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Ancien foyer des agents de train de la Compagnie des Chemins de fer du Nord

Dossier IA80003496 réalisé en 2004

Fiche

AppellationsCompagnie des Chemins de fer du Nord
Destinationsfoyer, centre de formation
Parties constituantes non étudiéesbains douches
Dénominationsfoyer
Aire d'étude et cantonGrand Amiénois - Amiens
AdresseCommune : Longueau
Adresse : rue des
Jardiniers
Cadastre : 1835 A 199 à 208

Les matrices cadastrales conservées aux archives départementales mentionnent la construction de deux dortoirs en 1921.

Parmi les sources conservées au Centre des Archives du Monde du Travail, le rapport du comité de gestion des cités au directeur indique que le foyer est construit en 1921.

A. Goissaud en donne plusieurs représentations (doc. 1 à 5) et une description très précise (annexe 1) dans le numéro de La Construction Moderne d´octobre 1926.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates1921, daté par source

L´édifice de plan en L est actuellement formé de plusieurs corps de bâtiment délimitant une cour-jardin interne. Au nord, un corps à deux étages carrés sur rez-de-chaussée surélevé (fig. 6 et 7) est construit en briques et en parpaings de béton masqués par un enduit (rez-de-chaussée et partie supérieure du 2e étage) ; il présente des élévations à 6 travées de baies jumelées. La toiture débordante à demi-croupes, couverte de tuiles mécaniques, est agrémentée d´aisseliers. A l´extrémité est se situe la cage d´escalier. Ce bâtiment est prolongé par des corps de bâtiments implantés perpendiculairement au sud-est (fig. 8 et 9). Ces bâtiments, en rez-de-chaussée surélevé, sont construits en parpaings de béton masqués par un enduit ; les toitures débordantes, couvertes de tuiles mécaniques, présentent également des demi-croupes en pignon et des aisseliers. Les linteaux des baies sont en ciment. Une galerie relie ces bâtiments à une construction récente. Remaniements visibles : suppression de la galerie de circulation sur cour ; démolition du bâtiment abritant les bains-douches au sud ; extension de l´ancienne salle des lavabos.

Mursbrique
enduit partiel
maçonnerie
Toittuile mécanique
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
État de conservationremanié
Statut de la propriétépropriété privée
Protectionsinscrit MH, 2008/07/11
Précisions sur la protection

La cité-jardin comprenant la voirie dont l'escalier monumental donnant accès à la route et le passage souterrain donnant accès aux ateliers de réparation et aux voies de chemin de fer, les aménagements paysagers, les façades et toitures de l'ancien foyer des agents de train (excepté l'adjonction moderne postérieure) , les façades et toitures des maisons suivantes avec leur jardin qui les entoure et leurs annexes (cad. AB 40-41 (2-4, allées des Rosiers), 37 à 39 (6-8-10, allée des Rosiers), 35-36 (12-14, allée des Rosiers), 55 à 57 (1, allée des Rosiers et 2-4, allée des Aubépines), 58 (3, allée des Rosiers), 59 à 61 (5-7-9, allée des Rosiers), 62-63 (11-13, allée des Rosiers), 64 (15, allée des Rosiers), 43-44 (1-3, allée des Aubépines), 45-46 (5-7, allée des Aubépines), 47-48 (9-11, allée des Aubépines), 49-50 (13-15, allée des Aubépines), 54 (6, allée des Aubépines), 52-53 (8-10, allée des Aubépines), 67-68 (12-14, allée des Aubépines), 65-66 (16-18, allée des Aubépines), 73 (6bis, 6ter, allée des Tilleuls), 69 à 72 (8-10-12-14, allée des Tilleuls), 92, 177 (8-10, allée des Jardiniers), 94-81 (16, allée des Jardiniers et 187, allée des Acacias), 82 (15, allée des Acacias), 83-84-176 (9-11-13, allée des Acacias), 87-175-180-187 (allée des Acacias) ) : inscription par arrêté du 11 juillet 2008.

Annexes

  • Les foyers-hôtels de la Compagnie des Chemins de fer du Nord

    Les foyers-hôtels

    "Au premier plan figurent deux grands bâtiments, ce sont deux « foyers » pour le personnel des trains ; l´un destiné au personnel des machines (mécaniciens et chauffeurs), l´autre au personnel des trains proprement dits (conducteurs et garde aux freins).

    Les réseaux ont du de tout temps, aménager dans les grandes gares et les grands dépôts pour le personnel ambulant, des dortoirs et des cuisines-réfectoires destinés aux mécaniciens, chauffeurs, conducteurs et garde-freins de passage dans les centres éloignés de leur résidence normale. Ces locaux appelés « dortoirs » ou « corps-de-garde » étaient des locaux de service peu agréables et très médiocrement tenus.

    Dans un pays tel que Longueau on peut facilement s´imaginer ce que serait pour les employés habitant d´autres points du réseau leur arrivée et leur séjour de quelques heures dans cette gare au mouvement intense ou bien dans des petits hôtels aux abords plus ou moins bien installés où ils seraient exposés aux dangers des débits, aux dépenses et au bruit après un travail pénible ayant nécessité une attention sans cesse en éveil. Il leur fallait à proximité de leurs machines et de leurs trains un « hôtel » convenable et c´est pourquoi la Compagnie a créé ces « foyers-hôtels ».

    [...]

    Le service d´architecture du Nord a imaginé un seul type de bâtiment de la forme d´un « marteau » que l´on peut retourner pour obtenir deux bâtiments symétriques. A Longueau, les deux foyers sont ainsi diversement implantés et suivant le plan général adopté de la cité-jardin.

    En examinant le plan type unique de ces foyers hôtels on remarquera que par suite de leurs grandes proportions et pour avoir un effet général plus agréable dans l´aspect des façades les différentes parties ont été décalées, décrochées ; ces décrochements ont permis, en outre, une composition encore meilleure du plan. Ce type de construction comprend deux parties : la première (le manche du marteau) est un rez-de-chaussée surélevé, l´autre partie est à étages - nous verrons comment celle-ci varie suivant l´importance du dépôt et par conséquent du foyer.

    Cette disposition permet d´obtenir aussi deux parties où le séjour est tout différent l´un de l´autre. Celle composée d´un rez-de-chaussée est affectée au séjour du personnel quand il ne dort pas - il peut y régner un bruit plus ou moins grand par le mouvement et les conversations de ce personnel ; la deuxième partie à étages, est au contraire l´hôtel du silence parce que c´est dans cette partie que sont disposées les « chambres » ou reposent les employés.

    On accède à l´intérieur du bâtiment par deux perrons en béton aggloméré flanquant une partie bien composée qui enveloppe un coquet vestibule d´entrée éclairé par un long dégagement.

    La salle des lavabos dont nous donnons une photographie est très bien installée, chaque lavabo est pourvu d´une glace fixée à la partie supérieure.

    Le dégagement dessert la cuisine où les employés peuvent faire chauffer les repas qu´ils ont apportés dans des cantines et le réfectoire très largement aéré et éclairé par de grandes baies, réfectoire gai et d´une propreté à signaler.

    Les employés peuvent lire ou écrire dans une salle de lecture dans laquelle on accède par un dégagement, ils peuvent aussi jouer aux cartes en attendant l´heure du départ ou du repos.

    Au sous-sol sont installés la Chaufferie du chauffage central des bains et des lavabos ainsi que des Vestiaires chauds qui sont très à proximité de cette chaufferie. Les employés peuvent y déposer leurs vêtements plus ou moins mouillés, en changer et les reprendre en quittant le foyer-hôtel. Il paraît inutile de signaler combien cette innovation est appréciée par le personnel qui est maintenant certain d´avoir des vêtements dans un état convenable qui évite bien des refroidissements, causes de maladies.

    Le rez-de-chaussée et chaque étage de l´autre partie comprennent un palier desservant un débarras et des waters. Un dégagement axial dessert des rangées de chambres ; ce dégagement est fermé à son entrée par une porte et divisé sur sa longueur par des cloisons percées de portes afin que le bruit de l´autre partie ne puisse y parvenir. Au lieu des anciens dortoirs, la Compagnie a disposé des chambres convenables comportant chacune deux lits.

    Ces explications permettront d´apprécier l´amélioration considérable que la Compagnie du Nord a réalisée par la création de ces foyers réservés au personnel des trains.

    [...]

    Le plan, les photographies que nous publions permettront aux architectes d´apprécier les belles constructions des « foyers-hôtels » du Nord. Les bâtiments sont en briques rouges agrémentées de briques blanches, linteaux en ciment, la partie où s´ouvre la porte d´entrée décorée par du grès flammé. Les couvertures sont en tuiles mécaniques. Toutes les salles à usage commun (sauf la salle de lecture) sont carrelées en cérame avec revêtement en faïence. Les sols des dégagements des chambres et ceux de ces dernières sont en parquet sans joint. Toutes les croisées sont en bois et à guillotine, peintes extérieurement en blanc, les baies sont avec grands cadres également à guillotine en fer au même ton blanc.

    Chaque étage du bâtiment à étages se compose de travées comprenant chacune deux chambres, soit six chambres sur une hauteur totale du pavillon. Ces foyers ont donc des chambres toujours dans un nombre multiple de 6 ; cette particularité donne la possibilité de se servir de plans et de dessins pouvant être utilisés pour n´importe quel foyer et permet aussi le cas échéant d´augmenter l´importance des bâtiments existants en ajoutant en extrémité des travées de six chambres chacune, soit deux à l´étage.

    Pour chacun des deux foyers de Longueau il y a douze travées de six chambres, soit 72 chambres et 144 lits par bâtiment ; la hauteur des chambres est de 3 m. 50.

    L´orientation des bâtiments, très importante, a d´autre part été observée pour la composition du plan. L´axe du bâtiment à étages est suivant une direction nord-sud, ce qui donne une bonne aération à ce bâtiment dont les chambres sont tout à tour au soleil tandis que les grandes baies s´ouvrant sur la partie en rez-de-chaussée de l´autre partie longue du bâtiment reçoivent la meilleure lumière".

    GOISSAUD, Antony. « L´oeuvre de la Compagnie du Nord ». La construction Moderne, n° 4, 24 octobre 1926, p. 39-47.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN / CAMT Série 202 AQ ; 202 AQ 1188. Compte rendu de l´assemblée générale des cités du chemin de fer du Nord (17 mai 1925). Rapport du comité de gestion des cités (1922-1924) et annexes (1925-1927).

  • AD Somme. Série P ; 3 P 489/7. Longueau. Matrice des propriétés bâties (1911).

Documents figurés
  • Cités de Longueau, photographie, s. d. (C. A. M. T. ; 202 AQ 1189).

  • Commune de Longueau. Construction d'un groupe scolaire avec logement. Plan de l'agglomération, tirage de plan, dessin par Eugène Poitoux, architecte communal, 1924 (AD Somme ; 99 O 2407).

  • Longueau. Foyer-hôtel de la Compagnie du Nord. In GOISSAUD, Antony. « L´oeuvre de la Compagnie du Nord. Une cité jardin à Longueau ». La construction Moderne, n° 4, 24 octobre 1926.

    pl. 14
  • Longueau. Foyer-hôtel de la Compagnie du Nord. In GOISSAUD, Antony. « L´oeuvre de la Compagnie du Nord. Une cité jardin à Longueau ». La construction Moderne, n° 4, 24 octobre 1926.

    pl. 13
  • Gare de Longueau. Entrée du Foyer-hôtel. In GOISSAUD, Antony. « L´oeuvre de la Compagnie du Nord. Une cité jardin à Longueau ». La construction Moderne, n° 4, 24 octobre 1926.

  • Plan-type (rez-de-chaussée) des foyers-hôtels de la Compagnie du Nord. In GOISSAUD, Antony. « L´oeuvre de la Compagnie du Nord. Une cité jardin à Longueau ». La construction moderne, n° 4, 24 octobre 1926.

  • Un lavabo de foyer-hôtel pour le personnel des machines. In GOISSAUD, Antony. « L´oeuvre de la Compagnie du Nord. Une cité jardin à Longueau ». La construction moderne, n° 4, 24 octobre 1926.

Bibliographie
  • GOISSAUD, Antony. L'oeuvre de la Compagnie du Nord. Une cité jardin à Longueau. La construction Moderne, 24 octobre 1926, n° 4.

    p. 45-46
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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