Dossier d’œuvre architecture IA80011237 | Réalisé par
Fournier Bertrand (Rédacteur)
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Ferme de Petit-Préaux
Œuvre recensée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
  • Commune Argoules
  • Lieu-dit Valloires
  • Adresse rue d' Argoules , D912

L'occupation du site remonte à l'époque médiévale, période durant laquelle les moines cisterciens de l’abbaye de Valloires (IA80011229)  érigent une modeste construction à vocation agricole avec, en contrebas, deux moulins hydrauliques à moudre le grain, établis de part et d’autre des rives de l'Authie. Le bâtiment actuel en retour du corps principal s’appuie sur les fondations de ce premier édifice. Les caves en pierre, voûtées en berceau, témoignent également de l’existence d’un édifice antérieur.

Au XVIe siècle, la ferme est exploitée par la famille de Rougeat, qui en 1778 complète la vocation première du site. François de Rougeat, officier originaire du sud de la France, qui possède également une demeure bourgeoise à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais), fait élever le corps principal. Une pierre gravée avec cette date de 1778 (ill.) dans les combles de la bâtisse atteste de cette construction, qui transforme la modeste exploitation agricole en demeure de villégiature, relativement proche de la forêt de Crécy-en-Ponthieu, où toute la noblesse et bourgeoisie environnante s’adonnait au loisir de la chasse. La tradition orale précise que la construction se serait déroulée dans une certaine précipitation, qui explique l'absence de réelle fondation, provoquant par la suite des désordres structurels : l'édifice en pan de bois et torchis était posé à même le sol, après un simple décapage de la couche calcaire pour y poser un mince radier de brique. Cette absence de réelles fondations aurait rapidement provoqué un affaissement de l'édifice de plus de 25 cm, tandis que l'humidité du sol, due à la proximité de la rivière aurait entraîné un pourrissement généralisé du pan de bois.

La situation aurait ainsi nécessité une importante reprise qui aurait eu lieu en 1869, comme l’évoque la seconde date gravée sur la même pierre que la précédente, avec la mention “Refait” (ill.). À la fin du XIXe siècle, la propriété passe au baron Robert de France, qui fait construire la basse-cour, aménage les terrasses en contrebas pour y développer un verger. En 1901, il fait également construire les tourelles-pigeonnier de l’entrée qui portent les armes de la famille de France d’un côté et celle de son épouse, Gabrielle Van Cappel de Prémont, de l’autre.

L'ancienne ferme est isolée du village, entre la rivière de l'Authie, qu'elle domine, et l'espace boisé qui s'étage à flanc de côteau au-dessus. Ses bâtiments adoptent un plan irrégulier en U. Ils sont organisés autour d'une longue cour pavée ouverte à l'avant, bloquée en fond de cour par un long corps d'habitation, auquel ont été ajoutées les dépendances agricoles en retour sur cour.

L'entrée est marquée par quatre pilastres cylindriques en brique et pierre calcaire, couronnés de têtes de borne aplaties en pierre. Ils encadrent une grille en fer à deux vantaux. Les clôtures latérales sont composées de grilles de même facture reposant sur un soubassement bahut en maçonnerie. Deux tours cylindriques à usage de pigeonnier, disposées en vis-à-vis, de part et d'autre de l'accès au domaine, constituent les éléments les plus remarquables des dépendances. Elles présentent un appareillage mixte, alterné de brique et pierre calcaire, dit en "rouge barre", typique de l'architecture régionale du Ponthieu. Leur couronnement en encorbellement de pierre laisse courir un rang de trous de vol destinés aux pigeons, donnant une fonction à ces éléments, en plus d'une image éminemment symbolique de pouvoir assumée : toutes deux portent les armoiries de la famille, propriétaire des lieux au début du XXe siècle : celles de Robert de France d’un côté, et celles de son épouse, Gabrielle Van Cappel de Prémont, de l’autre. Ces pigeonniers sont coiffés de toits coniques brisés. Entièrement restaurés, ils prolongent le jeu d'alternance des matériaux par une mise en œuvre subtile d'ardoises de provenances différentes et donc de nuances de gris alternés en larges bandeaux horizontaux.

Le corps de bâtiment principal est implanté entre cour et jardin. Sa façade sur jardin présente une façade de neuf travées développées sur deux niveaux, à ordonnancement symétrique. Il est construit en pans de bois et torchis, enduit à la chaux. Il est régulièrement percé de baies rectangulaires verticales à linteaux de bois, avec ouvrants à croisillons et petits carreaux. La travée centrale est soulignée par un fronton triangulaire en couronnement. L'ensemble est couvert d'un toit en ardoise, à longs pans à faible pente et croupes.

La dépendance de gauche, plus courte, s’appuie sur les fondations des bâtiments de la ferme médiévale monastique, entièrement disparue en élévation. Elle présente un rez-de-chaussée avec deux niveaux de caves en pierre de taille voûtées en berceau. Le second niveau de cave rejoint une ouverture menant vers une terrasse aménagée en verger, en contrebas de la ferme. L’édifice, construit en brique est couvert d’un toit en tuile plate mécanique, à longs pans et demi-croupes. Il se prolonge jusqu’à la limite de la façade sur jardin du corps de logis principal.

De l’autre côté, une longue dépendance assure une séparation visuelle entre la route qui longe la propriété et la cour de l’ancienne ferme. Par ses différentes ouvertures, elle devait abriter des étables, assurer le stockage du matériel agricole ainsi que des logements pour le personnel de la ferme. Elle a été entièrement restaurée. Construite en pans de bois et torchis, recouverte d’un enduit, elle présente une élévation en rez-de-chaussée et étage de comble régulièrement éclairés de lucarnes à croupes. La toiture unique à longs pans est en tuile plate mécanique à croupe débordante tandis que les lucarnes sont en ardoise.

  • Murs
    • torchis pan de bois enduit
  • Toits
    ardoise, tuile
  • Plans
    plan régulier en U
  • Étages
    rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Typologies
    rouge barre
  • Représentations
    • blason
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Somme. Série H : XXX H 13/7. État des censives de Préaux dues annuellement à l'abbaye, après 1750.

Périodiques

  • JAMINON, Raphaële. Les granges de l'abbaye de Valloires dans le Ponthieu. Quadrilobe, 2006, n° 1.

Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Fournier Bertrand
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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