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Eglise paroissiale (ancien prieuré de bénédictins) et ancien cimetière Saint-Pierre

Dossier IA80009884 inclus dans Le village de Frémontiers réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

La reconstruction de l’église, au début du XVIe siècle, est contemporaine de celle du prieuré Saint-Denis de Poix, avec laquelle elle présente de nombreuses parentés architecturales (dimensions, hauteur des murs de la nef, traces des baies d’origine du mur sud) et stylistiques, en particulier le décor de la façade ouest. L’église de Frémontiers comportait cependant un décor plus riche, avec la présence de cinq statues, placées dans les niches des contreforts des façades ouest et nord. Cette similitude pourrait s’expliquer par la présence de deux prieurs appartenant à la famille de Moyencourt, Jean et Jacques, qui se sont succédés, entre 1500 et 1560.

L’ancien cimetière, qui s’étendait au nord et à l’ouest de l’église, était autrefois planté d’arbres fruitiers, dont la vente permettait l’entretien de l’église.

Genre de bénédictins
Vocables Saint-Pierre
Dénominations prieuré, cimetière
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Conty
Adresse Commune : Frémontiers
Cadastre : 1825 E2 190, 191 ; 1988 E3 278

Ancien prieuré, attesté en 1167 dépendant de l´abbaye de Saint-Germer de Fly, uni au collège Saint-Nicolas des Jésuites d´Amiens en 1608. Jules Corblet (1874) indique qu'il s'agissait d'un prieuré simple. La paroisse Saint-Pierre comprenait également Velennes et Brassy, qui sera rattaché à Sentelie, en 1698. La fondation du prieuré peut être attribuée à Gauthier Ier Tyrel de Poix et à sa femme Alix, dame de Frémontiers et de Famechon et sa reconstruction, au début du 16e siècle, a lieu sous le priorat de Jean ou de Jacques de Monyencourt. Les sources conservées aux archives départementales (série O) signalent la "reconstruction" de l'église, achevée en 1816, puis celle de la porte de l'église, "qui s'est écroulée", en 1830. A l'occasion d'un conflit, opposant Morgan de Belloy à la commune, celui-ci indique, dans un courrier de 1823, que la reconstruction est partiellement financée par mesdemoiselles Dumesnil et Morgan. En 1837, devis de réparation comprenant "rempiètement de 18 m des gros murs de l'église sur 70 cm de hauteur et 23 cm d'épaisseur, en briques graissées" et couverture du clocher en ardoises d'Angers et plomb. En 1844, le conseil municipal prend acte des réparations nécessaires : rempiètement des gros murs de la vieille partie de l'église, cintre du petit portail (nord) croule, sculptures mutilées qui représentent des monstres fabuleux et dont la réparation est indispensable, cinq contreforts tronqués de plus d'un mètre dans la partie supérieure, "les sculptures et les statues qui les décorent sont ou mutilées ou en partie détruites par le temps. Il conviendrait de les rétablir dans leur état primitif". La façade du grand portail, qui est d'un architecte remarquable et orné de belles sculptures un peu mutilées, est hors d'aplomb de 12 à 15 cm. "la conservation de cette partie de l'église et même de tout l'édifice exige que des réparations soient faites sans délai". Une grande humidité est signalée dans l'église et il est jugé nécessaire de "renouveler le pavé et [d']établir couche de fondation de cailloux de 35 à 40 cm d'épaisseur." Reportés en raison des difficultés à financer l'opération, l'achèvement du pavage et l'assainissement de l'église seront réalisés en 1857 et 1858 par Legrand, maître maçon à Loeuilly. En 1863, de nouveaux travaux sont réalisés : construction de l'escalier du clocher, rempiètement, et réparation de la couverture (tuile et ardoise). En1869, les voûte du plafond doivent être renouvelées en divers endroits et il faut procéder à un badigeon sur les murs. Les croisées de l'église, dont l'état de délabrement est signalé en 1867, sont réparées en 1872. En 1877, les contreforts en briques sont réparés. La réception des travaux de restauration du portail et du soubassement des murs a lieu en 1900. Dans la série V, il est fait mention de travaux de rejointoiement intérieur des murs et du dessus du portail, en 1897. Les cartes postales du début du 20e siècle montrent la présence d'un mur de brique qui entourait le cimetière. Ce mur a fait l'objet de nombreuses réparations, tout au long du 19e siècle (1843, 1860, 1880, 1897).

En 1859, le maire de Frémontiers renonce à appliquer une réglementation dans le cimetière. En 1875, un calvaire est érigé dans le cimetière. Zeude, peintre à Poix, fournit un Christ grandeur nature et la peinture de la croix. Ce calvaire pourrait être celui qui est en place dans le nouveau cimetière.

Période(s) Principale : 1ère moitié 16e siècle, 1er quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1815, porte la date
Auteur(s) Auteur : Legrand,
Legrand

Architecte établi à Eu (Seine maritime).


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maître maçon,

L´édifice, orienté à l´est, est implanté en cœur de parcelle, en bordure de la route départementale. De plan allongé à vaisseau unique, il comporte un chevet polygonal et un clocher en charpente, au bas de la nef. L´église est construite en calcaire, appareillé en pierre de taille, sur solins de briques avec contreforts en calcaire (chevet, mur sud) et présente de nombreuses reprises de maçonnerie en briques et en calcaire. Le chevet est percé de deux fenêtres. Le mur nord de la nef est percé de quatre fenêtres en arc brisé, les plus anciennes présentant des moulurations (fig.). Le mur sud est percé de quatre fenêtres en arc brisé et présentent des traces de reprise (anciennes baies bouchées). L´église comporte un accès principal à l´ouest et un accès secondaires au nord (fig.). La porte nord est surmontée d´une mouluration en anse de panier à décor végétal (fig.). A l´intérieur, l´église présente plusieurs traces de remaniements : un arc du mur ouest, petite niche dans le chœur. On observe aussi des collages, au niveau du mur séparant le sanctuaire et la sacristie, qui correspond à un aménagement postérieur. Dans la nef subsistent des piliers engagés. Le chœur est matérialisé par une faible surélévation. Le sanctuaire est matérialisé par un emmarchement et fermé par une clôture en fer forgé. Le chevet est à pans coupés. La chapelle de la Vierge, à l´extrémité est de la nef, est matérialisée par carrelage de sol. Inscriptions :

Date (chevet) : 1816 (fig.). Date de nivellement du sol du cimetière (mur nord du chœur) : NIVELLEMENT DES PLACES / PAR MOUQUERON CHARLES / 1931-1932. Signature : Mouqueron Charles.

Murs calcaire pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 vaisseau
Couvertures toit à longs pans croupe
pignon découvert
Typologies cimetière d'enclos paroissial (churchyard)

Bien que signalée par Hyacinthe Dusevel, en 1844, l'église ne sera inscrite qu'en 1926.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH partiellement, 1926/05/18
classé MH, 1931/04/14
classé MH, 2005/10/10
Précisions sur la protection

Nef : inscription par arrêté du 18 mai 1926. Façade Ouest avec son portail et les trois contreforts de la façade Nord en retour avec leurs statues : classement par arrêté du 14 avril 1931. Inscription 18 05 1926 (nef) et classement 14 04 1931 (façade ouest avec son portail et les trois contreforts de la façade nord en retour avec leurs statues) (arrêtés) annulés. L'église en totalité (cad. E 278) : classement par arrêté du 10 octobre 2005 (J.O.).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série D ; D75. Biens du prieuré de Frémontiers (1167-1685).

  • AD Somme. Série O ; 99 O 1839. Frémontiers. Administration communale (avant 1869).

  • AD Somme. Série O ; 99 O 1840. Frémontiers. Administration communale (avant 1869).

  • AD Somme. Série O ; 99 O 1841. Frémontiers. Administration communale.

  • AD Somme. Série V ; 5 V 330. Frémontiers.

Documents figurés
  • Église de Frémontiers. Portail occidental, photographie noir et blanc (AD Somme 14 FI 140/38).

  • 35. Frémontiers, carte postale, début 20e siècle (AP).

Bibliographie
  • CORBLET, Jules. Hagiographie du diocèse d'Amiens, tome IV, 1874.

    p. 177
  • BECQUET

    p. 190
  • SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie. Tome I : Arrondissement d'Amiens, cantons d'Amiens, Boves et Conty. Amiens : Société des antiquaires de Picardie, 1919. Réed. Bruxelles : Editions culture et civilisation, 1979.

    p. 312-313.

Liens web

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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