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Le village de Ribeaucourt

Dossier IA80009629 réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

Introduction

La commune de Ribeaucourt s'étend sur une superficie de 542 hectares pour une population de 185 habitants en 2007 (234 en 1896), ce qui représente une densité de 34,2 habitants au km² (données INSEE).

Le territoire communal, qui s'étend sur le plateau, est bordé à l'ouest par une partie du bois de Ribeaucourt et par le bois Monsieur-de-Berny, qui forme la partie nord du bois de Martaineville. Il est limité en sa partie est par la vallée de la Croix et le fond de Beaumetz, deux vallons qui se rejoignent dans le bassin de la Domart.

La commune est traversée par la R.D. 66 de Bernaville à Fransu, et la R.D. 185 de Domart à Beaumetz. Largement ouvert sur le plateau à l'est, le village est entouré de courtils que la rue bien nommée « Derrière les haies » sépare des vastes espaces cultivés, ce qui donne à cette limite la physionomie d'un village-bosquet. En partie sud du village, où l'habitat est plus disséminé, subsistent quelques vergers.

Le hameau de Barlette est situé au sud de la commune, le long de la R.D. 185.

En 2000, 4 exploitations agricoles (5 en 1988) regroupaient une superficie agricole utilisée (SAU) de 110 ha (178 ha en 1988), soit une SAU moyenne de 28 hectares (36 ha en 1988). En 1988, les superficies agricoles représentaient 149 ha de terres labourables et 48 ha de cultures fourragères, dont 127 ha de superficie en fermage (données AGRESTE). Ces chiffres traduisent une relative stabilité du nombre et de la taille des exploitations depuis une vingtaine d'années, même si leur SAU globale a diminué de plus d'un tiers. Cette situation s'explique en grande partie par le fait que les terres du château sont exploitées par la ferme du château de Fransu.

Historique

La mise au jour, au 19e siècle, de matériel archéologique gallo-romain (céramique) atteste une occupation ancienne du territoire de l'actuelle commune.

Le village a probablement été fondé à la faveur du défrichement d'une partie de la forêt de Goyaval. Au Moyen Âge, la seigneurie de Ribeaucourt était une pairie de la châtellenie de Domart. Elle est passée par alliance à la famille de Rosières vers 1232, puis à celle de Boubers dans le deuxième quart du 16e siècle. Les coutumes locales ont été rédigées le 20 septembre 1507.

En 1594, la terre passe à Aymar Le Fournier, chevalier, seigneur de Wargemont, Ribeaucourt et Barlette, et la famille Le Fournier de Wargemont conserve la seigneurie et le château de Ribeaucourt jusqu'en 1821. En 1686, François Le Fournier, chevalier, seigneur de Wargemont, Ribeaucourt, Barlette, Graincourt et Méricourt, acquiert pour 60 000 livres la seigneurie de Beaumetz et la moitié nord de la forêt de Goyaval des héritiers de Henri Fleurton et de Jean Guisain, qui avaient acquis en 1634 pour 120 000 livres la seigneurie de Beaumetz et la forêt de Goyaval (1 200 journaux, ainsi que les moulins de Constanville et d'Harondel) à Charles Ier de Gonzague-Nevers. Cette partie de la forêt forme l'actuel bois de Ribeaucourt.Joseph -François Le Fournier, marquis de Wargemont, acquiert en en 1743 la baronnie de Domart et la seigneurie de Bernaville, saisies sur le duc de Villeroy.

Le tracé de la perspective plantée et de la Rue Neuve, dans le troisième quart du 18e siècle, à l'initiative de son fils Louis-François Le Fournier de Wargemont, permet de développer la partie est du village autour de la route de Domart. Demeurée dans le domaine du château, comme la perspective gazonnée et l'alignement d'arbres, la Rue Neuve est contestée par la commune en 1810, sans succès, à la marquise de Persan, puis léguée à la commune seulement en 1960 par Gérard de Berny.

Sous l'Ancien Régime, Ribeaucourt relevait de l'élection et du grenier à sel de Doullens et de la prévôté de Beauquesne avec Saint-Riquier et Doullens, et du bailliage d'Amiens. La paroisse relevait de l'évêché d'Amiens, archidiaconé du Ponthieu et doyenné de Saint-Riquier.

À la fin du 19e siècle (monographie communale), deux tiers des terres agricoles sont cultivées en céréales (blé, avoine, seigle, orge) et un tiers en plantes et racines fourragères (luzerne, sainfoin, trèfle, betterave fourragère, pomme de terre). Les produits trouvent un débouché vers les centres industriels de la vallée de la Nièvre. Les terres agricoles sont réparties en 46 exploitations agricoles, dont 30 ont une superficie inférieure à 5 hectares. Le château possède un domaine agricole de 246 hectares et 11 ares sur la commune de Ribeaucourt. Le bois de Ribeaucourt, qui s'étend sur plusieurs communes, permet également d'importantes coupes de bois.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le bois a abrité des rampes de lancement de missiles V1, tandis que le château était occupé par l'armée allemande. Les bombardements américains des 5 et 7 juillet 1944 ont causé d'importants dommages au village et au bois. L'architecte amiénois Jean Guidée est désigné en 1947 pour diriger les travaux de reconstruction des bâtiments communaux détruits ou endommagés (mairie, école), et la commune adhère en 1951 à la Société coopérative « La Paysanne » pour mener à bien cette entreprise. Outre les bâtiments communaux, les destruction concernent la ferme de Michel Dupuis, deux maisons d'ouvriers agricoles et une ferme appartenant à Gérard de Berny (qui seront remplacées par quatre logements), deux maisons appartenant respectivement à mesdames Kerhervé-Debray et René Fournier, et le logement de l'instituteur.

Entamée en 1945 à la requête des habitants du hameau de Barlette, la procédure de rattachement du territoire correspondant à l'ancienne section cadastrale A de la commune de Franqueville aboutit en 1953. Elle permet de réunir à la commune de Ribeaucourt un hameau distant d'à peine quelques centaines de mètres du village, le long de la R.D. 185, ainsi que la partie nord du bois de Martaineville, appelée bois Monsieur-de-Berny en raison de son appartenance au propriétaire du château de Ribeaucourt.

Le village

Le village, qui concentre l'essentiel du bâti de la commune, est limité à l'ouest par le bois de Ribeaucourt, et au nord par le parc du château. Le centre du village est situé à l'ouest, où se trouvent l'église et le cimetière, la mairie-école et l'ancien usoir. Le château et son domaine se sont développés indépendamment du village, mais le tracé de la perspective paysagère et de la rue Neuve, dans le troisième quart du 18e siècle, même si elle établit une percée dans le tissu bâti, a toutefois permis de réunir, voire de développer la partie est du village située autour de la route de Domart.

Le village a connu une certaine prospérité après la Révolution grâce aux réformes agraires, mais a également perdu en un siècle la moitié de sa population (monographie communale), qui a migré dans la seconde moitié du 19e siècle vers les centres industriels de la vallée de la Nièvre.

La commune a acquis en 1848 pour la somme de 2875 francs une maison avec dépendances appartenant à Jean-Charles Deberny, située anciennement 14, Rue Neuve (B 351), afin d'y établir l'école de garçons. Le bâtiment est aménagé pour son nouvel usage par Charles Demoulins, architecte à Doullens, et déclaré construit en 1855 (Matrice des propriétés foncières, 1838-1914). Après la construction de l'école mixte en 1900, le bâtiment de l'ancienne école des garçons est vendu le 6 juin 1901, puis déclaré démoli en 1905 (Matrice des propriétés foncières, 1838-1914).L'école des filles est construite en 1866 sur les plans de l'architecte de Louis-Henry Antoine grâce au legs de la marquise de Persan, dernière dame de Ribeaucourt.La remise de matériel d'incendie était située près du mur du château, à l'extrémité de l'usoir où était également creusée une mare.

Le 29 septembre 1960, le conseil municipal accepte le legs de Gérard de Berny (1880-1957), ancien maire de la commune et propriétaire du domaine et du château de Ribeaucourt, conformément à ses testaments du 18 février 1942 et du 24 décembre 1956 ; ces dispositions comprennent la Rue Neuve, à l'exception de l'alignement d'arbres, ainsi qu'un pré en bordure de la place pour construire une salle des fêtes. En revanche, la commune renonce à la « maison Martin », en bordure du parc du château, qui devait servir à l'aménagement d'une mairie ou d'une école, ce dont elle dispose déjà. En compensation, l'héritier de Gérard de Berny, Alain-René de Mieulle, fait un don destiné à la construction et à l'aménagement de la salle des fêtes. En cette même année, et probablement en prévision de la construction de la salle des fêtes, l'ancien usoir de la rue de l'Église, qui était limité par le mur de clôture du château et comportait une mare, a été aménagé en place publique.

L'habitat

Le nombre total de logements (maisons) était de 87 en 2007, composé de 65 résidences principales (74,7 %) et 10 résidences secondaires et logements occasionnels (11,3 %) et 12 logements vacants (14 %). Parmi les 56 résidences principales construites avant 2005, 32 (soit 56,9 %) l'ont été avant 1949 (données INSEE). 49 maisons et fermes ont été repérées, parmi lesquelles 8 ont été étudiées.

Le centre du village, autoure de la mairie et de l'église, a été largement reconstruit après les destructions de la Seconde Guerre mondiale, mais certains axes, comme la rue de Domart, présentent encore quelques éléments d'habitat traditionnel.

Activités

Les recensements de 1836 et de 1851 signalent une faible activité textile mais la présence de deux marchands de toiles, Jean-François et Louis Martin. Louis Martin fils, marchand de toiles en 1851, se déclare fabricant en 1872.

Le village se distingue par l'importante de métiers liés au bâtiment. En 1836, il compte quatre maçons (les Dufetel et les Daullé, qui sont toujours présents en 1881), deux couvreurs, deux charpentiers, trois menuisiers, mais également des tourneurs et scieurs. En 1872, on recense deux briquetiers, l'un rue Neuve, le second rue de Domart.

Conclusion

S'il n'a pas conservé, à l'instar de villages voisins, sa physionomie traditionnelle, le village présente d'intéressants et originaux éléments patrimoniaux comme le château et ses aménagements, la villa Le Priez ou la clôture de l'enclos funéraire de la famille de Berny.

Parties constituantes non étudiées croix de chemin, oratoire
Dénominations village
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Domart-en-Ponthieu
Adresse Commune : Ribeaucourt
Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, 19e siècle, 20e siècle

La commune de Ribeaucourt fait partie de la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1 "Massif forestier de Ribeaucourt et de Martaineville et cavité souterraine". L'ensemble formé par le parc du château, la ferme et ses annexes et les quatre perspectives (et implicitement celle bordant la ferme et le parc), a été inscrit le 30 mars 1982 sur la liste des sites pittoresques du département de la Somme, ce qui a un impact sur une partie nord et ouest du territoire communal.

Sites de protection zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique, site inscrit

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série O ; 99 O 3216. Ribeaucourt. Administration communale, avant 1869.

  • AD Somme. Série O ; 99 O 3217. Ribeaucourt. Administration communale, 1870-1939.

  • AD Somme. Série O ; 99 O 3218. Ribeaucourt. Administration communale, 1870-1939.

  • AD Somme. Série P ; 3 P 671/3. Ribeaucourt. Etat de sections.

  • AD Somme. Série P ; 3 P 671/4. Ribeaucourt. Matrice des propriétés foncières, 1838-1914.

  • AD Somme. Série P ; 3 P 671/5. Ribeaucourt. Matrice des propriétés non-bâties, 1914-1936.

  • AD Somme. Série P ; 3 P 671/6. Ribeaucourt. Matrice des propriétés bâties, 1882-1936.

  • AD Somme. Série P ; 3 P 671/7. Ribeaucourt. Matrice des propriétés bâties, 1911-1936.

  • AD Somme. Série M ; 6M 671. Ribeaucourt. Recensement de population.

  • AD Somme. 2 NUM 91. Ribeaucourt. Monographie communale, par Rifflet, instituteur, 1897.

  • AC Ribeaucourt. Registre des délibérations du conseil municipal, 1925-1995.

Documents figurés
  • Carte de Cassini. N°23 : Dieppe, gravure à l'eau-forte, Le Roy le Jeune géographe, 1757.

  • Ribeaucourt. Plan cadastral : tableau d'assemblage, dessin à l'encre, à l'aquarelle et au lavis sur papier, Fauvel géomètre, 1835 (AD Somme ; 3 P 1461/1).

  • Ribeaucourt. Plan cadastral : section B1, dessin à l'encre, à l'aquarelle et au lavis sur papier, Fauvel géomètre, 1835 (AD Somme ; 3 P 1461/3).

  • Terrain faisant partie de l'échange entre M. de Berny et la commune, dessin à l'encre et à l'aquarelle sur papier par Florent Housse, arpenteur à Franqueville, 6 juin 1856 (AD Somme ; 99 O 3216).

  • Commune de Ribeaucourt. Plans de l'école des garçons, dessin à l'encre et à l'aquarelle sur papier par A. Houbart, instituteur, 28 juillet 1878 (AD Somme. Série T ; 99 T 3807/672-2).

  • Extrait du plan cadastral avec situation des bâtiments communaux, dessin à l'encre et à l'aquarelle sur calque, 5 septembre 1897 (AD Somme ; 99 O 3217).

  • Ribeaucourt. L'Ecole, carte postale, cliché G. Fayez à Doullens, avant 1909 (coll. part.).

  • Ribeaucourt. Rue de Domart, carte postale, cliché G. Fayez à Doullens, avant 1909 (coll. part.).

  • Ribeaucourt (Somme). Route de Domart, carte postale, cliché Archéri-Pruvôt à Ribeaucourt, éditeur Petit à Longpré, début du 20e siècle (coll. part.).

  • Ribeaucourt (Somme). Le bureau de tabac, carte postale, Archéri-Pruvôt éditeur, S. Petit photographe éditeur, début du 20e siècle (coll. part.).

  • Ribeaucourt. Rue Ponchet, carte postale, Archéri-Pruvôt éditeur, avant 1914 (coll. part.).

  • Ribeaucourt. La vieille [maison] couverte en chaume, carte postale, cliché Damervalle à Domart, années 1930 (coll. part.).

  • Ribeaucourt. Route de Domart, carte postale, cliché Damervalle à Domart, phototypie J.-M. Combier à Mâcon, avant 1921 (coll. part.).

  • Ribeaucourt. Epicerie Maillard-Archieri, carte postale, cliché Photo-Vogue à Abbeville, édition Maillard, avant 1965 (coll. part.).

Bibliographie
  • BACQUET, Gérard. Le Ponthieu. Auxi-le-Château : Gérard Bacquet, 1992.

    p. 453
  • LEFEVRE, abbé Théodose. Notice historique sur le canton de Bernaville (Somme). Amiens : impr. Yvert et Tellier, 1897.

    p. 40-43

Liens web

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