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Ancienne usine de céramique La Faïencerie (détruite)

Dossier IA60001644 réalisé en 2006

[La démolition de la collégiale Saint-Evremond en 1895]  :

"Monsieur Eulart dont on connaît les beaux travaux sur l'art gothique, adresse aux Débats la lettre suivante pour signaler un acte de vandalisme auquel la municipalité de Creil va se livrer : la destruction de l'église Saint-Evremond. L'indignation de Monsieur Eulart sera partagée par tous ceux qui s'occupent des origines de l'art français ; nous espérons que son cri d'alarme aura pour effet d'attirer l'attention des autorités compétentes et qu'on parviendra à préserver d'une démolition barbare un des plus beaux spécimens de l'art gothique primitif.

Monsieur le Rédacteur,

Il s'agit de dénoncer à l'opinion publique un nouveau projet de destruction de l'ancienne église Saint-Evremond de Creil. Tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'art français connaissent et aiment ce petit monument.

Non seulement il soulève des questions qui n'ont pas encore reçu de réponse définitive et qui se rattachent à l'origine même de notre style gothique, mais il a un mérite que je ne saurais mieux faire ressortir qu'en évoquant le témoignage d'un connaisseur éminent : Parmi tous les édifices de la période de transition, dit Monsieur L. Gonse (Art Gothique, p.85-86), j'estime qu'il n'en est pas de plus parfait que la collégiale de Saint-Evremond. Tout est matière à examen dans le petit édifice, dont l'exécution dénote une main sûre et un sentiment original. Cette œuvre charmante a eu, à n'en rien douter, une notable influence sur l'évolution de l'école parisienne du milieu du 12e siècle.

Qu'ils admettent ou non les attributions de date et d'école que je passe dans cette citation, les amis de l'art et de l'histoire ne peuvent que souscrire sans réserve aux appréciations de M. Gonse.

Le plan de Saint-Evremond, de Creil, a été publié, dès le 16e siècle, par Du Cerceau, qui le donne avec celui du Château dans son recueil Les plus excellents bastiments de France ; dès le début des études d'archéologie française, le docteur Woillez a étudié le monument avec prédilection dans son grand ouvrage sur L'ancien Beauvaisis, et Viollet-le-Duc a consacré un beau dessin de son dictionnaire à l'un des remarquables détails de l'édifice.

Après de tels témoignages, on croit rêver lorsque l'on jette les yeux sur le programme du concours pour la reconstruction de l'Hôtel de Ville de Creil. Malgré les assurances formelles que Monsieur le Maire de Creil avaient données l'an dernier à la commission des monuments historiques, ce programme implique la démolition de Saint-Evremond. On connaît, du reste, l'hostilité inexplicable de la municipalité de Creil pour le seul monument qui mérite d'attirer les étrangers dans cette ville.

On ne peut cependant pas arguer d'une nécessité : le terrain dont dispose la ville est dix fois suffisant ; de plus, la conservation de l'ancienne église et celle de la tour du 15e siècle, qui subsiste du château, s'accordent merveilleusement avec l'érection de l'hôtel de ville, soit que l'on fasse de l'église une salle des fêtes magnifique autant qu'originale, soit qu'on se contente de la consolider et de l'isoler dans un jardin où elle ferait le plus bel effet pittoresque. En tout pays civilisé, les villes ont tenu à honneur de conserver les glorieux témoignages de leur passé artistique ; des églises désaffectées ont été heureusement adaptées à d'autres usages ; ce sont des musées à Angers, Arles, Barcelone, Caen, Narbonne, Poitiers ; des halles à Bernay, Saint-Quentin, Senlis ; un magasin municipal à Dijon ; à Soissons et à Compiègne, des gymnases ; enfin à Paris, le conservatoire des Arts et métiers est un modèle d'adaptation intelligente, artistique et commode de toute une série de bâtiments gothiques à des services modernes et variés.

On juge de plus haut à Creil et l'on semble y être jaloux du renom tout spécial que s'est acquis l'an dernier, la municipalité d'Arras. Celle de Creil peut même espérer plus de célébrité car le mérite de Saint-Evremond est incontestablement supérieur à celui des portes si stupidement abattues à Arras.

Mais sera t-il permis à un Conseil Municipal quelconque et plus ou moins éphémère, de priver pour toujours les artistes et les archéologues d'un objet d'admiration et d'étude ; parce qu'un réverbère, un kiosque de fonte, ou un bassin avec jet d'eau et poissons rouges sont davantage à son esthétique personnelle et lui semble exiger une place rigoureusement précise ? "

L. Eulard.

Extrait de Creil, un acte de vandalisme. L'intermédiaire des chercheurs et curieux, n°689 (colonne 97), 10 mai 1895 [lettre publiée à l'origine dans le Journal des Débats ].

Appellations La Faïencerie
Parties constituantes non étudiées faïencerie
Dénominations usine de céramique
Aire d'étude et canton Grand Creillois - Creil
Hydrographies Oise l'
Adresse Commune : Creil
Adresse : allée de la Faïencerie

Les premières tentatives d'installation d'une manufacture de poterie et d'une verrerie à Creil au bord de l'Oise remontent à la fin du 18e siècle (1797-1799 et 1799-1801). Les bâtiments de la manufacture sont construits par Robert Bray O'Reilly entre juillet 1797 et 1798. Une nouvelle société reprend la manufacture en 1801 : à cette date l'usine comprend 17 ateliers. Elle fonctionne grâce à un moulin hydraulique établi sur un bras de l'Oise et aux moulins à "cailloux" des communes voisines (Précy-sur-Oise et Nogent-sur-Oise) qui concassent des silex et des galets venus de Dieppe (76). Le sable est acheminé depuis Apremont par l'Oise. Jacques Bagnall, un ouvrier anglais arrivé en France en 1784, quitte en 1802 la manufacture de faïence de Chantilly avec 30 ouvriers et s'installe à Creil. Il est rejoint par Charles Gaspard Alexandre de Saint-Cricq-Cazaux. A partir de 1818, les deux hommes investissent dans la production de la faïencerie de Montereau (77) fondée en 1745. En 1827, les premières faïences fines sont produites à Creil : appréciées pour leur qualité et leur solidité, leur coût est faible. En 1839, le directeur Dervieux introduit la fabrication de boutons. A la mort de Saint-Cricq-Cazaux en 1840, la faïencerie est reprise par Louis Leboeuf et Gratiens Millet, également propriétaires de l'usine de Montereau depuis 1825. L'usine est modernisée entre 1848 et 1876 par son directeur Barluet : installation d'une machine à vapeur, de fours de cuisson, aménagement de l'ancienne collégiale Saint-Evremond située sur l'île Saint-Maurice en magasin de faïence et en atelier de fabrication, construction de la cité ouvrière au début des années 1870 (étudiée). En 1895, suite à de nombreuses difficultés (incendie, travaux coûteux, taxes trop élevées), l'usine de Creil ferme et sa production est transférée à Montereau avec 150 ouvriers. La marque "faïences de Creil" subsiste cependant jusqu'en 1920. Le site de production et les entrepôts installés dans l'ancienne collégiale Saint-Evremond sont détruits entre 1895 et 1903. La municipalité achète les terrains de l'ancienne faïencerie pour 75 000 francs et y aménage un parc municipal, un gymnase, un bâtiment pour les sapeurs-pompiers, un vélodrome, un tir au fusil et un jeu de paume. Les deux portes d'entrée sont conservées jusqu'en 1918 date à laquelle elles sont endommagées par des bombes puis rasées. Il ne reste plus aucun vestige visible de l'usine de céramique. En 1816, la faïencerie emploie 400 personnes ; en 1840 près de 900 personnes ; en 1879, 328 personnes ; en 1880, 600 personnes et l'année de la fermeture en 1895, 350 personnes dont 160 enfants.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1797, daté par source
1801, daté par source
1848, daté par source
Auteur(s) Personnalité : O'Reilly Robert Bray, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Bagnall Jacques, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Saint-Cricq-Cazaux Charles Gaspard Alexandre de,
Saint-Cricq-Cazaux Charles Gaspard Alexandre de
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Personnalité : Barluet, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Leboeuf Louis, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Millet Gratiens, commanditaire, attribution par source
États conservations détruit

Annexes

  • Parties constituantes détruites

    Collégiale Saint-Evremond, puis entrepôt industriel :

    Ile Saint-Maurice, Creil.

    La collégiale Saint-Evremond est construite au 13e siècle sur l'île Saint-Maurice. Elle dépend du château de Creil. Elle est vendue en avril 1791 comme bien national et acquise par Robert Bray O'Reilly en 1797 pour servir de dépendance à sa manufacture de faïence. Le clocher est détruit en 1825 et les deux collatéraux sont démolis en 1876. Des aménagements sont réalisés en 1848 sous l'impulsion du directeur de la faïencerie Henri Barluet, avec notamment l'installation d'une machine à vapeur et d'une cheminée en brique. Lors de la fermeture de la faïencerie en 1895, la collégiale, en très mauvais état, est achetée par la ville de Creil. Le Conseil Municipal vote sa démolition le 10 juillet 1898, la ville refusant que ses fonds soient employés à un entretien même provisoire du monument et souhaitant construire à proximité le nouvel Hôtel de Ville. La collégiale est détruite entre 1902 et 1903. Une petite place occupe aujourd'hui son emplacement.

    Documents d'archives

    AC Creil. Série D ; sous-série 1D : 1D1 (6). Délibérations du conseil municipal du 10 juillet 1898 : vote de la démolition de la collégiale Saint-Evremond.

    AC Creil. Série D, sous-série 1D : 1D1 (8). Délibérations du conseil municipal pour l'année 1902 : démolition de la collégiale Saint-Evremond.

    Bibliographie

    DURVIN, Pierre. Notes sur l'histoire de la collégiale de Saint-Evremond construite ente 1150 et 1180, Bulletin de la Société Archéologique, Historique et Géographique de Creil et sa région, Documents et Recherches, n°103, janvier 1979.

    MATHON, M. Histoire de la ville et du château de Creil accompagnées des vues du château à diverses époques, Paris, 1861, 93 p.

    Moulin (moulin à émail), actuellement passerelle :

    Le moulin, établi sur un bras de l'Oise, est reconstruit sous Charles V. Quatre piliers sont édifiés dans le lit de la rivière. Les roues hydrauliques verticales sont installées sous les deux arches du pont. Le moulin est vendu en 1794 au meunier Jean-Laurent François qui le revend le 11 décembre 1798 à Robert Bray O'Reilly pour sa manufacture de faïence. Saint-Cricq-Cazaux fait construire sur les piles du pont et sur les bases du moulin un bâtiment à deux étages carrés qui rejoint les deux rives de l'Oise. Le moulin est remanié en 1850. Un incendie en 1895 détruit partiellement le bâtiment qui est laissé à l'abandon puis démoli. En 1904, le conseil municipal décide la construction d'une passerelle à l'emplacement de l'ancien moulin. Elle est réalisée par les établissements Joret (Montataire) l'année suivant. La passerelle actuelle, en bois et en fer, a été construite à une date non connue par l'entreprise métallique Morel de Creil.

    Documents d'archives :

    AC Creil. Série O ; sous-série 1O : 1O1 115. Pont sur la Brèche (construction, élargissement) ; passerelle du petit bras de l'Oise (construction et entretien, 1904-1923) .

    AD Oise. Série S ; sous-série 7S : 7Sp232. Services hydrauliques, Creil 1832-1927.

    Bibliographie :

    Bulletin de la Société Archéologique, Historique et Géographique de Creil et sa Région, Documents et Recherches, tome III, n°102, octobre 1978.

  • [Incendie à la faïencerie de Creil en janvier 1810 et installation de pompes à feu en mai de la même année] :

    [Incendie à la faïencerie de Creil en janvier 1810 et installation de pompes à feu en mai de la même année] :

    "Suite à un incendie qui se déclare à la manufacture de Creil en janvier 1810, deux belles et grandes pompes à feu sont achetées. Les ouvriers intéressés à la conservation d´une usine qui leur assure leur substance se sont empressés à offrir leur service pour le maniement des pompes. Leur offre a été acceptée. Ils ont souscrit aux règlements. Ils désirent pouvoir porter l'uniforme dans les cérémonies : leur uniforme consiste dans un casque orné d´une plaque à l´aigle avec une inscription Pompiers de la manufacture de Creil."

    Extrait d'une lettre datée du 23 mai 1810 :

    "Les ouvriers et employés de la manufacture de Creil sur Oise voulant témoigner leur reconnaissance et leur attachement à M. Saint-Cricq-Casaux et Bagnall, chefs de cet établissement, viennent de leur proposer de faire gratuitement et en cas de besoin, le service des deux pompes à incendie appartenant à la dite manufacture.

    1. Les ouvriers et autres délégués en l´état nominatif annexé au présent, ont nommé d´une commune voie le sieur Pinguet, ouvrier plombier de la manufacture, leur chef pour tout ce qui a rapport au service et à la manoeuvre des deux pompes, dans tous les cas, en conséquence ils promettent de se conformer à ses instructions.

    2. A partir de ce jour, il sera fait le premier dimanche de chaque mois, une manoeuvre desdites deux pompes dans l´intérieur ou à l´entrée des bâtiments de la manufacture, afin de se rendre facile le travail de cet appareil et avoir toujours les pompes en bon état.

    3. Le nombre des pompiers volontaires est fixé à 40.

    4. Afin que ce nombre de 40 soit toujours complet, s´il arrivait qu´un ouvrier quittât la manufacture ou fut malade ou absent pour longtemps, il serait remplacé par un autre ouvrier de bonne volonté (et on aime à croire que cet article serait d´une exécution facile, d´après les preuves données par tout le corps d´ouvriers lors du malheureux événement du 17 janvier dernier et le degré d´intérêt que chacun doit prendre à la conservation d´un établissement qui assure une honnête existence à une grande quantité de famille)."

    Extraits de AD Oise : 5Mp 2454/1.

  • Visite de la Dauphine à la manufacture de Creil le 11 octobre 1825 :

    Visite de la Dauphine à la manufacture de Creil le 11 octobre 1825 :

    "Madame la Dauphine, partie pour Compiègne le mardi 11 octobre [1825] à 7 heures du matin accompagnée de Monsieur le Duc Mathieu de Montmorency et de Madame la Marquise de Rougé, quitta la route de Senlis pour aller visiter le bel établissement manufacturier de Creil sur Oise à l'entrée de la ville. S.A.R. a trouvé toute la population en habits de fête et groupée auprès d'un arc de tiomphe en verdure.

    Madame la Dauphine a été reçue à l'entrée de la Manufacture par M. de Saint-Cricq Casaux, propriétaire de l'établissement et maire de Creil et par M. le comte de Saint-Cricq, son frère, Monsieur le Préfet de l'Oise, Monsieur Lefour, préfet de Senlis qui s'étaient rendus à Creil pour le passage de S.A.R.

    Après avoir reçu les autorités locales, Madame la Dauphine a daigné accepté le déjeuner qui lui avait été préparé et admettre à la table, la famille de M. de Saint-Cricq, M. le Préfet et M. Lefour, préfet. Ensuite, son AR a parcouru successivement tous les ateliers de cette vaste manufacture, où tous les travaux relatifs à la fabrication des terres fines et des cristaux ont été exécutés devant elle avec une précision et une rapidité dont sont AR paru satisfaite. Elle a daigné interroger plusieurs ouvriers avec une affabilité dont le souvenir ne s'effacera point des coeurs de l'intéressante et laborieuse population de Creil. Dans les magasins et salles d'exposition, SAR a examiné avec attention les divers produits et a bien voulu accepter quelques uns qui lui ont paru les plus remarquables.

    A la suite de cette visite, SAR suivie des personnes qui l'avaient accompagnée dans les ateliers a parcouru à pied le beau parc qui tient à l'habitation de M. de Saint-Cricq. Enfin, après s'être arrêtée près de quatre heures à Creil, Madame la Dauphine est remontée en voiture au milieu des acclamations des habitants qui avaient spontanément formé des danses sous les fenêtres de l'établissement. SAR en se retirant a laissé des marques de sa munificence aux pauvres de la ville et aux ouvriers de la manufacture."

    Extrait de AC Creil : 1D (1) 1, Registre de délibaration du conseil municipal 11 octobre 1825.

  • Extrait de GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Creil, Arrondissement de Senlis (Oise) . Paris, 1828, p. 340-341.

    "Fayence : Le canton possède dans ce genre de fabrication un des plus beaux établissements qui honorent l´industrie française : c´est la manufacture de Creil appartenant à M. de Saint-Cricq Casaux ; cette manufacture date de l´année 1800. Une association de capitalistes déterminée sans toute par la position de la ville de Creil au bord d´une rivière navigable, sur la grande route de Paris en Picardie, à proximité du combustible, fit les fonds nécessaires à la construction d´une grande partie des bâtiments et aux frais de premier établissement pour l´exploitation d´une faïencerie et d´une cristallerie. L´entreprise conduite avec trop de profusion à son origine ne réussit pas ; après deux essais sans succès, la société étant dissoute, Monsieur de Saint-Cricq l´un des actionnaires devint locataire d´abord puis propriétaire de l´établissement. Il renonça à la cristallerie et s´associa alors à Monsieur Bagnall, manufacturier anglais instruit dans l´art de la faïencerie ; cette association qui a duré depuis 1804 jusqu´en 1818, a porté la fabrique de Creil à un haut degré de prospérité et lui a valu la célébrité dont elle jouit en France et en Europe. Le nombre des ouvriers qui était de 60 seulement en 1804, s´est élevé successivement jusqu´au-delà de 700, il est actuellement moindre d´un quart de ce dernier nombre.

    Les produits consistent en toutes les espèces de faïence, terre de pipe blanche, peinte et imprimée en couleur et en gréserie noire égalant en beauté celle que l´Angleterre a longtemps fabriqué seule : ces diverses poteries ont obtenu des médailles d´argent aux expositions de 1819 et 1827.

    Monsieur de Saint-Cricq devenu seul propriétaire de l´établissement avait remis en activité en 1824 l´atelier de cristallerie, mais il a définitivement renoncé à ce genre de fabrication depuis deux mois.

    Les glaises employées dans la fayencerie sont tirées de Montereau (Seine-et Marne) ; les sables proviennent de la butte d´Apremont, les plombs en minium et céruse viennent de la fabrique de Clichy ; les potasses sont achetées en Amérique. Les silex ramassés sur les coteaux crayeux de Blaincourt et de Précy, sont broyés dans l´établissement et dans un second moulin établi depuis sept ans à Nogent-les-Vierges [Nogent-sur-Oise], après avoir été préalablement calcinés et pillés ; la quantité de silex employée par année est évaluée à deux cent mille kg. Les forêts de Compiègne, Villers-Cotterêts, Hallate, Chantilly et La Neuville-en-Hez fournissant les bois consommés. Les principaux ouvriers gagnent de 6 à 7 francs par jour ; les autres sont payés sur le pied de 4 francs à 1 franc 25, les femmes reçoivent 75 c, et les enfants 40c. Les ouvriers malades sont traités et médicamentés gratuitement, et conservent souvent une partie de leur salaire pendant leur maladie. Cette importante manufacture a exercé la plus grande influence sur l´état de la ville de Creil dont la population a presque doublé en 25 ans, et dont les habitants en devenant plus aisés ont contracté des habitudes d´ordre et de travail non moins avantageuses que les bénéfices lucratifs."

    Extrait de GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Creil, Arrondissement de Senlis (Oise) . Paris, 1828, p. 340-341.

  • Hommes de la garde-mobile travaillant à la manufacture de faïence, sans date [avant 1895] :

    Hommes de la garde-mobile travaillant à la manufacture de faïence, sans date [avant 1895] :

    Gustave Chollin : mouleur en creux

    Pierre Corniquet : fours

    Adonis Deligny : ébaucheur

    Sylvain Dubois : mouleur d'assiettes

    Léon Gallé : tournaseur

    Charles Godet : encasteur d'émail

    Auguste Leroy : mouleur d'assiettes

    Pierre Quillet : renversoir d'assiettes

    Claude Maze : encasteur d'émail

    Gustave Taffin : ébaucheur

    Extrait de AC Creil : 6F13.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Creil. Série D ; 1D1 (1). Délibérations du conseil municipal : lettre de déclaration de naturalité de Jacques Bagnall, 5 novembre 1816.

    Visite de la Dauphine à la manufacture de Creil le 11 octobre 1825.
  • AC Creil. Série F ; sous-série 6F : 6F13. Effectifs ouvriers.

    Hommes de la garde mobile travaillant à la faïencerie.
  • AC Creil. Série G ; 1 G 1. [Plan masse de la faïencerie. Extrait du cadastre napoléonien, 1809].

  • AC Creil. Série O ; 1O1 111. Dossier de voirie commun à plusieurs rues, 1842-1935.

  • AD Oise. Série M ; sous-série 5M : 5Mp 2454/1. Etablissements insalubres, Creil, 1810-1859. Demande de Charlemagne Cauchois pour l'installation d'une usine d'engrais, 1859-1860.

    Incendie à la faïencerie de Creil en janvier 1810 et installation de pompes à feu.
  • AD Oise. Série M ; 9Mp4310. Enregistrements et brevets d'invention. Brevet déposé par Alphonse Schauffler, directeur de l'usine à gaz de Creil, 18 janvier 1892.

    Brevet déposé par Jean Stevenson à Creil pou établir des peintures herborisées sur toutes espèces de fayence et terre de pipes, 19 mai 1806.
  • AD Oise. Série S ; sous-série 7S : 7Sp 232. Service hydraulique, Creil, 1832-1927 : plan et profil des arches de la manufacture de Creil relatifs aux ouvrages à établir par les soins et aux frais des propriétaires de la fabrique au droit desdites arches pour leur donner un débouché égal à celui du pont de la Boucherie, 1851.

  • AD Oise. Série S ; sous-série 9S : 9Sp181/2. Chantier de préparation et de débit de bois pour traverses, installation d'une machine à vapeur et d'une chaudière locomobile, 1874.

    Installation d'une machine à vapeur à la manufacture de porcelaines opaques par Leboeuf et Millet, 1858.
Documents figurés
  • Plan masse de la faïencerie. Extrait du cadastre napoléonien. Dess, coul., 1809 (AC Creil ; 1G1).

  • [Vue du moulin de la faïencerie]. Huile sur toile, vers 1830 (musée Gallé-Juillet, Creil ; non coté).

  • [Papier à lettre à en-tête de la faïencerie]. Impr. photoméc., n. et b., 1876 (AC Creil ; 1O1 111).

  • [Vue de la faïencerie depuis le clocher de l'église Saint-Médard]. Photogr. pos., n. et b., sans date [avant 1895] (Musée Gallé-Juillet, Creil).

  • [La faïencerie depuis le petit bras de l'Oise]. Photogr. pos., n. et b., sans date [entre 1895 et 1900] (Musée Gallé-Juillet, Creil).

  • [Effondrement d'une partie du bâtiment construit sur le petit bras de l'Oise vu en amont]. Photogr. pos., n. et b., sans date [entre 1895 et 1900] (Musée Gallé-Juillet, Creil).

  • [La collégiale Saint-Evremond]. Photographie, n. et b., 1899 (AC Creil ; fonds photographique Merlette).

  • [La collégiale Saint-Evremond prise depuis le petit bras de l'Oise]. Photographie, n.et b. sans date. (AC Creil ; fonds photographique Merlette).

  • [Façade occidentale de la collégiale Saint-Evremond avant sa démolition]. Photographie, n.et b., sans date (AC Creil ; fonds photographique Merlette).

  • Creil. Petit bras de l'Oise. Impr. photoméc. (carte postale), n.et b., [s.d.] (AC Creil ; fonds local).

  • [La collégiale Saint-Evremond en cours de démolition au début du 20e siècle]. Photographie, n. et b., sans date (AC Creil ; fonds photographique Merlette).

  • Profil des arches de la manufacture de Creil relatifs aux ouvrages à établir par les soins et aux frais des propriétaires de la fabrique au droit desdites arches pour leur donner un débouché égal à celui du pont de la Boucherie. Plan dessiné, couleur, échelle 1/200e. 27 mars 1851 (AD Oise ; 7Sp 232).

  • Plan des arches de la manufacture de Creil relatif aux ouvrages à établir par les soins et aux frais des propriétaires de la fabrique au droit desdites arches pour leur donner un débouché égal à celui du pont de la Boucherie. Plan dessiné, couleur, échelle 1/200e. 27 mars 1851. (AD Oise ; 7Sp 232).

  • [Le moulin de la faïencerie construit sur le petit bras de l'Oise, vu en aval]. Photogr. pos., n. et b., sans date [entre 1895 et 1900] (Musée Gallé-Juillet, Creil).

  • [Vue du bâtiment construit sur le petit bras de l'Oise en aval]. Photogr. pos., n. et b., sans date [entre 1895 et 1900] (Musée Gallé-Juillet, Creil).

  • [Assiette de faïence représentant sur l'aile la manufacture de faïence]. Sans date [dernier quart 19e siècle] (Musée Gallé-Juillet, Creil).

  • [Plat au décor de vente aux enchères]. Faïence fine, 1873 (musée Gallé-Juillet, Creil ; don Gallé-289).

  • [Cendrier Le Figaro]. Faïence fine, sans date (musée Gallé-Juillet, Creil ; don Gallé).

Bibliographie
  • ARIES, Maddy. Creil, faïence fine et porcelaine (1797-1895) . Paris, Guénégaud, 1994.

  • ARIES, Maddy. La manufacture de Creil, 1797-1895. Paris, Guénégaud, 1974.

  • [Notes sur la faïencerie]. Bulletin de la Société Archéologique, Historique et Géographique de Creil et sa région, Documents et Recherches, décembre 1993, n°161-162.

  • [Notes sur la faïencerie]. Bulletin de la Société Archéologique, Historique et Géographique de Creil et sa région, Documents et Recherches, n° 165-166, juin 1995.

  • CAMBRY. Description du département de l'Oise. Tome 2, Paris, 1803.

  • Centre d'Etudes et de Recherches Historiques et Archéologiques de Montereau et Environ. Une découverte inattendue : le règlement de la faïencerie de Creil. Bulletin de la Société Archéologique, Historique et Géographique de Creil et sa région, Documents et Recherches, n°109, juillet 1980.

  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Creil, Arrondissement de Senlis (Oise) . Paris, 1828.

  • LEEMANS, C. "La faïencerie de Creil (1797-1895)". Bulletin de la Société Archéologique, Historique et Géographique de Creil et sa région, Documents et Recherches, n°136, avril 1987.

    p. 1-13.
  • POPULAIRE, Daniel. Creil, Images et Documents, 1789-1935. Tome 1, Creil, Editions Queneutte, 1981.

    p. 95-110.
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