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Le réseau ferré de la Côte picarde

Dossier IA80001247 réalisé en 2002

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées pont, gare
Dénominations voie ferrée
Aire d'étude et canton Trois Vallées
Adresse
Précisions oeuvre située en partie sur le canton de Ault

La ligne de chemin de fer Paris-Boulogne est ouverte en 1847. Dans la Somme, elle dessert, entre autres, Amiens et Abbeville, et s'arrête à Noyelles-sur-Mer. A cette date, l'arrivée du train près de la Côte picarde permet à un plus grand nombre de baigneurs de visiter les plages où une activité de bains est déjà balbutiante. Selon Pacey, la Compagnie de Chemin de fer d'Amiens-Boulogne est absorbée par la Compagnie des Chemins de fer du Nord le 9 juillet 1851.

Selon Lomier, en janvier 1852 débute une enquête commodo et incommodo sur le projet de chemin de fer Noyelles-sur-Mer - Saint-Valery-sur-Somme. Il est prévu que la ligne traverse le Domaine public maritime. Le risque d'ensablement de la baie est alors connu mais, dans un rapport de l'officier de marine de Saint-Marsault, ce dernier déclare que le chemin de fer est d'un plus grand intérêt pour le développement de la région que les risques d'ensablement encourus par la baie.

En octobre 1853, le Ministère de la Marine annonce son accord. La ligne est ouverte pendant l'été 1858. L'ensablement de la baie est immédiat, aggravé par le remplacement de l'estacade en bois par une digue en 1910. En amont de cette digue, les terres gagnées sur la mer sont vendues, produit financièrement très fructueux pour l'Etat.

Le 22 juin 1859, les plans d'un pont tournant permettant de passer le canal sont approuvés. Une gare est construite à Saint-Valery-Canal : de la première construction en bois et briques il ne subsiste rien, de même que du pont-levant (source : Pacey). A la veille de la Seconde guerre mondiale, cette voie ferrée est doublée d'une voie routière.

Au sud de la Baie de Somme, le chemin de fer arrive plus tardivement. La ligne Paris-Le Tréport, via Amiens et Abbeville (Chemins de fer du Nord) est inaugurée en 1873 et en 1876, Le Tréport est relié à Paris par Beauvais (Chemins de fer de l'Ouest).

A partir de 1887, le Syndicat des propriétaires de Mers demande à la Compagnie des Chemins de fer du Nord et de l'Ouest de mentionner Mers sur les panneaux indicateurs et les affiches. Il obtient d'autant plus satisfaction que la gare se dénomme désormais Le Tréport-Mers (source : P.V. des assemblées générales du Syndicat de Mers-les-Bains).

En 1884, la Compagnie des Chemins de fer économiques obtient la concession pour 99 ans du réseau à voie métrique de la Somme. La ligne Noyelles-sur-Mer - Le Crotoy est ouverte le 1er juillet 1887 et la ligne Noyelles-sur-Mer Cayeux-sur-Mer est ouverte le 6 septembre 1887, reliant les deux stations au réseau des Chemins de fer du Nord. Une convention du 26 mars 1887, confirmée par décret du 28 mai 1887, établit une concession de la portion Noyelles-sur-Mer - Saint-Valery-sur-Somme à la Compagnie des Chemins de Fer économiques pour la pose d'un voie métrique. Les deux rails sont posés entre ceux à voie normale des Chemins de fer du Nord. La SNCF, successeur de la Compagnie du Nord, continue d´utiliser la voie normale jusqu´au 6 février 1989 et demeure propriétaire et responsable de son entretien jusqu´au 31 décembre 1992, date à laquelle la ligne est vendue au département.

Au début du 20e siècle, des projets de réseaux secondaires reliant les voies nationales et les stations balnéaires voient le jour. En 1903, la Société des Chemins de fer industriels et balnéaires de la Somme avait envisagé la construction d'une ligne du Tréport à Cayeux-sur-Mer via le Bois-de-Cise, la Croix-au-Bailly et Ault-Onival, mais le projet n'aboutit pas. Le réseau devait assurer le trafic de voyageurs, et notamment de baigneurs, mais aussi celui de l'industrie locale : transport de galets, de betteraves vers les raperies, de produits de la mer (huîtres).

Au nord de la Baie de Somme, un tramway est mis en place vers 1903 pour relier Fort-Mahon-Plage et Quend-Plage à la ligne Paris-Boulogne depuis l'arrêt de Quend.

Le 1er septembre 1935, la halte de Lanchères-Pendé est construite sur la ligne Saint-Valery-sur-Somme - Cayeux-sur-Mer, et en 1937, une nouvelle gare est construite à Saint-Valery-sur-Somme. Après 1945, la ligne subsiste en raison de son intérêt pour l'industrie locale.

En 1960, la Compagnie des Chemins de fer économiques fusionne avec la Compagnie des Chemins de fer secondaires pour former la Compagnie générale des chemins de fer et de transports automobiles (CFTA). Mais le trafic décline et mène à son abandon. Depuis 1969, l'Association du chemin de fer de la Somme poursuit une politique de mise en valeur de la ligne Cayeux-sur-Mer - Le Crotoy via Saint-Valery-sur-Somme par l'acquisition de locomotives et un service de petit train touristique en saison.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 20e siècle

Annexes

  • Chronologie sommaire

    - 1847 : ligne Paris Boulogne via Amiens, Abbeville et Noyelles-sur-Mer

    - 1858 : ligne Noyelles-sur-Mer / Saint-Valery-sur-Somme

    - 1873 : ligne Paris / Le Tréport via Amiens

    - 1876 : ligne Paris / Le Tréport via Beauvais

    - 1887 : ligne Noyelles-sur-Mer / Le Crotoy

    - 1887 : ligne Noyelles-sur-Mer / Cayeux-sur-Mer

    - 1910 : l'estacade en bois reliant Noyelles à Saint-Valery-sur-Somme est remplacée par une digue.

  • annexe temporaire

    Le chemin de fer joue un rôle essentiel dans le développement économique du territoire étudié, tant pour le commerce que pour la villégiature. En effet, il ouvrit la baie de Somme vers l´arrière-pays via la gare de Noyelles, à la jonction du Ponthieu et du Vimeu.

    La ligne de chemin de fer Paris / Boulogne, desservant Amiens, Abbeville et Noyelles, fut inaugurée en 1847. Le 17 octobre 1854 vit la construction de la ligne Saint-Valery/Noyelles par la Compagnie du Nord afin de compléter le réseau des « bains de mer » (qui comportait une autre ligne : celle de Noyelles au Crotoy). Cette dernière, ouverte en 1858, avait nécessité la construction d´un pont en bois entre Noyelles et Saint-Valery de 1333 mètres (appelé estacade) permettant le franchissement de la mer qui, à l´époque, remontait jusqu´à Noyelles, Port-le-Grand et Abbeville (le voyage de Noyelles à Saint-Valery ne durait alors que 10 minutes).

    L´établissement de la gare de Noyelles, du côté de Saint-Valery, permettait de gagner Lanchères pour la desserte ferroviaire Noyelles / Le Crotoy (1878) et Saint-Valery / Cayeux (afin d'atteindre Cayeux et Brighton, premières plages du littoral picard, dès 1886). D´après Lucien Cahon, « la loi du 17 janvier 1885 avait déclaré d´utilité publique l´établissement d´un réseau de chemin de fer d´intérêt local à voie d´un mètre de large, à la suite d´une convention passée le 16 juillet 1884 avec la société générale des Chemins de fer économiques ».

    Les lignes de chemin de fer économiques construites en 1887 desservaient donc Saint-Valery, Cayeux, le Crotoy et Forest-L´Abbaye. Cette dernière, troisième ligne du réseau des ‘bains de mer´, fut inaugurée en 1892 afin de mettre en liaison les deux groupes de lignes de Noyelles et Abbeville et de centraliser l´entretien du matériel au dépôt de Saint-Valery Canal. Elle se séparait des lignes de Saint-Valery et du Crotoy à la sortie de la gare de Noyelles. Après avoir traversé le Dien, elle desservait Sailly-Bray. Elle avait engendré la construction de la gare de Forest-Montiers, de la halte ainsi que celle de Pendé-Lanchères (1935), Hurt et Cayeux.

Références documentaires

Documents d'archives
  • LABESSE, Paul. Syndicat des propriétaires de Mers-les-Bains, extrait des archives. Extraits des procès-verbaux de la commission et des comptes-rendus des assemblées générales. Récolement effectué par M. Paul Labesse. Manuscrit et photocopies (coll. part.).

    PV des assemblées générales du 25 septembre 1887, 21 août 1891
Documents figurés
  • Le Tréport, la gare, arrivée d'un train, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Noyelles-sur-Mer - Pont de St-Valery, 1500 m de longueur, carte postale en noir et blanc, Huré Delecourt éditeur, Noyelles-sur-Mer, début 20e siècle (coll. part.).

Bibliographie
  • LOMIER, Eugène. Le chemin de fer de Noyelles-sur-Mer à Saint-Valery-sur-Somme. Amiens : Imprimerie des Echos picards, 1936.

    p. 7, 9-10
  • PACEY, Philip. Les chemins de fer de la baie de Somme. Le réseau des bains de mer. [s.l.] : Oakwood Press, 2002.

    p. 11, 16, 19, 23-25, 29-105
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Département de la Somme (c) Département de la Somme ; (c) SMACOPI (c) SMACOPI - Justome Elisabeth
Elisabeth Justome

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie de 2002 à 2006, en charge du recensement du patrimoine balnéaire de la côte picarde.


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