grave/Prévost, 1861-1868.

    [rééd : Saint-Pierre-de-Salerne : G. Monfort, 1980].

    L'édition complète comprend : 1re partie. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt ; 2e partie. Canton de Rue ; 3e partie. Saint-Valéry et les cantons voisins. - 2 vol. ; 4e partie. Saint-Riquier et les cantons voisins. - 2 vol.

Documents figurés

  • Chapelle Sainte-Marguerite faubourg des Planches [en ligne], par Oswald Macqueron, d'après nature, avril 1850 (AC Abbeville ; B800016201 AB O014).

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Montauban Suzelle
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