Dossier d’œuvre architecture IA00076607 | Réalisé par
Dufournier Benoît
Dufournier Benoît

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.

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Grimaud Romain (Enquêteur)
Grimaud Romain

Chargé de l'inventaire du patrimoine du Vimeu industriel de 2011 à 2012.

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Barbedor Isabelle (Rédacteur)
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • patrimoine industriel, Somme
  • inventaire topographique, Vimeu industriel
Ancienne usine de serrurerie et fonderie Charles Guerville, puis Ch. Guerville Fils et Riquier Frères, puis Guerville, Riquier et Cie puis usine de serrurerie Bricard
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Association de Préfiguration du PNR Picardie maritime
  • (c) Département de la Somme

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Vimeu - Friville-Escarbotin
  • Commune Fressenneville
  • Adresse 54, 56 rue Roger-Salengro , ancienne rue d'Abbeville
  • Cadastre 1983 AC 43, 272 à 295

Cette usine de serrurerie et de fonderie est fondée en 1803 à l'initiative de Charles Guerville, qui apparaît comme marchand quincailler dans le recensement de 1836 et comme propriétaire sur la liste électorale de 1843.

Son fils Charles Zéphyr Guerville apparaît comme cultivateur dans la liste électorale de 1843, puis comme fabricant de serrures, épicier et mercier dans le recensement de 1851, enfin comme négociant dans celui de 1872.

En 1889, est créée la société Charles Guerville fils et Riquier frères, qui réunit Ernest Riquier, Julien Riquier et Edouard Riquier. Après un bref changement en 1908 (Éts Maquennehen et Guerville), elle redevient société des Éts Guerville-Riquier en 1911. En 1972, l’usine est rachetée sous ce nom par la société Bricard, qui déménage son appareil de production au sein de la Zone Industrielle du Vimeu, à Feuquières-en-Vimeu, au cours des années 1990.

La première fabrique est établie route d'Abbeville (actuelle rue Roger-Salengro), où Charles Zéphyr Guerville fait l'acquisition de terrains attenant à la propriété familiale, de 1848 à 1856. Les matrices cadastrales indiquent qu'il fait construire un magasin, achevé en 1855, puis une maison, en 1865.

Cette première fabrique est connue par plusieurs représentations publicitaires de la 2e moitié du 19e siècle.

La lithographie de Boileau, dont la bibliothèque d'Abbeville conserve un exemplaire, montre des bâtiments disposés suivant un plan en U, autour d'une vaste cour antérieure, fermée sur la rue par un mur bahut surmonté d'une grille et accessible par un grand portail. Le bâtiment en fond de cour et l'aile gauche comptent un étage carré et présentant un traitement architectural homogène. Un passage cocher traversant est visible au centre du bâtiment principal. A droite de la cour, apparaît un bâtiment en rez-de-chaussée, à usage d'atelier. Une deuxième vue montre la cour située à l'arrière, dans laquelle s'élève une autre aile en retour d'équerre. La façade arrière du bâtiment principal compte moins d'ouvertures.

Cette représentation précède celle qui montre les deux ailes achevées sur le même modèle, sur les deux côtés de la cour principale. Elle diffère légèrement des cartes postales du début du 20e siècle, réalisées notamment à l’occasion des grèves de 1906 et après l'incendie de 1912. Le bâtiment principal en fond de cour, à étage carré, présentait une façade à quatorze travées et un passage cocher aménagée dans la double travée centrale signalée par un pavillon (horloge). Les deux ailes en retour d’équerre, à étage carré présentaient onze travées en façade sur cour, avec des baies cintrées au rez-de-chaussée et rectangulaires à l’étage. La cour était fermée par une grille en fer forgé.

La fabrique de serrures, propriété d'Ernest Désiré Riquier, passe à Julien en 1891.

Les matrices cadastrales signalent une augmentation et de nouvelles construction en 1900 (Julien Riquier du Bellay) : nouvelle fonderie, conciergerie, machine à vapeur, cheminée et atelier. C 560) et agrandissement de la fabrique de serrurerie (C 542, 543) en 1900.

La fabrique de serrures et la fonderie deviennent ensuite la propriété de Julien et Edouard Riquier, puis de la SA des établissements Maquennehen et Guerville en 1907 (dirigé par Émile Imbert - AD Somme ; M 96861), puis des établissements Guerville-Riquier SNC vers 1911, puis SA en 1936.

L'usine est détruite par un incendie en 1912.

Les matrices cadastrales signalent la reconstruction de la fonderie et d'un atelier (1915), puis des magasins de préparation et de réception (1916), qui seront agrandis en 1928. En 1918, la fonderie et l'atelier de tournerie sont agrandis et l'atelier de bronzage est construit. Un réfectoire est construit rue du Four à Ban, en 1929.

A la veille de la seconde guerre mondiale, elle comprend : une fonderie, un atelier de remonteurs, un atelier de bronzage, un atelier de tonnerie, un atelier de polissage, un magasin de préparation, un magasin de réceptions ainsi que des bureaux et une conciergerie. La nouvelle usine est équipée de générateurs, d'une machine à vapeur et d'un pont à bascule. L'usine fait ensuite l'objet d'agrandissements au milieu du 20e siècle.

En 1873, Charles Zéphyr Guerville fait également construire une maison, qui deviendra la propriété d’Édouard Riquier, et des logements ouvriers (rue Guerville, actuelle rue Karl-Marx). Son gendre Ernest Riquier fait construire un logement patronal face à l'usine. En 1896, la veuve d'Ernest Riquier fait construite une nouvelle cité ouvrière.

Julien Riquier, fils d'Ernest Riquier, fait construire un nouveau logement patronal face à l'usine.

L'entreprise fait construire des logements pour ses ouvriers au cours des années 1950, à l'ouest du village, rue Geneviève-Gabart.

Histoire technique

Mentions d'une machine à vapeur (1882) et d'un moteur à pétrole (1895, supprimé en 1898).

1916 : machine à vapeur

Mouvements sociaux

Le 3 avril 1906, les ouvriers de l'usine se mettent en grève afin de protester contre le renvoi d'un ouvrier syndicaliste. Durant ces événements, le logement patronal de M. Julien Riquier fut mis à sac, tandis que celle de son cousin et associé, Ernest Riquier, est brûlée. L'usine reprend son activité le 20 août 1906.

Effectifs

1906 : plus de 200 ouvriers

1939 : 300 ouvriers en 4 équipes, service continu.

1950 : 450 ouvriers

1985 : 160 salariés

Existence d'un fonds d'archives privées.

  • Période(s)
    • Principale : limite 19e siècle 20e siècle, 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1906, daté par source
    • 1912, daté par source

L'ancienne usine de serrurerie dispose d'un accès principal depuis la rue Roger-Salengro et d'un accès secondaire depuis la rue Jules-Clément.

Rue Roger-Salengro, deux bâtiments en briques à ossature béton (deux étages carrés) encadrent l'entrée. Ils abritent bureaux, conciergerie et ateliers de fabrication. Au nord et au sud, sont construits d'autres ateliers de fabrication en brique, principalement en rez-de-chaussée, à couverture en sheds. Au sud-est, se trouvent des ateliers de fabrication de plus petites dimensions (également en brique à couverture en sheds), dont la partie centrale se signale par sa hauteur de comble.

  • Murs
    • brique pan de fer
    • enduit
  • Toits
    tuile mécanique, ardoise
  • Étages
    2 étages carrés
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans
    • shed
    • toit à longs pans brisés
    • pignon couvert
    • croupe
    • croupe brisée
  • Escaliers
  • Énergies
    • énergie thermique
    • énergie électrique
    • achetée
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Ce dossier de repérage du patrimoine industriel, établi en 1988 par Benoit Dufournier, a été mis à jour et enrichi par Romain Grimaud en 2012, dans le cadre de l'inventaire topographique du Vimeu industriel.