Dossier d’œuvre architecture IA02010857 | Réalisé par
Barbedor Isabelle (Rédacteur)
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • enquête thématique régionale, La première Reconstruction
  • patrimoine de la Reconstruction
Ancien village de Fargniers
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Chauny-Tergnier-La Fère - Tergnier
  • Commune Tergnier
  • Lieu-dit Fargniers
  • Dénominations
    village, ville
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin public

D'après le Pouillé de l'ancien diocèse de Noyon (1905), Fargny (Fargniers) dépendait de la paroisse de Vouël jusqu'en 1687. Le village compte 70 familles en 1741.

Fargniers apparaît sur la carte de Cassini, sur la route de grandes communications reliant Chauny à La Fère. La carte figure un prieuré et un moulin, au bord d'un étang de retenue, sur le Rieu, qui se jette dans l'Oise au sud à proximité de Condren et surtout le canal de Crozat, reliant Chauny à Saint-Quentin avec écluses et corps de garde, et le canal latéral de l'Oise vers La Fère.

Sur le cadastre napoléonien de 1824, le village de Fargniers s'étend le long d'un axe principal nord-sud aboutissant au canal de La Fère et de voies secondaires déterminant 4 îlots à l'ouest. Le développement est-ouest est beaucoup plus faible, le long de la route de Chauny à La Fère et du chemin de Tergnier, aboutissant au canal de Saint-Quentin (à l'ouest). Au nord de la route de La Fère, la toponymie rappelle la présence d'un château, à l'est de l'église, qui a contraint le développement du village, le long de la Chaussée (actuelle avenue Jean-Jaurès) et de la Grande rue (actuelle rue Henri-Martin). Une photographie du début du 20e siècle montre la demeure reconstruite au 17e siècle, caractéristique des demeures de plaisance. A l'ouest, la toponymie conserve la mémoire du "bassin" visible sur le carte de Cassini, entre le canal de Saint-Quentin et le Rieu. L'ancien moulin à tan situé au vannage de décharge, visible sur la carte du 17e siècle, devenu moulin à blé et à farine est mis en vente en 1871 (Journal de la ville de Saint-Quentin et de l'arrondissement, 3 décembre 1871). Plusieurs fermes semblent présentes dans le village, dans la Grande-Rue.

L'accroissement régulier de la population (496 habitants en 1793) s'accélère à partir de 1856 pour atteindre 2634 habitants en 1911. Après la construction d'une mairie-école en 1864, dont les travaux sont dirigés par l'architecte Tissot de Chauny (Journal de la ville de Saint-Quentin et de l'arrondissement), la municipalité se dote d'un presbytère et d'une salle d'asile (école maternelle) en 1874, sur les plans de l'architecte Malézieux (Journal de la ville de Saint-Quentin et de l'arrondissement), enfin de nouvelles classes en 1902, sur les plans de l'architecte de Saint-Quentin Savary (Le Guetteur de Saint-Quentin).

Comme le montrent la carte d'Etat-Major (1820-1866) et les vues aériennes de 1919, le village, dont la croissance est liée au nouveau bassin d'emploi de la fonderie et des ateliers de la Cie du Nord, s'est étendu à l'ouest, au-delà du Rieu, jusqu'au canal où un port est aménagé vers 1875.

Entièrement détruit durant la première guerre mondiale, le village de Fargniers est reconstruit grâce à la détermination de son maire Léon Lhérondelle et à la dotation de la fondation Carnegie, qui permet la construction de la ville nouvelle.

L'ancien village de Fargniers devient un quartier résidentiel et commerçant, qui fait l'objet d'un urbanisme renouvelé avec la rectification de la chaussée rebaptisée avenue Jean-Jaurès et l'ouverture de la rue Carnot qui en constituent les axes principaux. La place est maintenue à son emplacement d'origine, comme l'église paroissiale et le cimetière. Comme le souhaite Léon L'Hérondelle en 1922 : "Notre cité va renaître plus belle, plus prospère qu'autrefois. Les anciennes rues, tortueuses, étroites, incommodes, dangereuses, disparaîtront. Les nouvelles voies plus directes, et plus larges permettront une circulation facile aux véhicules et aux piétons."

La Coopérative de reconstruction de Fargniers, fondée en juillet 1919 et approuvée en janvier 1921, compte 267 adhérents et permet la reconstruction de 418 immeubles jusqu’en 1935 date de sa liquidation (Progrès de la Somme, janvier 1935).

Les vues aériennes (IGN) permettent également de mesurer les évolutions du nouvel aménagement urbain. La vue de 1932 montre la rectification et l'élargissement des voies menant au chemin de halage au nord (ancien petit chemin de Quessy - actuelle rue Camille-Desmoulins) et au sud (chemin de la horde ferrée - actuelle rue du Port) de la rue Jean-Jaurès, de la rue Berteaux (autre axe de liaison entre la rue Carnot et le port) ou encore de la rue Maraiquier (grâce au détournement du cours du Rieu). Des voies secondaires mettent également en communication l'avenue Jean-Jaurès et la rue Carnot.

On observe peu d'évolution après la seconde guerre mondiale, en dehors de la construction d'ensembles de logements vers 1956, à l'emplacement de l'ancienne distillerie de la Couronne (cité de l'Energie), puis vers 1972, à proximité du canal (résidence des Bleuets). Le port, visible sur le cadastre de 1824 et reconstruit après la Première Guerre mondiale, ne semble plus entretenu à partir de 1960. Y subsistent les entrepôts, reconstruits en 1949, et les bâtiments construits vers 1962 et actuellement occupés par les bureaux de VNF.

Au sud du village, au hameau de la Frette, la base de loisirs aménagée au milieu des années 1990, à l'emplacement des anciennes gravières, est dotée d'un camping au début du 21e siècle.

Depuis la fusion de la commune de Fargniers avec celles de Vouel et de Tergnier, en 1974, l'ancien village est devenu un quartier de Tergnier.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age, 18e siècle, 19e siècle , (détruit)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
    • Secondaire : 2e quart 20e siècle
  • Auteur(s)

L'ancien village de Fargniers est aujourd'hui un quartier de l'agglomération du Grand-Tergnier. Sa structure ancienne est encore perceptible malgré l'ouverture d'une nouvelle rue (rue Carnot) et la rectification de l'avenue Jean-Jaurès. La grande place et l'église paroissiale en constituent aujourd'hui les seuls repères historiques, les bâtiments communaux ayant été reconstruits dans la ville nouvelle.

Le secteur urbain est séparé de Tergnier par le canal. L'ancien port est encore visible.

Le bâti se caractérise par un habitat de la première reconstruction (1925-1930), construit en briques et couvert de tuiles mécaniques flamandes ou d'ardoises, et plus ponctuellement de la seconde (1940-1950), construit en parpaings de béton masqués par un enduit et couvert d'ardoises, mais également par la présence de constructions plus récentes, à proximité de l'ancien port et sur le site de l'ancienne distillerie (cité de l'Energie).

Bâti repéré présentant des qualités architecturales à signaler : fermes et anciennes fermes (15 rue Jules-Ferry, 7 rue Carnot, 22 rue Henri-Martin et Berlemont, 18 avenue Jean-Jaurès, 51 rue Faidherbe, 57 rue du Canal, 5 rue de la Prairie) et deux demeures (56 avenue Jean-Jaurès et au point Y).

Des activités commerciales, plutôt à proximité ou au niveau des carrefours :

- des commerces toujours en activité depuis leur construction : en particulier les cafés (27 rue Carnot, 54-56 rue Carnot et 24 avenue Jean-Jaurès) et les restaurants (55 avenue Jean-Jaurès - ancien Central hôtel et 79 rue Carnot -ancien café-restaurant Larive et ancien hôtel de la Renaissance), épicerie (39 avenue Jean-Jaurès) ;

- des activités commerciales installées dans d'anciennes boutiques : agence d'architecture (ancien café de la Paix), 96 avenue Jean-Jaurès ; magasin de fleurs (ancienne boucherie), 28 avenue Jean-Jaurès, et au 20 avenue Jean-Jaurès ; boulangerie : 23 avenue Jean-Jaurès ;

- d'anciennes activités identifiées : ancien cinéma (62 avenue Jean-Jaurès), ancienne salle paroissiale (rue Henri-Martin), anciens commerces (86 avenue Jean-Jaurès, 37 rue Henri-Martin (ancienne boucherie).

Enfin plusieurs ensemble de logements sous un même toit :

-maisons à deux unités d'habitation sans retrait d'alignement (12-14, 78-80 et 121-123 avenue Jean-Jaurès, 6-8 et 29-31 rue Carnot, 32-34 rue Jules-Ferry, 2-4 et 18-20 rue du Maraiquiez, 32 rue de la Prairie, 13-15, 17-19 et 51-53 rue du Canal, groupe de 3 maisons à deux unités d'habitation 35 à 45 rue du Canal), en retrait (36-38, 58-60, 64-66, 72-74 avenue Jean-Jaurès, 77-79 avenue Jean-Jaurès, 12-14, 19-21 et 24-26 rue Henri Martin, 5-7 et 47-49 rue du Canal), 10-12 rue Carnot, 36-38 rue Jules-Ferry ;

-maisons à trois unités d'habitation (69-73 avenue Jean-Jaurès, 92-96 avenue Jean-Jaurès, 4 à 8 avenue Jean-Jaurès, 42 à 46 rue du Maraiquiez), 21 à 27 rue Jules-Ferry (avec porte d'allée) ;

-ensembles de quatre logements en rangée (47 à 53 avenue Jean-Jaurès, 29 à 31 avenue Jean-Jaurès), 51-53 rue Faidherbe ;

-ensemble de cinq logements en rangée (2 à 10 rue Laurent-Delionne) ;

-ensemble de six logements (1 à 11 impasse du Maraiquiez) ;

-ensemble de huit logements en rangée (16 à 30 rue Jules-Ferry) ;

-ensemble de dix logements en rangée (81 à 99 avenue Jean-Jaurès).

  • Typologies
    vallée humide ; village-rue ; mutation

Documents d'archives

  • AC Tergnier. Fargniers. Déclarations de constructions nouvelles (1931-1939).

  • Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers : Firmin Didot et Bottin réunis.

    1855, p. 1391.
  • "Commune de Fargniers. Adjudication de travaux de construction d'une mairie avec logement de l'instituteur et école". Journal de la ville de Saint-Quentin et de l'arrondissement, 3 avril 1864, p. 3.

  • "Commune de Fargniers. Adjudication de travaux de construction d'un presbytère et d'une salle d'asile". Journal de la ville de Saint-Quentin et de l'arrondissement, 19 juillet 1874.

  • "Vente par adjudication du château de Fargniers et un verger attenant au château". Journal de la ville de Saint-Quentin et de l'arrondissement, 18 octobre 1885.

  • CHRETIEN, Abbé (d'après le manuscrit de). Pouillé de l'ancien diocèse de Noyon. Montdidier : J. Bellin, 1905.

    p. 91-92.
  • Le Guetteur de Saint-Quentin et de l'Aisne.

    "Construction de nouvelles classes à Fargniers". 5/10/1902, p. 4.
  • Le Gaulois littéraire et politique. Paris.

    10 juillet 1922, p. 2.
  • "Une ville reconstruite par la dotation Carnegie". La Lanterne, 10 juillet 1922.

  • Conciliation internationale. Les Réparations. Les ruines de Fargniers et la dotation Carnegie. Introduction de M. d'Estournelles de Constant, sénateur président du centre européen de la dotation Carnegie. Bulletin trimestriel N° 3. Dépôt des publications de la conciliation. Rue Fontevrault, LA FLÈCHE (Sarthe), 1922.

  • GYBAL, André. "Une visite à Fargniers, ville modèle des régions libérées". Le Quotidien, 1er octobre 1923, p. 2-3.

  • Péronne. Le nouveau tribunal. Le Progrès de la Somme, 9 juillet 1931, p. 3.

    "Fargniers. Liquidation de la société coopérative de reconstruction de Fargniers". 26 janvier 1935, p. 5.

Bibliographie

  • MATTON, Auguste. Dictionnaire topographique du département de l'Aisne comprenant les noms de lieu anciens et modernes, rédigé sous les auspices de la Société académique de Laon. Paris : Imprimerie nationale, 1871.

    p. 104.
  • ECK, Francis. Il était une fois des châteaux dans l'Aisne... Coll. Histoires de l'Aisne. 2 volumes. Laon : Graines d'Histoire, 2003-2004.

Périodiques

  • [Extrait du 20 juin 1850]. Le Journal de la ville de Saint-Quentin et de l'Arrondissement, p. 4.

    12/4/1857, p. 4. 25/2/1859, p. 4. 16/5/1877, p. 3. 2/2/1879, p. 4.

Documents figurés

  • Carte de la subdelegation de Chauny et de ses environs, levée sur les lieux par ordre de Monseigneur l'Intendant de la Generalitée de Soissons, à quoi ont été ajoutées les parties de rivieres de Somme et d'Oise qui s'y trouvent representées et tirées d'une carte de projet du canal de Picardie, par Legrand, 1750 (Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE DD-2987 ; 909 B)

  • Fargniers. Plan cadastral. Tableau d'assemblage, 1824 (AD Aisne ; 3P0346_01).

  • Fargniers. Plan cadastral. Section A, 1ère feuille, 1824 (AD Aisne ; 3P0346_02).

  • Fargniers. Plan cadastral. Section A, 2e feuille, 1824 (AD Aisne ; 3P0346_03).

  • Carte spéciale des régions dévastées. 22 SE, Laon [Sud-Est], [Service géographique de l'armée], 1920 (BNF Cartes et plans, GE CC-698 /22 SE-1920-2).

  • Commune de Fargniers. Plan des édifices communaux à reconstruire avec le généreux concours de la dotation Carnegie pour la paix internationale. Extrait de Conciliation internationale. Les réparations. Les ruines de Fargniers et la dotation Carnegie. janvier 1922.

    1922, n° 3, pl. hors texte.
  • Fargniers. La rue Jean-Jaurès et la rue Berlemont. Vue prise depuis le clocher de l'église. Photographie, vers 1930 (Archives diocésaines de Soissons).

  • Fargniers, le village et l'avenue Jean-Jaurès. Vue prise depuis le clocher de l'église. Photographie, vers 1930 (Archives diocésaines de Soissons).

  • Fargniers. La rue Henri-Martin. Vue prise depuis le clocher de l'église. Photographie, vers 1930 (Archives diocésaines de Soissons).

  • Fargniers. La rue Marquette. Vue prise du clocher de l'église. Photographie, vers 1930 (Archives diocésaines de Soissons).

  • Fargniers. La rue Faidherbe. Vue prise depuis le clocher de l'église. Photographie, vers 1930 (Archives diocésaines de Soissons).

Annexes

  • Descriptif du château de Fargniers
  • Testament de Léon Lhérondelle, ancien maire de Fargniers (1933)
  • Activités industrielles à Fargniers
  • Une visite à Fargniers (1923)
Date d'enquête 2017 ; Date(s) de rédaction 2017
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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