Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
- inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
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Lefébure ThierryLefébure ThierryCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel - Région Hauts-de-France.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
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Commune
Bernay-en-Ponthieu
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Adresse
route Nationale
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Cadastre
2026
OA
111
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Dénominationséglise
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Genrede catholiques
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VocablesSaint-Gengoult, Saint-Martin
La chapelle Saint-Gengoult, construite en 1679, était utilisée, entre autres, par les voyageurs qui transitaient par le relais de poste. À la fin du XVIIIe siècle, l'édifice change de statut et devint l'église succursale de Bernay-en-Ponthieu, dépendant de la paroisse de Forest-Montiers. Son vocable est modifié : la chapelle Saint-Gengoult devient l'église Saint-Martin.
La construction de la chapelle seigneuriale
Éloy Lamirant, seigneur du fief de Genville, fait construire en 1679 une chapelle en face du relais de poste (IA80011270). À cette époque, Bernay n’était pas une paroisse et dépendait de l’abbaye de Forest-Montiers.
Une plaque dans l’édifice rappelle les conditions de sa fondation : LA CHAPELLE AVEC / TOUS LES ORNEMENTS / NÉCESSAIRES POUR Y DIRE / LA MESSE ONT ÉTÉ DONNÉS / ET DÉDIÉS À L’HONNEUR / DE SAINT-GENGOULT PAR ÉLOY / LAMIRANT SEIGNEUR DE GENVILLE / ET AUTRES LIEUX ÉCUYER / EN LA GRANDE ÉCURIE / DU ROI ET DAMOISELLE / FRANÇOISE DUMONT SA / FEMME DEMEURANT / À MONTREUIL 1679.
Son vocable est particulier sur le territoire, et Éloy Lamirant, marchand à Montreuil-sur-mer (Pas-de-Calais), s’est probablement inspiré de l’ancienne chapelle Saint-Gengoult de cette ville, aujourd’hui disparue (La Picardie historique et monumentale, 1904-1906). Il existe aussi un groupe sculpté daté du XVIe siècle "Saint Gengoult éprouvant la fidélité de sa femme" à la Collégiale Saint-Vulfran d'Abbeville.
La chapelle est destinée, entre autres, aux voyageurs qui passent sur la route de Paris à Calais et qui souhaitent prier. Après la famille de Lamirant, c’est la famille Dupré qui devient propriétaire de l’édifice religieux. En 1752 Jean-Baptiste Dennel (propriétaire du relais de poste depuis 1732) et Marie Jeanne de Villers acquièrent l’auberge du Dauphin construite au nord de la chapelle. Cette dernière, "enclavée dans l’auberge", est également incluse dans l'acquisition (AD Somme ; E DEP 713).
Transformation de la chapelle en église succursale
En 1772, la chapelle est érigée en église succursale, dépendant toujours de la paroisse de Forest-Montiers. Lors de ce changement, le vocable est modifié, et l’ancienne chapelle Saint-Gengoult devient l’église Saint-Martin. Elle est alors agrandie jusqu’au bord de la route par Ignace de Roussen, maître de poste du relais de Bernay-en-Ponthieu. L’extension correspond aux deux travées de la nef et est matérialisée par la différence de matériaux au niveau de la corniche et du soubassement. Sur la nef, ces éléments architecturaux sont en brique, tandis que sur le chœur, la corniche est en pierre calcaire et le soubassement en silex. Lors des travaux, la forme de baie en plein cintre de la chapelle est tout de même reproduite.
Conflit de propriété
La commune acquiert l’église à la fin du XVIIIe siècle. Pour compenser l'absence de bâtiment communaux dans le village, l'édifice religieux sert pour le culte mais également comme salle municipale, maison d’école, et de salpêtrière pour les agents du gouvernement, d’après le registre de délibérations communales 1800-1817 (AD Somme ; E DEP 713).
Toutefois, à partir de 1797, Jacques Petit, propriétaire de l’auberge du Dauphin, refuse de redonner à la commune les clés de l’édifice, estimant qu’il lui appartient. Son frère, Pierre-François Petit, est marié à Marie-Jeanne Ridoux, fille issue du premier mariage de Marie Jeanne de Villers avec Louis Ridoux. Les deux frères considèrent que l’église, qui appartenait autrefois à la belle-mère de Pierre-François, est encore liée à l’auberge du Dauphin. Dans ces conditions, un acte est signé auprès d’un notaire d’Abbeville en 1799 par Pierre-François Petit, sa femme Marie-Jeanne Ridoux et la demi-sœur de sa femme, Marie-Charlotte de Roussen, née Dennel, pour justifier l’acquisition de la chapelle en même temps que l'auberge par le couple Dennel de Villers en 1752. Un arrêté départemental établit le droit de propriété de l’église au profit de Marie-Charlotte Dennel, "dame de Roussen" [Roussent?], propriétaire du relais de poste de Bernay.
La commune émet deux arrêtés en décembre 1799 et janvier 1800 pour tenter de récupérer l’église, estimant que l’acte n’est pas recevable, et que l’ancienne chapelle privée avait été élevée en église succursale avec le consentement des anciens propriétaires. En 1807, Jacques et Pierre-François Petit sont condamnés par le tribunal d’Abbeville à rendre l’église et le cimetière aux habitants de Bernay. En 1808, la condamnation est confirmée par la cour d’Amiens. Pendant les dix ans qu’a duré ce conflit, Jacques Petit a utilisé l’église comme "grange et pâture". Par conséquent, l’édifice est dans un mauvais état quand la commune le récupère. En 1819, les experts estiment que les frères Petit doivent au conseil municipal la somme de 4600 francs pour les réparations et le rachat des objets liturgiques (AD Somme ; 99 O 656).
Restauration de l'édifice au cours du XIXe siècle
Des travaux sont entrepris pour restaurer l’édifice dans les années 1820. Amable Mathurel, architecte à Abbeville, dresse le devis estimatif des ouvrages et réparations "urgentes à exécuter à l’église". Il prévoit la réparation des murs, la suppression de la séparation entre la nef et le chœur, la reconstruction du toit de la nef et le clocher… Cependant les travaux ne semblent pas avoir été réalisés dans l’immédiat, car en 1826 l’église est encore en mauvais état : "Considérant que pour éviter à l’église de Bernay une destruction prochaine, il est urgent d’y faire les réparations dont elle a besoin".
En 1838, le cimetière qui s’étend au sud de l’église est déplacé sur une parcelle donnée par Hubert Decrept, en périphérie du village. Une sacristie est construite contre le chœur, au niveau de l’ancien cimetière, dans le courant du XIXe siècle.
Une abside est ajoutée au chevet au cours du XIXe siècle : elle n’apparaît pas encore sur le plan de cadastre napoléonien de 1828. Cependant, un long bâtiment agricole, dépendant de l’ancienne auberge du Dauphin, a été construit contre le chevet également au cours du XIXe siècle, ne permettant pas de voir cette abside depuis l’extérieur de l’édifice. Concernant cette auberge, un second bâtiment en brique a été édifié contre la première travée de la nef, au nord, à la même époque. Une porte sur l’élévation nord de l’ancienne chapelle ouvrait directement vers la cour de l’auberge, rappelant le lien qui unissait autrefois les deux édifices, mais elle a été comblée. Une pierre sculptée au-dessus de cette ouverture représenterait une tête d’évêque (Prarond, 1860). Enfin, une grande fenêtre rectangulaire a été percée sur l’élévation sud, toujours au XIXe siècle, et comblée depuis.
En 1908, des réparations urgentes sont exécutées à l’église, notamment au niveau de la couverture. Enfin, des vitraux figurés ornementaux sont ajoutés dans le premier quart du XXe siècle par les familles du village Decrept ou Neuveglise.
Par tradition, l’église a conservé l’appellation de Saint-Gengoult, et les deux vocables sont aujourd’hui utilisés pour désigner l’édifice.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 17e siècle , porte la date
- Principale : 2e moitié 18e siècle , daté par travaux historiques
- Secondaire : 19e siècle , daté par source
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Dates
- 1679, porte la date
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Auteur(s)
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Auteur :
maître d'œuvre inconnumaître d'œuvre inconnuCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
L’église Saint-Martin ou Saint-Gengoult de Bernay-en-Ponthieu se situe le long de la route Nationale, ancienne voie principale qui relie Paris à Calais, et traverse le village. Elle fait face à l’ancien relais de poste (IA80011270).
L’édifice, orienté, possède un plan allongé sans transept. La nef, à deux travées, est complétée par un chœur à chevet plat composé aussi de deux travées. Le chevet est étendu par une abside invisible depuis l’extérieur, car elle est intégrée à un bâtiment agricole édifié en continuité du chœur. Enfin, la sacristie est accolée contre le mur sud du chœur, à l’emplacement de l’ancien cimetière.
La petite église est construite en pierre calcaire. Le soubassement est en silex au niveau du chœur (avec certaines reprises en brique sur l’élévation nord) et en brique sur la nef (recouvert par un enduit de ciment côté sud). La corniche de la nef ainsi que la sacristie sont composées de brique.
Le portail occidental est constitué d’un arc brisé en brique et de piédroits en pierre blanche. L’église est percée de huit baies en plein cintre. Une fenêtre basse, aménagée dans la maçonnerie du mur sud de la chapelle primitive, a été rebouchée depuis. Sur l’élévation nord, une ancienne porte, entre la nef et le chœur, a été comblée.
L’ancienne chapelle est couverte par un toit en ardoise à longs pans et croupes à l’ouest, pignon couvert à l’est. Le clocher, essenté d’ardoise, est posé sur la première travée de la nef.
À l’intérieur, les murs sont recouverts d’un enduit beige. L’abside au niveau du chœur, dans laquelle prend place le maître-autel, présente des peintures murales figurant de fausses tentures complétées par un décor architecturé de fausses colonnes imitation marbre. De chaque côté, deux niches accueillent les statues de la Vierge à l’Enfant et du Christ. Une marche sépare l’espace de la nef de celui du chœur. L’édifice est couvert par une voûte en berceau déprimé recouvert d’un enduit blanc.
Dans le mur de la nef une plaque mentionne la construction de l’église. Elle est installée dans la partie de l’église construite vers 1773, ce qui laisse entendre qu’elle a été déplacée.
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Murs
- calcaire moyen appareil
- silex
- brique
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Toitsardoise
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Plansplan allongé
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Couvrements
- fausse voûte en berceau
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- pignon couvert
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Précision représentations
Le chœur est plus ornementé que le reste de l'édifice. L'abside est encadrée par deux niches accueillant à droite une statue de saint Joseph et à gauche une statue de la Vierge à l'Enfant. L'arc déprimé qui relie les deux parties, au-dessus de l'abside, présente un faux décor stuc reprenant des motifs de végétaux.
L'abside présente un décor peint sur trois niveaux. Le niveau inférieur est peint de la même manière que le maître-autel (faux marbre veiné marron). Le niveau intermédiaire présente un décor architecturé, avec des pilastres et des frises en faux marbre vert, au sein desquels prennent place des tentures rouges. Enfin le niveau supérieur est peint entièrement en bleu, rappelant la couleur du ciel.
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Statut de la propriétépropriété de la commune
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
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- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
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- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Documents d'archives
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AD Somme
AD Somme. Série E ; Sous série E DEP : E DEP 713. Bernay-en-Ponthieu. Délibérations du conseil municipal, 21 juillet 1800-28 mai 1817.
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AD Somme
AD Somme. Série 99 ; 99 O : 99 O 656. Dossiers d'administration communale de Bernay-en-Ponthieu, avant 1869.
Bibliographie
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SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. FONDATION EDMOND SOYEZ. La Picardie historique et monumentale. Tome III, Arrondissement d'Abbeville. Première partie. Amiens : Impr. de Yvert et Tellier, 1904-1906. 266 p. et pl.
Notices de É. Delignières, H. Macqueron, R. de Guyencourt, R. Rodière et P. Des Forts.
Réunit : n° 1 - Abbeville et ses cantons / notices par MM. Em. Delignières et H. Macqueron (1904). n° 2 - Canton de Saint-Valery[-sur-Somme] / notices par MM. R. Rodière et de Guyencourt - Canton de Nouvion / notice par M de Guyencourt Canton d'Hallencourt / notices par M. Ph. Des Forts. n° 3 - Canton de Rue / notices par M. R. Rodières. Canton d'Ault / notices par M. R. de Guyencourt.
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PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Le Canton de Rue. Paris, Abbeville : Dumoulin/Grave/Prévost, 1861-1868.
L'édition complète comprend : 1re partie. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt ; 2e partie. Canton de Rue ; 3e partie. Saint-Valéry et les cantons voisins. - 2 vol. ; 4e partie. Saint-Riquier et les cantons voisins. - 2 vol.
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)
Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
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