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Verrière légendaire (verrière hagiographique) : Dormition et Glorification de la Vierge (baie 2)

Dossier IM02004604 réalisé en 2002

Fiche

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Dénominations verrière
Titres Dormition et Glorification de la Vierge
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Saint-Quentin
Adresse : Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin
Emplacement dans l'édifice chapelle axiale dite de la Vierge actuellement chapelle du Saint-Sacrement baie 2

Cette verrière, qui semble encore occuper la chapelle pour laquelle elle avait été créée, est datée par les historiens du vitrail vers 1220-1225. Sa destinée au cours des siècles ne nous est pas parvenue. On en connaît néanmoins une description précise vers 1859, grâce à des articles de l'architecte Pierre Bénard, publiés dans le Journal de Saint-Quentin. Cette description prouve que les compartiments ne respectaient pas alors l'ordre actuel, et met l'accent sur certains détails qui ne sont plus visibles aujourd'hui, soit à cause de l'altération du verre, soit à cause de destructions. La verrière est démontée par les Allemands en 1917, puis envoyée à Maubeuge. De retour à Saint-Quentin, une fois la paix revenue, elle est remise en place au début de l'année 1939, après une restauration effectuée par les peintres-verriers parisiens Auguste Labouret et Georges Bourgeot, puis déposée à nouveau en septembre de la même année et entreposée dans un sous-sol à Saint-Quentin (d'après les archives des Monuments historiques). La verrière a été restaurée une nouvelle fois puis reposée par le peintre-verrier parisien Georges Bourgeot, en 1946.

Période(s) Principale : 1er quart 13e siècle

La verrière est installée dans une baie libre en forme de lancette, sommée par un arc brisé. La verrière est divisée en vingt panneaux vitrés et treize registres, délimités par l'armature métallique intérieure. Au centre, six carrés superposés, posés sur la pointe, réservés à la Vierge, alternent avec des quarts et des huitièmes de cercle occupés par les spectateurs terrestres ou célestes de l'événement.

Catégories vitrail
Structures baie libre, rectangulaire vertical, en arc brisé panneau vitré, 20
Matériaux verre transparent, soufflé, taillé, peint, grisaille sur verre
plomb, réseau
Précision dimensions

Dimensions fournies par les dossiers de restauration de la basilique après la guerre : h = 518 ; la = 116.

Iconographies scène, en donateur, agenouillé, de profil, présentation, femme
scène, Annonciation, ange, Vierge, assis, Mort de la Vierge
groupe de figures, homme, en pied, de trois-quarts, manteau, barbe, Apôtre, tristesse
scène, couché sur le dos, linceul, Les Apôtres, en pied, agenouillé, de face, de profil, de trois-quarts, tristesse, baiser, Mort de la Vierge
groupe de figures, porte, couple, à mi-corps, fortification, ville
groupe de figures, couple, en pied, de profil, de trois-quarts
scène, enfant, symbole, Christ, en pied, de face, portant
figures bibliques, ange, en pied, de profil, penché, dans les airs, encensoir, prière
scène, portant, de profil, corps, Assomption, ange
scène, Glorification de la Vierge, Christ, assis, de face, bénédiction, Vierge, couronne, ange, prière
ornementation, feuillage
Précision représentations

Les deux premiers panneaux sont occupés à gauche par deux femmes agenouillées de profil. La première présente la verrière dont elles ont financé la réalisation. A droite, sont aujourd'hui agenouillés deux hommes dont le premier tient la bourse contenant le prix de la verrière. Ces deux hommes résultent d'une restauration mal comprise de la seconde moitié du 19e siècle, et remplacent deux femmes, attestées par une description plus ancienne. Le carré du deuxième registre est occupé par la seconde Annonciation, mentionnée par les écrits apocryphes. La scène se passe dans la maison de la Vierge, ouverte sur l'extérieur par deux arcades. Un ange vu de profil donne à la Vierge une palme d'un arbre du Paradis et lui annonce sa mort prochaine. La Vierge est assise de trois-quarts sur un siège à haut dossier, un livre ouvert sur ses genoux. Devant elle, une sainte femme assise, lit également. Les deux compartiments du troisième registre représentent à droite deux apôtres, debout et de trois-quarts, dont l'un fait le geste représentatif de la tristesse : la joue posée sur la main. Ils semble déjà participer à la scène suivante, ainsi que les deux hommes qui leur font face et qui, dépourvus d'auréole, sont plutôt des amis ou familiers de la Vierge. Le carré du quatrième registre représente la Vierge morte, allongée sur un linceul. Elle est entourée d'une dizaine d'apôtres, affligés, qui s'apprêtent à l'ensevelir. L'un d'eux agenouillé de trois-quarts, la tête dans les mains, contemple la défunte, tandis qu'un autre au premier plan, agenouillé de profil, a saisi une main de la Vierge sur laquelle il s'apprête à déposer un baiser. Au cinquième registre, on voit à gauche un couple, représenté à mi-corps et de trois-quarts, à l'intérieur d'une ville fortifiée et à côté de la porte. Il est habituel d'y reconnaître des élus s'apprêtant à accueillir la Vierge dans la Jérusalem céleste. Néanmoins, cela n'est qu'une hypothèse. En face d'eux, un autre couple, debout, de trois-quarts et de profil, semble regarder la scène supérieure. Certains auteurs proposent d'y voir les parents de la Vierge, sainte Anne et saint Joachim. Pourtant, aucun de ces quatre personnages ne possède d'auréole, ce qui est surprenant, s'il s'agit bien d'élus. Rien n'assure d'ailleurs que ces deux compartiments soient en place. A partir du sixième registre, les scènes se déroulent toutes au Ciel. Le Christ, debout et de face, porte contre lui l'âme de la Vierge représentée sous la forme d'un petit enfant. Il est encadré d'anges thuriféraires. Les compartiments du septième registre réunissent deux anges thuriféraires et deux anges en prière, debout et de profil. Le carré du huitième registre est réservé à l'Assomption du corps de la Vierge, suivant une iconographie particulière. Six anges de profil, les pieds posés sur des nuées, portent le corps allongé de la Vierge, encore enveloppé de son suaire. Le neuvième registre est lui-aussi occupé par quatre anges thuriféraires, debout et de profil. Le carré suivant est consacré à la Glorification de la Vierge. Le Christ est assis de face et fait un geste de bénédiction. La Vierge est assise à sa droite, une couronne sur la tête. Ils tournent le visage l'un vers l'autre. Deux anges en prière les encadrent. Quatre anges debout et de profil balancent des encensoirs dans le registre supérieur. Le dernier carré (monté à l'envers) renferme des anges thuriféraires qui encensent le Christ et la Vierge en laissant dépasser la partie supérieure du corps des nuages qui planent au-dessus de l'ensemble. Enfin, deux anges de profil et inclinés sont insérés entre le précédent carré et l'arc brisé de la verrière. Une bordure de feuillage orne le pourtour de la baie.

Inscriptions & marques inscription concernant le donateur, peint, sur l'oeuvre, latin
Précision inscriptions

Inscription peinte en réserve, dans le bas des compartiments inférieurs où sont représentées les donatrices : ISTA VITREA AES VIDUARUM (traduction : cette verrière [a été financée par] l'argent des veuves). Au milieu du 19e siècle, les lettres RIA appartenant sans doute au nom Maria se lisaient encore sous la seconde Annonciation. Elles ne se voient plus aujourd'hui.

États conservations grillage de protection
oeuvre restaurée
plombs de casse
partie remplacée
Précision état de conservation

Depuis sa création, la verrière a profité de plusieurs restaurations, la dernière étant réalisée après la Seconde Guerre mondiale. C'est sans doute à cette occasion que le carré supérieur a été remonté à l'envers, les anges qui surmontent le Christ et la Vierge devant les encenser en se penchant depuis les nuées. Il faut ici préciser que les pièces de verre originales sont les pièces de verre les plus sombres, de teinte brunâtre. Cet obscurcissement est une altération caractéristique des verres médiévaux, riches en potassium, et due à la remontée à la surface d'éléments du verre qui se décompose sous l'action d'agents atmosphériques.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre immeuble, 1840

Références documentaires

Documents d'archives
  • AMH (Médiathèque du Patrimoine) : 81/02, carton 168.

    dossier 14 (travaux de 1945 à 1950) ; sous-dossier : repose de vitraux anciens
  • BnF (Cabinet des Manuscrits) ; naf 6108. Collection Guilhermy.

    folio 321 recto
Documents figurés
  • Dessin de la partie supérieure de la verrière de la baie 2 (mort de la Vierge) , dessin sur papier calque, par Lemasle (?), milieu du 19e siècle (AMH, Médiathèque du Patrimoine : 82/02/2050, n° 60).

Bibliographie
  • BENARD, Pierre. Les vitraux de la collégiale. Journal de Saint-Quentin.

    7 septembre 1859
  • DREILING, Prof. Dr. Raymund. Die Basilika von St. Quentin. Ihre Geschichte und ihr Charakter. St. Quentin, 1916.

    p. 44-45
  • FLEURY, Edouard. Antiquités et Monuments du département de l'Aisne. Paris : imprimerie A. Quantin, 1882, t. 4.

    p. 126-127, 129-130
  • FRANCE. Corpus Vitrearum Medii Aevi. Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978.

    p. 167
  • GRODECKI, Louis, BRISAC, Catherine. Le vitrail gothique au XIIIe siècle. Fribourg : Office du Livre, 1984.

    p. 42-43, 258-259
  • HACHET, Jules. La basilique de Saint-Quentin. Son Histoire - Sa Description. Troisième édition. Saint-Quentin : Imprimerie moderne, 1926.

    p. 36
  • HADELN, Detlev von. Das Museum AU PAUVRE DIABLE zu Maubeuge. Ausstellung der aus St. Quentin und Umgebung geretteten Kunstwerke. Im Auftrage eines Armee-Oberkommando herausgegeben von D. Frh v. Hadeln Lt. d. Res. Stuttgart : Verlag von Julius Hoffmann, 1917.

    p. 3
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