Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- opération ponctuelle
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Grand Roye - Roye
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Commune
Tilloloy
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Lieu-dit
Château de Tilloloy
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Adresse
rue de Flandre
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Cadastre
2025
D
221
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Emplacement dans l'édifice
Premier étage, à main droite de l'escalier d'honneur du château de Tilloloy.
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Lieu de déplacement
Commune : Regnière-Écluse
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Dénominationstableau
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Titres
- Portrait de la comtesse d'Hinnisdal
- Portrait de Marie de Bryas (1818-1846)
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AppellationsPortrait de Marie de Bryas (1818-1846)
La famille de Bryas est l'une des plus illustres familles de la noblesse d'ancienne extraction de l'Artois. Connue depuis le XIIe siècle, elle tire son nom de la terre de Bryas (aujourd'hui Brias), dans l'arrière-pays de Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais). Marie de Bryas, fille de Ferdinand (1781-1828), député légitimiste du Pas-de-Calais, ancien colonel de cavalerie, et de Marie-Thérèse-Louis Vogt d'Hunolstein (1791-1866), épouse à Paris en 1839 Herman d'Hinnisdal (1808-1877). Deux enfants naîtront de cette union : Henri d'Hinnisdal (1841-1922), futur châtelain de Tilloloy, et Marie-Thérèse (1844-1934), future marquise Gaston de Lévis-Mirepoix. Atteinte de phtisie pulmonaire (tuberculose), la comtesse d'Hinnisdal meurt prématurément à l'âge de vingt-sept ans et sept mois. Ses funérailles sont célébrées à Paris, en l'église Saint-Thomas d'Aquin puis sa dépouille est transportée dans la chapelle funéraire de la famille de Bryas dans le village éponyme, où elle repose toujours.
L’œuvre, probablement exécutée à l'époque de son mariage avec le comte d'Hinnisdal, a longtemps été accrochée dans le vestibule d’honneur du château de Tilloloy, espace de transition qui ouvre sur les appartements de l’étage noble et où elle assume, silencieusement, sa fonction d’image de représentation d'une famille de la haute aristocratie. Elle voisinait avec le portrait de la seconde épouse du comte d'Hinnisdal, née Valentine de Choiseul d'Aillecourt (1825-1910) par Alexis-Joseph Pérignon (IM80002194). Les deux portraits ont été vendus aux enchères à Paris (Tessier & Sarrou et associés) en décembre 2025 et sont conservés aujourd'hui au château de Regnière-Écluse (Somme), autre domaine historique de la famille d'Hinnisdal.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 19e siècle
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Dates
- 1839, daté par travaux historiques
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Lieu de provenanceÉdifice ou site : Somme, Tilloloy
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Auteur(s)
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Auteur :
Dubufe Claude-Mariepeintre signatureDubufe Claude-MarieCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Peintre français né en 1790 à Vincennes (Val-de-Marne) et mort en 1864 à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines).
Élève brillant d’abord destiné à la carrière diplomatique — élève consul en 1809 — Claude-Marie Dubufe s’oriente pourtant très tôt vers la peinture après avoir fréquenté, dès 1804, l’atelier de Jacques-Louis David. Cette formation néoclassique marque durablement ses débuts. Son premier envoi au Salon de 1810, Un Romain se laisse mourir de faim avec sa famille plutôt que de toucher à un dépôt d’argent qui lui a été confié (localisation inconnue), illustre un sujet d’histoire édifiant, dans la veine morale héritée de son maître. L’œuvre passe toutefois inaperçue. Conscient des limites de cette première tentative, Dubufe entreprend un voyage en Italie afin de parfaire sa formation. De retour au Salon de 1812, il présente une vaste composition mythologique, Achille prenant sous sa protection Iphigénie, que son père Agamemnon voulait sacrifier (localisation inconnue), ainsi que deux portraits féminins. Ce double envoi marque un tournant décisif : si la peinture d’histoire demeure un passage obligé, c’est bien le portrait qui ouvre à l’artiste la voie du succès.
Sous la Restauration, Dubufe amorce une longue et brillante carrière de portraitiste auprès de la noblesse et de la haute bourgeoisie. En 1824, deux commandes officielles — La Naissance du duc de Bordeaux et Le Passage de la Bidassoa — viennent asseoir sa notoriété et consacrer son intégration aux cercles du pouvoir. Deux ans plus tard, en 1826, il fonde avec le baron Taylor et Dauzats une association d’entraide en faveur des artistes, témoignant de son inscription active dans le milieu artistique parisien. Ses peintures allégoriques, Les Souvenirs et Les Regrets (1827, Norton Simon Museum), largement diffusées par la gravure, rencontrent un succès public considérable. Elles illustrent son goût pour les figures féminines expressives, où la narration sentimentale prime sur l’anecdote historique.
Devenu le portraitiste attitré de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie sous la Restauration puis sous la Monarchie de Juillet, Dubufe reçoit dans son atelier de la Nouvelle Athènes, au square d’Orléans à Paris, des personnalités telles que le compositeur Luigi Cherubini ou l’actrice Harriet Smithson, future épouse d’Hector Berlioz. Au Salon de 1837, il présente sept portraits, parmi lesquels un Portrait du Roi (localisation inconnue) et surtout le Portrait de Louise d’Orléans, reine des Belges, commande de son père Louis-Philippe Ier pour le palais des Tuileries. Il exécute également le portrait officiel du roi Léopold Ier, confirmant son statut de peintre des cours européennes. Les commanditaires apprécient ces effigies mondaines et flatteuses, mises en scène dans des décors raffinés et servies par un rendu minutieux des étoffes et des carnations. Dubufe sait avantager ses modèles : cette qualité, jointe à une touche lisse et précise, aux formes souples et peu cernées, assure son succès durable. La critique, cependant, demeure parfois réservée, lui reprochant une certaine complaisance.Parallèlement aux portraits officiels, l’artiste développe un goût pour les « figures de fantaisie » et les « têtes d’expression » féminines. La Lettre de Wagram (1827) en constitue un exemple significatif : une femme y exprime sa douleur dans une composition centrée sur l’intensité psychologique. Ces œuvres, comme Amour et Coquetterie (1831), largement diffusées par la gravure, rencontrent un large écho auprès du public.
Après la mort de sa première épouse, Edmée, mère de son fils Édouard, Dubufe se remarie en 1841 avec Eugénie Saint-Amand, dont il a deux fils, Paul et René. Les portraits intimes qu’il exécute alors — notamment les médaillons représentant ses enfants — témoignent d’une liberté accrue et d’une sensibilité plus personnelle, loin des contraintes du Salon. Il aborde également le registre religieux : La Vierge et l’Enfant, dont la Vierge emprunte les traits de sa seconde épouse, suscite des réactions contrastées, révélant les tensions entre idéalisation sacrée et vérité du modèle contemporain.
Claude-Marie Dubufe est le fondateur d'une dynastie de peintres : son fils Édouard (1819-1883) devient à son tour portraitiste officiel du Second Empire et son petit-fils Guillaume (1853-1909) se distingue dans la peinture décorative (plafond du foyer de la Comédie-Française, 1885).
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Auteur :
Ce portrait représente une jeune femme, assise de trois quarts dans un fauteuil de style Louis XIV à dossier en velours rouge sombre et accoudoirs à crosses sculptées et dorées. L'axe principal est légèrement déporté vers la droite du tableau, ce qui confère à la composition un équilibre discret et naturel. À gauche, le montant et le dossier du fauteuil occupent le fond sombre. Celui-ci révéle par contraste la blancheur de la robe.
Ce portrait s'inscrit pleinement dans la tradition du portrait de famille de la première moitié du XIXe siècle, dont Dubufe est alors l'un des représentants les plus recherchés. Par son format, sa composition et sa facture, il se rapproche des portraits féminins les plus soignés du peintre, notamment celui de la duchesse de Valençay, comtesse de Talleyrand-Périgord conservé au Petit Palais (Duchesse de Valençay, ca 1838). La date probable de réalisation — aux alentours du mariage de 1839, ou dans les premières années de celui-ci — s'accorde avec le style vestimentaire du modèle et la manière picturale de l'artiste.
La commande de ce portrait à Dubufe, peintre alors au faîte de sa notoriété, est elle-même révélatrice du rang social et des ambitions représentatives des familles d'Hinnisdal et de Bryas : s'adresser à un portraitiste dont la clientèle comprenait la famille d'Orléans et les plus grandes maisons de la noblesse française constituait en soi un acte de positionnement social. Dans la grande tradition des collections châtelaines, ce portrait a rempli une fonction mémorielle et généalogique essentielle, Marie de Bryas laissant à sa mort en 1846 deux jeunes enfants orphelins.
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Catégoriespeinture
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Structures
- support, rectangulaire vertical
- surface, rectangulaire vertical
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Matériaux
- matériau textile, support toile, peinture à l'huile, vernis
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Précision dimensions
h = 128 ; la = 98
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Précision représentations
La jeune femme est représentée dans la fleur de sa jeunesse, avec une expression sereine et légèrement mélancolique. Son visage ovale, aux traits réguliers, est encadré de cheveux châtains foncés coiffés en bandeaux lisses et ramenés en chignon bas sur la nuque, avec de petites boucles aux tempes selon la mode des années 1840. Le regard, d'un bleu clair, est dirigé vers le spectateur avec une franchise tranquille. Le cou est long et dégagé, selon les canons classiques de la beauté féminine dans la peinture de portrait.
Marie de Bryas est vêtue d'une robe en soie blanche aux reflets nacrés et au rendu léger et aérien. La coupe est caractéristique du style à épaules dégagées : le décolleté en bateau laisse les épaules nues ; les manches, très courtes, sont bouffantes, froncées sur des volants superposés qui moussent avec légèreté. Un large ruban de soie bleu pâle noué en nœud plat à la taille marque la ceinture et contraste délicatement avec le blanc de la robe. Ce portrait, commandé au lendemain du mariage de 1839, revêt une dimension dynastique particulière : Hermann d'Hinnisdal étant le dernier représentant mâle de sa lignée, l'union avec Marie de Bryas porte en elle toutes les espérances de continuité du nom.
Les accessoires témoignent du rang de la modèle : à son poignet droit, un bracelet de perles blanches à trois rangs (la perle exprimant la pureté et la maternité) ; à son poignet gauche, un bracelet d'or. Posée sur sa robe, sa main gauche met en évidence l'anneau de son mariage.
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Inscriptions & marques
- signature, peint, sur l'œuvre
- date
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Précision inscriptions
Huile sur toile de la maison Vallé & Bourniche.
Signature en bas à gauche : "Dubufe".
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État de conservation
- mauvais état
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Précision état de conservation
Usures, accidents, restaurations.
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Statut de la propriétépropriété privée, Propriété de Mademoiselle Charlotte d'Andigné, cette œuvre a été présentée en vente publique en décembre 2025 (Tessier & Sarrou, Paris, 16 décembre). Elle a rejoint depuis les collections du château de Regnière-Écluse.
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Intérêt de l'œuvreÀ signaler
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Protections
Ce portrait de Marie de Bryas illustre avec éloquence ce qui fait le prix singulier de l'art de Dubufe : héritier de la rigueur davidienne dont il conserve la précision du dessin et la solidité de la construction, il en tempère la froideur par une sensibilité nouvelle, toute de douceur et de lumière diffuse. Son talent propre est de tenir en équilibre l'idéalisation et la ressemblance — ses modèles sont embellis sans être figés, et le regard de Marie, dirigé vers le spectateur avec une franchise tranquille, en est la démonstration. La virtuosité dans le rendu des étoffes légères, la délicatesse du modelé des carnations et cette luminosité intérieure qui anime le visage constitue sa marque la plus reconnaissable, qui le rapproche de Winterhalter tout en lui conservant une manière plus intime et plus retenue. Portrait de famille commandé au lendemain d'un mariage chargé d'espérances dynastiques, ce tableau dépasse ainsi la simple effigie pour atteindre à cette qualité rare : la présence.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Bibliographie
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BENEZIT, Emmanuel. Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. Paris : Gründ, 1999 (nouvelle éd.), 14 vol.
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LAINÉ, P.-Louis. Généalogie de la maison de Hinnisdal extraite du tome onzième des archives généalogiques et historiques de la noblesse de France publiées par M. Lainé, successeur de M. de Courcelles, généalogiste des rois Louis XVIII et Charles X. Paris : chez l’auteur (8 rue Taranne) (impr. Bautruche, 90 rue de la Harpe), 1848.
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MARTY, Aurélien. Regnière-Écluse. Un domaine, une famille. Regnière-Écluse : Association pour la sauvegarde et la valorisation du Domaine millénaire de Regnière-Écluse, 2017.
pp. 197-202.
Lien web
- Portrait de la duchesse de Valençay, comtesse de Talleyrand-Périgord née Anne-Louise de Montmorency (1810-1855) par Claude-Marie Dubufe (1790-1864), [ca 1838]. Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. [consulté le 20/02/2026]
- Les œuvres de Claude-Marie Dubufe (1790-1864) conservées au musée du Louvre. [consulté le 20/02/2026]
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.