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Tombeau (chapelle) de Jean-Baptiste Joseph Voclin et de Jean-Baptiste Théophile Devillers, curés de la paroisse Saint-Jacques d'Amiens

Dossier IA80006647 inclus dans Plaine A réalisé en 2007

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Genre de prêtre
Dénominations tombeau
Aire d'étude et canton Grand Amiénois
Adresse Commune : Amiens
Adresse : rue Saint-Maurice , 17 plaine A Cimetière de la Madeleine
Cadastre : non cadastré

D'après le registre communal, cette concession a été cédée à titre gratuit, après délibération du Conseil municipal d'Amiens du 22 août 1838. La sépulture de M. Voclin est décrite par S. Comte (1847), qui signale la présence d'une "chapelle en pierres de Senlis", attribuée à l'entrepreneur Polart père, sur les plans de l'architecte Cheussey (cf. annexe).

Le monument a été restauré par l'association "Les Amis de la Madeleine".

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Cheussey François Auguste,
François Auguste Cheussey (1781 - 1857)

Architecte de la ville d'Amiens. Nomination provisoire le 26 août 1814. Nomination définitive le 8 septembre 1815, puis le 26 avril 1820.

Architecte du Département. Nomination 20 avril 1816, puis le 19 avril 1820.

Rapporteur au conseil des Bâtiments civils en 1819.

Fin d'activité le 1er août 1848.

http://viaf.org/viaf/95890648.


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architecte, attribution par source
Personnalité : Voclin Jean-Baptiste Joseph, habitant célèbre, attribution par source
Auteur : Polart-Surhomme Alexandre Fortuné,
Alexandre Fortuné Polart-Surhomme (1787 - 1844)

Entrepreneur de bâtiments actif à Amiens. Déclaré maçon dans la liste des électeurs de la Somme de 1839.


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entrepreneur, attribution par source

Cette concession, en bordure d'allée, contient un tombeau en forme de chapelle, de style néoclassique, construit en briques et en calcaire appareillé de pierre de taille (façade antérieure). On y accède par une marche en calcaire. Les façades, soulignées par une corniche moulurée et ornées d'acrotères (latéraux et centraux), sont rythmées par des pilastres en calcaire. La façade antérieure, supportant un fronton triangulaire agrémenté d'une imposte cintrée en fonte ouvragée et ajourée, est fermée par un portail en fonte. La toiture à deux pans en calcaire est recouverte d'une protection en zinc.

A l'intérieur, les parois présentent des peintures murales (ou fresques) et le mur postérieur, percé d'une fenêtre cintrée close par un vitrail en grisaille (restauré), est agrémenté d'une stèle d'applique à acrotères stylisés en pierre d'Ecaussine (ou marbre). Le pavement du sol intérieur est en calcaire, orné de plinthes en bois et la voûte cintrée du plafond est en briques.

Inscriptions :

Dates des décès : 1838 / 1860.

Épitaphe : Ces illustres PASTEURS DE L’ÉGLISE ST-JACQUES D'AMIENS, / liés ensemble par l'amitié durant la vie, / sont encore unis dans la mort. (ANT. DE L'EGL.) / - / ICI REPOSE LE CORPS / DE MESSIRE J[EAN]-B[APTIS]TE JOSEPH / VOCLIN / ANCIEN CURE DE ST-JACQUES, / DÉCÉDÉ VICAIRE GÉNÉRAL / ARCHIDIACRE D'AMIENS / LE 17 AOUT 1838 / A L'AGE DE 65 ANS ET 6 MOIS. / - / Il repose en son Dieu le prêtre regretté, / Que consuma trop tôt l'ardente charité, / Et qui, vivant, jamais ne reposa sur terre / Tant que sa bienfaisance y vit une misère / - / ICI REPOSE LE CORPS / DE MESSIRE J[EAN]-B[APTIS]TE THEOPHILE / DEVILLERS / CURE-DOYEN DE ST-JACQUES / NE A HARBONNIERES / LE 22 JUILLET 1797 / DÉCÉDÉ LE 4 FÉVRIER 1860 / DANS SA 63ème ANNÉE / - / Le zèle de la gloire DE VOTRE MAISON / m'a dévoré. (Ps. 68 - v. 10) / - / REQUIESCANT IN PACE.

Murs brique
calcaire pierre de taille
marbre
fonte
bois
Typologies tombeau en forme de chapelle
États conservations état moyen, envahi par la végétation
Techniques fonderie
sculpture
vitrail
peinture
Précision représentations

Les côtés du fronton triangulaire du tombeau-chapelle, initialement surmonté d'une croix latine (disparue) à volutes fleuries et feuillagées, sont sculptés de vases funéraires. Les acrotères latéraux et centraux sont décorés de belles palmettes et les pilastres de la façade antérieure sont ornés d'une palme et d'un flambeau renversé entre lesquels est gravée une fleur en relief. La grille en fonte est rythmée de frises en grecques (parties supérieure, centrale et inférieure). A l'intérieur du tombeau-chapelle, les murs latéraux sont ornés de fresques (presqu'en totalité effacées) et de peintures murales à décor géométrique imitant le marbre (ronds, losanges). La partie supérieure de la stèle d'applique, dont les acrotères sont ornés de palmettes végétales, est gravée de l'ancienne église Saint-Jacques (à gauche) et de l'actuelle église Saint-Jacques (à droite).

Cette concession, cédée par la ville à titre gratuit en 1838, contient l'un des principaux monuments funéraires du cimetière de la Madeleine, tant par son ancienneté que par son intérêt pour l'histoire locale. Ce tombeau en forme de chapelle de style néoclassique est décrit par le commissaire Stéphane Comte (1847), qui en attribue la conception et la réalisation à l'architecte Auguste Cheussey et à l'entrepreneur Polart père. Il a sans doute été réalisé vers 1838 (date d'acquisition de la concession et de la première inhumation).

L'édicule, à l'origine tombeau individuel destiné à Jean-Baptiste Joseph Voclin, curé de Saint-Jacques, vicaire général et archidiacre d'Amiens, devient ensuite la sépulture d'un autre prêtre de la paroisse Saint-Jacques, Jean-Baptiste Théophile Devillers, décédé en 1860.

Il était orné de fresques peintes sur les murs latéraux intérieurs représentant des panoramas de la Ville d'Amiens, qui ont disparu aujourd'hui. Sont cependant conservées, sur le mur du fond, deux représentations gravées de l'église Saint-Jacques d'Amiens, avant et après sa reconstruction au XIXe siècle.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1986/06/25

Annexes

  • Extrait de : Promenades au cimetière de la Madeleine

    "Voici, près du militaire, l´un des nobles et puissants soutiens de la gloire de nos armes, le prêtre vénéré qui, dans une plus modeste sphère, rendit d´innombrables services.

    Dans le caveau placé sous cette chapelle, construite en pierres de Senlis, flanquée de deux pilastres sur la face desquels sont sculptés, de chaque côté, une palme et au-dessous un flambeau renversé, fermée par une porte en fer avec ornements en fonte, éclairée par des vitraux en verre de couleurs à l´intérieur, et qu´une croix romaine, supportée par deux consoles en pierre sculptées, surmonte, repose M. VOCLIN, Jean-Baptiste, ancien curé-doyen de St-Jacques, décédé archidiacre et vicaire-général du diocèse d´Amiens, le 18 août 1838, à l´âge de 65 ans.

    La charité de ce vertueux prêtre était inépuisable et sans limites. Sa mort fut un jour de deuil général pour la ville et notamment pour la paroisse St-Jacques dont il avait été curé de 1820 à 1835.

    Le convoi funèbre eut lieu le 19, à quatre heures du soir ; Mgr. l´évêque s´associa aux regrets de toute la ville en présidant lui-même à cette cérémonie. Les coins du poêle étaient portés par quatre chanoines, puis par quatre curés, et M. l´abbé Devillers conduisait le deuil. Presque toute la population, la tête nue, et plusieurs, les larmes aux yeux, assistait aux obsèques de cet ecclésiastique.

    M. VOCLIN méritait vraiment ces démonstrations extraordinaires de la douleur publique.

    Le corps de M. VOCLIN a été embaumé par MM. Chevalier et Goze, chimistes de notre ville.

    Indépendamment des connaissances en liturgie sacrée que possédait M. VOCLIN, il en avait encore de très étendues en littérature : il parlait et il écrivait les langues latine et grecque avec autant d´aisance que de pureté. Il fut appelé au sacerdoce dans les temps les plus orageux de la Révolution. Obligé de partir comme réquisitionnaire, il émigra et se fit prêtre en pays étranger. Rentré en France, il fut successivement curé de Saleux-Salouël près d´Amiens, vicaire de St-Jacques, ensuite curé de cette paroisse.

    M. Yvert, rédacteur en chef de la Gazette de Picardie, a fait graver sur sa tombe le quatrain suivant :

    « Il repose en son Dieu, le prêtre regretté

    Que consuma trop tôt l´ardente charité,

    Et qui, vivant, jamais ne reposa sur terre

    Tant que sa bienfaisance y vit une misère. »

    La ville, en souvenir et reconnaissance des bienfaits sans nombre de M. VOCLIN, a concédé à perpétuité le terrain sur lequel est élevé son monument pour l´érection duquel une souscription a été ouverte et promptement remplie. C´est M. Polard père, qui l´a construit sur le plan de M. Cheussey, architecte de la ville."

    Promenades au cimetière de la Madeleine, Stéphane C[omte], 1847, pp. 83-85.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Amiens. Cimetière de la Madeleine. Registre des concessions.

Documents figurés
  • [Le tombeau de Jean-Baptiste Joseph Voclin au cimetière de la Madeleine], dessin à l'encre sur papier, par les frères Duthoit, [vers 1850] (Musée de Picardie, Amiens ; MP VI-103).

Bibliographie
  • C[OMTE], Stéphane. Promenades au cimetière de la Madeleine, précédées d'un précis historique sur l'origine de cet établissement, sa première destination, et les diverses transformations qu'il a subies depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Amiens : Imp. Duval et Herment, 1847.

    pp. 83-85.
  • GILLMANN, Raymonde. La grande Madeleine d'Amiens. Amiens : éditions Martelle, [1988].

    p. 29
  • La Madeleine et les contemporains de la Révolution. Amiens : Imprimerie I. & R. G., [1989].

    p. 27.
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Ville d'Amiens - Vincent Caroline - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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