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Ancienne usine de pâte à papier Mayen, huilerie Nourylande, puis Robbe et usine de produits chimiques Novance

Dossier IA60001111 réalisé en 1990

Fiche

  • Vue générale : flanc est.
    Vue générale : flanc est.
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • conciergerie
    • bureau
    • cheminée d'usine
    • aire des produits manufacturés
    • chaufferie
    • cantine
    • vestiaire d'usine
    • château d'eau
    • réservoir industriel
    • entrepôt industriel
    • laboratoire
    • logement patronal
    • pont bascule
    • station d'épuration
    • cour
    • stationnement
    • voie ferrée
Appellations Mayen, Nourylande, Robbe
Destinations huilerie, usine de produits chimiques
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, conciergerie, bureau, cheminée d'usine, aire des produits manufacturés, chaufferie, cantine, vestiaire d'usine, château d'eau, réservoir industriel, entrepôt industriel, laboratoire, logement patronal, pont bascule, station d'épuration, cour, stationnement, voie ferrée
Dénominations usine de pâte à papier, huilerie
Aire d'étude et canton Compiégnois - Compiègne-Sud
Hydrographies Oise l'
Adresse Commune : Venette
Adresse : rue André-Mellenne , chemin de Jaux
Cadastre : 1982 C 168, 964 à 966, 738

En 1923, l'industriel Mayen fait construire une usine de pâte à papier, utilisant la paille et l'alfa, blanchie par traitement chimique et désincrustation, selon le procédé de Vains. Les architectes Itally et Douroy sont chargés de dessiner les plans des bâtiments industriels ainsi que de la cité de trente six logements, aujourd'hui détruite. En 1927, une fermeture provisoire est signalée pour défaillance du système d'épuration. Une partie des bâtiments est prolongée en 1928. Ces travaux d'extension sont réalisés par les établissements Toisoul et dirigés par l'architecte Sézille. Les bâtiments industriels construits à cette époque étaient toujours exploités au moment de l'enquête. En 1932, le site change de propriétaire et de destination. La société hollandaise Nourylande le transforme en huilerie, spécialisée dans la fabrication d'huiles alimentaires, arachide et soja. Les travaux entrepris pour cette nouvelle affectation sont conduits par l'architecte hollandais Postma. L'ensemble est repris en 1970 par la société dieppoise Robbe, qui continue la précédente activité et fait construire les silos. En 1992, avec l'arrivée sur le site de la société Novance, appartenant au groupe Sofiprotéol, un nouvel atelier destiné à la fabrication de biocarburant (diester) est construit, en même temps que la station d'épuration et la centrale électrique. L'entreprise est aujourd'hui l'un des acteurs internationaux importants de la chimie du végétal. Grâce à une politique d'innovation menée dans le cadre du pôle de compétitivité consacré aux Industries Agro-ressources (IAR), Novance a obtenu le prix Pierre Potier 2010, dans la catégorie Produits propres, pour son biolubrifiant à usage perdu (huile de chaîne de tronconneuse). En 1923, l'usine fonctionne au moyen de deux turbines couplées chacune à un alternateur de 1000 Kw. L'usine est capable de traiter annuellement 130. 000 tonnes de graines de colza et produit 62.000 tonnes d' huile et produits dérivés. Ceux-ci sont utilisés dans les résines synthétiques pour peintures, vernies et encres. 1962 : plus de 200 salariés ; 1983 : 50 salariés. 1995 : 170 salariés. 2000-2010 : 120 salariés.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1923, daté par source
1928, daté par source
Auteur(s) Auteur : Itally, architecte, attribution par source
Auteur : Douroy, architecte, attribution par source
Auteur : Postma, architecte, attribution par source
Auteur : Sézille, architecte, attribution par source
Auteur : Toisoul, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Bétons Armés Hennebique, ingénieur, attribution par source

Site desservi par un embranchement ferroviaire et une voie navigable. Les constructions de l'ancienne usine de pâte à papier sont en pan de béton et parpaings. L'atelier de pression, le bâtiment de pré-stockage, et ceux abritant actuellement les bureaux et les laboratoires de recherche sont couverts de toits bombés en béton armé. L'atelier de retraitement comporte 4 étages couronné d'un toit à longs pans avec lanterneau destiné à l' aération et à l' éclairage zénithal. L'atelier de distillation, à deux étages, comporte un toit en terrasse. A l'arrière des bureaux, un atelier de maintenance est constitué de trois travées couverts en shed ovoïde. Le hangar à tourteaux, large de deux travées est à pan de fer recouvert d'un essentage de tôle ondulée. Il comporte une charpente métallique apparente supportant une double toiture à longs pans et pignons couverts. Les silos sont en béton armé, de même que la cheminée d'usine, haute de 45 mètres. L'atelier de diestier est en pan de fer recouvert d'un bardage de tôle nervurée.

Murs béton
fer
ciment
essentage de tôle
enduit
parpaing de béton
béton armé
pan de béton armé
pan de fer
Toit béton en couverture, tôle ondulée, tôle nervurée, ciment amiante en couverture, matériau synthétique en couverture
Étages 4 étages carrés
Couvrements charpente métallique apparente
charpente en béton armé apparente
Couvertures terrasse
toit à longs pans
appentis
toit bombé
shed ovoïde
pignon couvert
lanterneau
Escaliers
Énergies énergie thermique
énergie électrique
produite sur place
achetée
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables atelier de fabrication, cheminée d'usine

Annexes

  • Lettre de M. Mayen au préfet de l'Oise, donnant les renseignements complémentaires demandés. 8 janvier 1923. (AD Oise ; Mp 2567).

    " La préparation des pâtes à papier à l´usine de Venette se fera au moyen de matières neuves : pailles, alfa, roseaux ou bois, et par traitement chimique de désincrustation. Il ne sera pas fait usage de matières usagées telles que drilles, chiffons, vieux papiers, etc. L´atmosphère de travail sera toujours transparente. Les vestiaires seront indépendants des bâtiments industriels proprement dits (...). Le réfectoire sera prévu dans le bâtiment D (...). La force motrice nécessaire à la marche de l´usine de Venette sera fournie par une centrale que nous installons, composée de deux turbines à vapeurs accouplées chacune à un alternateur de 1 000 Kw, dont un en service et un en réserve.

    L´éclairage diurne sera fourni par de larges baies vitrées et par des lanterneaux placés en quinconce sur les toits. L´éclairage nocturne sera fourni par notre centrale qui alimentera électriquement des lampes à filaments placés judicieusement.

    L´aération des locaux se fera par des baies vitrées munies de châssis ouvrants. Evacuation des eaux usées de l´usine : contrairement aux autres procédés de fabrication de cellulose (procédé à la soude, procédé au bisulfite), le procédé de Vains ne rejette pas à la rivière des matières alcalines, alcalinoterreuses ou acides. Le principe du procédé repose sur le traitement alternatif de la matière première par la soude et par le chlore libre qui, par la suite d´une réaction de substitution se transforme en acide chlorhydrique. Les jus alcalins provenant du lessivage de la matière première sont mélangés aux eaux acides provenant de la chroruration et se neutralisent mutuellement. La réussite de la fabrication est fonction de cette condition de neutralité : on peut assurer que les eaux usées rejetées à la rivière seront neutres (...). La quantité d´eau rejetée de l´usine (...) sera de 40 l/s (...) ".

  • Lettre de M. Mayen au préfet de l´Oise pour l´installation d´une usine de pâte à papier dans la commune de Venette. 9 décembre 1922 (AD Oise ; Mp 2567).

    " Nous nous permettons, Monsieur le Préfet, d´attirer votre attention sur le caractère particulièrement utilitaire de l´usine projetée, qui sera consacrée à la fabrication de la pâte à papier blanchie, produit pour lequel le pays est largement tributaire à l´étranger. L´usine nouvelle est rangée dans la 2e classe, par le décret du 24 décembre 1919.

    Nos pâtes à papier seront fabriquées par le procédé de Vains, appliqué déjà avec succès en France, Italie, Espagne et Belgique. Les produits traités seront la paille ou l´alfa, à raison de 50 à 55 tonnes/jour, le sel marin à raison de 12 à 13 tonnes/jour, la chaux à raison de 1500 à 2000 kg/jour et enfin le charbon, à raison de 40 à 50 tonnes/jour en vue de produire toute l´énergie nécessaire à nos appareils de traitement (...).

    Le projet complet d´édification (remploi) destiné aux services de reconstitution vous sera remis incessamment, vous permettant d´apprécier la haute portée économique de notre création industrielle à laquelle les intérêts régionaux font d´ores et déjà le meilleur accueil ".

    Capacité de production : 20 tonnes de pâte sèche par jour.

    En annexe : plan-masse au 1/1000e daté du 1er décembre 1922 et signé Itilly, architecte à Paris : l´ensemble comporte la maison du directeur, les bâtiments industriels proprement dits et une cité ouvrière avec en « a » la coopérative et la pension des célibataires, en « b » le dispensaire, pouponnière, bain-lavoir, en « cm 1 à 6 » les maisons de contremaîtres, en « 1 à 6 », les maisons pour ménage de 2 personnes, avec 1 chambre, de « 7 à 14 », les ménages de 3 personnes avec 2 chambres, de « 15 à 18 » et de « 19 à 24 », les maisons pour les ménages de 4 personnes, avec respectivement 2 et 3 chambres, de « 25 à 32 », les maisons pour les ménages de 5 personnes avec 3 chambres et de « 33 à 36 », les maisons pour les ménages de 6 personnes avec 4 chambres ".

  • Rapport de M. Schipman, inspecteur des établissements classés sur le lessivage des pâtes à papier de l´usine de Venette, 9 mai 1927 (AD Oise ; Mp 2567).

    " L´obtention des pâtes à papier était réalisée par l´action de la soude caustique sur les fibres de paille. La pâte ainsi obtenue était blanchie ensuite au chlore. Dans les usines qui emploient le bois comme matière première, on emploie généralement le sulfite de soude au lieu de la soude caustique. Le sulfite de soude a l´avantage de coûter moins cher et de blanchir en même temps la pâte. Dans les usines qui traitent la paille, on avait essayé sans succès l´emploi du sulfite. La paille renfermant une proportion assez grande de silice, on n´obtenait pas de résultats satisfaisants. L´ingénieur allemand qui a fait les essais à Venette a eu l´idée de combiner les deux procédés. Il traite la paille par un mélange de soude et de sulfite de soude. Le blanchiment de la pâte se termine au chlore. Les avantages de ce procédé sont les suivants :

    - réduction des deux tiers de la quantité de chlore employée,

    - suppression des mousses abondantes qui se reproduisaient à chaque barrage et même à l´Isle Adam en Seine-et-Oise,

    - coloration moins accentuée des eaux résiduaires.

    La mise en oeuvre du nouveau procédé demanderait environ deux mois. Il faut créer un atelier de préparation de sulfite de soude et faire quelques légères modifications d´appareillage.

    Après prélèvements d´échantillons et analyse des eaux résiduaires, il résulte que l´eau ne répond pas aux limites d´épurations suffisantes admises par le Conseil supérieur d´hygiène de France. (...)".

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Oise. Série M ; Mp 2567. Etablissements insalubres, incommodes et dangereux. Venette. 1845-1940.

  • AD Oise. Série S ; 9 Sp 178. Déclaration de machines à vapeur. Arrondissement de Compiègne.

  • IFA (Institut Français d'Architecture), Paris. 76 IFA ; 076 IFA 1898/14. Fonds Béton Armés Hennebique (BAH) : usine Mayen à Venette, agrandissement d'un bâtiment, 1926.

Documents figurés
  • [Plan dressé d'après le cadastre section B, complété], dessin, Derville géomètre, [s.d.] (AD Oise ; 5 Mp 2567).

  • [Plan au 1/500e], dessin, [s.d.] (AD Oise ; 5 Mp 2567).

  • [Plan d'ensemble au 1/200e de l'usine de pâte à papier projetée par Emile Mayen], tirage bleu, par Douroy (Paris), 5 novembre 1922 (AD Oise ; 5 Mp 2567).

  • [Plan au 1/2000e de l'usine de pâte à papiers Emile Mayen], tirage bleu, Itally (Paris), 1er décembre 1922 (AD Oise ; 5 Mp 2567).

  • Coupes transversales au 1/2000e, tirage bleu, par Douroy, 5 novembre 1922 (AD Oise ; 5 Mp 2567).

  • [Plan de l'huilerie de la Société Oliefabrick au 1/200e], dessin, [s.d.] (AD Oise ; 5 Mp 2567).

Bibliographie
  • Chambre Régionale du Commerce et de l'Industrie de Picardie. Panorama des industries de l'Oise, 1983.

    p. 35
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Dufournier Benoît
Benoît Dufournier

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.


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- Fournier Bertrand