Dossier d’œuvre architecture IA80011205 | Réalisé par
Fournier Bertrand (Rédacteur)
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Ferme du château d'Arry
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
  • Commune Arry
  • Lieu-dit
  • Adresse Route départementale 938
  • Cadastre 2025 B2 34
  • Dénominations
    ferme
  • Appellations
    du château d'Arry
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante
  • Parties constituantes non étudiées
    grange, écurie, pigeonnier, maison, magasin de fourrage, chenil, cour, cour jardin

L’origine de la ferme remonte probablement à la même période que celle de la construction du château, au XVIIIᵉ siècle. Cependant, sa situation et son agencement actuels datent plutôt du dernier quart du XIXᵉ siècle. Cette ancienneté est attestée par sa présence sur le plan parcellaire cadastral de la commune établi en 1828 (ill.). À cette époque, les bâtiments s’organisaient autour d’une cour quadrangulaire, au centre de laquelle se trouvait un pigeonnier isolé à plan carré. L’ensemble était entièrement clos au nord, du côté route nationale, tandis qu’au sud, il s’ouvrait derrière un vaste corps de ferme. Cette ouverture assurait la liaison, d’une part, avec le château et son parc, et, d’autre part, avec le pâturage destiné au bétail, situé au sud‑ouest.

Le bâtiment destiné au stockage du fourrage porte les initiales HdF, pour Henry de France, ainsi que la date 1875. Il précède de cinq ans la Ferme Blanche d’Épagne (IA80011099), édifiée en 1880 et présentant une mise en œuvre des matériaux très proche. Construit quelques années auparavant, le magasin à fourrage d’Arry a ainsi pu contribuer à l’orientation stylistique propre à la ferme d’Épagne.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , porte la date
  • Dates
    • 1875, porte la date
  • Auteur(s)

La ferme occupe le côté nord-ouest du château (IA80011199). Elle est composée de deux espaces distincts, bien délimités par des murs de clôture en brique surmontés de grilles. La communication y est toutefois assurée, soit par des portes piétonnes, soit par des accès plus larges destinés aux charrrois et au bétail afin qu'ils rejoignent les pâturages plus à l'ouest. L'accès depuis les chemins menant directement devant l'entrée du château est marqué par deux hauts pilastres circulaires de brique orangée et silico-calcaire ocre jaune alternés en faux appareil rouge barre. Elle débouche sur la cour principale de la ferme.

La grande cour de ferme

De plan rectangulaire, la grande cour est occupée de chaque côté par un ou plusieurs bâtiments agricoles. Au centre, une mare constitue, selon la tradition orale, le vestige d'un ancien abreuvoir briqueté, alimenté directement par une source. Au sud, se trouve l'ancienne maison du fermier, aujourd'hui transformée en gîte. Elle est construite en appareil mixte brique et pierre dit en rouge barre, alternant trois assises de brique et deux assises de pierre calcaire de moyen appareil, et d'un surhaussement uniquement en brique. Le sommet de son pignon est recouvert d'un essentage de bois. Son élévation est en rez-de-chaussée et étage de comble charpenté et couvert de tuiles plates mécaniques. Elle est percée régulièrement de petites ouvertures qui ne correspondent peut-être pas aux percements d'origine. À l'intérieur, la grande cheminée, dite cheminée picarde, a été conservée ainsi que le four à pain.

À l'est de la cour, un grand corps de bâtiment en pierre de taille, servait d'écurie. Il fait pendant à un autre corps de logis dépendant du château et situé de l'autre côté de la perspective axiale. Sa façade orientée vers l'est, présente un appareil à refend qui renforce et singularise l'animation du jeu d'arcatures centrales à arc surbaissé. L'autre côté, sur cour, présente une élévation beaucoup plus sobre accueillant simplement deux larges ouvertures pour les chevaux. L'ensemble est couvert en ardoise d'un toit à longs pans terrasson à demi-croupe et brisis, dit à la Mansart.

La partie nord est occupée par une bouverie prolongée par une remise de matériel agricole, qui se distingue par ses trois ouvertures directes en arc surbaissé. Ce corps de bâtiment est construit en brique et couvert d'un toit en tuile plate mécanique à longs pans et pignon couverts. Il est régulièrement percé du côté cour de lucarnes passantes.

La façade ouest comprend trois ensembles de bâtiments contigus dont les fonctions et les volumes sont bien différents. Le premier, et le plus au nord, servait de magasin à fourrage. Il est bâti en pierre de taille sur un soubassement de silex couronné de deux assises de brique. Sa façade côté est sur cour est animée d'un jeu de doubles cordons horizontaux à assises de brique qui croisent les jambages et les angles harpés en brique également. Ce type de mise en œuvre emprunte à la fois à l'appareillage en rouge barre de l'architecture traditionnelle, et à l'architecture des châteaux brique et pierre, en inversant toutefois les matériaux. Un cartouche situé au-dessus de la porte d'entrée porte les initiales HdF pour Henry de France ainsi que la date de 1875. Attenant au pignon sud est construit un chenil et un pigeonnier. Celui-ci est de forme hexagonale sur base carrée. Il est construit en brique avec chaînage d'angles harpés et à ressauts en pierre. Il est couvert d'un toit pyramidal hexagonal en ardoise, couronné d'un épi de faîtage. Entre la maison du fermier et le pigeonnier, un portail ouvre sur la petite cour.

La petite cour de ferme

Les bâtiments qui composaient la "petite cour" (préau, poulailler et clapiers) ont tous été démontés ou détruits. Seul subsiste un accès à des caves voûtés de briques qui existent en substructure. Deux espaces sont séparés par la descente d'escalier : à droite, la cave est destinée à la fabrication du cidre et reçoit un sol carrelé de carreaux de ciment. L'autre côté est dédié à la conservation des légumes et des fruits. Le sol y est laissé en terre battue. Face à la descente d'escalier, un large soupirail à pan incliné communique avec le jardin potager et un verger situés en contrebas. Il permettait d'acheminer directement la production des légumes et des fruits mis en cageots et que le récoltant pouvait laisser glisser par le pan incliné pour être récupérés et stockés avant traitement ou consommation.

  • Toits
    ardoise, tuile plate
  • Étages
    sous-sol, en rez-de-chaussée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • demi-croupe
  • Typologies
    rouge barre
  • Techniques
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    pigeonnier

Bibliographie

  • SEYDOUX, Philippe. Gentilhommières en Picardie. Ponthieu et Vimeu. Paris : Éditions de La Morande, 2003.

    Avec [la collaboration de] Alain de BOIVILLE, Jean-Charles CAPRONNIER, Marcel ÉVRARD, Ludovic FROISSART, Christian du PASSAGE, François VASSELLE, Henri de WAILLY.

    p.77-79.
  • THIEBAUT, Jacques. Dictionnaire des châteaux de France : 4, Artois, Flandre, Hainaut, Picardie : Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne. Paris : Berger-Levrault, 1978, tome 4.

    Sous la direction d'Yvan Christ.

    p. 41-42.

Périodiques

  • CRAMPON, Maurice. Le château d’Arry. Bulletin de la Société historique du canton de Rue, n°5, janvier 1934. p. 22-26.

Documents figurés

  • Plan cadastral napoléonien de la commune d'Arry, section B1, 15 mai 1828 (AD Somme ; 3 P 1262/4).

Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Fournier Bertrand
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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