Dossier collectif IA80002316 | Réalisé par
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • inventaire topographique, Amiens métropole
Les églises, les chapelles et les oratoires (Amiens métropole)
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  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    église, chapelle, oratoire, temple
  • Aires d'études
    Grand Amiénois

Le corpus analysé, dans le cadre de l´aire d´étude Amiens métropole, comprend 67 églises, dont 20 édifices détruits. Dans ce corpus on compte 26 églises et oratoires du 19e siècle et 7 églises du 20e siècle mais également 27 églises urbaines et 40 églises ou oratoires ruraux.

Les chapelles de couvents et de congrégations, étudiées dans le contexte plus spécifique de l'architecture conventuelle, ne sont pas présentées ici.

HISTORIQUE

Introduction

Le christianisme est reconnu comme religion officielle par l´édit de Milan (313), sous le règne de l´empereur Constantin. L'épisode de la vie de saint Martin qui se déroule à Amiens, où il se serait fait baptiser en 354, atteste la présence d'une communauté chrétienne, dans la première moitié du 4e siècle, confirmée par la présence de l'évêque au concile de Cologne en 346.

L´essor du christianisme, devenu religion d´état en 392, est attesté par les vocables des églises (cf. annexe 1). Il se traduit d´abord par la construction ou l´aménagement d´oratoires urbains et par la multiplication des tombeaux dans les nécropoles gallo-romaines où l´on élève enfin des églises funéraires.

A Amiens, les premiers sanctuaires identifiés sont aménagés dans la ville fortifiée du Bas Empire, notamment l'oratoire Saint-Firmin-à-la-Porte près de la porte occidentale et le groupe épiscopal formé de deux sanctuaires, l'un dédié à la Vierge, construit au 5e ou au 6e siècle, l'autre aux saints Pierre et Paul, sans doute plus ancien, qui sera dédié à saint Firmin, promu saint fondateur de la ville, au 8e siècle. Cette dédicace est confirmée par la mention des hommes de Saint-Firmin au début du 9e siècle.

Hors les murs, un oratoire commémorant l'épisode amiénois de la vie de saint Martin aurait été aménagé près de la porte orientale de la ville en 506 ; en témoigne la toponymie du cadastre napoléonien de 1812 ; au sud-est de la ville, une basilique funéraire est érigée à la fin du 6e siècle par l'évêque saint Suave dans une nécropole du 4e siècle (Saint-Acheul). Elle aurait succédé à une première église cathédrale élevée sur l´emplacement du tombeau de saint Firmin et détruite lors des invasions barbares de 407, qui ont vraisemblablement provoqué la destruction des sanctuaires urbains existants.

D´autres sanctuaires plus tardifs, issus du développement du culte des saints et des reliques, commémoreront la christianisation de la ville : Saint-Firmin-du-Castillon (emplacement du cachot où fut enfermé saint Firmin en 304), Saint-Martin-au-Bourg (emplacement de l´auberge dans laquelle résida saint Martin, vers 354) et la chapelle toute proche, dite de la Vallée Saint-Quentin (emplacement de la prison souterraine dans laquelle fut enfermé le saint en 287, selon Dusevel). C'est également le cas à Saint-Fuscien et à Sains, dont les sanctuaires marquent les étapes du martyre de saint Fuscien, saint Gentien et saint Victoric, exécutés en 303. A Sains, une église mérovingienne est élevée dans la nécropole gallo-romaine sur le tombeau présumé des saints. A Vers-sur-Selles, plusieurs sanctuaires, élevés depuis le milieu du 6e siècle jusqu'aux invasions normandes (882), attestent du rôle des élites dans la diffusion du christianisme.

Comme le montre la publication réalisée sous la direction de M. Fixot et E. Zadora-Rio (1994), l´implantation des premiers édifices chrétiens en milieu rural (cimetières et églises) est liée à la présence de vestiges gallo-romains réappropriés à l´époque mérovingienne puis carolingienne. C´est peut-être le cas de l´ancienne abbaye du faubourg Saint-Maurice, à Amiens, sur un site abandonné au 3e siècle, ou encore à Vers-sur-Selles où Madalbert fait élever une chapelle dans sa forteresse, à l'emplacement supposé d'un fortin romain qui contrôlait un gué.

Prieurés et paroisses

Amiens est l´un des 12 évêchés de la métropole de Reims. Son territoire sera divisé en deux archidiaconnés au 9e ou au 10e siècle, celui de Ponthieu à l´ouest et celui d´Amiens, à l´est. Les doyennés dont on trouve les premières traces au 12e siècle, sont établis à la fin du 13e siècle. Les premières paroisses sont érigées sous Charlemagne, au moment de la construction des premières églises. Celles-ci englobent alors plusieurs villages. Le pouillé de 1301 dénombre 741 paroisses dans le diocèse d´Amiens

L'origine des paroisses d'Amiens est inconnue. L'acte de fondation du prieuré Saint-Martin-aux-Jumeaux mentionne cependant plusieurs églises existant dans la ville, celle de dudit prieuré, reconstruite en 1073, celle de Saint-Martin-au-Bourg, restaurée à cette date, enfin la collégiale Saint-Nicolas, dont la construction (vers 1070) serait contemporaine. D´autres églises sont attestées au 11e siècle : celles de Saint-Maurice, de Saint-Pierre, de Saint-Leu (ancien prieuré Saint-Lambert) et de Saint-Denis, toutes quatre construites hors les murs, le long de voies de grandes communications et principalement au nord de la Somme, mais également, Boves, Dury et Sains.

Nombre de ces églises ont été fondées par l´évêque et données aux prieurés érigés en abbayes aux 10e et 11e siècles. Elles deviennent ainsi la propriété des abbayes de Saint-Martin-aux-Jumeaux (Dreuil), de Saint-Acheul et de Saint-Fuscien (Cagny), de Saint-Fuscien (Longpré, Boves, Saveuse, Glisy et Sains), ou encore à des prieurés, comme celui de Saint-Remi-au-Bois (Montières), mais dépendent principalement du chapitre de la cathédrale. C'est notamment le cas à Vers-sur-Selles où l'évêque, devenu propriétaire de la seigneurie qu'il lèguera au chapitre de la cathédrale, fait construire une nouvelle église paroissiale vers 1121, préfigurant l'abandon des deux églises préexistantes fondées par les seigneurs de Vers.

Au 12e siècle, la ville se dote d'une nouvelle cathédrale commencée en 1137 et d'une nouvelle enceinte qui protège les quartiers nord de la ville. On trouve alors mention de l'église Saint-Remi, érigée en paroisse en 1135, mais également des églises Saint-Firmin-à-la-Porte et Saint-Germain, où sont établis les prieurés des Prémontrés, en 1124. L'église Saint-Firmin-du-Castillon, qui peut-être l'ancienne chapelle comtale du château, est vraisemblablement reconstruite après la destruction du Castillon, en 1117.

Enfin, hors les murs s'élève la chapelle Saint-Laurent, érigée quelques temps en paroisse au 13e siècle et connue par un plan du 17e siècle conservé aux archives départementales (cf. annexe 2).

Autour d'Amiens, les paroisses rurales semblent alors toutes établies au 12e siècle. Elles dépendant des doyennés de Mailly (Allonville et Camon, en 1730), de Moreuil (Cagny, Sains et Notre-Dame de Boves), de Fouilloy (Saint-Nicolas de Boves, Longueau, Blangy et Glisy), de Conty (Pont-de-Metz, Saveuse, Dury, Saleux et Vers-sur-Selles), enfin des doyenné de Vignacourt (Bertangles, Poulainville) et de Picquigny (Dreuil-lès-Amiens, secours d´Ailly-sur-Somme est érigé en cure en 1245).

A Amiens, trois églises sont construites hors les murs au 13e siècle, dans les quartiers neufs, Saint-Sulpice et Saint-Jacques, au début du siècle, et Saint-Michel. L'église Saint-Firmin-le-Confesseur est également reconstruite pour permettre l´agrandissement de la cathédrale, reconstruite à partir de 1220. La chapelle Saint-Montain ou de l´Ecce-Homo, attestée en 1244, était située près de la porte de Montrescu.

A l´exception de la cathédrale, qui constitue un unicum à tous les titres, aucun édifice de cette période n'est conservé. On connaît cependant des représentations des églises Saint-Nicolas-au-Cloître, de Saint-Martin-aux-Jumeaux, érigée en abbaye en 1145 et de Notre-Dame de Boves, qui figurent parmi les plus prestigieux monuments romans de l´aire d´étude.

En milieu rural, ces églises ont généralement été agrandies ou reconstruites. Le cadastre napoléonien en donne des représentations très partielles mais parfois significatives de leur ancienneté, comme celle de Longpré ou de Glisy, qui présentent un plan allongé à vaisseau unique d´environ 20 m de long sur 7 m de large et deux contreforts saillants en façade occidentale, comme à Pont-de-Metz. Situées au coeur de l'agglomération, elles sont parfois associées à un château (Glisy). Certaines s´élèvent en périphérie du village, Vers-sur-selles ou encore Sains-en-Amiénois, dont l´église romane est reconstruite sur l´emprise de l´ancienne église agrandie, élevée dans l´ancienne nécropole gallo-romaine.

Les premiers chantiers de reconstruction du Moyen-Age

Les églises d'Amiens, comme les couvents des ordres mendiants implantés dans les faubourgs, seront endommagées lors du siège de 1358, qui a également touché quelques communes rurales comme Salouël ou Saveuse. C'est vraisemblablement le cas de la chapelle Saint-Montain «qui estoit de dévotion, où il y avoit longtemps grands pardons, et laquelle chappelle avoit esté démolie et abatu à l'occasion des guerres et divisions (sic)» (BM Amiens BB15 1488, Fol. 155).

Les églises rurales sont touchées par les attaques anglaises au début du 15e siècle (Vers-sur-Selles). On assiste ensuite, comme dans l'Aisne, à une importante campagne de reconstruction et d'agrandissement des églises paroissiales dans la 2e moitié du 15e siècle et dans la 1ère moitié du 16e siècle, liées à l'accroissement urbain et au besoin d'embellissement, qui traduit une certaine prospérité urbaine.

A Amiens, plusieurs églises sont reconstruites ou agrandies (Saint-Jacques, Saint-Germain et Saint-Leu, Saint-Firmin-à-la-Porte, Saint-Rémi, Saint-Firmin-du-Castillon, Saint-Martin-du-Bourg, Saint-Sulpice et Saint-Pierre) mais également à Saveuse, à Camon, à Vers-sur-Selles, enfin à Sains-en-Amiénois, consacrée en 1511.

Au milieu du 16e siècle, la ville intra-muros compte six églises paroissiales, deux dans la ville basse et quatre dans la ville haute. Il existe en outre deux chapelles, élevées dans le cimetière Saint-Denis, la chapelle Saint-Jacques (1350) et la chapelle de Fauvel (15e), la chapelle Saint-Claude du château épiscopal de Montières (15e siècle) et la chapelle Saint-Jean d´Authie (1378), dans le faubourg Saint-Pierre.

De cette période, seules subsistent actuellement les églises Saint-Germain et Saint-Leu d'Amiens, et les églises de Saveuse, de Vers-sur-Selles et de Sains-en-Amiénois. Plusieurs d'entre elles sont connues par des représentations figurées, en particulier les églises Saint-Pierre et Saint-Jacques d'Amiens.

A Amiens, elles présentent généralement un plan allongé à deux vaisseaux (Saint-Pierre, Saint-Jacques) ou trois vaisseaux (Saint-Germain, Saint-Leu, Saint-Michel), résultant parfois d´agrandissements successifs (Saint-Remi, Saint-Firmin-du-Castillon ou encore Saint-Martin-du-Bourg).

Les églises rurales sont elles-aussi agrandies d'un bas-côté (Camon, au sud ; Sains en Amiénois, au nord) ou encore d´un nouveau choeur (Saveuse).

Elles sont construites en calcaire appareillé en pierre de taille sur solin de grès.

Le 16e siècle est également marqué par le développement du culte protestant (cf. annexe 3), qui apparaît à Amiens vers 1562 (Rosemberg, 1994). Un temple est construit dans le faubourg de Hem, en 1563 (DHAP, 1909) ; il sera détruit en 1569. Un lieu de culte est également fondé à Bertangles, en 1604 (DHAP, 1919). Les documents conservés aux archives départementales (série I1/2) attestent de l´établissement du culte à Salouël, en 1611, où le temple aurait été démoli en 1655. Au début du 17e siècle des protestants se rassemblaient près d´une fontaine, au lieu dit le Pré-à-Huguenots, proche du château de Tronville (Crampon, 1980).

Rétabli en 1787, le culte protestant est alors pratiqué dans un temple situé rue de Metz (N. Mette, 1996), peut-être s´agit-il de l´école protestante existant rue de Metz en 1878, remplacé en 1952 par le temple de la rue Jean-Catelas.

Les 17e et 18e siècles

Les sièges militaires de la fin du 16e siècle ont vraisemblablement détruit partiellement les églises rurales proches de la ville close (Saint-Pierre, Saint-Maurice, Montières, etc.), comme le montre une seconde campagne de construction au début du 17e siècle (Cagny, Bertangles, Pont-de-Metz, Montières, etc.). A l´inverse, la construction de la citadelle entraînera la démolition de l'église Saint-Sulpice, transférée dans l'ancien hôpital de la chaussée Saint-Leu.

Deux chapelles sont construites dans la banlieue d'Amiens au 17e siècle, la chapelle Saint-Honoré, qui dessert le faubourg de Beauvais et la chapelle Saint-Jean-Baptiste, au Petit-Saint-Jean. Au 18e siècle, deux chapelles sont également construites dans le cimetière Saint-Denis, dédiées à Notre-Dame-du-Bon-Secours (1715) et à Notre-Dame-de-la-Bonne-Mort (1777).

D´autres chapelles sont également citées dans le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie (DHAP), sans précision de datation : la chapelle de Lameth, la chapelle de Liénard-le-Sec, rue de Saint-Acheul ; la chapelle Saint-Didier et la chapelle Saint-Valéry, rue Neuve-Saint-Denis ; la chapelle Saint-Nicaise, faubourg de Hem ; enfin la chapelle Saint-Vincent, du palais épiscopal.

En milieu rural, plusieurs églises sont agrandies ou reconstruites aux 17e et 18e siècles : Dreuil (choeur, 17e), Cagny (choeur, 1614), Montières (choeur, début 17e), Dury (choeur, vers 1730), Pont-de-Metz (choeur, 1764), Blangy (choeur, 1771), Sains (réaménagement du choeur vers 1785), enfin Saint-Nicolas de Boves.

De cette période date également l'église de Salouël et sans doute la nouvelle église de Saleux, enfin la chapelle du château de Tronville.

Reconstruites ou agrandies, ces églises présentent généralement un choeur à pans coupés. Le cadastre napoléonien donne leur emplacement dans l'agglomération. En milieu rural, ces églises sont situées à la périphérie du village. Celle de Saleux, déplacée lors de sa reconstruction, n´est pas orientée, contrairement à celle de Salouël.

Les transformations du XIXe siècle

A Amiens, la Révolution entraîne la suppression de plusieurs églises vendues et détruites au début du 19e siècle, pour permettre l'agrandissement ou l'aménagement de places publiques (Saint-Firmin-le-Confesseur, Saint-Martin, Saint-Firmin-du-Castillon, Saint-Firmin-à la Porte, Saint-Michel). L'église Saint-Remi sera détruite au milieu du 19e siècle. Ces suppressions accompagnent la réorganisation des paroisses.

En 1794, seules subsistent alors les paroisses Saint-Leu, dans la ville basse, Notre-Dame, Saint-Germain et Saint-Jacques, dans la ville haute, ainsi que Sains et Villers-Bocage, dont dépend Bertangles (cf. annexe 4).

La reconstruction des églises

Les églises paroissiales, généralement en très mauvais état depuis le milieu du 18e siècle, sont désormais la propriété des communes. A l'exception de celle de Boves, qui a lieu dès 1807, leur reconstruction commence sous la Monarchie de Juillet, à Amiens, Saint-Jacques (1837) et Saint-Maurice (1838), à Camon (agrandie en 1836), à Allonville (1839), enfin à Bertangles (agrandie en 1846). La vague de reconstruction est plus importante encore sous le Second Empire à Longueau (1852), à Amiens (Saint-Pierre, Saint-Honoré et Saint-Léger, 1856), à Dreuil (1856), à Saleux (1867), à Poulainville (1868), à Cagny (agrandissement, 1868) et à Glisy (1869). L´église Sainte-Anne est également reconstruite en 1868. Les plus tardives sont celles de Saint-Fuscien (1879-1895) et de Saint-Jean-Baptiste (1888) et de Saint-Remi d'Amiens (1889), dont les reconstructions ont été différées.

Les nouvelles paroisses

A Amiens, l´accroissement urbain lié à l´essor de l´industrie, à partir de 1830, nécessite également la construction de nouvelles églises desservant les nouveaux quartiers des faubourgs. Sous la Monarchie de Juillet, deux églises sont construites à l´initiative des Lazaristes (Sainte-Anne, 1834) et de l´évêque (Saint-Firmin, 1844). La croissance urbaine est ensuite accompagnée de la construction de nouvelles églises, au sud de la ville cette fois : Saint-Martin, Saint-Roch, Sacré-Coeur, Sainte-Jeanne d´Arc.

Pour cette période on dispose d´une documentation plus abondante. Ces constructions sont réalisées sur les plans d'architectes communaux, départementaux ou diocésains : Auguste Cheussey (Sainte-Anne, Saint-Jacques, Saint-Firmin et Saint-Maurice à Amiens), Céleste Massenot (Saint-Pierre d'Amiens et Dreuil), Amédée Vigreux (Saint-Honoré d´Amiens), Henry Antoine (Longueau ; Saint-Martin, Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste d'Amiens) et Emile Ricquier (Saint-Fuscien) ou d'architectes libéraux : Henri Parent (Saint-Léger d'Amiens), Victor et Paul Delefortrie (Sainte-Anne d´Amiens, Glisy, Poulainville, Saleux), Paul Delefortrie (Saint-Remi d´Amiens) et Edmond Douillet (Sacré-Coeur et Sainte-Jeanne d´Arc d'Amiens).

Le XXe siècle

Dans l´aire d´étude, seule les églises Saint-Jacques d´Amiens et Sainte-Marie-Madeleine de Renancourt ont été très endommagées durant la Première Guerre mondiale, qui a principalement touché les verrières des églises de la ville ou de certains villages alentours. L´église de Glisy conserve un mobilier des années 1930 tout à fait exceptionnel dans l´aire d´étude.

Entre les deux guerres, une nouvelle église, dédiée au Coeur-immaculé-de-Marie, est construite dans le quartier de Saint-Acheul, dont l'ancienne église abbatiale desservait les hameaux de Boutillerie, de la Neuville.

Après la Seconde Guerre mondiale quatre églises seront reconstruites : à Amiens, celles de Saint-Pierre (1949) et de Saint-Honoré (1957), puis à Longueau et à Dury, en 1960. Enfin, deux nouvelles églises desservent les nouveaux quartiers urbains de Rivery (1960) et d´Amiens : Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus (1961) dans la ZUP Nord et Saint-Paul (1968), dans la zone d´habitation d´Etouvie.

Les architectes identifiés sont Mallet et Carpentier (Coeur-immaculé-de-Marie), Evrard et Schultess (Saint-Pierre d´Amiens), Paul Tournon (Saint-Honoré d´Amiens), Marcel Gogois (Longueau), Jacques François Charles Antoine (Dury), Devillers et Langlois (Sainte-Thérèse), Bernard Bougeault (Saint-Paul d´Amiens).

OBSERVATIONS DE TERRAIN

Dans l'aire d'étude, il subsiste 36 églises, parmi lesquelles 16 ont été visitées lors de l´enquête de 1996 (N. Mette) et 18, dans le cadre de la présente aire d´étude.

Implantation et parcellaire (cf. annexe 4)

Dans les villages de plateau, l'église est construite à l'emplacement le plus haut de la commune, à des altitudes de 60m (Poulainville), 76m (Saveuse), 90m (Bertangles), 100m (Dury, Sains-en-Amiénois, Allonville) et 109m (Saint-Fuscien). L'église est située au même niveau que le village ou dans la partie la plus haute.

Dans les villages de vallée, elles s'élèvent sur la première terrasse alluvionnaire ou sur la deuxième terrasse (Dreuil, Camon, Cagny, Longpré, Longueau, Glisy, Saleux, Montières). On observe trois cas particuliers : Saleux (emplacement de la première église), Salouël et Petit-Saint-Jean où les églises au niveau bas, proches de l'eau. Les deux premières présentent des configurations spatiales de chapelles de manoirs.

Les églises paroissiales anciennes (Vers-sur-Selles, Pont-de-Metz, Salouël, Blangy-Tronville, Renancourt, Sains-en-Amiénois, Bertangles, Montières) sont orientées, à l'exception de celle de Camon. Pour les églises reconstruites à partir du 19e siècle, l´orientation dépend du parcellaire disponible pour la construction ou la reconstruction mais aussi de la relation à l´espace urbain, comme c´est aussi le cas en milieu rural (Saint-Fuscien et Glisy). Seule exception Saint-Remi d´Amiens, dont l´orientation a été conservée et qui n´ouvre pas sur une des artères majeures de la ville mais sur une petite rue secondaire.

La position de l´église dans l´espace aggloméré, le plus souvent centrale, peut cependant être marginale, comme c´est le cas à Pont-de-Metz et à Vers-sur-Selles mais aussi à Bertangles. Ce positionnement est également observé dans la 2e moitié du 20e siècle, pour Saint-Paul d'Amiens, en marge de la zone d´habitation d´Etouvie. En milieu rural, la présence d´un château a une incidence sur la position de l´église dans le village (Bertangles, Saveuse, Blangy-Tronville, Allonville).

Seules trois églises y ont conservé un cimetière de plein air attenant (étudié) : Dreuil-lès-Amiens, Vers-sur-Selles et Pont-de-Metz.

Toujours implantées en site de carrefour (sauf Bertangles), les églises anciennes occupent une parcelle-îlot ou une parcelle d´angle. A partir du 19e siècle, on observe une implantation en parcelle sur rue, à Amiens (Sainte-Anne, Saint-Firmin) mais également à Boves, Saint-Fuscien et Rivery.

D´une implantation sur l´actuelle voie principale, à l´exception de Pont-de-Metz, Vers-sur-Selles et Dreuil, on passe également à une implantation sur une voie secondaire à Amiens (Sainte-Anne, Saint-Maurice), généralement en parcelle-îlot avec place-parvis (Saint-Martin, Saint-Roch, Sacré-Coeur).

On observe également l´absence d´espace libre autour de l´église, en milieu urbain (Saint-Leu, Saint-Germain), en raison des contraintes du parcellaire, et en milieu rural (Blangy-Tronville).

Plan

Les églises anciennes présentent généralement un plan allongé, à vaisseau unique en milieu rural, à l´exception de Camon et de Sains-en-Amiénois, qui s´apparentent au type église-halle qu´on retrouve en milieu urbain (Saint-Germain et Saint-Leu) et qui comportent généralement trois vaisseaux.

Seule, l´église de Renancourt présente un plan en croix latine, fréquent au 19e siècle (Glisy, Saleux, Sacré-Coeur).

Pour les églises anciennes, le clocher-mur est situé au bas de la nef (Vers-sur-Selle, Salouël, Bertangles, Saveuse). La tour de clocher, rare en milieu rural avant le 19e siècle, est placée au bas de la nef, sur l´angle sud-ouest (Blangy-Tronville) ou nord-ouest (Montières). Les églises du 19e siècle comportent généralement un clocher-porche au bas de la nef, dans oeuvre ou hors oeuvre, à l'exception de Longpré et de Sainte-Jeanne d'Arc, où il est disposé dans l´angle.

A l´exception de celles de Longueau et de Dury, les églises du XXe siècle présentent un clocher isolé, relié par une galerie ou accolé.

Toutes les églises visitées comportaient une sacristie.

Dimensions de l´édifice (cf. annexe 5).

Matériaux

Le calcaire appareillé en pierre de taille sur solin de grès et la couverture d´ardoises sont les matériaux généralement utilisés pour les églises antérieures au 19e siècle.

La brique, qui constitue le matériau le plus fréquent au 19e siècle et jusqu'à 1920, est également utilisée comme élément de décor dans certaines églises du 17e siècle (Salouël), sur pignon à couteau ou comme parement extérieur dans la 2e moitié du 20e siècle (Saint-Pierre d'Amiens, Dury).

Le béton armé est utilisé pour les ossatures et les couvertures dans les églises construites après la Première Guerre mondiale. L'église de Longueau est construite en béton aggloméré simulant un appareil à bossage.

Dispositifs intérieurs

Taille et forme du choeur

Dans les églises antérieures au 19e siècle : le choeur est généralement moins profond que la nef ; il représente moins d´un quart de la longueur de l´édifice (Sains, Camon) ou moins d´un tiers (Vers-sur-Selles), aussi profond (Montières, Salouël, Pont-de-Metz, où il est reconstruit en 1764), voire plus profond (Saint-Germain d´Amiens, Cagny, où il est reconstruit au début du 17e siècle).

Dans les églises construites au 19e siècle : le choeur est moins profond que la nef, avec un rapport d´environ 1/3 - 2/3 (Allonville, Dreuil, Poulainville, Saint-Firmin d´Amiens, Sacré-Coeur d´Amiens, Sainte-Anne d´Amiens) mais parfois aussi profond que la nef (Saint-Léger de Longpré, Saint-Maurice, Saleux).

Après la Première Guerre mondiale, la profondeur du choeur à chevet plat, qui est encore de 9 m au Coeur-Immaculé-de-Marie, se réduit à 4 à 6 m après la Seconde Guerre mondiale, pour disparaître (non matérialisé) après Vatican II, dans l´église Saint-Paul (1968), de plan carré.

Relations Nef/choeur

Choeur plus étroit que la nef : Blangy.

Choeur plus large que la nef : Pont-de-Metz (reconstruit 1764).

Sanctuaire

Dans les églises antérieures au 19e siècle, on observe deux types de dispositifs : un sanctuaire à chevet plat (Camon, Sains-en-Amiénois, Saint-Germain d´Amiens) ou à pans coupés (Montières, Renancourt, Blangy, Cagny, Salouël, Saveuse, Vers-sur-Selles).

Pour les églises du 19e siècle, le dispositif à chevet plat (Boves, Dreuil, Longpré, Saint-Martin, Saint-Fuscien) reste moins fréquent que celui à pans coupés (Allonville, Bertangles, Glisy, Poulainville, Saleux, Petit-Saint-Jean) ou semi-circulaire (Saint-Firmin, Saint-Maurice, Saint-Roch, Sacré-Coeur, Sainte-Jeanne-d´Arc), à chapelles rayonnantes (Sainte-Anne).

Les églises construites après la Première Guerre mondiale présentent généralement un dispositif à chevet plat à éclairage indirect ou un sanctuaire saillant à éclairage zénithal (Saint-Honoré et Longueau).

Dispositif de pèlerinage

L´église de Sains-en-Amiénois présente un dispositif de pèlerinage, revitalisé au 20e siècle avec les nouvelles verrières placées dans l´église.

Mobilier

Dans les églises visitées, le mobilier a fait l´objet d´une liste détaillée et illustrée (Le mobilier de l´église). Dans les églises Sainte-Anne et Saint-Rémi d'Amiens, il a fait l'objet de dossiers individuels.

Mobilier funéraire

Seules quelques églises conservent du mobilier funéraire (étudié), celles de Pont-de-Metz, de Vers-sur-Selles et de Sains-en-Amiénois. Certaines épitaphes ont été replacées dans les nouvelles églises comme à Dreuil.

On peut signaler également quelques églises d´Amiens, construites au 19e siècle, dans lesquelles les maîtres d´ouvrage ont eu l´autorisation d´y être inhumé : Saint-Remi, Sainte-Anne et Saint-Martin ou encore Bertangles.

Enfin, plusieurs églises conservent un monument aux morts paroissial (Cagny, Dreuil, Sainte-Anne et Saint-Remi d´Amiens, Vers-sur-Selles).

  • Période(s)
    • Principale : 4e siècle, 5e siècle, 6e siècle, 7e siècle , (détruit)
    • Principale : 14e siècle, 15e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle
  • Toits
  • Décompte des œuvres
    • repérés 67
    • étudiés 43

Documents d'archives

  • AD Somme. Série V ; 8 V 6. Département de la Somme. Etat des établissements ecclésiastiques. Amiens : imprimerie du Progrès de la Somme, 1905.

  • AD Somme. Série I. GIUSTINIANI, François. CHAVE, Isabelle. Culte protestant sous l'ancien régime. Répertoire numérique détaillé.

Bibliographie

  • DARSY, F. I. Bénéfices de l'Eglise d'Amiens ou Etat général des biens, revenus et charges du clergé du diocèse d'Amiens en 1730 ; avec des notes indiquant l'origine des biens, la répartition des dimes, etc. Amiens : E. Caillaux imprimeur de la société des Antiquaires de Picardie, 1869.

  • SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie. Tome I : Arrondissement d'Amiens, cantons d'Amiens, Boves et Conty. Amiens : Société des antiquaires de Picardie, 1919. Réed. Bruxelles : Editions culture et civilisation, 1979.

    p. 1-2
  • CAPELLADES, Jean. Guide des nouvelles églises en France. Les éditions du Cerf (coll. Les guides de l'Art Sacré), 1969.

  • CRAMPON, Maurice. Le canton de Boves. CNDP, 1980.

    p. 34-35
  • HUBSCHER, Ronald (dir.). Histoire d'Amiens. Privat, 1986.

    p. 55
  • FIXOT, M., ZADORA-RIO, E. (dir.). L'environnement des églises et la topographie religieuse des campagnes médiévales. Actes du IIIe congrès international d'archéologie médiévale. Documents d'Archéologie Française, n°46, 1994.

  • ROSEMBERG, David Lee. Les protestants amiénois au milieu du 16e siècle. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 1994.

    p. 25
  • SESMAT, Pierre. Les "églises-halles", histoire d'un espace sacré (XVIIe-XVIIIe siècles). Bulletin monumental société française d'archéologie, tome 163-1, 2005.

Documents figurés

  • Plan de l´enclos de la chapelle St-Laurent, au faubourg de Beauvais, à Amiens. XVIe ou XVIIe s. (AD Somme ; 4 G 1477/1).

Annexes

  • Liste des vocables des églises de l´aire d´étude
  • Liste manuscrite des temples et cimetières protestants de la Somme
  • Etat des paroisses
  • Dimensions des églises de l´aire d´étude
  • Distance de l´église par rapport à un élément structurant
Date(s) d'enquête : 2002; Date(s) de rédaction : 2002
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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