Dossier d’œuvre objet IM02005323 | Réalisé par
Riboulleau Christiane
Riboulleau Christiane

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, région Hauts-de-France jusqu'en 2022.

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Plouvier Martine
Plouvier Martine

Historienne, Martine Plouvier a été conservateur régional de l'Inventaire général de Picardie, conservateur en chef aux Archives nationales et directrice du Centre d'études et de recherches prémontrées.

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  • mobilier et objets religieux, la cathédrale de Soissons
Verrière légendaire (vitrail archéologique, verrière hagiographique) : scènes de l'histoire de saint Gilles (baie 14)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Ministère de la culture - Inventaire général
  • (c) Département de l'Aisne
  • (c) AGIR-Pic

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Soissons Agglomération - Soissons-Sud
  • Vol
  • Commune Soissons
  • Adresse Cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais , place Cardinal-Binet
  • Emplacement dans l'édifice première chapelle sud du déambulatoire, dite chapelle Saint-Valère (baie 14)
  • Dénominations
    verrière
  • Titres
    • Scènes de l'histoire de saint Gilles
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

Sacré en 1890, Monseigneur Jean-Baptiste Duval forme le dessein d'orner de verrières la cathédrale, et tout particulièrement les chapelles du déambulatoire. Ces travaux sont confiés au peintre-verrier Félix Gaudin, installé depuis 1890, 6 rue de la Grande-Chaumière à Paris, et qui vient de restaurer trois des grandes verrières de l'abside.

Après avoir doté en 1891-1892 les chapelles Saint-Paul et Saint-Pierre de deux ensembles consacrés aux saints soissonnais Crépin et Crépinien, puis Gervais et Protais, Félix Gaudin esquisse un projet de verrières pour les trois baies de la chapelle Saint-Valère. Le projet est soumis à Monseigneur Duval en septembre 1892. Ce courrier de Félix Gaudin signale qu'à cette époque, il existe encore onze médaillons médiévaux bien conservés, tous situés dans la fenêtre centrale.

La présence de verrières originales peut sembler surprenante, car, quand le baron de Guilhermy visite la cathédrale au milieu du 19e siècle, aucun élément de vitrail ne participe encore au décor de cette chapelle. En revanche les médaillons qui illustrent des passages de la vie de saint Gilles sont alors regroupés dans la première fenêtre de la chapelle Saint-Pierre. Le déplacement de ces panneaux résulte sans doute de la dépose des verrières des chapelles absidales en 1882, et de la campagne consécutive de restauration et de création de vitraux.

Les documents conservés aux Archives nationales et aux Archives diocésaines permettent de retracer les étapes de cette campagne de travaux. Félix Gaudin propose donc de conserver les médaillons médiévaux dans la fenêtre centrale de la chapelle Saint-Valère, et de compléter la légende par les scènes les plus faciles à traduire par le dessin. Le programme des nouvelles scènes est approuvé par le prélat, qui conseille vivement de s'inspirer des scènes anciennes pour le style du dessin et la gamme des couleurs, et critique le manque de densité des verrières consacrées à saint Crépin ou à saint Gervais. Le devis des travaux est dressé par l'architecte diocésain Paul Gout, le 12 mars 1893, et Félix Gaudin soumissionne le 23 juin de la même année. Les vitraux sont achevés en 1894, l'évêque ayant participé à cette "restauration" à hauteur de la moitié de la dépense. D'après l'ouvrage consacré à Félix Gaudin, par Jean-François Luneau, et grâce aux archives de cet atelier, il est possible d'attribuer le dessin des médaillons de cette verrière au cartonnier Émile Delalande. En effet, à une exception près, cet artiste est le cartonnier exclusif du peintre-verrier, après l'installation de ce dernier à Paris en 1890. Il est en outre spécialisé dans un dessin s'inspirant de l'art médiéval.

La verrière de la baie 14, a été plus endommagée que ses deux voisines, au cours de la Première Guerre mondiale, et a donc été restaurée postérieurement au conflit avant d'être reposée en 1924-1925. Cette restauration a modifié l'ordre original de certains médaillons (d'après les archives du service des monuments historiques).

La verrière prend place dans une baie en forme de lancette, qui s'achève en arc brisé à sa partie supérieure. Elle est composée de neuf registres superposés de panneaux. Elle est formée d'un assemblage de pièces de "verre antique" rehaussées de grisaille, parmi lesquelles se remarquent des pièces de verre rouge hétérogène.

  • Catégories
    vitrail
  • Structures
    • baie libre, rectangulaire vertical, en arc brisé
  • Matériaux
    • verre transparent, soufflé, taillé, peint, grisaille sur verre
    • plomb, réseau
  • Précision dimensions

    Mesures approximatives : h = 780 ; la = 150.

  • Précision représentations

    La verrière comporte huit médaillons figurés carrés, posés sur la pointe et superposés. Ils se rapportent à la fin de la vie de saint Gilles, à sa mort et à l'histoire de ses reliques, d'après Jacques de Voragine ou d'autres auteurs plus récents.

    Ordre original des scènes, d'après le projet de Félix Gaudin :

    - Se rendant d'Orléans à Rome, saint Gilles ressuscite en Auvergne la fille d'un seigneur.

    - A Rome, saint Gilles fait ses dévotions aux tombeaux des apôtres.

    - Mort de saint Gilles, après son retour au monastère.

    - Funérailles faites à saint Gilles.

    - Dévotion particulière de saint Godefroy, évêque d'Amiens, envers saint Gilles.

    - Le corps du saint est retrouvé entier et exhumé lors de l'hérésie des Albigeois.

    - Il est placé dans une châsse précieuse et transporté à Saint-Sernin de Toulouse.

    - La châsse est placée à Saint-Sernin, sur un autel dédié à son nom.

    Description des scènes, telles qu'elles sont actuellement présentées :

    - A Rome, saint Gilles prie au tombeau des apôtres. Saint Gilles, de profil, est agenouillé devant un autel qui est surmonté d'une statue de saint Pierre tenant ses clés et bénissant.

    - Saint Gilles ressuscite la fille d'un seigneur. Un homme, debout et de trois-quarts, est plongé dans l'affliction devant le cercueil ouvert où repose sa fille. A l'arrière du cercueil, saint Gilles, de profil, tient un poignet de la jeune fille et fait un geste de l'autre main. La jeune fille est assise dans son cercueil et regarde le saint qui vient de la ressusciter.

    - La mort de saint Gilles. Le saint, qui vient de mourir, est allongé sur sa couche, les mains jointes. Devant le corps, un jeune homme tient une croix, suivi par un religieux en prière.

    - Les funérailles de saint Gilles. Deux moines, de profil, portent le brancard de procession sur lequel repose le cercueil de saint Gilles recouvert d'une tenture. Les religieux tiennent également un cierge allumé. La procession funèbre est accompagné d'un évêque mitré, qui tient une crosse et bénit.

    - Exhumation du cercueil ou du sarcophage de saint Gilles, dont le corps est retrouvé entier. Le cercueil est ouvert et l'on voit le saint, qui y repose, les mains jointes, sans aucune corruption. Trois hommes debout entourent le cercueil en faisant des gestes de surprise et d'émerveillement devant ce miracle.

    - Saint Godefroy (ou Geoffroy), évêque d'Amiens, prie devant la tombe de saint Gilles. Saint Godefroy, en habit d'évêque, est agenoullé de profil, tenant sa crosse. Il est en prière devant le sarcophage de saint Gilles, qui semble placé dans une niche et au-dessus duquel brûle une lampe.

    - Le corps de saint Gilles est placé dans une châsse précieuse. Le tombeau du saint est vide. Deux hommes de profil - sans doute des orfèvres - portent une châsse dorée, en forme d'église.

    - La châsse est placée sur un autel consacré à saint Gilles, dans l'église Saint-Sernin de Toulouse (une partie du corps y a été envoyée en dépôt, en 1562). La châsse est posée, entre deux chandeliers, sur un autel recouvert d'un tissu précieux. Deux hommes, agenouillés de profil, prient devant l'autel.

    Ces médaillons, accostés de feuillages, se détachent sur un fond ornemental de feuilles et de fleurettes. Une frise de feuillage entoure la verrière.

  • Inscriptions & marques
    • inscription donnant l'identité du modèle, peint, sur l'oeuvre, latin
  • Précision inscriptions

    Toutes les inscriptions se détachent en réserve sur un fond noir. Le nom des personnages représentés est inscrit dans un bandeau, généralement placé en-dessous des pieds, à deux exceptions près. La lecture de l'histoire s'effectue de bas en haut. Premier médaillon : S : EGIDIVS ; deuxième médaillon : S : EGIDIVS. troisième médaillon : S : EGIDIVS ; cinquième médaillon : S : EGID[IVS] ; sixième médaillon : S : GODEFRIDVS, S : EGID[IVS] ; septième médaillon : S : EGID[IVS] ; huitième médaillon : S : EGID[IVS].

  • État de conservation
    • oeuvre restaurée
    • plombs de casse
    • salissure
  • Précision état de conservation

    D'après les photographies conservées à la Médiathèque du Patrimoine, cette verrière semble avoir été la plus endommagée des trois verrières de cette chapelle, au cours de la Première Guerre mondiale. Les médaillons inférieurs, en particulier, semblent avoir perdu de nombreux verres, qui ont été remplacés lors de la restauration de l'ensemble. Actuellement, certaines des scènes ne se trouvent pas à leur emplacement d'origine. La verrière ne donne pas directement sur une voie publique, et n'est donc pas protégée par un grillage. Elle est très sale à l'extérieur, ce qui atténue sa translucidité.

  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat

Documents d'archives

  • AN. Série F ; Sous-série F 19 (Cultes) : F 19, carton 7891 (Travaux exécutés dans la cathédrale de Soissons au cours de la période concordataire ; 1894-1906).

    devis de restauration des verrières, du 12 mars 1893 ; soumission de Félix Gaudin, du 23 juin 1893 ; décompte des travaux, du 11 juillet 1894.
  • AMH (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine). Série 81 : 81/02, carton 196. Soissons, cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais, restaurations diverses, restauration de la nef et du déambulatoire (1924-1925).

    Travaux de 1924 : rapport de l'architecte Brunet du 11 juin 1924 et devis.
  • A. Évêché Soissons. Série L (temporel) ; Sous-série 6 L : 6 L Soissons 1823-1903 (Entretien de la cathédrale de Soissons).

    dossier : travaux 1891-1895.
  • AP atelier Gaudin : Registre des petits cartons.

    O 01917-O 01924.
  • BnF (Cabinet des Manuscrits) : naf 6109 (collection Guilhermy, 16). Description des localités de la France (Soissons).

    Folio 257 r°.

Bibliographie

  • ANCIEN, Jean. Vitraux de la cathédrale de Soissons. Réédition du livre du 24 juillet 1980. Neuilly-Saint-Front : imprimerie Lévêque, 2006.

    p. 163-169.
  • FRANCE. Corpus Vitrearum Medii Aevi. Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978.

    p. 170.
  • LUNEAU, Jean-François. Félix Gaudin, peintre-verrier et mosaïste (1851-1930). Collection Histoires croisées. Clermont-Ferrand : Presses Universitaires Blaise-Pascal, 2006.

  • PIERRE GUILLAUME. Livre des Miracles de saint Gilles [Liber miraculorum sancti Egidii]. La vie d'un sanctuaire de pèlerinage au XIIe siècle. Dir. Marcel et Pierre-Gilles Girault. Médievalia n° 60. Orléans : Éditions Paradigme, 2007.

Date(s) d'enquête : 2004; Date(s) de rédaction : 2004
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Riboulleau Christiane
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Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, région Hauts-de-France jusqu'en 2022.

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Historienne, Martine Plouvier a été conservateur régional de l'Inventaire général de Picardie, conservateur en chef aux Archives nationales et directrice du Centre d'études et de recherches prémontrées.

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