Dossier d’œuvre architecture IA59002475 | Réalisé par
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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  • inventaire topographique, Condé-sur-l'Escaut
Salle d'asile, puis école maternelle, actuellement centre de formation et cyberbase
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Valenciennes Métropole
  • Commune Condé-sur-l'Escaut
  • Lieu-dit Condé-sur-l'Escaut centre
  • Adresse 15 rue Neuve
  • Cadastre 1826 D1 277  ; 1875 D2 238  ; 2010 AP 145  ; 2024 AP 253
  • Dénominations
    salle d'asile, école maternelle
  • Destinations
    école maternelle, centre de formation, cyberbase
  • Parties constituantes non étudiées
    logement

L'achat par la ville de Condé, le 12 octobre 1852, de la propriété Housez-Sapin avait pour but premier l'installation dans les deux maisons préexistantes des écoles primaires de filles et de garçons (voir dossier IA59002474). Cependant, le grand jardin accompagnant les constructions permettait d'envisager la création d'un équipement complémentaire : une salle d'asile*, dont porte mention l'acte de vente. Dès le 12 mai 1851, avant même la réalisation de la cession, Alexandre Grimault, "architecte du département pour l'arrondissement de Valenciennes" et auteur des projets d'aménagement des écoles primaires voisines, avait fourni les plans "d'une salle d'asile avec logement de la directrice" (AD Nord. Série O). Le devis est rédigé le 7 février 1852. L'adjudication des travaux, le 11 août 1852, aux entrepreneurs Philibert Haubourdin (de Lille) et Louis Defernez (d'Hergnies) est suivie de la réception définitive en date du 29 novembre 1859. La séance du conseil municipal du 10 août 1882, statuant sur l'application de la circulaire préfectorale du 23 juin portant sur la création officielle des écoles maternelles, "considérant qu'il existe en cette ville un asile dont les locaux sont parfaitement appropriés pour recevoir les enfants de deux à six ans [...] décide que l'asile, aujourd'hui école maternelle, continuera à fonctionner selon les prescriptions de la loi du 16 juin 1881." (AD Nord. Série O).

Désaffectée de sa fonction d'origine vers 1936, à la suite de la construction de l'école maternelle du boulevard des Remparts (IA59002364), l'ancienne salle d'asile conserve actuellement (2006) un lien avec l'enseignement puisque les locaux sont partagés entre le GRETA (Groupement d'etablissements destiné à la formation continue des adultes) et une cyberbase.

*les "salles d'asile", appellation en usage depuis 1826 et précédant celle "d'écoles maternelles" qui s'impose officiellement en France en 1881 (lois Ferry), sont destinées à accueillir les enfants à partir de deux ans et trop jeunes pour l'école primaire.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1852, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Grimault Alexandre
      Grimault Alexandre

      Actif au milieu du XIXe siècle : activité repérée entre 1845 et 1870, architecte.

      Originaire de Valenciennes, il a été formé à l’académie de peinture, sculpture et architecture de la ville, où il obtient en 1835 un second prix de première classe d’architecture et en 1836 le prix d’émulation, d’assiduité et de conduite de cette première classe d’architecture. La Commission départementale des bâtiments civils valide sa candidature en 1838 et il devient architecte des bâtiments civils et hospices du district de Valenciennes.

      Adresse professionnelle : 25, rue de la Wiewarde, Valenciennes.

      Formation

      - Elève de l'Académie de peinture, sculpture et architecture de Valenciennes (second prix de la 1ère classe d'architecture, 1835 ; médaille du 1er prix d'émulation, d'assiduité et de conduite dans le 1ère classe d'architecture, 1836).

      Parcours professionnel

      - 1838 (21 juin) : nomination comme architecte agréé pour les travaux des communes, des hospices et établissements publics du département du Nord

      * projets présentés pour l'agrément : salle d´asile, palais de justice, dessins d´ensemble et de détails d´une charpente en bois, système de charpente en fer avec détails.

      - 1841 : nomination comme architecte départemental pour l'arrondissement de Valenciennes

      - 5 mars 1848 : révocation et remplacement par Casimir Pétiaux, architecte à Valenciennes, sans doute pour des raisons politiques, ce qu'évoque une lettre du ministre de l'Intérieur au préfet du Nord (20 janvier 1849) par laquelle est demandée sa réintégration en tant qu'architecte d'arrondissement.

      - 1841 : Membre de la Commission départementale du Nord

      Réalisations repérées, Nord :

      - Avesnes-le-Sec : mairie-école (1849-1851)

      - Brillon : église paroissiale Saint-Amand (1860-1869)

      - Eth : église paroissiale Saint-Denis, chapelle de la famille Le Ducq (1845)

      - Houdain-lez-Bavay : maison-école (1842-1844), notice Mérimée IA59000573

      - Louvignies-Bavay : mairie-école (1842-1845), notice Mérimée IA5900573

      - Rumegies : mairie-école (1862), notice Mérimée IA59002238

      - Rumegies : église paroissiale Saint-Brice, restauration (1869), notice Mérimée IA59002240

      - Saint-Amand : projet de restauration de la tour abbatiale (1845)

      - Saint-Saulve : chapelle des Ursulines (1859)

      - Valenciennes : église paroissiale Saint-Amand (1869)

      - Condé-sur-l'Escaut : entretien des bâtiments communaux (hôtel de ville : 1844-1857), construction (en tant qu'architecte d'exécution) de l'hospice des Petites Veuves (1840-1842), appropriation de maisons à usage d'école primaire de filles et d'école primaire de garçons (1844-1855) ; construction d'une salle d'asile (1851-1859)

      - Dessins de la tour de l'ancienne abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux (1844)

      Sources :

      - AD Nord, série 4N (Bâtiments départementaux), 3 : Architectes agréés des communes et du département, candidatures, ajournements, nominations (1830-1854)

      - Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : dessins n° 4449 à 4453

      - PLATEAUX, Alain (dir.). Les églises de la Pévèle française. Histoire et architecture du IXe au XXe siècle. Liège - Bruxelles : Pierre Mardaga, 1990.

      - Base Mérimée, ministère de la Culture et de la Communication

      Remerciements à Sophie Luchier (Inventaire Nord - Pas-de-Calais) et Olivier Liardet (CRMH Nord - Pas-de-Calais).

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      architecte départemental attribution par source
    • Auteur : entrepreneur attribution par source
    • Auteur : entrepreneur attribution par source

La salle d'asile se compose de deux corps de bâtiment reliés par une sorte de corridor : en avant, tournée vers la rue Neuve mais en retrait de l'alignement de celle-ci, la maison de la directrice à laquelle fait suite sur l'arrière la salle d'asile proprement dite.

La maison, large de deux travées en façade, s'étire en profondeur sur trois travées et s'élève sur deux niveaux au-dessus d'un rez-de-chaussée et d'une cave voûtée en berceau en anse-de-panier. Le toit à longs pans et croupes est actuellement couvert de grandes ardoises (synthétiques ?).

Le corps de bâtiment de la salle d'asile, élevé en rez-de-chaussée, sans cave, développe une travée supplémentaire de part et d'autre de l'élévation de façade du logement. Le toit à longs pans et croupes, axé perpendiculairement par rapport à celui de la maison, porte des tuiles mécaniques flamandes.

Les deux corps de bâtiments sont construits en brique. Si l'enveloppe extérieure de l'ensemble est bien conservée, l'intérieur a été complétement bouleversé par les dernières affectations ; seul l'escalier de la maison de la directrice rappelle les dispositions d'origine de celle-ci. Quant à la salle d'asile, ce sont les plans dressés en 1851 et le devis de 1852 qui en parlent le mieux. Il s'agissait en effet d'une vaste pièce de plan presque carré dans laquelle s'étageaient les "gradins en forme de bancs" divisés en deux travées par une allée centrale montante. Sur ces gradins prenaient place les enfants. Il s'agit là d'une disposition classique ; le long des murs se trouvaient sans doute accrochés un matériel pédagogique, des tableaux, des sentences morales, des images. Le percement des fenêtres, en hauteur par rapport au sol, est destiné à éviter aux enfants des distractions préjudiciables.

Sur la façade de la maison de la directrice a peut-être été portée l'inscription "ASILE DE L'ENFANCE" projetée sur l'élévation dessinée en 1851.

  • Murs
    • brique
  • Toits
    tuile flamande mécanique, ardoise
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré
  • Couvrements
    • voûte en berceau en anse-de-panier
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
    • en charpente
  • Techniques
    • maçonnerie
  • Représentations
    • ornement architectural
  • Précision représentations

    L'ornementation consiste en une légère saillie des briques formant l'encadrement des ouvertures et une discrète corniche.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Malgré la transformation complète des intérieurs, cet ensemble demeure intéressant pour l'histoire de l'architecture scolaire.

Documents d'archives

  • AD Nord. Série O ; sous-série O 151 (Condé-sur-l'Escaut), 107. Travaux. Ecoles primaires. Ecole de garçons, école de filles et salle d'asile. Construction. Avec plans (1851-1855).

  • AC Condé-sur-l'Escaut. Registre de délibérations du conseil municipal : séances du 16 mai 1878 au 28 mars 1884.

    Le registre couvrant la période avril 1884 - avril 1890 est manquant.

    Archives communales

Annexes

  • Notice biographique. GRIMAULT Alexandre (activité repérée entre 1845 et 1870), architecte.
Date(s) d'enquête : 2006; Date(s) de rédaction : 2006, 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

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