Dossier d’œuvre architecture IA59006033 | Réalisé par
Girard Karine (Rédacteur)
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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  • inventaire topographique, Le Quesnoy centre
Chapelle de l'ancien hôpital des Augustines
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Pays de Mormal
  • Commune Le Quesnoy
  • Adresse 25 rue Jean-Jaurès
  • Cadastre 2024 OE 1591,1592, 306  ; 1897 E 51 indiqué : Hospice ; 1817 E 67 et 68 indiqué : Hôpital
  • Dénominations
    chapelle
  • Genre
    d'augustines
  • Appellations
    Chapelle des Sœurs noires, Chapelle des Augustines, chapelle de l'hôpital
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

La chapelle actuelle est l'héritière des multiples chapelles qui ont toujours accompagné l'hôpital : elle est déjà visible sur le plan de 1545 associée à l'hôpital "des Chartrières" (plan de Deventer, Bibliothèque nationale d'Espagne) ; elle apparait en en grisé sur le plan de 1721 (plan de Lajoue, BNF - Gallica) pour celle qui a été adjointe à l'hôpital construit en 1659 dit "des Sœurs Noires", contigu à la Maison des Chartrières ; et c'est enfin un bâtiment indépendant accolé à l'aile sud de l'hôpital [IA59005712], devenu civil et militaire, sur le plan de 1769 (BNF - Gallica).

Détruit pendant le siège de 1793, l'hôpital est relevé de ses ruines en 1804 (GENNEVOISE, 1932). Le plan accompagnant le projet d'alignement de 1820 (AD Nord, S417 - ill.) montre un bâtiment rectangulaire dont la façade donne sur l'actuelle rue Thiers, avec à l'arrière deux petites ailes en retour d'équerre. La chapelle occupe sa façade côté sud : sa nef est donc parallèle à l'actuelle rue Jean-Jaurès. Elle fait office d'église paroissiale jusqu'à la reconstruction de l'église Notre-Dame en 1828 (IA59005740). En mauvais état et désormais inutile, la chapelle d'origine est démolie et reconstruite en 1851 par ce qui n'est alors qu'un oratoire.

Le nouveau bâtiment, construit sur les plans de l'architecte valenciennois Casimir Pétiaux (1807-1893) grâce au succès d'une souscription qui a rapporté 5000 F, doit permettre aux pensionnaires de l’hospice qui ne sont pas en mesure de se déplacer jusqu'à l’église paroissiale reconstruite, d'assister au service religieux. C'est alors un édifice de taille modeste, de plan carré. Achevé en 1854, l'oratoire comporte un embryon de transept et est relié par un couloir à la salle des malades, située dans le bâtiment rue Thiers.

Le dessin de Pétiaux conservé aux AD du Nord (fonds non coté) montre un bâtiment d'un seul niveau de style néo-gothique. La tour, peu élevée, est couverte par un toit en double bâtière, sans flèche. Le centre de la toiture est occupé par une statue de la Vierge. La façade sur la rue Jean-Jaurès est percée d'un portail précédé d'un degré semi-circulaire débordant sur le trottoir afin de permettre l'accès aux habitants de la ville. Au-dessus du portail, un grand tympan encadré de voussures accueille une rose associant mouchettes et lancettes. Enfin, un gable dont les rampants sont ornées de choux est percé au centre d'un quadrilobe et couronné d'un fleuron. Il vient vient brocher sur un garde-corps décoré de lancettes aveugles sous un arc en mitre puis de quadrilobes. Des gargouilles en forme d'oiseaux sont visibles aux angles de la tour.

Vers 1880, après des travaux d'agrandissement de l'hospice, l'oratoire est réuni à l'aile centrale de l'hôpital. L'extension, parallèle au bâtiment de la rue Tiers, est conçue comme une nef - l'oratoire devenant de fait le chœur d'une petite chapelle. Cette nouvelle organisation est visible sur le plan de 1880 (AD Nord, 66J1805) : la chapelle occupe désormais toute l'extrémité nord de l'aile est, perpendiculairement à la rue Jean-Jaurès, ce qui est toujours son implantation actuelle.

En 1886, lors d'un chantier de réfection des décors, on s’aperçoit que le bâtiment formant la nef présente une faiblesse inquiétante au niveau de la toiture et menace de se disloquer faute de véritable charpente et d'une épaisseur insuffisante des murs. Les fers d'ancrage en forme de disque, visibles sur la partie basse des façades est et ouest, typiques de la fin du XIXe siècle, témoignent de ces travaux de consolidation des murs.

Le monument vieillit mal : la pierre d’Avesnes-le-Sec est un matériau trop tendre pour supporter durablement les injures du temps. Déjà entre 1899 et 1900, un premier chantier de restauration du chœur néo-gothique est engagé, avec la construction de contreforts, configuration visible sur les cartes postales anciennes (ill.). La comparaison du dessin de Pétiaux avec le bâtiment actuel permet de voir que la restauration de 1900 a certes comblé la partie basse de la façade sur la rue, mais aussi qu'elle a conservé les décors voulus par l'architecte en partie haute ; les photographies prises après la restauration montrent que l'aspect de la chapelle n'a plus varié jusqu'à aujourd'hui, malgré une nouvelle campagne de restauration en 1933 (DUVIVIER, 1934).

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 17e siècle , daté par source
    • Principale : limite 18e siècle 19e siècle , daté par source
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1659, daté par source
    • 1804, daté par source
    • 1851, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Pétiaux Casimir-Joseph
      Pétiaux Casimir-Joseph

      Né à Raismes (Nord) le 19 novembre 1807 et mort à Paris le 29 mars 1893.

      Formé aux Académies de sa ville natale il est ensuite admis à l'École des Beaux-Arts de Paris où il est l'élève d'Antoine Vaudoyer et Henri Labrouste.

      Architecte de la ville de Valenciennes de 1836 à 1866, et attaché aux Hospices et chargé des travaux religieux et communaux du département du Nord.

      Son œuvre majeure est l'édification des Ecoles académiques de Valenciennes (1862-1864). 

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      architecte attribution par source

Le plan

De plan rectangulaire régulier, la chapelle est une simple nef sans transept ni bas-côtés ou chapelles latérales. Côté sud, elle s'achève par un chœur dont la largeur est identique à celle de la nef. Côté nord, la nef prend appui sur une aile de l'hospice, avec laquelle elle communique. L'accès à la chapelle depuis l'hospice peut ainsi se faire directement, dans la nef, depuis le rez-de-chaussée et à la tribune depuis le premier étage. Une porte située sur côté ouest permet un accès depuis la cour de l'hospice.

Les dimensions intérieures sont de 15,75 m de longueur, 6,20 de largeur et de 7,16 pour la hauteur de la nef.

L'extérieur de la chapelle : le chœur

Le chœur de la chapelle est construit en appareil de pierre calcaire sur un soubassement en grès. De plan carré, il est couvert par une toiture en double bâtière en ardoise posée au crochet.

Le chœur ne compte qu'un seul niveau, aveugle sur toutes ses faces en partie basse. Un contrefort est disposé à chaque angle du chœur de la chapelle. Tous sont décorés de lancettes aveugles, de colonnettes et de motifs floraux, portent une gargouille en forme de rapace et s'achèvent par un fleuron.

Les façades présentent une organisation et un décor identique : une grande arcade ogivale est couronnée par un gâble construit qui vient brocher sur un garde-corps. Ce dernier est constitué de deux niveaux : le premier, plein, est décoré de lancettes aveugles sous un arc en mitre et le second est percé de quadrilobes. En partie basse, cette arcade est aveugle pour les façades est et ouest. Seule la façade rue Jean-Jaurès a conservé l'intégralité de sa baie. Pour toutes les façades, la partie haute de l'arcade est occupée par des baies géminées formant des lancettes et un jour de réseau associant quadrilobes, polylobes et soufflets. Les arcs des lancettes reposent sur des chapiteaux composites associant feuillages corinthiens et volutes ioniques. Les voussures toriques de l'arcade viennent reposer sur des chapiteaux décorés de feuilles d'acanthe qui couronnent de fines colonnes. Le gâble reprend le vocabulaire décoratif des baies : polylobes et soufflets, rampants à feuilles de choux. Le pinacle en forme de boule est décoré de motif floraux et couronné par une croix pattée. Des anges sont situés dans les écoinçons entre le gâble et les voussures.

L'extérieur de la chapelle : la nef

La nef est construite en brique enduite et couverte par une toiture à longs pans. Comme pour le chœur, la couverture est en ardoise posée au crochet.

Côté est, la façade est aveugle. Côté ouest, elle est percée au premier niveau de trois baies en plein cintre. La porte d'entrée, qui permet l'accès depuis la cour de l'hospice, également en plein cintre, est située à la jonction entre la nef et le chœur. Toutes ces baies sont soulignées par une archivolte qui se poursuit en imposte régnant entre les baies. Au second niveau, au droit de chaque baie, la façade est percée de fenêtres carrées soulignées par un chambranle à cru. Entre les baies situées à proximité du chœur, on voit deux types de fers d'ancrage superposés : celui du haut, décoré de volutes sur les côtés de la tige date de la construction de la nef tandis que celui du bas correspond aux tirants installés lors de la consolidation des murs à la fin du XIXe siècle.

Côté ouest, la façade est totalement aveugle.

L'intérieur de la chapelle

Le vaisseau de la nef, couvert par un plafond en lambris en forme de voûte d'arêtes, est séparé du chœur par un arc triomphal brisé souligné de nombreuses voussures. La nef s'achève au nord par une tribune soutenue par un lambrequin décoré de motifs de volutes et de palmettes. Les tirants, rendus nécessaires par l'absence de contreforts, sont des barres en fer sans décor.

Le chœur n'a pas de couvrement et l'élévation s'achève sur la charpente soutenant la couverture.

Reprenant le vocabulaire des remplages des baies du chœur, les motifs décoratifs empruntés à l'architecture gothique sont très présents dans toute la chapelle. Ainsi, l'intrados de l'arc triomphal est occupé par un remplage décoré de motifs polylobés et des lancettes, mouchettes, fleurons, trilobes ou quadrilobes également visibles sur les boiseries de la chapelle, qu'il s'agisse du mobilier immeuble par destination - comme le banc de communion et le garde-corps ou le lambrequin de la tribune -, ou sur les huisseries des fenêtres et les panneaux de bois reliant les verrières du premier niveau à celles du second.

  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit en double bâtière
    • toit à longs pans
  • Techniques
    • vitrail
  • Représentations
    • scène chrétienne
    • représentation non figurative, fleur
  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public (incertitude), Le bâtiment appartient au Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) du Hainaut‐Cambrésis

Documents d'archives

  • Série : Assistance et prévoyance sociale - Sous-série : Hôpitaux et bureaux de bienfaisance (1800-1900). [non coté].

    AD Nord : X 747 à 751

Bibliographie

  • DUVIVIER, Jules (abbé). Le Quesnoy : ses annales, ses sièges, ses fortifications. Réédition. Paris : Le livre d'histoire, 1994. (collection Monographies des villes et villages de France).

    Première édition : Lille : Société d'édition du Nord, 1934. 194 p.

  • GENNEVOISE, M.J., Monographie de la ville de Le Quesnoy. Bulletin de la société d'études de la province de Cambrai (Histoire de Flandre, Tournaisis, Cambrésis, Hainaut, Artois), tome XXXII, 1932.

    Membre perpétuel de la société d'études.

  • GILOTEAUX, Paulin (abbé). Histoire de la ville de Le Quesnoy : des origines à nos jours. Réédition. Paris/Autremencourt : Office d'éd. du livre d'histoire, 1997. (collection Monographies des villes et villages de France ; 1643).

    Première édition : Le Quesnoy : chez l'auteur, Œuvres charitables, 1960. 175 p.-24 pl.

Documents figurés

  • [Le Quesnoy, par Deventer, 1545]. In : Atlas des villes de la Belgique au XVIème siècle : cent plans du géographe Jacques Deventer exécutés sous les ordres de Charles Quint et Philippe II (Bibliothèque nationale d'Espagne ; bdh0000043514).

    Réédition par Charles RUELENS, 1884, Bruxelles.

    [en ligne] : bdh0000043514
    Plan des cités des Pays-Bas, partie II, 1545
  • Plan du Quesnoy, dressé par Lajoue en 1721. In : LAJOUE, Places du Haynault françois, 1721-1722 (BNF-Gallica ; btv1b52053849).

    BNF-Gallica : btv1b52053849
  • Plan du Quesnoy - légende des ouvrages de la fortification du Quesnoy, [s. n.], 1787 (BNF-Gallica ; btv1b531002939).

    BNF-Gallica : btv1b531002939
  • Plan d'alignement, 1819 (AD Nord. Série S, Travaux publics et transports ; S 1 - 8792 (période 1800-1900) - Administration des Ponts et Chaussées ; S417 : Plans d'alignement, Le Quesnoy, 1819).

    AD Nord : S417
  • Plan de la place du Quesnoy portant l'indication au moyen des signes conventionnels de l'état des manutentions des divers ouvrages de la place en juin 1880, plan levé par le chef du génie [signature illisible] (AD Nord. Série J, Documents entrés par voie extraordinaire depuis 1944 ; Sous-série 66 : ville du Quesnoy ; 66 J 1805).

    AD Nord : 66 J 1805
  • Le Quesnoy, plan cadastral napoléonien de 1897. Section dite de la ville, en trois feuilles, 2ème feuille (AD Nord ; P31-761).

    AD Nord : P31-761
  • Le Quesnoy (Nord), vue panoramique, carte postale, Dufour-Aubry éditeur, Le Quesnoy [s. d.] (AD Nord ; 5Fi2).

    AD Nord : 5Fi2
  • Le Quesnoy - Chapelle antique, carte postale, Samin éditeur, Haumont [s. d.] (AD Nord ; 5Fi15).

    AD Nord : 5Fi15
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Girard Karine
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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