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Ancien moulin à farine, puis filature de laine Warnier, puis sucrerie de betteraves Ducharron Orens et Cie (vestiges)

Dossier IA60001091 réalisé en 1990

Fiche

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Précision dénomination filature de laine
sucrerie de betteraves
Appellations Warnier, Ducharron et Cie, Ducharron Orens et Cie
Destinations maison
Parties constituantes non étudiées logement patronal, bureau, cour, remise
Dénominations moulin, filature, sucrerie
Aire d'étude et canton Sources et Vallées - Ressons-sur-Matz
Hydrographies Matz le
Adresse Commune : Ressons-sur-Matz
Lieu-dit : Bayencourt
Adresse : 368 rue de la Prairie-de-Bayencourt , 454 rue de Bayencourt
Cadastre : 1999 B2 1869 à 1871, 815

Sucrerie de betteraves construite sur l'emplacement d'un ancien moulin, converti en 1825 en filature de laine peignée, appartenant à M. Warnier. La conversion du site est entamée lorsqu'en octobre 1840, le site est racheté par Louis Joseph Guignard et Fournier, qui sont autorisés à y installer une distillerie d'eau de vie. Vers 1860, la distillerie est complétée ou remplacée par une sucrerie de betteraves. Celle est est en tout cas attestée avec certitude en 1867, date à laquelle Guignart la loue à Louis Julien Ducharron. L'établissement se compose d'un logis et d'un grand bâtiment dans lequel la sucrerie est établie. La description des lieux n'évoque plus la distillerie. En 1877, Ducharron s'associe avec Orens. Ils fondent ensemble la société Ducharron Orens et Cie afin d'acheter en 1879 les bâtiments auparavant loués. Une importante campagne de travaux commence alors et plusieurs ateliers sont construits avant 1885. La fabrique de sucre cesse cependant brutalement son activité en 1907, après l'échec de son directeur aux élections municipales, mais sans doute aussi en raison des difficultés de raccordement au réseau ferré. En 1913, les bâtiments sont loués à une usine génératrice d'électricité qui doit rapidement arrêter sa production en 1914. Après la Première Guerre mondiale, la société ne reprend pas son activité et le site est progressivement abandonné. Les ateliers sont détruits dans les années 1950 et la cheminée, haute de 50 mètres est démontée en 1974 pour permettre la construction d'un lotissement d'habitations. De l'ensemble industriel, il ne reste qu'une partie des bâtiments de ferme ainsi que la maison patronale et les bureaux, convertis en logements. En 1839, le moteur hydraulique faisait fonctionner 1400 broches et 16 métiers, dont 8 mulls jenny. La laine était importée d'Angleterre et des Pays-Bas et négociée auprès des entrepôts textiles de Tourcoing (Nord). La production est de 12 tonnes de laine filée. La capacité de production de la sucrerie n'est pas connue. En 1838, la filature de laine emploie une trentaine de personnes, dont 8 fileurs, 8 rattacheurs et 12 "jeunes filles" ; 1851 : 32 ouvriers. L'effectif de la sucrerie n'est pas connu.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle

Logement patronal avec corps central, à un étage carré et étage de comble, couvert d'une toiture à longs pans et demi-croupe en tuile plate. Il est épaulé de deux pavillons en rez-de-chaussée, construits en brique. Celui au nord est en double corps avec toit à croupe en tuile mécanique. Celui du sud est couvert en ardoise. La remise est à étage de comble, toit à longs pans, ardoise en couverture. Les bâtiments de ferme sont en brique et couvert en tuile plate et mécanique.

Murs brique
Toit tuile plate, tuile mécanique, ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
pignon couvert
croupe
demi-croupe
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
produite sur place
produite sur place
États conservations établissement industriel désaffecté, vestiges
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Compte-rendu de jugement du tribunal de Première Instance de Compiègne. Suivant acte passé au greffe du tribunal civil de 1ère instance de Compiègne, le 8 avril 1885, enregistré à Compiègne le 11 du même mois, n° 1213, 2 mai 1885 (Archives privées de Mme Leclère) .

    1885, 2 mai : (...) Marie Edouard Wacheux, liquidateur de commerce à Compiègne, a déposé un cahier des charges par lui dressé le 6 avril 1885 pour servir à la vente de l´immeuble - une fabrique de sucre avec ses circonstances et dépendances- dépendent de la société Ducharron et compagnie, fabricant de sucre à Ressons-sur-Matz et suivant le jugement du tribunal de commerce de Compiègne en date du 27 février 1885 (...).

    Enonciations préliminaires. Suivant acte reçu par Me Villani, notaire à Ressons-sur-Matz, en présence de témoins, le 13 mars 1867, M. Louis Fidel Abdien Ducharron, aîné, négociant demeurant à Noyon et M. Louis Julien Eugène Ducharron, fils, fabricant de sucre demeurant à Pierrefonds, M. Charles Camille Lecuyer, propriétaire demeurant à Saint-Quentin, M. Jules Théodore Museux, pharmacien demeurant à Saint-Quentin, M. François-Joseph Lausiaux, propriétaire demeurant à Saint-Quentin, désirant former entre eux une société en commandite pour l´établissement et l´exploitation d´une fabrique de sucre à Ressons-sur-Matz, l´achat de betteraves, la vente des produits de l´usine et toutes les opérations se rattachant à l´exploitation de ladite usine.

    [Extrait des statuts de la société]

    Cette fabrique sera établie dans un terrain et dans les bâtiments appartenant à M. Guignard de Paris, qui seront loués à la société pour un temps qui expirera le 1er octobre 1879 ou le 1er octobre 1887 avec promesse de vente jusqu´au 1er octobre 1879 (...). Ladite société prendra le nom de Sucrerie de Ressons-sur-Matz, la raison sociale sera Ducharron aîné et Compagnie (...). Le capital de la société est fixé à 250 000 F. Au terme d´un acte reçu par Me Villani, notaire à Ressons, le 24 novembre 1875, M. Ducharron fils a été nommé gérant responsable de ladite société sucrière de Ressons, solidairement avec son père, en remplacement de M. Copponet, décédé. M. Ducharron père étant décédé [le 14 décembre 1875] et les pouvoirs de M. Ducharron fils étant expirés, les associés se sont réunis afin de nommer de nouveaux gérants à la société. Et au terme d´un acte passé devant Me Villani, les 2 et 5 octobre 1877 (...) M. Ducharron fils et M. Orens ont été nommés solidairement seuls gérants responsables solidairement de la société sucrière de Ressons. Il a été dit en outre que la raison sociale serait à l´avenir en nom collectif « Ducharron Orens et Cie » (...).

    Suivant exploit de M. Demoncheaux, huissier à Attichy en date du 27 novembre 1884, fait donner assignation à M. Orens, à la veuve Copponet et à M. Copponet fils à comparaître le vendredi 5 décembre 1884 à l´audience et par devant Messieurs les présidents et juges du tribunal de commerce à Compiègne (...) pour prononcer la dissolution de la société (...) dont le capital s´élève à 300 000 F.

    Inventaire de l´actif de la société

    Une halle à betteraves montée sur pilier en bois couverte en pannes, longueur 12 m sur 13 m de large.

    Un corps de bâtiment, bâti en brique et couvert en pannes et ardoises. Un magasin à pulpe contigu aux bâtiments ci-dessus, couvert en ardoises, longueur 7 m sur 5 m de largeur, une purgerie contre le bâtiment principal de 23 m de longueur sur 5 de largeur, une autre purgerie annexée à la précédente de 22 m de longueur sur 28 m de largeur. Ces 2 bâtiments construits en briques et couverts en ardoise, montés d´un étage servant de magasin à sucre.

    Un bâtiment en brique à usage de forge de 12 m de longueur sur 4 de largeur et couvert en zinc. Un bâtiment en brique à usage de charrage de 6 mètres de long sur 4 m 55 de large, grenier au-dessus et couvert en pannes. Un bâtiment en brique de 30 m de long sur 4 m de large servant de logement au chef de culture et l´autre partie à usage de bouverie, deux petits poulaillers, le tout couvert en panne ; un autre bâtiment de 13 m de long sur 9 m de large à usage de bouverie et de magasin aux fourrages, avec grenier au-dessus construit en brique, couvert en ardoises, un travail pour le ferrage des boeufs, monté sur piliers en bois, couvert en pannes, une autre bouverie construite en brique longue de 22 m, large de 5,60 m avec grenier au-dessus, couvert en pannes ; deux étables à porcs, 4 cabanes à lapins en brique, couvert en pannes, un four à chaux en fonte, monté sur maçonnerie en brique d´une contenance de 50 m3 ; un magasin en brique couvert en panne de 4,60 m de long sur 2 m de large, un gazomètre à 4 cornues avec laveur épurateur et cloche à gaz, système Scheiber. Halles sur pilier en bois, couverte en panne de 55 m de long sur 4 m de large, un logement ouvrier faisant suite à la halle ci-dessus de 7 m de long sur 4 m de large, bâti en brique, couvert en panne. Bâtiments construits en brique, couvert en panne à usage de logement d´ouvrier et de bascule pour le pesage des voitures, long de 21 m sur 4 m de large, une cheminée en brique de 50 m de hauteur. Un grand corps de bâtiments à usage des bureaux et d´habitation comprenant 9 pièces au rez-de-chaussée, vestibule, escalier conduisant au 1er étage composé de 5 pièces, grenier au-dessus, constructions en brique, couverture en tuiles et ardoises. A la suite, bâtiment servant de logement pour les employés et de magasins, cave au-dessous ; écurie et remise de 10 m de long sur 6 m de large, avec grenier couvert en panne ; basse-cour et cabinet. L´ensemble de la propriété est limité au nord par le chemin des morts, à l´est par la route de Bayencourt et divers, au sud, par Douvry, à l´ouest par feu Alfred Guignard.

    Origine de propriété

    La fabrique de sucre appartient conjointement à Messieurs Charron & Orens et à la veuve Copponet et le sieur Georges Copponet, composant la société Ducharron et Compagnie.

    Suivant bail du 13 mars 1867 de Louis Joseph Guignart à la société Ducharron et Compagnie avec promesse de vente d´un principal corps de logis, un autre grand bâtiment dans lequel la sucrerie est établie, le tout construit en pierre, brique et bois, couvert en tuile, cour jardin et terre en culture, l´ensemble sur une superficie de 5 ha, 28 ares et 7 ca.

    Sur l´immeuble loué, la société a construit tous les autres bâtiments composant actuellement la fabrique.

    Le 30 septembre 1879, le sieur Guignard, réalisant la promesse de vente a vendu la fabrique de sucre à la société Ducharron Orens et Compagnie au prix de 51 000 F.

    M. Guignard, vendeur, était propriétaire desdits immeubles à l´exception du chemin donnant accès à l´usine au moyen de l´acquisition qu´il en a faite de M. César Victor Joseph Ignace Marie, comte de Valperga, devant Me Legrand, notaire à Ressons le 22 juin 1865, et moyennant la somme de 60 000 F, transcrit au bureau des hypothèques de Compiègne le 28 juin 1865, vol. 779, n° 1.

    Adjudication au prix de 80 500 F à M. Ducharron Louis Julien Eugène.

  • Description de la fabrique de sucre en 1879. Extrait de Caillaud, Marthe. "Ressons-sur-Matz : un village, un canton, une époque", p. 55.

    L´ensemble de la propriété avait une superficie de 5 ha, 28 ares, 7 centiares, traversé par la rivière le Matz et le chemin du Clos de l´Ailler ou l´Hoeuillet. On parvenait directement dans la cour de la sucrerie par le chemin de la fabrique qui est devenu aujourd´hui la rue du C.E.G. et également par une belle allée bordée d´une cinquantaine de tilleuls, appelée " Chemin Blanc " perpendiculaire au chemin du Clos de l´Ailler, qui menait juste devant la grille d´entrée de l´usine.

    Tous les bâtiments étaient construits en briques et couverts en pannes et en ardoises. Dès l´entrée se trouvaient des bâtiments de 21 mètres sur 4 mètres en partie à usage de logements d´ouvriers et de bascule pour le pesage des voitures.

    Puis :

    - une halle à betteraves montée sur piliers de bois,

    - un magasin à pulpes contigu à des bâtiments,

    - une purgerie et son annexe,

    - deux bâtiments à étage servant de magasin à sucre,

    - une forge,

    - un bâtiment à usage de charrage,

    - un bâtiment servant de logement au chef de culture et dont une partie était à usage de bouverie,

    - un magasin à fourrage et bouverie (avec grenier),

    - deux poulaillers,

    - un « travail » pour le ferrage des boeufs,

    - une autre bouverie avec greniers au-dessus,

    - deux étables à porcs, quatre cabanes à lapins,

    - un four à chaux en fonte, monté sur maçonnerie,

    - un magasin,

    - un gazomètre à 4 cornues avec laveur-épurateur et cloche à gaz, système Schreiber,

    - des halles,

    - un logement d´ouvriers,

    - une cheminée en briques de 50 mètres de hauteur,

    - un grand corps de bâtiment à usage de bureaux et d´habitation, comprenant 9 pièces au rez-de-chaussée, 5 pièces à l´étage et grenier au-dessus,

    - à la suite, bâtiments servant de logement pour les employés et des magasins avec cave,

    - écurie et remise avec grenier,

    - basse-cour et cabinets,

    - jardins plantés d´arbres fruitiers longeant le Matz.

    Ajoutons à ce décor figé le mouvement et les bruits, les allées et venues des tombereaux de betteraves et des charretiers, l´activité des ouvriers occupés au pesage, au transport à brouettes, au lavage, à la fabrication, à la conduite des boeufs qui chariaient les pulpes ou le sucre vers les magasins de l´usine et vers la gare. (Les sacs à sucre étaient raccommodés par quelques femmes du village, leur procurant ainsi un petit travail à domicile).

    Tout à côté de l´usine existait un petit débit de boissons. La fabrique était alors considérée un écart de Ressons où vivait le personnel de la Maison du Directeur : femme de chambre et nourrice, un ménage de gardiens, celui d´un contremaître et quelques ouvriers logés sur place. Beaucoup de manouvriers et de bouviers habitaient le hameau de Bayencourt. La fabrique a fonctionné à partir de la saison 1880 sous la dénomination " Société Ducharron, Orens et Cie ", puis à partir de 1885 " Sucrerie de Ressons-sur-Matz Ducharron et Cie " jusqu´en 1907, date à laquelle elle a brusquement cessé son activité..

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Oise. Série M ; Mp 2537. Etablissements insalubres, incommodes et dangereux. Ressons-sur-Matz. 1836-1940.

    Commune de Ressons-sur-Mats (1836-1940)
Documents figurés
  • [Plan masse du moulin sur lequel s'est implantée la sucrerie], extrait du plan cadastral dit cadastre napoléonien, section B, 1ère feuille, dessin, par M. Devaux, géomètre, 1er novembre 1824 (AC Ressons-sur-Matz).

  • [Plan de la propriété de M. Guignard où M. Ducharron projète une fabrique de sucre avec trois générateurs], dessin, par Blanvillain, géomètre, 15 mars 1867 (AD Oise ; Mp 2537).

  • Plan du Petit Domaine de Bayencourt appartenant à Mons. Guignard, de Paris, dessin à l'encre sur calque, 6 octobre 1879 (AP).

  • [Plan de situation de la sucrerie Ducharron], dessin, 1894 (AD Oise ; Mp 2537).

  • 9. Ressons-sur-Matz (Oise). Ancienne fabrique de sucre, carte postale, édition Delahaye [vers 1910] (AP).

  • Ressons-sur-Matz (Oise). Vue panoramique de l'Usine Electrique, carte postale, édition Frezquin, [vers 1913] (AP).

  • [Vue générale des bâtiments de la sucrerie désaffectée], photographie, [vers 1940] (AP).

Bibliographie
  • CAILLAUX, Marthe. Ressons-sur-Matz : un village, un canton, une époque. Annales historiques compiégnoises, juin 1987, n° 37-38, n° spécial.

    p. 14 et p. 55
  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Ressons-sur-Matz, arrondissement de Compiègne (Oise). Annuaire de l'Oise. Beauvais : Achille Desjardins, 1838.

    p. 124
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Dufournier Benoît
Benoît Dufournier

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.


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